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On a causé de Blockchain…

Blockchain

Il n’est pas un jour où la presse ne parle pas de la Blockchain, cette technologie qui doit sa notoriété au rôle essentiel qu’elle a joué dans l’essor des crypto-monnaies telles que le Bitcoin. La plupart du temps ces articles restent très généraux et ne prennent pas le temps de creuser un sujet pourtant riche et passionnant.

La Causerie du jeudi 30 mars a abordé les principes fondamentaux de la Blockchain en les illustrant par des exemples concrets et variés. Près de 40 personnes (probablement un record pour les Causeries du jeudi) ont pu comprendre pourquoi cette technologie va révolutionner notre société, tout comme Internet l’a fait ces 25 dernières années.

Philippe Thévoz nous a tenus en haleine pendant plus de 2h30 en nous expliquant comment la Blockchain est appliquée dans de nombreux domaines. Il nous a également présenté les défis que doit encore relever cette technologie pour répondre aux attentes qui sont placées en elle.

Copyright Nicholas Palffy ©

Copyright Nicholas Palffy ©


Le podcast de la Causerie


 Depuis plus de 2 ans, Philippe Thévoz accompagne des entreprises ainsi que des organismes privés et publics dans leur transition digitale, avec un accent particulier sur la Blockchain et le eGovernment. Il a donné de nombreuses conférences pour démystifier cette technologie auprès de milieux très variés.

L’économie collaborative – 24ème Journée de rencontre de l’OT


L’économie collaborative

Economie collaborative


Jeudi 8 octobre 2015, 14h – 17h30
hepia, rue de la Prairie 4, Genève

Entrée libre et gratuite mais inscription souhaitée

Inscription


 

Uber, airbnb, BlaBlaCarKickstarter : les exemples médiatisés de l’économie collaborative sont légions. Grâce au numérique ces sociétés ont su replacer l’individu au cœur de l’action. Elles sont emblématiques d’une tendance forte, en rupture avec les modèles traditionnels. 

Mais cette nouvelle économie ne se réduit pas à ces succès innovants qui ont parfois dévoyé la philosophie des modèles originels. La consommation collaborative sous-jacente englobe des dynamiques et des pratiques qui ne sont pas forcément en lien avec le numérique, telles que la co-utilisation, la co-élaboration ou le troc.

Cette 24ème Journée de rencontre éclairera le sujet de manière large afin de nous aider à en comprendre les enjeux et à évaluer les opportunités pour notre région en général et pour notre administration en particulier. 

Nous espérons vous voir nombreuses et nombreux à cette occasion qui constituera également un moment d’échange et de convivialité.


Téléchargement  Téléchargez le programme de la Journée (pdf, 455 ko)


Pierre Maudet

Pierre Maudet

M. Pierre Maudet, conseiller d’Etat en charge du Département de la sécurité et de l’économie nous fera l’honneur d’introduire cet événement.


Jennifer Leblond
Jennifer Leblond

Économie collaborative : partage 2.0

L’économie collaborative, ça nous parle. Mais savons-nous vraiment ce qui se cache derrière ces mots à la mode ? Jennifer Leblond va tenter d’en définir les contours. Elle nous expliquera comment l’économie collaborative s’infiltre dans tous les pans de l’économie, et jusque dans nos institutions. Elle nous conduira de l’organisation horizontale et décentralisée du think tank OuiShare au positionnement de l’Etat français sur cette économie de l’internet en passant par la démocratie participative.

Jennifer Leblond est consultante en économie collaborative. Elle est social media manager pour OuiShare Global, Connector OuiShare Paris/France, community Manager pour Without Model et Connecteur Ulule. Elle est en outre conseillère en crowdfunding et en tiers-lieux (coworking et makerspace) auprès des collectivités territoriales et animatrice des « jeudigital » du Cabinet de la Secrétaire d’Etat au Numérique.  


Vincent Pignon

Vincent Pignon

Accès au financement des entreprises. Et si l’économie collaborative était la solution ?

A l’heure où les taux d’intérêts deviennent négatifs, les PME éprouvent de réelles difficultés de financement et les particuliers ne savent plus comment rentabiliser leur épargne. Le financement participatif s’impose donc comme un réel choix alternatif. Un peu partout, des particuliers, des entreprises et des fonds d’investissement placent leur argent sur des plateformes de crowdlending, choisissant par avance rendement et risque.

La finance participative impose au final un changement de paradigme où confiance et transparence garantissent le succès d’une recherche de financement. 

Le Dr Vincent Pignon est membre du corps professoral de la Haute Ecole de Gestion de Genève et chercheur invité de l’Université d’Oxford. Il mène des travaux de recherche sur le Crowdfunding, les Fintech et l’économie collaborative. Il travaille pour une plateforme de crowdlending qui permet de prêter directement aux PME Suisse: Wecan.fund. Il est président de la Swiss Crowdfunding Association.


Yves Zieba

Yves Zieba

À la découverte de la nouvelle économie locale

L’expérience locale de l’association Pangloss illustre d’autres formes de l’économie collaborative, notamment les modes de vie collaboratifs, la mutualisation des espaces, le partage des savoirs et la culture libre. 

Pangloss utilise également la production collaborative (pour le prototypage et la fabrication additive) en incitant à l’usage des modèles économiques ouverts issus de l’open source et en optimisant les usages rendus possibles par les dernières technologies du numérique.

Après de nombreuses années d’activité au sein d’entreprises internationales, Yves Zieba conseille aujourd’hui les entreprises sur leurs investissements stratégiques dans le domaine des technologies de l’information. Il les forme sur les techniques avancées de négociation et d’influence. Il est co-fondateur et dirigeant de l’association Pangloss.


Philippe Gargov

 

Philippe Gargov

Une sismologie de la consommation collaborative : lignes de failles et propagation des ondes

Lentement mais sûrement, la consommation collaborative s’immisce dans nos villes, reconfigurant de manière plus ou moins voyante les modèles socio-économiques qui structurent les territoires. En observant les épicentres de ces transformations, en décryptant la manière dont elles se propagent à travers l’existant, une sismologie de la consommation collaborative se dessine. Avec en creux cette question : à quoi ressemblera la ville collaborative de demain ? 

Philippe Gargov est géographe, fondateur du cabinet de prospective [pop-up] urbain qui explore les futurs possibles de nos territoires à travers leurs représentations dans les cultures populaires. Cette résonance entre le réel et l’imaginaire permet de prendre du recul sur les phénomènes et tendances émergents, et d’inspirer les scénarios prospectifs qui en découlent. 


Contact et organisation:
patrick.genoud@etat.ge.ch
christopher.larraz@etat.ge.ch

24ème Journée de rencontre de l’OT


L’économie collaborative

Economie collaborative


Jeudi 8 octobre 2015, 14h – 17h30
hepia, rue de la Prairie 4, Genève

Entrée libre et gratuite mais inscription souhaitée

Inscription


 

Uber, rbnb, BlaBlaCarKickstarter : les exemples médiatisés de l’économie collaborative sont légions. Grâce au numérique ces sociétés ont su replacer l’individu au cœur de l’action. Elles sont emblématiques d’une tendance forte, en rupture avec les modèles traditionnels. 

Mais cette nouvelle économie ne se réduit pas à des succès innovants. La consommation collaborative sous-jacente englobe des dynamiques et des pratiques pas forcément en lien avec le numérique, telles que la co-utilisation, la co-élaboration ou le troc.

Cette 24ème Journée de rencontre éclairera le sujet de manière large afin de nous aider à en comprendre les enjeux et à évaluer les opportunités pour notre région en général et pour notre administration en particulier.

Nous vous invitons donc à réserver la date du jeudi 8 octobre 2015 après-midi. Le programme détaillé vous parviendra au début septembre.

Nous espérons vous voir nombreuses et nombreux à cette occasion qui constituera également un moment d’échange et de convivialité.

M. Pierre Maudet, conseiller d’Etat en charge du Département de la sécurité et de l’économie nous fera l’honneur d’introduire cet événement.


Contact et organisation:
patrick.genoud@etat.ge.ch
christopher.larraz@etat.ge.ch

On a causé de leadership et de culture digitale…

Causerie Culture Digitale

Le nouvel environnement dessiné par la révolution digitale peut sembler déconcertant, incontrôlable et paradoxal. Pourtant il recèle de grandes opportunités. Mais avons-nous les bonnes lunettes pour le comprendre, en décrypter les codes et en assimiler la culture ? C’est là l’enjeu pour y trouver sa place et  s’y sentir à l’aise.  

La littérature est abondante sur les technologies et les innovations de rupture qu’elles amènent. Mais lorsqu’on désire répondre aux enjeux de ce nouveau paradigme en permettant l’intégration de la dimension humaine de ces transformations, il faut s’intéresser à un domaine encore trop peu exploré: celui de la culture. Car à environnement nouveau, il faut une culture nouvelle, celle du digital en l’occurrence.

Les Passeurs du Digital, Marie Elisabeth Boury et Valérie Bauwens, aident ainsi les leaders à décrypter cette culture et mettent en oeuvre les approches permettant de comprendre le digital, d’en trouver le sens et de se l’approprier. Elles sont venues discuter du sujet avec la vingtaine de personnes présentes lors de la Causerie organisée à la Muse Genève le 19 février dernier.

Je me doutais bien en préparant cette Causerie qu’en résumer le contenu ne serait pas facile. Et je ne m’étais pas trompé ! Ce billet tente donc de retracer dans les grandes lignes des échanges qui ont abordé un sujet tout à la fois vaste, intangible et encore peu exploré.

Pour Marie Elizabeth la culture est une interface entre nous et notre environnement. Elle est constituée d’un ensemble de codes, de règles et de pratiques qui nous permettent de comprendre cet environnement que le digital, au cours de ces dernières années, a considérablement bouleversé. Beaucoup ont nié l’évidence en évoquant une mode passagère. Et les quelques leaders qui ont tenté de s’adapter à ce changement de paradigme l’ont dans un premier temps abordé avec une approche avant tout technologique qui n’est clairement pas la bonne.

symbole-chinois

Car les technologies ne sont que les vecteurs et les facilitateurs de ces changements profonds. Et leur compréhension n’amène que des réponses superficielles à des changements plus essentiels encore. En toile de fonds de l’évolution des technologies ce sont en effets des transformations majeures des postures et des comportements qui ont eu lieu. C’est à ce niveau que l’on peut parler de culture digitale et qu’il faut savoir amener les gens (et les leaders en particulier).

Marie Elizabeth et Valérie travaillent à expliciter les codes qui permettent de décrypter les modèles de rupture du monde digital. Elles mentionnent par exemple et pour ne citer que ceux-ci: les réseaux, les écosystèmes, la collaboration, la co-création, la transparence, l’autonomisation, les approches centrées utilisateurs, la transversalité, etc.

Mais au-delà de la connaissance de ce codes qui constituent une grille de lecture de la culture digitale, il faut savoir comment en faire prendre conscience et comment accompagner les changements qu’ils impliquent. Pour ce faire, Marie Elizabeth et Valérie organisent des ateliers dans lesquels elles amènent les participants (souvent des chefs d’entreprises qui se sentent largués dans ce monde méconnu pour eux) à découvrir le sens à donner au digital à travers les exemples concrets les plus médiatisés (comme le Bitcoin, SpotifiyUber ou Airbnb pour ne citer qu’eux).

La majorité des participants en sont convaincus: comprendre cette culture digitale et savoir en déchiffrer les codes est vital pour de nombreux entrepreneurs. Car à l’image des quatre exemples donnés ci-dessus, les innovations de ruptures peuvent venir à tout moment mettre en danger des entreprises et des organisations que rien ne semblait pouvoir faire vaciller. Plutôt que de subir ces changements ou de disparaître, mieux vaut alors essayer de comprendre les dynamiques qui vont nous impacter et se mettre dans le mouvement. 

     Tous les jours je vois des conflits entre des arbres et des réseaux !

Et que l’on évoque l’orientation usagers, l’accélération et la complexité croissante induites par les technologies ou les phénomènes de rupture, on retombe très vite sur les modes d’organisations qu’il faut savoir mettre en place pour prendre tout ceci en compte. C’est en tous cas l’un des points qui doit retenir l’attention des leaders et qui a suscité de nombreux échanges parmi les participants. Dans le monde digital, les organisations pyramidales caractéristiques de la société industrielle s’effacent devant des organisations de type matriciel ou en réseaux, voire même de type organique qui sont plus aptes à s’adapter à ses spécificités.

La discussion a s’est par la suite focalisée sur les jeunes. Certains dans l’assemblée sont convaincus que les générations Y ou Z ont intégré cette culture digitale et comprennent implicitement comment elle impacte notre quotidien. Le reste n’est qu’une question de patience: ces jeunes seront bientôt au pouvoir et les choes changeront naturellement. Mais la majorité pense que baigner dans le digital ne suffit pas à en comprendre réellement tous les codes avec la prise de distance nécessaire. Et pour la x-ième fois lors d’une Causerie, l’on refait le constat des lacunes de notre système éducatif dans ce domaine…

Marie Elizabeth et Valérie

Photo Arnaud Velten

Dans une deuxième partie, Marie Elizabeth et Valérie nous proposent un petit exercice de groupe qui nous amène à répondre à trois questions:

  1. Comment fédérer les gens autour du sujet de la culture digitale ?

  2. Où intervenir ?

  3. En quoi la culture digitale est utiles pour nous ?

Un brainstorming d’une dizaine de minutes remonte les idées suivantes livrées ici en vrac :

  • Amener les gens dans un espace non numérique.

  • Utiliser les enfants pour nous aider à comprendre (prendre le temps de les observer).

  • Se pencher sur les démarches de gamification.

  • Faire comprendre que l’on est dans le changement permanent. 

  • Intervenir partout et de manière multilatérale.

  • La culture digitale n’est pas un message en soi. Savoir exprimer l’objectif que l’on veut servir et annoncer les valeurs sous-jacentes.

  • Ne pas oublier le mieux-vivre ensemble.

  • Savoir prendre du recul.

  • S’adapter au changement dans un système en évolution.

  • Casser les barrières; ouverture et partage; autonomisation.

  • Responsabilité et confiance sont au cœur de tout ça (lien avec la Causerie de janvier).

  • C’est une question de survie, même si cela ne va pas durer. Co-construire un autre monde. Il faut donc comprendre cette culture numérique.

Pour terminer cette Causerie riche et intéressante, chacun rappelle les mots avec lesquels il repart. J’ai retenu notamment ceux-ci: complexité, perplexité, content, continuer ensemble…


Marie Elizabeth Boury

Président d’Academie Digitale / les Passeurs  dont la vocation est de faciliter et d’accélérer la prise en compte et l’acquisition de la nouvelle culture digitale par l’entreprise et les institutions; ancien dirigeant dans le domaine des nouvelles technologies puis dirigeant d’une société de conseil accompagnant la transformation des entreprises, Marie Elisabeth Boury (Meb) est aussi philosophe, orientaliste et historienne.


Valerie Bauwens

Après l’obtention d’un Master en gestion aux HEC-Liège, Valérie Bauwens débute sa carrière en finance et business development. C’est pour mettre des visages sur les chiffres des plans d’affaire qu’elle rédigeait que Valérie s’est attelée à institutionnaliser la recherche utilisateur comme compétence clef du département de recherche et développement de Swisscom. Elle co-crée rapidement un observatoire des usages des clients privés qu’elle étend aux usages en entreprise.

On a causé du numérique au chevet de la santé…

Le numérique au chevet de la santé

Le numérique est-il la panacée pour soutenir l’évolution de notre système de santé? Comment envisager son utilisation dans ce domaine ? Avec son énergie communicative et son humour parfois corrosif, Christian Lovis en a causé avec nous le 18 décembre dernier.  

Tout au long de la soirée, Christian a tenté de nous démontrer la convergence entre santé, technologie et citoyen/patient. Et c’est sous l’angle historique qu’il a amené le thème de la soirée. Car en refaisant l’histoire on se rend compte que les technologies et le numérique ont évolué très rapidement et ont amené, selon trois phases, des changements cruciaux qui ont profondément modifié le paysage de la santé.

ACTE 1

Tout a commencé en 1992 lorsque Al Gore décidait de rendre libre d’accès PubMed, la base de données bibliographique d’articles médicaux. Cette décision a créé un mouvement d’envergure mondiale pour un libre accès (open access en anglais) aux articles scientifiques. La célèbre revue Nature s’y est même mise récemment. Aujourd’hui une large part de la publication médicale est donc accessible à tous, que l’on habite New-York, Genève ou Tombouctou.

Et ce qui est vrai pour les publications médicales l’est aussi pour toutes les informations relatives à la santé en général et aux maladies en particulier. Cette richesse mise à disposition des chercheurs et des étudiants constitue une source de connaissance extraordinaire qui a permis dans un premier temps des avancées jusqu’alors insoupçonnées. Ainsi l’équipe de Patrick Ruch, chercheur à la HEG a publié dans la revue Gene des découvertes dans le domaine génétique obtenues uniquement en analysant la littérature existante, sans avoir à effectuer la moindre expérience.

Avec l’essor du Web, ce n’est plus seulement le monde académique qui a eu accès à cette connaissance, mais les patients eux-mêmes, en quête d’informations sur la santé. On comprend bien l’impact que cela peut avoir sur les médecins. Leur rôle change considérablement; tout comme leur place dans un système où le patient en connaît parfois plus sur sa maladie que son médecin personnel.

Photo Bruno Chanel

ACTE 2

La deuxième phase est celle de la libération de l’information et dans le même temps celle de sa consumérisation. Car au fil du temps, l’information produite hors du champ académique est venue s’ajouter à un corpus déjà très riche. Le patient y a bien sûr accès. Mais Christian note que si celui-ci veut devenir un acteur de sa santé, il est par contre pour l’instant extrêmement mal outillé pour juger de la qualité de ce qu’on trouve sur Internet. Et ceci n’est pas neutre. Car en augmentant notre niveau de connaissance sur une maladie potentielle, on augmente notre niveau de stress. Or ce n’est pas si simple d’être soi-même l’acteur de sa vie et de sa maladie.

ACTE 3

La troisième phase est celle de la mesure. Aujourd’hui les technologies de quantified-self (voir la Causerie du 23 janvier 2014 sur ce sujet) permettent une mesure de notre activité physique, de nos paramètres physiologiques et de toute une pléiade d’autres données qui caractérisent notre vie quotidienne. Cette quantité de données et d’informations que tout un chacun peut aujourd’hui ‘consommer’ nous permet de libérer notre décision. Des centaines d’apps nous aident dans ce domaine. Celles-ci se retrouvent au cœur d’un réel mouvement vers un marché non certifié de la santé. Et au-delà de ces aspects qui interpellent, ces apps ont un effet de motivation fort avec dans de nombreux cas des impacts positifs incontestables. Mais Christian note que la durée moyenne d’utilisation de ces apps est faible (3 mois). Il questionne également la réelle utilité des données ainsi générées même s’il n’a pas de réponse tranchée sur le sujet. Son constat est que le mouvement est indéniable et que nous n’en sommes qu’aux prémisses d’un mouvement qui va prendre de l’ampleur, tant quantitativement que qualitativement.

 

Photo Jean-Marc Theler

Photo Jean-Marc Theler

ACTE 4

Cela se traduit aujourd’hui par une quatrième phase est en train d’émerger, avec par exemple des apps qui effectuent des diagnostiques à notre place. Ces outils en sont à leurs premiers pas mais les perspectives sont prometteuses. Christian note qu’un nombre croissant d’acteurs occupent le marché et veulent jouer avec la santé sans toutefois vouloir entrer dans des logiques de certification qui peuvent être trop contraignantes pour eux. Dans tous les cas, on assiste à une porosité qui s’établit entre divers mondes qui ne se côtoyaient pas jusqu’ici et à une convergence entre santé, technologie et citoyens.

La discussion aborde ensuite de nombreux sujets. On parle notamment de ‘medical hacking‘ qui consiste à mettre son dossier médical en libre accès (open access) avec les opportunités et les risques que cela comporte (le droit à l’oubli par exemple auquel de nombreux participants sont sensibles).

La Causerie s’achève avec un focus sur le Big Data qui, de l’avis de Christian constitue un puissant levier d’évolution de nos connaissance en matière de santé même si les écueils dans ce domaine sont encore nombreux. Pour preuve les études menées sur les données du virus HIV à Genève qui, à partir des données mesurées depuis plus de 30 ans, racontent des histoires différentes selon que leur interprétation est faite par des cliniciens ou des data miners. Car l’un des dangers du Big Data est celui de créer des réalités auxquelles on a envie de croire. Ce sujet soulève de nombreuses questions et constituera certainement le thème d’une prochaine Causerie.

Je terminerai avec cet article sur lequel je suis tombé récemment et qui illustre de nombreux points que nous avons abordés avec Christian lors de cette passionnante Causerie.

 


Christian Lovis est médecin, professeur aux Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG) et chef du Service des sciences de l’information médicale

Il s’est spécialisé en Suisse et aux Etats-Unis en médecine interne et en médecine d’urgence, ainsi que sur les systèmes d’information médicaux. 

Il est président de la société suisse d’informatique médicale, expert pour la stratégie en matière de cybersanté.