Archives du mot-clé : stratégie

Quels scénarios pour Genève en 2025?

L’idée de connaître le futur est toujours attirante. Qui ne serait pas intéressé à mieux connaître l’avenir? Mais toute personne qui s’est penchée un peu sur la question le dira. Ce n’est pas tant la prédiction qui compte, mais la pratique de se projeter qui est salutaire. Cet exercice a été réalisé en novembre 2014 pour une entité de l’administration genevoise.

background-scenarios

Pour mieux se projeter dans le futur, il est utile de proposer des représentations concrètes de ce qui peut se produire. Dans la méthode des scénarios, on propose des visions contrastées du monde à venir. Le futur ne ressemblera vraisemblablement à aucun des scénarios de façon exacte, pris de façon individuelle. Mais il est presque sûr que l’avenir contiendra plusieurs des éléments retenus dans chacun des scénarios proposés.

Les entreprises comme Shell ont été pionnières dans ce contexte et aujourd’hui cette approche est largement diffusée aussi bien dans le secteur privé que dans celui public. Par exemple, le World Economic Forum, Institute for the Future, le gouvernement français ou encore le gouvernement canadien effectuent tous une exploration des futurs possibles.

Mentionnons en référence un ouvrage remarquable sur le sujet qui reste totalement d’actualité, Peter Schwartz, “The Art of the Long View: Planning for the Future in an Uncertain World”, 1996.

Voyons comment cela peut se traduire pour l’administration genevoise à l’horizon 2025.

Quelles sont les grandes incertitudes?

Dans la construction de scénarios, on peut choisir un certain nombre de variables dont l’évolution sera cruciale pour les enjeux considérés. Bien entendu, il s’agit là d’un choix, guidé par le contexte, par les idées du moment, mais aussi par un regard sur ce qui a déjà, et va continuer à avoir un impact majeur un notre économie et notre société. Parmi l’ensemble large que l’on peut imaginer, voici deux propositions de variables incertaines et influentes.

  • Pouvoir et gouvernance: Distribué et global vs Centralisé et local. Serons-nous dans un monde où les décisions seront prises de façon plus autonomisée, plus en adéquation avec les acteurs autour de nous ou au contraire un recentrage sera-t-il de mise pour se préoccuper principalement de ce qui se passe de façon locale où notre pouvoir d’influence est aussi probablement le plus fort?
  • Position vis-à-vis du numérique: Proactive vs Conservatrice. Aurons-nous intégré de façon naturelle le passage vers un monde numérique avec ses avantages et inconvénients ou serons-nous encore frileux vis-à-vis d’un espace qui semble peu maîtrisé et porteur de dangers, que nous suivrons seulement si tous les autres l’ont adopté?

Les 4 scénarios

En plaçant ces deux variables sur deux axes, on génère un espace de 4 combinaisons où l’on peut imaginer 4 scénarios dans lesquels se trouverait l’administration publique.

Scenarios 2025 axes

Gouvernance distribuée / Numérique conservateur

CoursePopulaire
Genève s’est ouverte et se développe dans des échanges multilatéraux de la région. Bien que le monde évolue rapidement autour d’elle, les avancées quant au numérique restent timides dans l’administration. La communication et les échanges avec la population restent pour la plus grande part analogiques et conventionnelles. Nous sommes dans la métaphore de la course populaire, le peloton avance et exerce un effet d’entraînement. Mais on reste probablement dans la masse et à l’arrière des coureurs.

Gouvernance distribuée / Numérique proactif

CourseRelai
La région genevoise est un écosystème social et politique qui sait mettre à profit les enjeux globaux et numériques. Ce sont là des leviers de changement importants. Malgré quelques «couacs», le gouvernement sait s’appuyer sur cet écosystème pour mieux répondre aux besoins des citoyens et aux enjeux de demain. Dans ce cas, on se trouve dans l’image de la course de relais, où l’important est non seulement de courir vite, mais aussi de savoir passer le témoin et de se coordonner.

Gouvernance centralisée / Numérique proactif

EntrainementSolitaire
Genève se concentre sur ses questions internes et reste très prudente quant aux affaires allant au-delà de ses frontières. Elle sait utiliser les opportunités offertes par le numérique pour favoriser les échanges et résoudre les problèmes rencontrés, mais en se concentrant uniquement sur les parties prenantes genevoises. L’entrainement solitaire représente cette situation de par la très bonne qualité de l’effort et l’isolement de l’individu sur la piste.

Gouvernance centralisée / Numérique conservateur

JoggingDimanche
La tendance sociale est tournée vers une Genève locale qui s’intéresse à ses problèmes internes. Les opportunités apportées par le numérique n’ont pas été réellement saisies et investies. La communication et les relations avec la population restent classiques et traditionnelles. C’est la symbolique traduite par le jogging du dimanche, où l’effort sporadique est effectué souvent seul à partir d’une bonne résolution, mais qui s’avère souvent laborieux et peu fructueux.

 

Selon l’évolution de ces deux variables, nous nous trouverons dans des mondes bien contrastés, parfois plus agréables à notre esprit, parfois moins souhaitables. Mais là n’est pas la question finalement. L’important est de regarder ces scénarios comme une tangibilisation, comme une narration qui nous permet de confronter nos stratégies, nos plans, nos idées.Scenarios 2025 quadrants

Comment utiliser ces scénarios?

Bien que ces scénarios hypothétiques sur le futur n’aient pas la prétention de prédire avec exactitude, ils permettent de voir comment certaines combinaisons de situations incertaines et volatiles, d’événements inattendus et chaotiques, et aussi d’évolutions tendancielles plus fortes influenceront notre futur.

Et c’est bien cela qui importe, permettre de voir avec plus de clarté ce à quoi il faudra se préparer, que ce soit en termes d’opportunités ou de risques. Le futur restera toujours incertain, mais notre préparation à décider et à agir s’est affinée à travers cet exercice. Quel que soit le futur, que nous ne pouvons pas prédire, la robustesse de notre pensée ne pourra qu’en être renforcée. Ainsi, le passage de la pensée vers l’action peut se faire avec une certaine prise de conscience, un éclairage multiple et une prise de recul permettant de se projeter plus clairement.

Le travail ne fait donc que commencer, puisque les décideurs doivent maintenant se poser les questions de savoir comment leur décisions, leur stratégies, leurs plans opérationnels vont se comporter dans ces différentes situations.

Comment les stratégies sont-elles impactées par ces scénarios? Comment peut-on rendre celles-ci plus robustes? Quelles actions peuvent être considérées comme incontournables ou au contraire demander une adaptation spécifique? Comment peut-on être résilient en termes d’organisation, de position, de mission et d’activités?

Cette méthode constitue un préalable très utile à la stratégie puisqu’il ouvre la vision et permet d’envisager des stratégies robustes dans chaque scénario. C’est une façon largement utilisée par les plus grandes organisations et entreprises pour générer des futurs plausibles et déterminer des réponses appropriées. Il faut bien entendu aussi voir ceci comme une boucle de retroaction continue entre vision, contexte, stratégie, résultats et scénarios.

Il ne s’agit donc pas ici de céder à la tentation de prévoir le futur. Après tout ce sont nos actions du présent qui tracent le chemin vers l’avenir, moment par moment. Le futur, lui, reste et restera insaisissable. Serons-nous prêts?

 


 

PS: Pour information, voici les scénarios 2030 préparés par la Confédération, qui sont parus en décembre 2014, http://www.bk.admin.ch/themen/planung/04632/index.html?lang=fr.

Quelles sont les nouvelles stratégies digitales des gouvernements?

Voici un bref tour d’horizon sur la publication des stratégies digitales de grands pays. Avec une vision globale novatrice, le Royaume Uni lance un message intéressant en annonçant le “digital par défaut” pour ses services. Il y a quelques mois les États-Unis ont aussi présenté leur vue sur le sujet en mettant l’accent sur le gouvernement comme une “plateforme”. La France prépare, quant à elle, un document pour le début 2013.

Voyons cela plus en détail.

 

 

Royaume Uni

La stratégie digitale britannique (dévoilée en novembre 2012) définit la façon dont le gouvernement va redessiner ses services numériques pour les rendre aussi simples et pratiques dans le but que tous ceux qui peuvent les utiliser préfèrent le faire. Cette stratégie s’engage à ce que les services numériques deviennent le premier canal de communication et de transaction avec le secteur public. Elle a été développée en collaboration avec l’ensemble du gouvernement dans le cadre du plan de réforme de la fonction publique et sera suivie par des stratégies ministérielles numériques.

La stratégie décrit également que la prestation de services numériques se traduira par des économies de £ 1,7 à £ 1,8 milliards chaque année. Le gouvernement s’engage pour un ensemble d’actions comme par exemple d’assurer qu’un leader digital est présent dans les structures de chaque département, que la consultation du public soit effectuée par les outils comme les réseaux sociaux, ou encore que les barrières légales et réglementaires non nécessaires seront levées lorsqu’elles empêchent le développement de services en ligne directs et facilement utilisables.

Début octobre, un autre élément très controversé a été avancé, le gouvernement britannique envisagerait de pouvoir utiliser les identités digitales externes de Facebook, des banques ou des téléphones portables comme identifiant pour les services publics en ligne. A travers une initiative appellée “Identity Assurance”, le gouvernement vise ainsi à rendre plus simple et accessible les accès aux systèmes et aux transactions en ligne.

Pour plus de détail consulter le UK cabinet office “Government Digital Strategy”  et l’article de ComputerWorldUK “Facebook ID will give access to gov.uk websites”.

Etats Unis

La stratégie du gouvernement digital américain (publiée fin mai 2012) porte en sous-titre son programme “Construire une plateforme du 21e siècle pour mieux servir le peuple américain”. Celle-ci est articulée autour de 3 axes principaux: (1) Permettre au peuple américain et à une main-d’œuvre toujours plus mobile d’accéder à une information et des services digitaux du gouvernement de haute qualité ceci n’importe où, n’importe quand et sur n’importe quel appareil; (2) S’assurer que le gouvernement s’adapte à ce nouveau monde digital, en saisissant l’occasion de se procurer et de gérer des périphériques, des applications et des données de façon intelligente, sûre et abordable; (3) Libérer le potentiel des données du gouvernement pour stimuler l’innovation dans le pays et d’améliorer la qualité des services pour le peuple américain.

Les informations complètes sont disponibles sur le site de la Maison Blanche “Digital Government”.

France

En France, la stratégie numérique, en cours d’élaboration, part du constat que le numérique est le moteur de changement profonds aussi bien dans la vie quotidienne des citoyens que pour la modernisation de l’État et la compétitivité et l’innovation des entreprises. Cette stratégie doit permettre à tous d’accéder aux possibilités offertes par les technologies numériques, tout en prenant en compte les enjeux de respect de la vie privée et de liberté d’expression. Plusieurs projets fédérateurs comme: la couverture intégrale du territoire en très haut débit; la cybersécurité, la souveraineté, la sécurité et l’indépendance dans ce domaine; l’attractivité internationale au travers de la mise en chantier d’un grand quartier numérique à Paris ou dans sa proche banlieue. Cette stratégie sera présentée par le Premier ministre en février 2013, à l’occasion d’un séminaire gouvernemental dédié au numérique ce qui est un symbole fort du soutien politique.

Voir la source de ces informations sur le site du Gouvernement français “Numérique : présentation de la feuille de route en février 2013”.

Par ailleurs, l’analyste Gartner Andrea DiMaio a commenté les publications aussi bien du Royaume Uni que d’autres pays sur son blog voir par exemple http://blogs.gartner.com/andrea_dimaio/2012/11/09/digital-by-default-but-not-smart-enough-hits-and-misses-of-the-uk-government-digital-strategy/.

Smart Gouvernance

Sous l’effet d’un participatif transformationnel et d’internet les administrations publiques mutent. Autant percevoir dès maintenant les probables conséquences pour tracer le chemin vers une «smart gouvernance».

L’administration vit actuellement une grande révolution. Sous l’effet de l’usage massif des nouvelles technologies de l’information et de la communication, toutes les procédures sont revues de fond en comble; les barrières historiques entre les différents services administratifs tombent; les données et les informations deviennent compatibles entre elles; les usagers (citoyens, entreprises, organisations de la société civile) participent à la création de nouvelles valeurs; l’automatisation des transactions abaissent drastiquement les coûts; la personnalisation des services rend l’administration ouverte à de nouvelles formes de collaboration, les données jusqu’alors réservées à l’usage exclusif des administrations sont mises à disposition des usagers pour de nouvelles applications en co-création dans un esprit d’open source. Enfin, les usagers eux-mêmes sont devenus des agents du changement en proposant des applications nouvelles basées sur les données des administrations mais exécutées en dehors de celles-ci. On parle ici d’action transformationnelle à savoir au-delà du cadre transactionnel.

On parle de plus en plus de «smart» gouvernance pour désigner la phase en devenir du développement des administrations et des gouvernements. Le terme «smart» introduit par le Professeur Joseph Nye, fait référence à la combinaison des modes transactionnels (hard power) et transformationnels (smart power) . Après avoir connu une phase dite du e-gouvernement qui correspondait à la mise en ligne sur Internet des services administratifs suivie d’une hase (encore en développement) du «Open» Gouvernement correspondant à la mise à disposition des données par les administrations, on anticipe l’arrivée d’une nouvelle phase participative et transformationnelle dans laquelle les usagers deviendront de véritables acteurs du changement.

Les huit enjeux présentés développent bien les étapes du participatif et du transformationnel que doivent désormais aborder les administrations. Par le biais d’exemples, cette deuxième partie du présent travail tente de montrer à quel point les administrations de par le monde, sont déjà très engagées dans ce processus. Il est cependant important de préciser qu’il s’agit désormais de résoudre davantage une problématique sociétale de «participation augmentée» que de digitalisation d’anciennes procédures administratives. En quelque sorte, grâce à ces deux étapes (participatif et transformationnel) démarre une toute autre révolution: celle de l’usager actif, compétent et participatif. Le terme de transformationnel a été choisi en référence à son usage répandu aux États-Unis pour désigner cette étape ultime. Bien que son usage et donc sa compréhension ne soient pas encore généralisés en Europe, il nous paraît judicieux de l’utiliser rapidement car il donne la véritable perspective du changement. Demain, les administrations seront largement sous l’effet d’un participatif transformationnel, autant en percevoir dès maintenant les probables conséquences pour tracer le chemin vers une «smart gouvernance».

En effet, il est important de pouvoir situer dans un contexte contemporain, l’évolution des changements sociétaux et technologiques tout en fournissant aux administrations, aux politiques, mais aussi aux usagers qu’ils soient simples citoyens, entrepreneurs ou représentants des anciennes ou nouvelles formes d’organisation de la société civile, une sorte de «feuille de route» visionnaire des transformations en cours. En effet, le participatif «augmenté» et le
transformationnel ne sont pas encore des concepts bien appréhendés par les différents acteurs. Prendre le temps d’en analyser les enjeux et les contours nécessite à la fois de se plonger dans de nouveaux comportements sociétaux et de saisir les potentiels des progrès technologiques. Ce travail se veut en ce sens une découverte de notre avenir actuel.

Télécharger le document PDF (695 KB) Smart Gouvernance 2011-12-16.pdf

Dimension Cadastre

February 21, 2012 — Dr. Xavier COMTESSE, Avenir Suisse, and Dr. Giorgio PAULETTO, Observatoire technologique, State of Geneva, Switzerland

Selected as paper of the month in February 2012 by FIG (Fédération Internationale des Géomètres, International Federation of Surveyors).


(*) This paper was presented at Commission 7 Meeting in Austria, September 2011. The authors state that in the professions of cadaster both external and internal changes apply considerable pressure. This paper identifies the major trends that will most likely have an impact, apprehend the consequences expected and provide a structure for this development.

Une version de l’étude complète en français “Dimension Cadastre” est disponible sur le site de la Mensuration Officielle de la Confédération ou par le lien suivant Dimension Cadastre 2011.

ABSTRACT

The environment in which the professions of cadastre evolve has undergone profound changes. Technological innovation in the digital field has been considerable. Furthermore, social change has also been radically altered with, for instance, the emergence of social networks as a means of transforming our relations. Aside from the present crises, there have also been great changes in our economic evolution by the introduction of, on one hand, more flexibility and mobility and, on the other hand, the advent of globalization of production, work and consumption.

In addition to these exterior changes, internal changes have also taken place. These changes are specific to public administrations. Several trends can be mentioned: the evolution of the public discourse on transparency and accountability, the opening of public data, the emergence of the idea of a common good for our human societies. Other influences also have an impact, for instance, legislative change such as laws on administrative registers to foster interoperability or innovative professional software linked to the use of 3D.

These simultaneous changes apply considerable pressure on the profession. In this paper, we are going to identify the major trends that will most likely have an impact, apprehend the consequences expected and provide a structure for this development. We will try to give a general, coherent and prospective view of the evolution of cadastre.

Our paper will be divided into three sections:

  1. Push and pull evolutions
  2. Six strong foreseeable trends
  3. Synthesis and conclusion

SECTION 1: PUSH & PULL

Push

With the advent of the World Wide Web, the cadastre has entered globally in the digital era. This can be seen not only by how we input data, we look up for it, we store and exchange it, but also by the web applications nowadays offered to the public and their evolution. The general public has seen striking examples with Google Maps, Google Earth, Bing Maps, Street View, Sketch Up, etc. These applications can no longer be ignored by the professionals because they offer a new way of reading the territory and they inevitably structure what the public understands and wants. Similarly, several innovations regarding the use of these technologies are fundamentally modifying the profession. For example, let’s mention the “mash up” technique which allows (almost) anyone to use maps to create new applications, the phenomenon of geolocalisation through smartphones, the flow of data generated by individuals, global services accessible through cloud computing offering platforms and applications or the huge potential offered by the billions and billions of new IP addresses accessible with the new Ipv6 protocol.

This technological evolution is the first wave we’ve identified under the « Push » section for upcoming change. A second one is linked to global economic change, it redefines the links between producer and consumer, which overlaps between what is called “hard” and “soft” laws and also we will see between private and public goods. As they evolve, these waves of change define new behaviors we will necessarily be confronted to : copyleft and creative commons which complement classic copyright laws, the common goods which present different attributes in the digital world than it does in the physical sense, so called “prosumers” who actively participate in the design of the product / service he or she will use, crowdsourcing which uses the ingenuity of the internet users to create what no other organization could come up with.

The economy is directly impacted by these profound changes. One only needs to observe sectors like the music industry, entertainment, the media, or telecom sector to see this. Doubtless, other economic sectors will also undergo such significant shifts.

These shifts require the rethinking not only of customer relationships, but also of the entire business model. It is of paramount importance to understand that, by entering in the value chain, the customer transforms all economic relations: we are no longer in a formal contractual relationship but in a participative transformational partnership.

The recent events of Fukushima and the Arab Spring clearly show that the conversations, the media coverage and the spreading of ideas are now global, almost instantaneous and socially unavoidable. A wind of change is blowing on the social organization of our society. Networks are proving to be the tools of this change.

By redefining a social layer based on volunteer work, the lack of binding constraints and the non-punishable, society is entering in the era of soft laws. It becomes legitimate, in a certain way, to act even though there might not be a legal framework to support the action. This fact will have significant consequences on our societies not only in public, social and political action but also in professional applications and services.

Legitimate action has found a legalizing base by bypassing classical processes. Fields where increased participation has created concrete examples are a perfect illustration of this change of paradigm: open source software, open data or linking internet users. Henceforth, acting with a willingly participating population will allow us to perform tasks which have so far been intractable for public or private organizations. We are living this in practical terms with Wikipedia, YouTube or e-bird, the content of which is created and shared by users.

Thus the participative empowerment fueled by social networks redefines not only the social relation to public administration but also to ownership. Being able to add content to a parcel of official cadastre becomes a normal expectation for an increasing part of the general public. How should the owner position himself? And what about the cadastral systems, which must guarantee the information of real estate property?

These three « push » components, namely technology, economy and society, are the catalyze factors of an explosion that will profoundly change the actual definition of cadastre.

Pull

For the last decade or two, information systems have become more open and have integrated an increasing participation from people. There are 5 main stages to this evolution:

  1. informational (search / look up)
  2. transactional
  3. personalization
  4. augmented participation
  5. transformational

As mentioned previously, these stages correspond to external changes, linked to technology, economy and society, but there is more. They also show a political, legislative and administrative evolution. Indeed, we argue that both public and private institutions have also evolved from within, through an inside strength, a « pull », an attempt to adapt to the evolution of society in order to offer increasingly better services.

The following table illustrates this evolution:

Three key “pull” stages determine the change and progress of the cadastre professions:

  1. Social issues discussed at the political level,
  2. Elaboration of laws and regulations to address the political objectives (International soft laws, European laws, National parliaments),
  3. Regulations at a more local level that define the framework in which the public and private sector can act.

These three stages are interwoven in the political process and, together, form what we have called the pull process.

This pull process is, in a certain way, an institutional response to the push process and legalizes the existing (technological, cultural, economic and so on) behaviors created by society.
General model
Delivering online public services creates two essential transformations:

  • An increasing transfer of the administrative activity to the final user.
  • Simultaneously, a competence transfer to the final user.

The figure presented hereafter introduces a “transfer matrix”, which not only allows the monitoring of the progress made in the availability of public services ― and therefore benchmarking it ― but also becomes a strategic management tool. By improving the understanding of the present and future role of users (citizens, businesses, others administrations, and civil society organizations) this transfer matrix illustrates the paradigm shift for the public services.
We are now dealing with a citizen empowerment process that has to be engaged beyond the simple translation of administrative services into their online counterpart.

The figure presented above radically transforms the classic approach by clearly defining the type of activities now transferred to the users and the competence transfer that accompanies it. Here, we introduce new sophistication levels: namely the “Augmented participation” and the “Transformation” levels.

Therefore, the horizontal axis now represents the activity transfer with the following levels:

  • Passive Receiver: The user only has access to structured information that he or she can discover through search engines or tree structures.
  • Self-Service (One-Way): The user can choose specific documents and download them.
  • Self-Service (Two-Way): He or she can exchange documents or emails with the administration.
  • Do-It-Yourself: The user can perform complete transactions, including payments.
  • Co-Design: Both the user and the administration can personalize services (e.g. tax forms, etc.)
  • Co-Creation: The user can participate in the political and democratic life of his/her region or country (e.g. the Swiss model initiative and referendum, forum, etc.)

The vertical axis represents the competence transferred to the user of the online service. The levels of sophistication vary from raw “data” to the “model” level, as follows:

  • Data: At this level, we deal with raw data or measurements, such as those produced by statistical services.
  • Information: A context is added to the data so that a meaning is created.
  • Analysis: We now can infer a theory from information. This allows analysis and better understanding of phenomena.
  • Dynamic: Time is introduced. The time series add a new dimension to the previous theory.
  • Model: Forecasts can be made from the dynamic theories inferred by using the information available. Scenarios can be tested and simulated to forecast the effects of changes and to discuss future changes.

The 5 levels used in this model are defined as follows:

Informational / Search / Look up:
The user looks up information on the Internet. This phase is traditionally the first one to be implemented as an online service. This remains a strong demand from users. With the development of search engines, the way we look up information has drastically changed. The menu presentation is superseded by a fast access to information through these search engines, Google being the leading one.

Transactional One-Way:
The user can download documents. Even though this phase now seems very basic, it is still essential to the users who manage their documents electronically. A content and document management system is central to such activity.

Transactional Two-Ways:
The user can upload documents and send e-mails. It still is nowadays a major contribution but hasn’t reached all levels of the administration, especially for non structured demands. The user can perform complete transactions, including payments. This stage is a milestone for productivity gains and profitability of eGovernment initiatives. It is underway in most administrations around the world. This stage will be crucial for a sustainable system since it saves time and money both for the users and the administration.

Personalization:
The user can use personalized information and transactions. The documents are pre-filled for his/her personal use. The transaction is completely secure and customized. This phase will use a key element that closely resembles a folder called “My Files”. It will allow grouping all of the activities and administrative documents in a single virtual place that will be accessible at all times. The traceability of the transactions and activities will become essential to guarantee a sound accountability.

Augmented participation:
This level corresponds to what may be called a wiki-democracy where citizens and businesses can initiate change. This is exemplified by projects such as Open Government initiatives where users are asked to participate in the development of better administrative services. Another example is the Swiss initiative where citizens can propose new laws. In this context too, the U.S. primary campaign lead by Barack Obama is essentially based on participation. The field is of course very broad and much is left to explore in order to create new services in a connected world. Forums, blogs, social networks are only a few recent examples that have emerged, but most of the field still remains to be invented.

Transformational:
Co-creation is the key word here, leveraging mash-ups and crowdsourcing. This level profoundly modifies the concept of “common good” by redistributing the roles between the administration and the citizens. The latter are involved in the creation of a new digital administration. By opening up government data, citizens can transform the way the new public services are created and delivered. This transformation implies a redefinition of the “common good” and “public good”.

The transformation matrix defined by the transformation along two axes gives a more complete approach to the evolution and strategy of eGovernment online services than the classical model. By going beyond a benchmarking goal, it helps to drive a strategy. The progress of services can still be analyzed, but the tool now also helps to better define priorities and explain the evolution of the services. The users become active stakeholders of the project and not merely final users. By being turned into a participative partner and not having to adapt to a forced evolution, the relationship between the administration and its users changes to better serve the citizen-actor, as well as the entrepreneur-actor or the consumer-actor.

SECTION 2: SIX THESES

Trends

We have identified six major trends that will most likely have an influence on the vision of cadastre.
These trends are linked to technological, economic and social evolution, and come from the push process described above. They are also part of the emergent pull process that has begun to appear in several countries. The six theses presented hereafter influence the entire evolution of the field in which the cadastre operates. They tell us a story by adding dimensions not only in geometry but also in meaning.

Thesis 1: The cadastre will include the third dimension of the landscape and of the objects beyond the current legal framework.
Comment: The technology allows a thorough three dimensional vision of the land. This is now integrated in several products largely distributed by companies such Google and ESRI but also Nokia, Microsoft and several others. This paradigm change raises the issue of height, ownership and that of co-ownership (e.g. several owners of the different levels in buildings) and the rights attached to the third dimension such as for example the right to a view.
Consequence: A new 3D model of the land and of the buildings is necessary and land surveyors have to take 3D into account.

Thesis 2: The cadastre will blend the strategic map and the dynamic map of the land to show its historical evolution. Both views will evolve independently.
Comment: The push of technology makes it possible to store the information with different time stamps instead of erasing or superseding it. An animation of the evolution of an object or a region becomes possible by adding the dimension of time.
Consequence: The current separation between the static object and the dynamic object will be deeply transformed. A static object becomes a snapshot at a given moment of its dynamic version.

Thesis 3: The cadastre will be multifunctional and multijurisdictional.
Comment: The political as well as the technological influence foster the emergence of functions of a territory. Different regions can be viewed not only as jurisdictions, but also through the lens of different functions such as the environmental function, the transportation function, etc. It therefore will be possible to assess the impact of policies on different functions and to create many functional approaches to the territory. Moreover, the interoperability between various local cadastres will render a change of function possible upon request.
Consequence: The local cadastres will be blended into larger ones and include not only jurisdictional views but also functional views.

Thesis 4: Social networks will transform the cadastre.
Comment: The phenomenon of georeference by the public becomes a more and more normal and accepted tool to extend the cadastre. Almost all new moving devices include GPS chips (smartphones, cameras, cars, even cattle!) that can report flows of data. This allows to georeference the objects and their surroundings in a completely new way.
Consequence: The cadastre will deal more with flows of data and less with stocks of data.

Thesis 5: New commons will emerge as a referenced object of the cadastre.
Comment: Data will be more and more made available to the general public by the administration and, through mash-up techniques, will be transformed into a new virtual object the « Common Good ». This new object is a composition of several layers of data and services. It will create value and be used as a global public good.
Consequence: Both the private and the public sectors will gain added value by leveraging these new commons. As it is mainly composed of information, the resource is essentially non-rival (consumption by one person doesn’t prevent simultaneous consumption by another) and non-excludable (it is difficult if not impossible to prevent someone to have access).

Thesis 6: The cadastre will become an essential element of knowledge society.
Comment: The cadastre follows the same path as society as it evolves from an information society to a knowledge society. This is seen through the addition of georeference to many human activities, the emergence of co-creation by entire crowds, and the body of knowledge that the cadastre carries enters more and more into models and decisions. The objects of the cadastre will be part of a feedback loop that makes its way into knowledge society.
Consequence: Land surveyors will be dealing more with soft fields of knowledge rather than hard science in the future.

Guichet 3D

SECTION 3: SYNTHESIS AND CONCLUSION

This document presents the different thesis that will most probably change the cadastre professions. We tried to describe how activities and competencies are shifting from the provider to the end user. Six main theses are then described by integrating the main trends that can be seen today as transformational for the cadastre. These trends come form a push from exogenous shifts (technological, economic, societal) or from pull shifts (as the public services adapt and operate change).

This is still a work in progress and should be seen above all as a tool for thought rather than a firm conclusion. It can be used, for instance, as the basis of a conversation process specifically for professional software applications. We can anticipate a (r)evolution towards new dimensions for the cadastre. While leaving behind the map (2 dimensions), the cadastre is going towards far unexplored dimensions. It is this evolution towards new dimensions that we should work on to design together with the stakeholders a future cadastre to better serve society.

CONTACTS

Dr. Xavier COMTESSE
Director
Avenir Suisse
8, quai du Rhône
1205 Genève
xavier.comtesse@avenir-suisse.ch
+41 22 749-1100

Dr. Giorgio PAULETTO
Strategy and Technology Advisor,
Observatoire Technologique, State of Geneva
64-66 rue du Grand-Pré, CP 2285
giorgio.pauletto@etat.ge.ch
+41 22 388-1353

PDF version of the paper

PDF version of the presentation given at the FIG 7 Meeting Innsbruck September 2011

Tendances technologiques et sociétales 2012

23 décembre 2011 — Giorgio Pauletto

Comme chaque fin d’année, le monde des planneurs stratégiques et des veilleurs s’agite autour des tendances émergentes pour l’année à venir. Voici plusieurs Top 10 sur les tendances et leur articles associés.

Pour ma part, j’en retiens 5 (comme cela a été le cas auparavant ici ou ici par exemple):

    1. Mobile: la montée des smartphones et tablettes est évidente, mais les impacts sont encore largement à venir, de plus l’ordinateur se fond toujours plus dans les objets qui nous entourent; ajoutons que l’HTML5 devrait encore amplifier ce phénomène.
    2. Social: les réseaux sociaux et l’autonomisation réelle qu’ils permettent sont devenus des enjeux technologiques et sociaux importants; cette tendance ne demande qu’à être transformée dans les organisations et à continuer son avancée dans la société en tenant mieux compte des aspects de protection de la sphère privée.
    3. Consumerisation: aujourd’hui les technologies les plus influentes sont d’abord apprivoisées par les individus et non les entreprises; l’écosystème des ces appareils et de ces services entre de plus en plus dans les organisations par la petite porte, cette tendance continue à monter et devient très importante.
    4. Cloud / AppStores: ayant créé des attentes souvent exagérées, ces deux mouvances complémentaires vont prendre leur pleine ampleur en entrant de façon globale dans les habitudes de consommation, mais aussi dans les propositions des fournisseurs.
    5. Big Data: en digitalisant nos systèmes d’information, nous avons créé un réel déluge de données ce qui est à la fois un peu inquiétant, mais aussi porteur de potentiels énormes; que ce soit au niveau de la santé, de l’éducation, des administrations, au niveau professionnel mais aussi au niveau personnel cette tendance nous impacte; le phénomène Open Data repris dans plusieurs billets dans ce site en est aussi l’exemple notamment pour le secteur public; nous n’avons vu que le début de ce que peut représenter l’analyse et la synthèse (par la visualisation, par exemple) de cette masse de données.

En conclusion, prises une par une aucune de ces tendances n’est révolutionnaire. En revanche, elles entrent petit à petit en résonance ensemble, en se renforçant les unes les autres ce qui les rend puissantes et robustes. Leur influence sera cruciale sur les organisations, les individus et l’administration de demain.

Très belles fêtes et excellente nouvelle année 2012!

———
Gartner Identifies the Top 10 Strategic Technologies for 2012

      1. Media Tablets and Beyond.
      2. Mobile-Centric Applications and Interfaces.
      3. Contextual and Social User Experience.
      4. Internet of Things.
      5. App Stores and Marketplaces.
      6. Next-Generation Analytics.
      7. Big Data.
      8. In-Memory Computing.
      9. Extreme Low-Energy Servers.
      10. Cloud Computing.

http://www.gartner.com/it/page.jsp?id=1826214
———
CIO.com: Top Ten Tech Predictions for 2012

      1. Data becomes liquid.
      2. Consumerization of IT explodes.
      3. User Interface becomes User Engagement.
      4. E-commerce doubles down on social and mobile.
      5. Virtualization goes viral.
      6. Operationalize cloud.
      7. Befriend or battle the Chief Financial Officer and Chief Marketing Officer.
      8. Internal and external growth intensifies.Internal and external growth intensifies.
      9. The global economy looms larger.
      10. CIO relevance is tested again.

http://www.cio.com/article/695458/Top_Ten_Tech_Predictions_for_2012
———
IBM: The Next 5 in 5, Innovations that will change our lives in the next five years

      1. Energy: People power will come to life
      2. Security: You will never need a password again
      3. Mind reading: no longer science fiction
      4. Mobile: The digital divide will cease to exist
      5. Analytics: Junk mail will become priority mail

http://www.ibm.com/smarterplanet/us/en/ibm_predictions_for_future/ideas/index.html
———
Pete Cashmore: The Top 10 tech trends for 2012

      1. Touch computing
      2. Social gestures
      3. NFC and mobile payments
      4. Beyond the iPad
      5. TV Everywhere
      6. Voice control
      7. Spatial gestures
      8. Second-screen experiences
      9. Flexible screens
      10. HTML5

http://edition.cnn.com/2011/12/19/tech/innovation/top-tech-trends-2012/index.html
———

L’Europe présente une stratégie "Open Data"

13 décembre 2011 — Giorgio Pauletto

La Commission Européenne a annoncé le 12 décembre 2011 une stratégie “Open Data”, c’est-à-dire sur le partage des données publiques ouvertes.

La commissaire européenne Neelie Kroes a annoncé une révolution Open Data pour permettre de transformer “les données gouvernementales en or”. Elle a mentionné que cette annonce “va radicalement bousculer” l’accessibilité des données quant à leur réutilisation et a aussi donné quelques étapes que la Commission Européenne s’apprête à franchir.

L’Open Data est la nouvelle norme

Toutes les données créées par des organisations publiques seront mises à disposition afin de pouvoir les réutiliser. Ouvrir ses données sera d’ailleurs la norme et non l’exception, la Commission Européenne visant à se positionner “au sommet de la classe”, a ajouté la commissaire Kroes.

La Commission Européenne joue l’exemplarité
La Commission Européenne elle-même ouvrira ses données pour réutilisation durant le premier semestre 2012 avec la mise en test d’un portail de données. Les autres agences européennes seront invitées à rejoindre cette initiative, qui sera un exemple pour les États membres. “Nous défierons les États Membres” à dépasser la Commission Européenne dans l’ouverture des données, a annoncé Mme Kroes.

Révision de la directive sur le partage des données publiques
La Commission propose une mise à jour de la directive de 2003 sur la réutilisation des données publiques (PSI Directive 2003/98) sur les points suivants:

  • Etablir par règle générale que tous les documents rendus accessibles par des organismes du secteur public peuvent être réutilisés à des fins commerciales ou non commerciales, à moins qu’ils ne soient protégés par le copyright de tiers.
  • Instituer le principe que les organismes publics ne devraient pas être autorisés à facturer plus que les coûts marginaux induits par une demande individuelle pour ces données; dans la pratique, cela signifie la plupart des données seront offertes gratuitement ou quasi gratuitement, sauf cas dûment justifiés.
  • Rendre obligatoire de fournir les données couramment utilisées, dans des formats lisibles par les machines, afin de favoriser la réutilisation effective des données.
  • Introduire une supervision réglementaire pour mettre en oeuvre et appliquer ces principes.
  • Etendre massivement la portée de la directive pour y inclure les bibliothèques, les musées et les archives pour la première fois; les règles de 2003 existantes s’appliqueront aux données de ces institutions.

Vidéo (disponible 7 jours)

La version courte de Mme Kroes:

Billet traduit librement de l’article CC-BY publié par tonzijlstra le 12 Dec 2011 http://epsiplatform.eu/content/open-data-strategy-europe-here

Assises de l'intelligence économique et veille stratégique: quels enjeux pour l'administration ?

29 novembre 2011 — Giorgio Pauletto

Les 5e assises de l’intelligence économique et de la veille stratégique, qui ont eu lieu le 27 et 28 novembre 2011 à Alger, ont traité du thème crucial “L’information comme nouvelle ressource stratégique”. Organisé sous le patronage du Ministre de l’Industrie, PME et de la Promotion de l’Investissement en Algérie, le programme de ces assises permet de voir rapidement que les acteurs ont saisi que la société se transforme aussi bien dans le secteur privé que dans celui public.

Voici, en synthèse et en slides, la présentation que j’ai délivrée qui aborde trois thèmes d’importance capitale dans ce domaine:

  • L’évolution technologique et informationnelle, avec le passage du monde du Mainframe à plus récemment celui du Cloud Computing, des réseaux sociaux, et du smartphone (ces mondes, d’ailleurs, s’ajoutent par strates plus qu’ils ne se substituent l’un à l’autre); de façon parallèle la prise de conscience, toujours plus affirmée, que nous montons dans la chaîne de valeur allant de la donnée, à l’information, puis à la connaissance, au savoir et à l’intelligence collective avec le partage et l’appropriation; le contraste entre un monde de la rareté des biens physiques qui favorise la prévision et celui de l’abondance où la sérendipité et l’imprévisibilité sont essentielles.
  • L’innovation dans les modèles économiques présentée de façon synthétique et visuelle par les travaux de Business Model Generation et dont les exemples donnent une grille de lecture à la fois simple et complète des modèles de Apple ou de Google.
  • L’évolution des administrations publiques à l’ère d’Internet , mais aussi surtout des changement de société que cela engendre; le fil rouge de cette évolution est clairement identifié par le passage de l’informationnel au transactionnel, puis de la personnalisation au participatif augmenté pour finalement aboutir au niveau transformationnel de l’organisation dans son ensemble, le détail étant exposé dans Administration Demain.

Atelier d’appropriation du plan stratégique des systèmes d’information

Patrick Genoud et Giorgio Pauletto

Mise en œuvre d’une méthode créative (Service Box) pour aider les membres du Collège spécialisé des systèmes d’information à s’approprier leur plan stratégique.


Dans le cadre de leur journée au vert du 9 juin 2010 les membres du Collège spécialisé des systèmes d’information (CS-SI) de l’État de Genève ont testé avec succès une méthode créative proposée par les membres de l’Observatoire technologique pour les aider à s’approprier leur plan stratégique.

Le contexte

Durant l’année 2009 les membres de l’Observatoire technologique apportent leur concours à un groupe de travail du CS-SI pour élaborer leur plan stratégique des SI de l’État de Genève pour les années 2009 à 2013. Ce document décrit les lignes de force qui visent à donner de la cohérence aux démarches d’évolution de nos systèmes d’information. Il présente les facteurs clés de succès ainsi que la stratégie retenue pour y parvenir.

L’élaboration de ce plan stratégique par un groupe de travail émanant du CS-SI permet de finaliser rapidement le document attendu. Un partage régulier de l’avancée des réflexions avec l’ensemble du CS-SI doit garantir une adhésion de tous au contenu de ce document. Mais le court délai de rédaction n’est pas forcément favorable à une réelle appropriation par tous les membres du CS-SI, tout au moins au niveau des valeurs que ce plan stratégique est sensé véhiculer. Or cette phase d’appropriation est essentielle si l’on souhaite effectivement tous tirer à la même corde et communiquer efficacement et d’une même voix sur ce document.

Pour faciliter l’appropriation du plan stratégique et pour vérifier dans quelle mesure chacun tient un discours cohérent sur le sujet, les membres de l’Observatoire technologique ont proposé au CS-SI un atelier tout à la fois créatif, ludique et sérieux…

La méthode

La méthode est inspirée de la Product-Box, l’un des jeux innovants (Innovation Games) proposés par Luke Hohmann. Ces jeux sérieux sont utilisés aussi bien par les start-ups de la Silicon Valley que par les net-ups du monde des innovateurs sociaux.

(JPG)

Avec les membres de Think Services, un groupe de réflexion sur la science des services auquel nous participons, nous avons élargi le concept de la Product Box de Hohmann à une Service Box dont l’objectif vise à rendre plus concret et tangible les caractéristiques et les bénéfices attendus d’un service.

On déroule la Service Box au cours d’un atelier d’une durée de deux heures environ. Les participants se répartissent en groupes de 4 à 6 personnes. Dans une démarche de co-création ils disposent de 45 minutes environ pour matérialiser sur les 6 faces de la boîte les bénéfices attendus du service traité.

La boîte permet de passer beaucoup plus facilement des concepts au concret ; un concret sur lequel les participants peuvent beaucoup plus aisément rebondir en le complétant et en l’enrichissant d’idées nouvelles rendues tangibles par des images, des dessins, des découpages, des mobiles ou par tout autre support à leur imagination. Les six faces de la boîte constituent également une contrainte qui force les participants à aller à l’essentiel et à prioriser de facto leurs messages.

Une fois la boîte terminée, celle-ci sert de support à la narration, au storytelling. Le groupe raconte son histoire, « vend » son service, en s’aidant de la boîte et de la symbolique qu’elle véhicule.

Cette démarche de co-construction améliore la compréhension, l’appropriation et la valorisation du service qui sinon reste purement intangible. Elle permet également de mettre l’accent sur les éléments de valeur plutôt que sur les simples fonctionnalités attendues.

(JPG)

Voir la fiche décrivant la méthode sur le site de Think Services.

L’atelier

L’atelier réunit trois groupes de 4 à 5 personnes (tous membres du CS-SI) dont l’objectif est de rendre lisible et tangible les bénéfices attendus de leur plan stratégique. Avec des responsables de systèmes d’information habitués à parler « coûts » et « qualité », nous insistons sur l’importance à accorder à d’autres aspects que peut prendre la valeur ajoutée de leur plan stratégique, à savoir sa « valeur d’usage » et sa « perception ».

(JPG)

Valeur ajoutée d’un service
(selon Diem Ho, IBM)

Durant la phase créative chaque groupe tangibilise les aspects essentiels du plan stratégique sur la boîte de carton en l’enrichissant de ses apports créatifs. On échange ses points de vue, on confronte ses visions, on dessine, on découpe, on colle, pour recommencer encore si une création a appelé une autre idée…

(JPG)

Phase de créativité

A l’issue du processus d’échange et de créativité, la boîte sert de support à l’exercice de narration qui vise à « vendre » le plan stratégique aux différentes parties prenantes (secrétaires généraux, collaborateurs, etc.). Le discours est toujours très imagé, souvent teinté d’humour. De belles histoires dont s’inspirer pour « raconter » ce plan stratégique à d’autres…

Retours des participants

L’exercice visait initialement à l’appropriation du plan stratégique du CS-SI par ses membres. Mais il a finalement démontré que cette appropriation était déjà effective : même si les narrations proposées par les trois groupes étaient différentes, tous s’accordent sur la cohérence des messages entendus. L’exercice aura donc eu le mérite de démontrer que le plan stratégique a été compris et intégré par les membres du CS-SI. Ce constat constitue en soi un résultat remarquable de l’atelier.

Tous les participants reconnaissent la richesse de cette démarche de tangibilisation de concepts très abstraits. Elle a produit dans ce cas des messages variés, reposant sur des valeurs communes. En s’inspirant des trois narrations, on a maintenant la possibilité de véhiculer des message différents selon le public visé.

Les participants apprécient également le fait que cette méthode permet de décliner leur plan stratégique sous forme de métaphores qui en faciliteront certainement la communication. Même si elles ne reflètent pas toujours parfaitement toute l’exactitude voulue, ces métaphores laissent au public un espace de liberté appréciable pour mieux s’approprier le discours. La Service Box constitue ainsi un excellent exercice de maitrise de la complexité et permet de véhiculer un message plus simple et plus accessible.

Enfin tout le monde s’accorde sur le fait que le travail de co-création dans un esprit ludique permet de souder encore plus un comité dont le travail d’équipe est clairement ressorti durant cet atelier !

(JPG)

Les boîtes produites durant l’atelier !

Administration Demain

Cette étude est une synthèse prospective de la situation présente et à venir pour Genève dans le cadre du projet d’Administration en Ligne.

Elle est basée sur une analyse internationale avec des missions de recherches factuelles en Allemagne, Estonie, Canada, États-Unis, Finlande et France mais aussi sur ce qui se fait en Suisse et à Genève. Tout en cherchant à développer un argumentaire politique et visionnaire, l’étude se fonde sur du narratif existant et fortement documenté. L’étude se veut accessible et transparente. Elle tient à rendre compte des progrès accomplis tout en offrant une feuille de route claire mais largement encore ouverte.

Cette étude a été réalisée dans le cadre de l’Observatoire Technologique (OT) du Centre des Technologies de l’Information (CTI) du Département des Constructions et des Technologies de l’Information du Canton de Genève, Suisse.

A l’intention du politique, du législatif et de l’administration, cette étude tente d’éclairer le chemin à parcourir et se conçoit ainsi et avant tout comme un outil de travail.

Auteurs: Xavier Comtesse et Giorgio Pauletto

Lien direct vers le document PDF (1.87 MB) AdministrationDemain2010-06-02.pdf

 


 

Une présentation du rapport en vidéo

http://vimeo.com/20507253

http://www.youtube.com/watch?v=7mAjzA2zOAo

 

Un support présentation sur Slideshare

e-Administration: enjeux et facteurs clés de succès

Ce travail sur clairement en exergue les enjeux pour les décideurs ainsi que des recommandations quant à la stratégie de mise en œuvre dans le cadre de la e-Administration.

L’utilisation des technologies de l’information et de la communication pour mettre en place une e-Administration présente une complexité qui ne caractérisait pas la plupart des projets informatiques mis en place jusqu’ici et qui découle de plusieurs facteurs.

Le premier aspect est que par essence la e-administration va influencer fortement les structures de l’administration. Le second est qu’elle dépasse largement le cadre purement technologique en raison notamment du rapport très fort qu’elle entretient avec le citoyen en particulier et avec la société en général. Et le troisième est que ses spécificités ne sont encore pas toutes définies.

Ce rapport se fonde sur plusieurs études dont celle de l’OCDE en apportant des éléments nouveaux en particulier dans le contexte suisse et genevois.

PDF 323 KB e-Administration_V1.0.pdf