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On a causé de transformation de la culture de l’organisation numérique…

Transformer la culture de l'organisation numérique !

Numérique ! Innovation ! Rupture ! Changement de paradigme ! Autant de termes que l’on retrouve en toile de fonds des Causeries que nous organisons depuis plus de cinq ans. Mais si il est aisé d’illustrer les enjeux et les opportunités qui se cachent derrière ces mots, il est beaucoup plus ardu d’y entraîner effectivement les organisations et les individus qui y sont actifs.

IBM est l’un de ceux qui a réussi ce pari et a transformé une société de la taille du canton de Genève en s’appuyant sur des processus de gamification pour faire prendre conscience à ses collaborateurs de la nécessité de se réinventer à l’heure du numérique.

Lors de la Causerie du 27 avril dernier, Pascal Allot nous a expliqué comment IBM s’y est pris. Nous avons eu l’occasion d’évoquer avec lui les pistes pour accompagner la transformation culturelle des organisations.

 


 


 


 

Pascal Allot

Pascal Allot s’appuie sur une expérience de plus de 20 ans dans le domaine des nouvelles technologies et sur son activité au sein d’IBM pour promouvoir la transformation numérique dans les organisations. 
Il est actif dans l’écosystème des startups de notre région tout comme dans celui des organisations qui désirent repenser leur modèle d’affaire. Il partage régulièrement son expérience dans le cadre de présentations à la HES-SO ou à l’Institut Suisse de formation bancaire. 

Présentations de la 22e Journée de rencontre

Transformation des organisations

Le monde évolue. Nous façonnons de nouvelles technologies et ces technologies nous façonnent à leur tour. Elles changent nos usages, nos modes de vie, les relations que nous entretenons entre nous, avec les organisations qui nous entourent et avec la société dans son ensemble. Cette journée de rencontre a permis de faire un tour d’horizon sur le thème de « La Transformation des Organisations ». Le secteur public vit aujourd’hui une réelle transformation dans un monde toujours plus complexe, interconnecté et aussi limité dans ses ressources. Nous avons observé sous plusieurs facettes cette transformation souvent déclenchée par les usages du numérique: comment mieux servir les citoyens et les entreprises de notre canton? comment le design et l’innovation peuvent aider le secteur public? comment transformer nos systèmes de façon durable?

La 22e Journée de Rencontre de l’OT nous a permis d’aborder ce thème. Au cours de l’événement, nous avons eu la chance d’avoir une magnifique palette riche et variée de présentations pour stimuler nos idées. Nous avons voulu à travers nos invités et leur histoires ouvrir le champ des possibles sans pour autant reproduire à l’identique les expériences nécessairement différentes d’un autre contexte. Nous tirons des enseignements des ces expériences de transformation: comprendre les désirs des gens, expérimenter ce qui est techniquement réalisable et en comprendre ce qui est économiquement viable.

 


Pierre Maudet

Pierre Maudet
Conseiller d’Etat en charge du département de la sécurité dont dépend la Direction Générale des Systèmes d’Information.

 

 

 

 

 


 

Thierry Courtine
Thierry Courtine
Directeur de cabinet du secrétariat général pour la modernisation de l’action publique du gouvernement français.

Le SGMAP est placé sous l’autorité du Premier ministre, ce service est mis à disposition de la ministre chargée de la réforme de l’Etat français . Sa mission est d’appuyer la transformation de l’action publique (projet innovants), de favoriser un usage pertinent du numérique (systèmes d’information), de la rendre plus transparente (ouverture données publiques), d’être au cœur de l’action sur le terrain et d’associer les agents à ces démarches.


 

Frank Grozel
Frank Grozel
Coordinateur du programme de Facilitation du Commerce de la Division sur l’Investissement et les Entreprises à la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement CNUCED, ONU, Genève.

La CNUCED a conçu un système de e-gouvernement pour aider les pays en voie de développement. Ce système facilite la création d’entreprises ainsi que leur relations avec le gouvernement en étant plus transparent, plus simple. Le système est déployé dans de nombreux pays en Amérique centrale, en Afrique et en Asie.

 

Frank Grozel – Unctad 10 principes de simplification des procedures administratives

Site eRegulations et vidéos


 

Stéphane Vincent
Stéphane Vincent
Délégué général de La 27e Région, laboratoire de transformation publique des régions de France

La 27e Région est plus qu’un Think-Tank c’est un Do-tank des politiques publiques. Elle cherche à innover avec le secteur public. Elle explore de nouvelles façons d’améliorer la conception et la mise en oeuvre des politiques publiques à travers des programmes de recherche-action. La 27e Région utilise des méthodes issues des sciences humaines, du design de services, de l’innovation sociale et bien sûr du numérique. Elle a aussi un but pédagogique et aide chaque Région a créer son propre laboratoire de transformation en rendant autonomes les agents de la fonction publique. Elle fait partie d’un mouvement de fond d’initiatives similaires en Europe et dans le monde, comme le Mindlab (DK), le SILK (GB), le Public Policy Lab (USA), le Design Lab (FIN).

 


 

MC Casal et Sabine Dufaux
MC Casal Sabine Dufaux
Fondatrices de Relax In The Air, Sabine Dufaux, stratège et MC Casal, stratège de l’expérience utilisateur et designer.

L’agence est spécialisée dans la conception de stratégies numériques et l’intégration d’écosystèmes numériques (site web, applications, médias sociaux, etc.) dans les entreprises et institutions. Relax In The Air travaille également sur l’expérience utilisateur et l’expérience client afin d’apporter simplicité et clarté aux contraintes que rencontre une marque avec son usager ou consommateur.

Au travers de l’exemple des Musées d’art et d’histoire de Genève, Sabine et MC nous présentent l’intégration d’un écosystème numérique qui a impliqué des changements structurels, organisationnels et culturels, et comment ce processus de gestion du changement a été mis en place.

On a causé de gestion du changement…

C’est Véronique Volkart qui animait la causerie du jeudi 25 octobre consacrée à la transformation des organisations. Nous avions décidé avec elle d’aborder ce vaste sujet sous l’angle de la gestion du changement, un domaine dans lequel elle est active depuis de nombreuses années et qui constitue le point crucial de tout processus de transformation.

Car si il n’est pas toujours évident pour les organisations de comprendre les enjeux ou les opportunités de transformation liés aux bouleversements de tous ordres qu’elles vivent aujourd’hui, il est encore plus difficile pour elles de mettre en œuvre les changements induits par ces transformations. Ceci est d’autant plus vrai que la grande majorité des organisations doivent composer avec un existant (culturel, humain, technologique) qui ne leur permet pas de faire table rase du passé.

Véronique Volkart a ainsi évoqué quelques points qui lui semblent essentiels lorsqu’on envisage la gestion du changement dans une organisation. Elle a tout d’abord insisté sur la nécessité d’en avoir une vision large et globale et portée vers l’avenir des transformations envisagées. Elle a ensuite mis l’accent sur l’accès facilité aux informations comme un élément moteur d’une gestion du changement efficace. La communication, la transparence ainsi que la gestion de l’information et de la connaissance se retrouvent ainsi naturellement au cœur du sujet. Mais le corollaire auquel on est alors souvent confronté est une hiérarchie omniprésente qui s’oppose à un fonctionnement en réseau qui en fait souvent fi.

Lorsqu’une organisation se transforme, c’est pour poursuivre un objectif collectif qui dans un premier temps n’est pas forcément en adéquation avec les intérêts individuels des collaborateurs. Et la difficulté de la gestion du changement consiste à les faire coïncider. Véronique est convaincue que s’est en amenant les collaborateurs à s’interroger sur le sens à donner à leurs actions que l’on y parvient: c’est le fait que chacun soit conscient de son rôle et de son apport dans le changement qui est important. Et ceci dans une démarche de co-production qui permet d’intégrer chacun dans une implication collective.

Dans cette perspective, les services de ressources humaines ont un rôle important à jouer. Ils doivent aider à élever le niveau de maturité de l’organisation, que ce soit à titre collectif ou individuel. En partant des motivations émergentes, ils doivent amener les collaborateurs vers des comportements créatifs en favorisant la capacité individuelle et spontanée à sortir du cadre établi pour redéfinir des paradigmes en fonction du contexte. Dans le même temps, ils doivent aider les collaborateurs à construire l’avenir de l’organisation en s’appuyant sur les savoirs transversaux.

Véronique relève également la nécessité pour notre société et pour nos organisations d’inventer le « manager de demain » qui saura prendre en compte cette nécessaire gestion du changement au jour le jour. « Les managers doivent grandir ! » conclut-elle.

L’organisation prend soin de moi! Je prends soin de mon organisation!

Les questions et la discussion qui suivent cette présentation initiale reflètent bien le fait que la gestion du changement se retrouve dans le quotidien de la plupart d’entre nous. Mais tout le monde ne l’a manifestement pas compris!

Des quelques thèmes qui sont ressortis durant cette passionnante causerie, j’en retiendrai trois. Le premier concerne le rôle des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans la transformation des organisations. Véronique Volkart pense qu’il ne faut pas en faire une question centrale, même si il faut reconnaître qu’elles peuvent faciliter les choses. Je pense pour ma part que les organisations doivent savoir capitaliser sur les modes de fonctionnement interactifs amenés par les TIC dans la société et profiter de la capitalisation des savoirs qu’elles facilitent.

On a dans un deuxième temps parlé de l’importance à accorder au feedback dans la démarche de changement afin de pouvoir adapter le dispositif aux réalités du terrain. Le feedback insiste Véronique est « comme une fleur qu’il faut arroser et à qui il faut de l’espace pour grandir ». Et l’on rejoint ici les TIC et les réseaux sociaux dont l’apport potentiel est indéniable dans ce type de processus. Mais il ne faut cependant pas croire que le mouvement s’entretient tout seul. Il nécessite que l’on y consacre de l’énergie, à travers des nouveaux rôles tels que les animateurs de communautés (les community managers).

La causerie s’achève enfin en abordant, avec les trois professeurs de hautes écoles présents dans l’assemblée, les aspects liés d’une part à ces nouveaux métiers à inventer pour aider les organisations à se transformer dans la durée ainsi que sur l’enseignement des compétences transversales évoquées lors de la discussion. Pas de point de vue tranché sur ce thème, sinon qu’il y a manifestement un manque à ce niveau dans nos hautes écoles helvétique.