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On a causé de hackerspaces…

Silicon-valley.fr
Les hackerspaces késako? Que se cache-t-il derrière ce nom que l’on croirait sorti tout droit de la bouche du Capitaine Spock? Paul Bristow, co-fondateur du hackerspace genevois Post Tenebras Lab, a animé la Causerie du Jeudi 17 octobre en nous donnant quelques clés pour comprendre ces lieux et leurs enjeux. 

Paul nous a tout d’abord rappelé que les hackerspaces ne sont pas des repaires de geeks ou d’amateurs de science-fiction. Loin de la piraterie informatique, ce sont des nouveaux lieux de rencontre pour des personnes partageant un intérêt commun autour de thèmes variés tels que le numérique, la  technologie, les sciences ou encore les arts. A l’image de la Muse, les hackerspaces font partie de la grande famille des tiers-lieux où les notions de partage et de collaboration prennent tout leur sens.

Genève possède son hackerspace, Post Tenebras Lab (PTL), qui a démarré au début de cette année grâce à la persévérance d’un petit groupe de passionnés.

Do it together
Post Tenebras Lab

PTL fonctionne en mode associatif et regroupe une communauté ouverte et diversifiée qui privilégie le «Do it together» plutôt que le «Do it yourself».

Le hackerspace genevois se veut un laboratoire communautaire ouvert dans lequel on partage ressources et savoirs. On s’y intéresse principalement aux logiciels libres, au hardware libre, ou aux médias alternatifs. Et si ils jouent un rôle central, la technologie et le numérique ne sont cependant pas incontournables, à l’image de l’un des membres de l’association qui vient y fabriquer sa bière ! Mais il est vrai que le numérique facilite le partage et la réutilisation qui sont au cœur des activités de PTL.

Pour illustrer la spécificité des hackerspaces, Paul fait la distinction entre le making et le hacking: dans les deux cas on fabrique quelque chose, mais le hacking privilégie le côtés « débrouille » et rapidité d’exécution. Les hackerspaces se distinguent ainsi des Fablabs qui fonctionnent plus dans des logiques commerciales ou académiques.

PTL propose à ses membres une panoplie d’outils qui permettent des réalisations rapides et bon marché encore inimaginables il y a quelques années: imprimante 3D, découpeuse laser, fraiseuse numérique, composants Arduino ou Raspberry Pi pour ne citer qu’eux.

Les perspectives d’avenir des hackerspaces en général et de PTL en particulier laissent entrevoir des horizons intéressants. Paul évoque notamment le travail avec des matériaux locaux ou recyclés, l’utilisation d’énergies renouvelables, une production plus locale; le tout positionnant les hackerspaces dans une logique d’économie circulaire.

Causerie Hackerspaces

Photo Laszlo Olivet (La Muse Genève)

Dans tous les cas, les hackerspaces  constituent  selon Paul l’un des outils qui aident la société à gérer certaines des ruptures actuelles et à venir. Et au-delà de leur singularité, ils constituent l’un des éléments d’un vaste écosystème des tiers-lieux qu’il va falloir faire émerger pour en capter toute la richesse.

Mais nous ne sommes qu’au début de l’aventure…


 Références:

Hackerspaces.org: le wiki des hackerspaces

Making it : manufacturing techniques for product design (Chris Lefteri)

Zero to maker (David Lang)

Movilab.org : le Wiki des recettes libres et ouvertes d’actions remarquables pour leur participation à des modes de vies durables.


 

Paul Bristow est co-fondateur du hackerspace genevois Post Tenebras Lab.

Paul Bristow

 

 

 

 

 

On a causé Économie du libre…

La nuit des Bains qui animait jeudi dernier le quartier de la Muse n’a pas distrait la trentaine de participants à la causerie consacrée à l’économie du logiciel libre. Pour lancer la discussion, Lionel Lourdin et Alexandre Poltorak de la Free IT Foundation ont apporté leur vision riche d’une longue expérience d’entrepreneurs dans le monde du libre. En évitant un jargon technologique, ils ont suscité une discussion de près de 3 heures, animée et passionnante grâce à à une assistance diversifiée regroupant développeurs de haut vol et néophytes en matière de logiciel libre.

Après avoir mentionné quelques-uns des nombreux acteurs majeurs du monde de l’Internet qui utilisent la force d’innovation du libre (Google notamment), Lionel Lourdin a rappelé ce qui constituait les fondamentaux de l’économie du libre, à savoir la licence copyleft qui permet à la fois la reconnaissance de l’auteur du logiciel ainsi que l’accessibilité au savoir. Pour lui le processus entrepreneurial lié au au monde propriétaire est par essence très différent de celui lié au libre: on passe de l’acquisition du savoir à sa réutilisation.

Le libre c’est la capitalisation du savoir humain. On y on finance l’innovation plutôt que le marketing !

Si l’on désire se lancer dans une entreprise ‘libre’, la Free IT Foundation préconise de partir d’emblée sur un modèle dual s’appuyant à la fois sur une structure institutionnelle et sur une structure d’affaires. La première permet de créer une communauté autour de la solution, alors que la seconde génère les revenus au travers des prestations offertes. Ce type de montage est gage de pérennité et a déjà fait ses preuves dans de nombreux projets open source. Le droit Suisse y est en outre particulièrement favorable.

Lionel a terminé sa présentation en évoquant les RMLL, les Rencontres Mondiales du Logiciel Libre qui se tiendront à Genève du 7 au 12 juillet prochain et dont la Free IT Foundation est la cheville ouvrière. Le programme est ouvert et co-construit par les participants. La Muse s’associe à l’événement en accueillant tous les lundis soir dès 18h les séances de préparation de ces RMLL (entrée libre). N’hésitez pas à y venir si vous désirez contribuer à leur succès.

La discussion qui a suivi cette présentation a abordé de nombreuses thématiques en lien avec le libre, passant de celle d’écosystème du libre, à la mutualisation de la demande, en passant par la notion de biens communs. Une discussion riche et intense qui a permis à certains participants de lever le voile sur des projets enthousiasmants tels que la monnaie alternative Bitcoin ou la plateforme de concertation Parlement et Citoyens. Des sujets en or pour de futures causeries !

Alexandre Poltorak a également éclairé un sujet largement méconnu, celui du Hardware libre, émanation directe de la philosophie du logiciel libre En l’illustrant avec la plateforme Arduino ou la caméra Elphel (celle qui a permis à Google de réaliser Street View), Alexandre a évoqué les potentialités offertes par ces composants aux spécifications ouvertes et libres de droits qui permettent à un entrepreneur compétent de réaliser des produits de très haut niveaux en s’affranchissant d’un coûteux développement initial. Ces composants offrent en outre une flexibilité et une adaptabilité qu’aucun équivalent propriétaire ne pourra jamais proposer.

La causerie s’est poursuivie autour de nombreux sujets. Mais en filigrane des différents propos, un argument est souvent revenu: nous vivons un point de rupture entre deux paradigmes. Et ce passage d’un monde industriel vers un monde du numérique et des réseaux amène à prendre en compte de nouveaux modèles qui doivent encore faire leurs preuve et cohabiter avec les anciens. Ces modèles évoluent constamment et ils sont encore amenés à changer. Et comme le relevait l’un des participants :

Sachons évoluer avec eux et prendre la dimension humaine d’un monde en train de se réveiller !

Quelques liens utiles en lien avec cette causerie:

  1. Le podcast de la causerie est accessible ici (merci Alexandre!)
  2. Le livre de François Elie « Economie du logiciel libre » (dossier en pdf accessible ici)
  3. Guide juridique des logiciels libres
  4. Le site des 13e édition des Rencontres Mondiales du Logiciel Libre
  5. Et la vidéo de présentation des RMLL par François Pellegrini 

La prochaine causerie aura lieu le 19 avril. ThinkData animera une soirée autour de la protection des données et de la transparence.

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