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On a causé d’un living lab pour Genève…

 

Participants

Une innovation ouverte, amenée POUR et AVEC les usagers, en prise directe avec leur réalité quotidienne ! C’est en inscrivant cette nécessité au cœur de leurs missions que de nombreux living labs ont vu le jour ces quinze dernières années en Europe.

Ces laboratoires vivants font ainsi leurs preuves dans des domaines aussi variés que l’énergie, la santé, le vieillissement de la population ou la ville connectée pour ne citer que ceux-ci. Le canton de Genève n’st pas en reste puisqu’il vient de lancer son living lab avec le Genève Lab, qui vise à accompagner l’administration dans sa transition numérique.

Le jeudi 23 février dernier, on a causé de ces dispositifs d’innovation. L’équipe du Genève Lab nous a rappelé ce qui fait leur ADN et quels sont les défis auxquels ils sont confrontés au travers d’exemples concrets à Genève, en Suisse et ailleurs.

La présentation des missions et des objectifs du Genève Lab a donné lieu à des échanges riches avec la vingtaine de personnes présentes pour l’occasion. Les membres du Genève Lab ont ainsi pu bénéficier de nombreux conseils avisés recueillis à cette occasion.




 


Genève Lab L’équipe du Genève Lab était représentée pour
l’occasion par Alexander Barclay, Patrick Genoud
et Vincent Pignon.

On a causé de jeux vidéos…

Game brain


Jeux videos: que font-ils à mon cerveau?


Propulsés par le développement et la popularisation des nouvelles technologies, les jeux videos sont aujourd’hui accessibles par tous et partout. C’est probablement le media qui a connu l’expansion la plus fulgurante au cours des dernières années.

Aujourd’hui tout le monde ou presque y joue, que ce soient les enfants qui y sont exposés de plus en plus jeunes, ou les personnes âgées en quête d’entraînement cérébral. Les jeux d’action notamment rassemblent des millions de joueurs à travers le monde. Pour le pire selon certains…

Benoît Bediou, collaborateur de Daphné Bavelier dont le laboratoire étudie les effets des jeux vidéo sur la plasticité cérébrale, montre pour sa part comment leurs recherches ont mis en évidence les effets bénéfiques des jeux d’action.

La Causerie du 15 octobre dernier a été l’occasion de faire un état des lieux sur l’impact que peuvent avoir les jeux vidéo d’action sur la perception, l’attention, et d’autres fonctions cognitives. Avec Benoît Benidou nous avons pu échanger sur les perspectives que cela ouvre, au niveau de l’éducation et de l’apprentissage notamment.


 

Benoit Bediou est maître assistant à la faculté de psychologie de l’Université de Genève. Il travaille actuellement dans le laboratoire de neurosciences cognitives du professeur Daphne Bavelier, qui étudie l’impact des jeux vidéo d’action sur la plasticité cérébrale et l’apprentissage.  

On a causé de responsabilité numérique…

La responsabilité numérique

 

Les révélations sur le programme américain de surveillance globale marqueront probablement l’histoire comme étant un moment majeur de rupture de confiance vis-à-vis des outils et du monde numériques. Face à cette situation, certains ne voient qu’une réponse binaire possible: soit le «tout sécuritaire», soit le «laissons faire et advienne que pourra».  

Jean-Henry Morin, spécialiste international des politiques numériques et de la sécurité des systèmes d’information, est convaincu qu’entre la confiance aveugle et la paranoïa il existe une autre voie. Il pense que nous devons changer la manière dont nous envisageons la confiance dans le monde numérique aujourd’hui. A l’instar de la lame de fond de la société collaborative et des nouvelles formes de l’économique du partage, nous assistons à l’émergence d’une nouvelle forme de responsabilité participative, co-créée: une «responsabilité numérique». Il propose, dans un livre paru l’année dernière, une analyse critique des dispositifs de régulation actuels et fournit une nouvelle solution pratique pour les individus, les entreprises et les institutions. C’est pour enrichir ses réflexions qu’il a animé la Causerie du 29 janvier dernier suivie par une vingtaine de personnes.

Cela fait aujourd’hui plus de 10 ans que Jean-Henry s’intéresse à la sécurité, à la gestion des risques et à la protection des données. C’est en étudiant les technologies de gestion des droits numériques (DRM) et en constatant combien elles étaient dévoyées par les lobbies du multimédia qu’il a compris qu’il fallait réformer complètement notre approche de la sécurité. Ce sont les travaux de Edward Felten en 2005 qui ont constitué l’événement déclencheur de ses recherches sur le sujet. La sécurité a toujours été par essence constituée de certitudes et de règles postulant par défaut une défiance vis-à-vis de l’utilisateur. Jean-Henry nous propose de renverser la règle et de poser l’exception comme postulat de base.

Car son premier constat est que la sécurité ne s’attaque pas, mais qu’elle se contourne. Ceci est notamment dû au fait que le facteur humain n’est la plupart du temps pas assez pris en compte. Deuxième constat: le principe de proportionnalité est trop souvent ignoré lors de la mise en œuvre de solutions de sécurité. Or qui dit ‘sécurité’ doit obligatoirement penser ‘arbitrage’ sous peine de voir les utilisateurs chercher des stratégies de contournement. Il prône ainsi une conception de la sécurité centrée utilisateur, en utilisant notamment des démarches de design thinking. Dans ce contexte, il faut notamment prendre correctement en compte la notion de désirabilité de la solution envisagée.

Cette introduction faite, Jean-Henry nous propose de discuter avec lui de trois points qui lui paraissent essentiels dans sa réflexion et sur lesquels il aimerait avoir notre point de vue:

  1. La rupture de confiance massive initiée par l’affaire Snowden en 2013. On ne peut plus nier aujourd’hui qu’il a un réel problème au niveau de la sécurité de nos données. Avant 2013 on s’en doutait; maintenant on le sait.
  2. Le déni de progrès qu’il constate de la part des poids lourds de l’Internet. Ces derniers affirment que la technologie ne peut pas répondre à des préoccupations légitimes de protection de la sphère privée. Or c’est faux !
  3. Le concept de ‘Too fat to change’ qui relève d’un cynisme économique crasse, ces poids lourds n’ayant aucune envie de changer les règles du jeu en raison des problèmes potentiels que cela pourrait avoir sur leur modèle d’affaire.

Jean-Henry MorinJean-Henry regrette le peu de cas que les gouvernements font d’une problématique dans laquelle ce sont des entreprises privées qui dictent un jeu dont la nature est profondément publique. Il voit cependant une lueur d’espoir dans le droit européen qui est en pleine mutation dans ce domaine avec la mise en place de la réforme européenne de la protection des données qui vise une réappropriation de nos données personnelles. Si les lois envisagées en terme de protection des données sont votées prochainement, Jean-Henry prédit 10 ans d’innovation intensive devant nous dans le domaine de la sécurité.

Il sera alors le moment de rendre la confiance aux utilisateurs en renversant l’hypothèse de non-confiance posées par la sécurité conventionnelle.

Le numérique peut également constituer un instrument facilitant une transparence qui permet un empowerment des individus (via un accès facilité à l’information et aux échanges qui peuvent en résulter à travers les médias sociaux ou les plateformes dédiées). Il permet ainsi de rétablir une certaine symétrie dans les relations en renforçant le conversationnel. La co-conformité dans ce contexte naît de la transparence et de cette confiance éclairée.

Jean-Henry introduit à ce stade la notion de co-conformité (co-compliance en anglais). Il s’agit pour lui d’une responsabilité collaborative favorisée par le numérique, permettant aussi bien l’élaboration conjointe de l’objet d’une décision ou d’une action que l’évaluation et le contrôle partagé du résultat.

     L’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite serait la liberté ?

 

En paraphrasant Rousseau, il introduit la notion de Responsabilité numérique qui devrait se caractériser par la prise en compte des points suivants:
  1. Conception centrée utilisateur
  2. Prise en compte de toutes les parties prenantes
  3. Proportionnalité des moyens mis en œuvre
  4. Prise en compte du facteur humain
  5. Ouverture et transparence
  6. Partage et collaboration
  7. Parcimonie et humilité de l’usage de l’instrument légal
  8. Appui sur des cadres de politiques publiques durables

Dans une optique de conception responsable des systèmes, Jean-Henry propose de partir sur une approche de type ‘Charte’ associée à un ‘label ouvert’ qui restent encore à élaborer. Dans son esprit Internet n’as pas besoin de policiers. Ce sont les utilisateurs qui peuvent efficacement jouer ce rôle-là.

Il mentionne à ce propos l’existence du groupe de travail Cloud Social Responsibility lancé au sein du think tank Think Services et qui vise à mettre en place un label ouvert facilement appropriable et permettant de qualifier la manière avec laquelle un service cloud respecte les droits (et notamment la sphère privée) de ses utilisateurs.

Causerie Responsabilité Numérique

Photo Bruno Chanel

La discussion qui s’engage autour de ces différents points est passionnante. L’approche proposée par Jean-Henry séduit les participants. Mais certains soulèvent un aspect qui devrait mieux ressortir dans son discours: celui d’une perspective globale centrée non seulement sur la personne, mais également sur le groupe ou la communauté, et sur la société et l’Etat. Car l’individu pris dans sa globalité a certes une importance cruciale dans l’approche; et il faut savoir prendre en compte correctement ses besoins et son point de vue. Mais d’autres aspects doivent être considérés dans des perspectives plus larges sur lesquelles on adresse des thématiques différentes, qui toutes ont leur importance. A ce propos, le point 4 ci-dessus (Prise en compte du facteur humain) devrait clairement être mis en avant.

On note également que les mots n’ont pas la même portée selon les cultures, spécialement dans un domaine tel que celui de la protection des données qui est lui-même différemment perçu selon les pays. Il faudra donc être attentif à la mise en perspective des concepts proposés. Jean-Henry est bien conscient de cette difficulté mais il souligne que les initiants de la licence Creative Commons ont été confrontés au même cas de figure et qu’ils ont su parfaitement surmonter l’obstacle.

Un tel label éthique fait manifestement du sens pour les participants; mais très vite se pose la question cruciale: ‘Comment faire envie pour que les parties prenantes y adhèrent ?’ Pas de réponse définitive à cette question. Mais quelqu’un évoque le parallèle avec le monde du logiciel libre qui a trouvé le moyen de promouvoir sa charte et son label via des licences copyleft. Cet aspect viral des licences libres devrait constituer une source d’inspiration dans ce label à imaginer autour de la responsabilité numérique.

Comme souvent lors des Causeries la discussion prend ensuite des chemins de traverse et nous amène à aborder des sujets connexes au thème de la soirée. On disserte notamment sur le droit des robots et des drones qui soulèvent des questions importantes dont il vaut mieux se préoccuper aujourd’hui avant que les entreprises privées ne nous forcent la main.


 

Jean-Henry Morin

Jean-Henry Morin est professeur associé en systèmes d’information et services informationnels à l’université de Genève. Membre de l’Institut de science des services, il est également président du laboratoire d’idées Think Services. Ses travaux de recherche portent notamment sur la gestion des droits et des politiques numériques, la sécurité des systèmes d’information, notamment dans des approches socialement responsables et durables, la conformité et la gouvernance des risques informationnels.



On a causé du numérique au chevet de la santé…

Le numérique au chevet de la santé

Le numérique est-il la panacée pour soutenir l’évolution de notre système de santé? Comment envisager son utilisation dans ce domaine ? Avec son énergie communicative et son humour parfois corrosif, Christian Lovis en a causé avec nous le 18 décembre dernier.  

Tout au long de la soirée, Christian a tenté de nous démontrer la convergence entre santé, technologie et citoyen/patient. Et c’est sous l’angle historique qu’il a amené le thème de la soirée. Car en refaisant l’histoire on se rend compte que les technologies et le numérique ont évolué très rapidement et ont amené, selon trois phases, des changements cruciaux qui ont profondément modifié le paysage de la santé.

ACTE 1

Tout a commencé en 1992 lorsque Al Gore décidait de rendre libre d’accès PubMed, la base de données bibliographique d’articles médicaux. Cette décision a créé un mouvement d’envergure mondiale pour un libre accès (open access en anglais) aux articles scientifiques. La célèbre revue Nature s’y est même mise récemment. Aujourd’hui une large part de la publication médicale est donc accessible à tous, que l’on habite New-York, Genève ou Tombouctou.

Et ce qui est vrai pour les publications médicales l’est aussi pour toutes les informations relatives à la santé en général et aux maladies en particulier. Cette richesse mise à disposition des chercheurs et des étudiants constitue une source de connaissance extraordinaire qui a permis dans un premier temps des avancées jusqu’alors insoupçonnées. Ainsi l’équipe de Patrick Ruch, chercheur à la HEG a publié dans la revue Gene des découvertes dans le domaine génétique obtenues uniquement en analysant la littérature existante, sans avoir à effectuer la moindre expérience.

Avec l’essor du Web, ce n’est plus seulement le monde académique qui a eu accès à cette connaissance, mais les patients eux-mêmes, en quête d’informations sur la santé. On comprend bien l’impact que cela peut avoir sur les médecins. Leur rôle change considérablement; tout comme leur place dans un système où le patient en connaît parfois plus sur sa maladie que son médecin personnel.

Photo Bruno Chanel

ACTE 2

La deuxième phase est celle de la libération de l’information et dans le même temps celle de sa consumérisation. Car au fil du temps, l’information produite hors du champ académique est venue s’ajouter à un corpus déjà très riche. Le patient y a bien sûr accès. Mais Christian note que si celui-ci veut devenir un acteur de sa santé, il est par contre pour l’instant extrêmement mal outillé pour juger de la qualité de ce qu’on trouve sur Internet. Et ceci n’est pas neutre. Car en augmentant notre niveau de connaissance sur une maladie potentielle, on augmente notre niveau de stress. Or ce n’est pas si simple d’être soi-même l’acteur de sa vie et de sa maladie.

ACTE 3

La troisième phase est celle de la mesure. Aujourd’hui les technologies de quantified-self (voir la Causerie du 23 janvier 2014 sur ce sujet) permettent une mesure de notre activité physique, de nos paramètres physiologiques et de toute une pléiade d’autres données qui caractérisent notre vie quotidienne. Cette quantité de données et d’informations que tout un chacun peut aujourd’hui ‘consommer’ nous permet de libérer notre décision. Des centaines d’apps nous aident dans ce domaine. Celles-ci se retrouvent au cœur d’un réel mouvement vers un marché non certifié de la santé. Et au-delà de ces aspects qui interpellent, ces apps ont un effet de motivation fort avec dans de nombreux cas des impacts positifs incontestables. Mais Christian note que la durée moyenne d’utilisation de ces apps est faible (3 mois). Il questionne également la réelle utilité des données ainsi générées même s’il n’a pas de réponse tranchée sur le sujet. Son constat est que le mouvement est indéniable et que nous n’en sommes qu’aux prémisses d’un mouvement qui va prendre de l’ampleur, tant quantitativement que qualitativement.

 

Photo Jean-Marc Theler

Photo Jean-Marc Theler

ACTE 4

Cela se traduit aujourd’hui par une quatrième phase est en train d’émerger, avec par exemple des apps qui effectuent des diagnostiques à notre place. Ces outils en sont à leurs premiers pas mais les perspectives sont prometteuses. Christian note qu’un nombre croissant d’acteurs occupent le marché et veulent jouer avec la santé sans toutefois vouloir entrer dans des logiques de certification qui peuvent être trop contraignantes pour eux. Dans tous les cas, on assiste à une porosité qui s’établit entre divers mondes qui ne se côtoyaient pas jusqu’ici et à une convergence entre santé, technologie et citoyens.

La discussion aborde ensuite de nombreux sujets. On parle notamment de ‘medical hacking‘ qui consiste à mettre son dossier médical en libre accès (open access) avec les opportunités et les risques que cela comporte (le droit à l’oubli par exemple auquel de nombreux participants sont sensibles).

La Causerie s’achève avec un focus sur le Big Data qui, de l’avis de Christian constitue un puissant levier d’évolution de nos connaissance en matière de santé même si les écueils dans ce domaine sont encore nombreux. Pour preuve les études menées sur les données du virus HIV à Genève qui, à partir des données mesurées depuis plus de 30 ans, racontent des histoires différentes selon que leur interprétation est faite par des cliniciens ou des data miners. Car l’un des dangers du Big Data est celui de créer des réalités auxquelles on a envie de croire. Ce sujet soulève de nombreuses questions et constituera certainement le thème d’une prochaine Causerie.

Je terminerai avec cet article sur lequel je suis tombé récemment et qui illustre de nombreux points que nous avons abordés avec Christian lors de cette passionnante Causerie.

 


Christian Lovis est médecin, professeur aux Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG) et chef du Service des sciences de l’information médicale

Il s’est spécialisé en Suisse et aux Etats-Unis en médecine interne et en médecine d’urgence, ainsi que sur les systèmes d’information médicaux. 

Il est président de la société suisse d’informatique médicale, expert pour la stratégie en matière de cybersanté. 

 

 

 



Quels scénarios pour Genève en 2025?

L’idée de connaître le futur est toujours attirante. Qui ne serait pas intéressé à mieux connaître l’avenir? Mais toute personne qui s’est penchée un peu sur la question le dira. Ce n’est pas tant la prédiction qui compte, mais la pratique de se projeter qui est salutaire. Cet exercice a été réalisé en novembre 2014 pour une entité de l’administration genevoise.

background-scenarios

Pour mieux se projeter dans le futur, il est utile de proposer des représentations concrètes de ce qui peut se produire. Dans la méthode des scénarios, on propose des visions contrastées du monde à venir. Le futur ne ressemblera vraisemblablement à aucun des scénarios de façon exacte, pris de façon individuelle. Mais il est presque sûr que l’avenir contiendra plusieurs des éléments retenus dans chacun des scénarios proposés.

Les entreprises comme Shell ont été pionnières dans ce contexte et aujourd’hui cette approche est largement diffusée aussi bien dans le secteur privé que dans celui public. Par exemple, le World Economic Forum, Institute for the Future, le gouvernement français ou encore le gouvernement canadien effectuent tous une exploration des futurs possibles.

Mentionnons en référence un ouvrage remarquable sur le sujet qui reste totalement d’actualité, Peter Schwartz, “The Art of the Long View: Planning for the Future in an Uncertain World”, 1996.

Voyons comment cela peut se traduire pour l’administration genevoise à l’horizon 2025.

Quelles sont les grandes incertitudes?

Dans la construction de scénarios, on peut choisir un certain nombre de variables dont l’évolution sera cruciale pour les enjeux considérés. Bien entendu, il s’agit là d’un choix, guidé par le contexte, par les idées du moment, mais aussi par un regard sur ce qui a déjà, et va continuer à avoir un impact majeur un notre économie et notre société. Parmi l’ensemble large que l’on peut imaginer, voici deux propositions de variables incertaines et influentes.

  • Pouvoir et gouvernance: Distribué et global vs Centralisé et local. Serons-nous dans un monde où les décisions seront prises de façon plus autonomisée, plus en adéquation avec les acteurs autour de nous ou au contraire un recentrage sera-t-il de mise pour se préoccuper principalement de ce qui se passe de façon locale où notre pouvoir d’influence est aussi probablement le plus fort?
  • Position vis-à-vis du numérique: Proactive vs Conservatrice. Aurons-nous intégré de façon naturelle le passage vers un monde numérique avec ses avantages et inconvénients ou serons-nous encore frileux vis-à-vis d’un espace qui semble peu maîtrisé et porteur de dangers, que nous suivrons seulement si tous les autres l’ont adopté?

Les 4 scénarios

En plaçant ces deux variables sur deux axes, on génère un espace de 4 combinaisons où l’on peut imaginer 4 scénarios dans lesquels se trouverait l’administration publique.

Scenarios 2025 axes

Gouvernance distribuée / Numérique conservateur

CoursePopulaire
Genève s’est ouverte et se développe dans des échanges multilatéraux de la région. Bien que le monde évolue rapidement autour d’elle, les avancées quant au numérique restent timides dans l’administration. La communication et les échanges avec la population restent pour la plus grande part analogiques et conventionnelles. Nous sommes dans la métaphore de la course populaire, le peloton avance et exerce un effet d’entraînement. Mais on reste probablement dans la masse et à l’arrière des coureurs.

Gouvernance distribuée / Numérique proactif

CourseRelai
La région genevoise est un écosystème social et politique qui sait mettre à profit les enjeux globaux et numériques. Ce sont là des leviers de changement importants. Malgré quelques «couacs», le gouvernement sait s’appuyer sur cet écosystème pour mieux répondre aux besoins des citoyens et aux enjeux de demain. Dans ce cas, on se trouve dans l’image de la course de relais, où l’important est non seulement de courir vite, mais aussi de savoir passer le témoin et de se coordonner.

Gouvernance centralisée / Numérique proactif

EntrainementSolitaire
Genève se concentre sur ses questions internes et reste très prudente quant aux affaires allant au-delà de ses frontières. Elle sait utiliser les opportunités offertes par le numérique pour favoriser les échanges et résoudre les problèmes rencontrés, mais en se concentrant uniquement sur les parties prenantes genevoises. L’entrainement solitaire représente cette situation de par la très bonne qualité de l’effort et l’isolement de l’individu sur la piste.

Gouvernance centralisée / Numérique conservateur

JoggingDimanche
La tendance sociale est tournée vers une Genève locale qui s’intéresse à ses problèmes internes. Les opportunités apportées par le numérique n’ont pas été réellement saisies et investies. La communication et les relations avec la population restent classiques et traditionnelles. C’est la symbolique traduite par le jogging du dimanche, où l’effort sporadique est effectué souvent seul à partir d’une bonne résolution, mais qui s’avère souvent laborieux et peu fructueux.

 

Selon l’évolution de ces deux variables, nous nous trouverons dans des mondes bien contrastés, parfois plus agréables à notre esprit, parfois moins souhaitables. Mais là n’est pas la question finalement. L’important est de regarder ces scénarios comme une tangibilisation, comme une narration qui nous permet de confronter nos stratégies, nos plans, nos idées.Scenarios 2025 quadrants

Comment utiliser ces scénarios?

Bien que ces scénarios hypothétiques sur le futur n’aient pas la prétention de prédire avec exactitude, ils permettent de voir comment certaines combinaisons de situations incertaines et volatiles, d’événements inattendus et chaotiques, et aussi d’évolutions tendancielles plus fortes influenceront notre futur.

Et c’est bien cela qui importe, permettre de voir avec plus de clarté ce à quoi il faudra se préparer, que ce soit en termes d’opportunités ou de risques. Le futur restera toujours incertain, mais notre préparation à décider et à agir s’est affinée à travers cet exercice. Quel que soit le futur, que nous ne pouvons pas prédire, la robustesse de notre pensée ne pourra qu’en être renforcée. Ainsi, le passage de la pensée vers l’action peut se faire avec une certaine prise de conscience, un éclairage multiple et une prise de recul permettant de se projeter plus clairement.

Le travail ne fait donc que commencer, puisque les décideurs doivent maintenant se poser les questions de savoir comment leur décisions, leur stratégies, leurs plans opérationnels vont se comporter dans ces différentes situations.

Comment les stratégies sont-elles impactées par ces scénarios? Comment peut-on rendre celles-ci plus robustes? Quelles actions peuvent être considérées comme incontournables ou au contraire demander une adaptation spécifique? Comment peut-on être résilient en termes d’organisation, de position, de mission et d’activités?

Cette méthode constitue un préalable très utile à la stratégie puisqu’il ouvre la vision et permet d’envisager des stratégies robustes dans chaque scénario. C’est une façon largement utilisée par les plus grandes organisations et entreprises pour générer des futurs plausibles et déterminer des réponses appropriées. Il faut bien entendu aussi voir ceci comme une boucle de retroaction continue entre vision, contexte, stratégie, résultats et scénarios.

Il ne s’agit donc pas ici de céder à la tentation de prévoir le futur. Après tout ce sont nos actions du présent qui tracent le chemin vers l’avenir, moment par moment. Le futur, lui, reste et restera insaisissable. Serons-nous prêts?

 


 

PS: Pour information, voici les scénarios 2030 préparés par la Confédération, qui sont parus en décembre 2014, http://www.bk.admin.ch/themen/planung/04632/index.html?lang=fr.

L’innovation numérique révolutionne tous les modèles d’affaires

Les changements induits par les évolutions technologiques, sociales et économiques, ne restent pas cachés derrière la ligne de visibilité des clients, des utilisateurs et des décideurs. Au contraire, ces innovations redéfinissent la relation avec les clients, elles touchent parfois aussi la proposition de valeur que l’organisation offre, et finalement les coûts et revenus qui doivent être articulés différemment. Bref, le modèle économique doit être complètement revu.

Expliquons cela plus en détail.

Le sujet, bien que connu depuis un certain temps, reste fortement d’actualité. Regardons quelques exemples significatifs récents.

Airbnb

Airbnb propose une plate-forme en ligne qui permet à des individus privés de louer tout ou partie de leur logement inoccupé à court terme pour d’autres individus, en général de passage. La croissance a été phénoménale et Airbnb compte maintenant plus de 500’000 annonces dans 26’000 villes et dans 192 pays. Sans le numérique et les réseaux, rien de cela ne serait possible. Le site lui-même est un mash-up, un assemblage, de Google Maps, Streetview, Facebook, utilisant les recommandations et les systèmes de paiement électroniques. Une simple plateforme qui aujourd’hui ébranle à la fois les modèles d’affaires des grandes chaines hôtelières (Accor, Hyatt, Hilton, etc.) et des sites spécialisés dans les réservations (hotels.com, etc.).

Netflix

Netflix est une compagnie de distribution de films à la demande en streaming et d’envoi de location de DVD par courrier à coût fixe. Fondée en 1997, elle a su très vite investir dans un point crucial:  élaborer un système de recommandation personnalisée en fonction des notes et des commentaires de ses clients. Bien entendu l’accès aux distributeurs et producteurs de films est aussi essentielle. Mais le vrai facteur de différenciation est celui-là. Rien de tout cela ne serait imaginable sans les données et les algorithmes du monde numérique. A tel point que la compagnie a lancé un concours offrant au gagnant 1 million de dollars le Netflix Prize pour améliorer son algorithme de recommandation. Là aussi, les compagnies de location et de streaming plus traditionnelles doivent faire face à une rupture qui les a, pour certaines, rendues obsolètes. A tel point que l’expression « to be netflixed » est entrée dans le langage commun.

Uber

Uber offre une plateforme de mise en relation de clients avec divers moyens de transport. Bâtie autour de son application mobile offrant une expérience utilisateur très agréable et efficace, elle permet en deux “tapottements” sur son smartphone d’avoir un véhicule généralement en quelques minutes. La particularité est que Uber n’emploie pas directement de conducteurs. Ce sont donc des véhicules personnels de tourisme avec chauffeur. C’est le principe même de l’économie collaborative (sharing economy). A son origine Uber offre un service “premium” appelé UberBlack, proposant des véhicules haut de gamme avec un chauffeur, elle offre maintenant aussi UberX des voitures moins luxueuses et même UberPOP un service de covoiturage occasionnel entre particuliers. Aujourd’hui sous pression par de nombreux états suite aux réactions des corporations de taxis traditionnelles, Uber croît de façon rapide. Sa capitalisation est immense (plus 17 milliards de dollars) et ses pratiques aussi critiquées. Mais que Uber soit un succès ou non dans les voitures de tourisme avec chauffeur, le modèle est applicable à quasiment tous les pans de l’économie, ce qui aura un impact certain.

Coursera

Coursera est une compagnie offrant des cours en ligne ouverts et massifs en partenariat avec des Universités comme Stanford, Princeton, l’EPFL ou l’Ecole Centrale de Paris. Plus de 200 cours sont offerts, les classes pouvant compter plusieurs dizaines de milliers d’étudiants! D’autres initiatives existent telles que EdX, Udacity, ou dans un autre registre Kahn Academy. Cette approche appelée MOOC (Massive Open Online Courses) offre gratuitement des cours proposés dans les universités les plus prestigieuses. Le tout est disponible en ligne, avec de courtes vidéos d’explication, des supports de cours électroniques complétés par l’offre pléthorique du web. Les étudiants participent aux forums et aux discussions en ligne, parfois aussi en utilisant des systèmes de vidéo conférence comme Skype ou Google Hangout. Tout ceci retourne complètement le système. Surtout la formation continue tout au long de la vie est impactée, comme le pense par exemple Sebastian Thrun, fondateur de Udacity. Et là aussi, le modèle économique n’est pas encore stabilisé. Lire sur ce sujet l’article « Cours en ligne ouverts est massifs: effets de mode ou révolution de l’éducation ».

Apple Pay

Apple pay est un service de paiement mobile qui permet aux mobiles d’Apple d’effectuer des paiements soit au passage à la caisse et soit pour le paiement en ligne. Avec ce service et les partenariats avec les compagnies de cartes, on peut imaginer la complète dématérialisation des cartes de crédit. De plus, les nouveaux appareils sont dotés de capteurs qui permettent, d’une part, de communiquer sans fil avec systèmes de point de vente (NFC Near Field Communication) et d’autre part d’identifier et authentifier l’utilisateur par ses empreintes digitales (TouchID, Samsung Fingerprint). Donc, ayant remplacé le porte-monnaie, on a un pas de plus vers le contrôle de tout le système financier de l’individu. D’autre systèmes existent bien sûr comme Google Wallet ou Paypal. La prochaine étape est bien celle devenir le centre de contrôle financier et peut-être aussi la banque de demain. Les expérience de prêt collaboratif (crowdfunding) comme Kickstarter, ou en suisse Wemakeit permettent tout bonnement de court-circuiter les acteurs classiques.

Smartwatches

La Apple Watch a été longtemps attendue et finalement introduite au public lors de la grande “messe” donnée en septembre à Cupertino près du siège de la société. Elle n’est de loin pas la première montre connectée, voir par exemple la Pebble, les modèles de Samsung, ou encore de Motorola pour ne citer que celles-ci. Mais elle donne le ton, elle occupe un espace stratégique, médiatique et corporel important celui du poignet. De plus, on a là un objet qui entre en contact direct et constant avec notre enveloppe charnelle, notre peau. Et l’enjeu pourrait bien être là, non pas sur la face mais sur le dos, sur les capteurs qui permettent de suivre des paramètres de notre santé. Bien au delà des podomètres améliorés proposés par Nike avec son Fuelband (dont  Apple a récupéré les meilleurs ingénieurs) ou Jawbone, on a aujourd’hui des enjeux tout a fait différents. La montre devient entièrement numérique et algorithmique, les savoirs faire traditionnels des horlogers sont remis en question, même si ces derniers semblent ne pas trop en tenir compte aujourd’hui. L’objet que nous connaissons est en train de se transformer en tout autre chose, une montre augmentée, amplifiée dans ses possibilités et offrant des services nouveaux et inattendus. Les usages qui en suivront et les revenus générés seront certainement aussi ailleurs.

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Quelles sont les conséquences? Et comment s’y préparer?

Parler d’économie “numérique” n’a plus de sens. Toute l’économie devient numérique. Aujourd’hui on retrouve cela de part les premiers objets qui sont connectés, nos téléphones et nos montres, et demain la presque totalité des objets le seront. Et les activités humaines, économique, sociales et personnelles sont touchées par ce phénomène dans tous les secteurs.

Les implications pour les individus, les organisations publiques et privées sont profondes. Des pans entiers sont bouleversés par de nouveaux modèles d’affaires provenant parfois de secteurs différents et donc souvent inattendus. La vie privée et la sécurité sont aussi mises à l’épreuve par les milliards d’informations produites et analysées, pour créer de la valeur pour les individus et parfois aussi les exposer à des risques immenses.

Finalement, les modèles mêmes des organisations sont bousculés. La connectivité, la vitesse et les relations non hiérarchiques, amènent une transformation importante, une décentralisation, une autonomisation, une productivité différente avec lesquelles les dirigeants actuels ne sont pas du tout à l’aise.

Le potentiel est bien présent pour stimuler les idées innovantes en rupture (Design Thinking), les méthodes plus agiles, les expérimentations et les prototypes plus rapides (Lean Startup) pour créer les chemins de nouveaux modèles économiques (Business Model Generation) et de mondes métamorphosés qui s’ouvrent devant nous. Il nous reste encore beaucoup à découvrir et expérimenter.

Quatre grandes tendances de 2014 qui vont refaire le monde

Parmi les tendances publiées par plusieurs grandes consultances comme Gartner, Forrester ou encore McKinsey ou Deloitte, arrêtons-nous sur celles qui vont remodeler le monde.

Que ce soit au niveau des technologies, au niveau des affaires ou au niveau de la société, nous entrons dans une ère nouvelle. Plusieurs grandes tendances ont un impact selon les industries, les secteurs d’activité et les segments de clients servis.

Celles sélectionnées ici présentent, à mon sens, un véritable potentiel de rupture puissant et massif sur tous les aspects de nos sociétés: professionnel à travers les entreprises et leur renouvellement de modèles d’affaires, personnel par rapport aux particuliers et l’accessibilité de ces technologies par le grand public et, finalement, au niveau social car elles ont la capacité de transformer notre façon de vivre globalement.

 

L’internet des objets.

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Ou plutôt devrait-on dire l’internet de tout (“Internet of Everything”). En effet, après avoir rencontré son premier succès en fournissant le protocole qui permet de relier les informations à travers le Web et de transporter les informations, nous avons connus une période où l’Internet des personnes à pris de l’ampleur avec Facebook et ses 1.1 milliards de personnes connectées et LinkedIn avec 260 millions de professionnels en fin 2013. Ensuite, nous avons vu apparaître l’Internet des lieux avec notamment Foursquare qui recense 40 millions d’utilisateurs et 4.5 milliards de “check-in” à lui tout seul. Et cela ne va pas s’arrêter là puisque notre géolocalisation est même probablement parfois partagée à notre insu comme avec Google via Android ou tout opérateur de télécommunication qui relève constamment notre position avec ses relais d’antennes. Mais tout cela n’est rien.

Internet entre maintenant dans quasiment tous ce que les humains conçoivent et fabriquent. Jouets, voitures, machines à laver, bâtiments, télévisions, appareils photo, montres, mais aussi bientôt dans tous les autres objets usuels qui nous entourent. Internet sort donc des appareils “privilégiés” que sont les PCs et autres smartphones pour se diffuser et connecter tous les objets. Certains fournisseurs estiment que le nombre d’objets connectés a déjà dépassé le nombre de personnes connectées depuis 2010 et que nous aurons 50 milliards d’objets connectés en 2020.

Des projets fleurissent de toutes parts. Par exemple Sen.se qui à travers des capteurs détectent les mouvements, la température, la proximité; les possibilités deviennent alors quasiment infinies. Ou des projets financés collaborativement sur KickStarter comme Twine ou Neurio. Et bien sûr, les grands joueurs sont à l’affût comme Google qui a racheté Nest, produisant un thermostat qui devient un centre de contrôle de l’énergie de la maison.

Au niveau d’une ville, cela laisse entrevoir un véritable écosystème de capteurs, de systèmes intelligents générant des flux d’informations qui permettent de créer une toile de services à partir des données et des informations. Un véritable système opératif des villes semble émerger de façon organique.

Bien entendu, ceci provoque déjà chez les observateurs des questionnements quant aux des défis de sécurisation que cela pose. Les premières bases pour garder un système ouvert, sécurisé et transparent voient le jour comme par exemple AllSeen Alliance. Il reste nécessaire de se poser des questions sur la pertinence de ces objets connectés avant de se lancer dans un tourbillon qui peut finir en noyade. Comme le souligne un article du MIT TechReview: “Dans certains cas, alors, la solution la plus simple peut être de simplement limiter le nombre d’appareils pouvant se connecter à Internet.”

Et pour ceux qui veulent se faire frémir voici une vidéo de lancement de Watch_Dogs, un jeu intégrant les possibilités de suivi des individus et de piratage des systèmes contrôlant les infrastructures d’une ville.

 

L’ère du Personal Cloud.

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L’ère du nuage personnel, Personal Cloud, marque un changement de pouvoir des périphériques vers les services. Dans ce nouveau monde, les spécificités de périphériques deviennent moins importantes pour les individus et les organisations. Les périphériques sont toujours indispensables et les gens utilisent un plus large ensemble de dispositifs. Le bon vieux PC reste l’une des nombreuses options, mais il n’est plus le seul appareil connecté et peut-être plus le centre principal de nos données et services. C’est probablement le Personal Cloud qui va prendre ce rôle. L’accès au nuage et le contenu stocké ou partagé devient géré et sécurisé. Le rôle prépondérant sur l’appareil lui-même est redistribué à travers l’ensemble smartphone, tablette, ultraportable et ordinateur plus classique.

Ce n’est pas tant le stockage sur le Personal Cloud qui est impactant, mais plutôt l’évolution vers de nouveaux modèles d’affaires que cela amène. Si je peux partager et accéder à mes données, je peux aussi consommer des services et lier les informations de façon totalement différente. On voit bien cela avec l’évolution d’une simple messagerie comme GMail, vers un véritable écosystème de Google Apps, y compris la possibilité de ré-imaginer ce qu’est le Notebook avec l’offre ChromeBook.

Il n’y a qu’un pas à faire pour imaginer que demain tout un chacun disposera d’un espace de Personal Cloud à l’administration, une sorte de Dossier Citoyen Virtuel, qui viendra aide à renverser le paradigme de la transaction où à chaque fois il faut entrer les informations qui sont requises. On entre alors dans une nouvelle étape, celle de la personnalisation des services administratifs qui bouleverse le modèle actuel. Pour plus d’explications sur les étapes et leur impact, voir le rapport Smart Gouvernance.

Et demain, ce monde de données qui nous entoure et que nous générons de façon exponentielle devra certainement nous être rendu par les compagnies privées et les organisations publiques dans un mouvement de transparence proactive. Les projets comme miData au Royaume Uni, Blue Button aux US, ou encore MesDonnées en France explorent ces pistes de façon expérimentale.

 

Les algorithmes et les machines.

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De toutes ces données, il faudra en faire quelque chose. Il est vraisemblable que les algorithmes jouent une part de plus en plus importante dans nos vies et nos activités. Il faut souligner que le mélange d’algorithmes relativement efficaces et de données massives va nous emmener beaucoup plus rapidement vers des services comme Google Translate. Peter Norvig, directeur de la recherche chez Google et ses collègues, nous le montrent au quotidien, voir le papier “The Unreasonable Effectiveness of Data“.

L’ère de la machine intelligente va donc se développer, nous disent les consultances, avec une prolifération des assistants s’adaptant au contexte, intelligents et personnels, pouvant répondre et intrepréter du langage naturel.  Les exemples sont multiples comme Apple Siri, Google Now ou de façon plus évoluée IBM Watson.

Les exemples de véhicules autonomes apparaissent et s’étendent en apportant leur lot d’améliorations aux modèles commercialisés. Ces robots intelligents s’humanisent, au delà des usines où par exemple les robots transporteurs de palettes ont depuis longtemps faite leur entrée, on trouve aujourd’hui déjà des tentatives d’aller vers la distribution de colis par drones. Peut-être de façon moins frappante mais aussi efficace, il est significatif de voir un robot moins menaçant comme Baxter qui apprend simplement les gestes qu’on lui fait effectuer.

Les enjeux vont au delà du travail purement industriel, les tâches cognitivement supérieures commençant à être aussi prévisibles et traitées efficacement.

Et ceci ne va pas non plus sans questionner les catastrophes qui sont ainsi potentiellement générées ainsi que les sujets éthiques qu’il faudra débattre.

Pour plus de détails, se référer aussi à l’article “Ces algorithmes qui nous gouvernent”.

 

La redéfinition des modèles d’affaires.

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Les changements induits par les évolutions technologiques, sociales et économiques, ne restent pas cachés derrière la ligne de visibilité des clients, des utilisateurs et des décideurs. Au contraire, ces mutations redéfinissent la relation avec les clients, elles touchent parfois aussi la proposition de valeur que l’organisation offre, et finalement les coûts et revenus qui doivent être articulés différemment. Bref, le modèle d’affaire doit être complètement revu.

Le sujet, bien que connu depuis un certain temps, reste fortement d’actualité. Pensons à quelques exemples significatifs.

Airbnb propose une plate-forme en ligne qui permet à des individus privés de louer tout ou partie de leur logement inoccupé à court terme pour d’autres individus, en général de passage. La croissance a été phénoménale et Airbnb compte maintenant plus de 500’000 annonces dans 26’000 villes et dans 192 pays. Sans le numérique et les réseaux, rien de cela ne serait possible. Le site lui-même est un mash-up, un assemblage, de Google Maps, Streetview, Facebook, utilisant les recommandations et les systèmes de paiement électroniques. Une simple plateforme qui aujourd’hui ébranle à la fois les modèles d’affaires des grandes chaines hôtelières (Accor, Hyatt, Hilton, etc.) et des sites spécialisés dans les réservations (hotels.com, etc.).

Netflix est une compagnie de distribution de films à la demande en streaming et d’envoi de location de DVD par courrier à coût fixe. Fondée en 1997, elle a su très vite investir dans un point crucial:  élaborer un système de recommandation personnalisée en fonction des notes et des commentaires de ses clients. Bien entendu l’accès aux distributeurs et producteurs de films est aussi essentielle. Mais le vrai facteur de différenciation est celui-là. Rien de tout cela ne serait imaginable sans les données et les algorithmes du monde numérique. A tel point que la compagnie a lancé un concours offrant au gagnant 1 million de dollars le Netflix Prize pour améliorer son algorithme de recommandation. Là aussi, les compagnies de location et de streaming plus traditionnelles doivent faire face à une rupture qui les a, pour certaines, rendues obsolètes. A tel point que l’expression “to be netflixed” est entrée dans le langage commun.

Coursera est une compagnie offrant des cours en ligne ouverts et massifs en partenariat avec des Universités comme Stanford, Princeton, l’EPFL ou l’Ecole Centrale de Paris. Plus de 200 cours sont offerts, les classes pouvant compter plusieurs dizaines de milliers d’étudiants! D’autres initiatives existent telles que EdX, Udacity, ou dans un autre registre Kahn Academy. Cette approche appelée MOOC (Massive Open Online Courses) offre gratuitement des cours proposés dans les universités les plus prestigieuses. Le tout est disponible en ligne, avec de courtes vidéos d’explication, des supports de cours électroniques complétés par l’offre pléthorique du web. Les étudiants participent aux forums et aux discussions en ligne, parfois aussi en utilisant des systèmes de vidéo conférence comme Skype ou Google Hangout. Tout ceci retourne complètement le système. Surtout la formation continue tout au long de la vie est impactée, comme le pense par exemple Sebastian Thrun, fondateur de Udacity. Et là aussi, le modèle économique n’est pas encore stabilisé. Lire sur ce sujet l’article “Cours en ligne ouverts est massifs: effets de mode ou révolution de l’éducation”.

 

Quelles sont les conséquences?

Les implications pour les individus, les organisations publiques et privées sont profondes. Des pans entiers sont bouleversés par de nouveaux modèles d’affaires provenant parfois de secteurs différents et donc souvent inattendus. La vie privée et la sécurité sont aussi mises à l’épreuve par les milliards d’informations produites et analysées, pour créer de la valeur pour les individus et parfois aussi les exposer à des risques immenses.

Finalement, les modèles mêmes des organisations sont bousculés. La connectivité, la vitesse et les relations non hiérarchiques, amènent une transformation importante, une décentralisation, une autonomisation, une productivité différente avec lesquelles les dirigeants actuels ne sont peut-être pas toujours à l’aise.

Le potentiel est bien présent pour stimuler les idées innovantes en rupture, les méthodes plus agiles, les expérimentations et les prototypes plus rapides pour découvrir les chemins de nouveaux mondes qui s’ouvrent devant nous.

On a causé de modèles économiques…

Time for change

Partage, contribution, collaboration, peer to peer ou biens communs deviennent les mots d’ordres de toute une génération d’innovateurs, de créateurs et d’entrepreneurs. Plus que des concepts, ils constituent un cadre de pensée pour l’action, à la base de nouveaux modèles économiques. Mais qui sont ces nouveaux entrepreneurs? Pourquoi et comment ces modèles fonctionnent-ils?

Pour nous aider à répondre à ces questions, Louis-David Benyayer du do tank parisien Without Model était l’invité de la Causerie du 13 juin dernier. Créé en 2012, Without Model rassemble chercheurs et professionnels pour construire et généraliser des modèles économiques ouverts, collaboratifs et responsables. Il ambitionne dans ce contexte de faire évoluer les modes de pensée et d’action des entreprises et de promouvoir l’innovation sociale.

“Disruption is eveywhere”

Ces nouveaux modèles constituent selon Louis-David une réponse nécessaire aux nombreuses innovations de rupture que le numérique a amené ces dernières années. Ne serait-ce que lorsqu’on évoque l’essor de l’économie collaborative ou le fait d’aller du monde de la propriété vers celui des services partagés. Dans tous les cas, l’unicité de modèle actuelle est en train de voler en éclats.

Parmi ces nouveaux business models qui émergent, Without Model s’intéresse plus particulièrement à ceux qui sont ouverts, collaboratifs et responsables.

  • Ouverture : au niveau du financement notamment, mais également au niveau de la nécessaire interdisciplinarité à intégrer dans les démarches d’innovation.
  • Collaboratif  : parce que sans s’appuyer sur les compétences externes, il est très difficiles aujourd’hui d’innover.
  • Responsable : en ce sens que les projets ainsi menés doivent produire une valeur sociale au sens où l’entend Michael Porter (notion de shared value ou valeur partagée).

Pour illustrer son propos, Louis-David donne l’exemple de Wikispeed, une entreprise qui a été capable de mettre au point un prototype de voiture à haute efficience énergétique en moins de trois mois (voir la présentation TEDx avec Joe Justice, le fondateur de Wikispeed).  Comment s’y est-il pris ? En transposant les méthodes “agiles”, héritées du développement des logiciels, à la production de biens matériels. Il a conçu sa voiture de manière modulaire, en travaillant sur des plans ouverts, et en se limitant à l’utilisation d’outils du commerce pour son montage. Il a su enfin rassembler des équipes de volontaires qui travaillent en mode collaboratif.

Pour ce succès, comme pour d’autres exemples mentionnés par Louis-David (comme le projet Fair Phone), se pose toutefois la question de la pérennité de ces nouveaux modèles. Nous n’avons en effet que peu de recul pour juger de l’évolution de ces manières de concevoir des services et des produits ainsi que sur des modes d’interactions souvent basés sur des valeurs autres que monétaires. Ceci est particulièrement vrai lorsqu’on fait référence à des modèles économiques collaboratifs et ouverts tels que ceux prônés par  Without Model.

Les modèles économiques présentés par Louis-Davis sont clairement innovants. Mais dans la phase que nous vivons aujourd’hui, l’innovation ne réside dans un premier temps pas forcément dans les produits ou les services créés, mais dans le simple fait de se lancer dans des démarche basées sur l’ouverture, sur la co-création et sur le collaboratif.

De manière générale, le credo de Without Model réside dans la prise en compte des 4 points suivants comme des facteurs clés de succès:

  1. Lancer les projets dans une logique d’expérimentation et de prototypage
  2. Intégrer l’échec comme un processus d’apprentissage
  3. Savoir se créer son écosystème (pour co-développer des services et les co-opérer)
  4. Favoriser les approches transversales
Antoine Burret, Yves Zieba et Louis-David Benyayer

Antoine Burret, Yves Zieba et Louis-David Benyayer

Le monde de l’industrie traditionnelle perçoit ces ruptures et certains tentent de lancer des démarches inspirées des exemples ci-dessus, à l’exemple par exemple de Renault qui expérimente les FabLabs ou de Leroy-Merlin qui a pris conscience que ces derniers seront probablement leurs concurrents de demain.

La discussion qui suit la présentation de Louis-Davis est riche et aborde des questions variées mais sans réponse définitive :

  • Voit-on un retour vers une économie plus locale ?
  • L’obsolescence programmée est elle bientôt morte ?
  • Va-t-on vers la servitisation de ces nouveaux modèles ?

Louis-David conclut la Causerie avec une présentation des activités présentes et à venir de Without Model. La promotion de ces nouveaux modèles économiques ainsi que des démarches et des outils associés passe par l’organisation d’évènements, dont de nombreux ateliers interdisciplinaires (Business model crash tests, Business model challenge, jeux de plateau sur les business models à venir, etc.).

Without Model peut compter sur des membres passionnés qui donnent beaucoup de leur temps. Le do tank parisien sait également s’appuyer sur les organisations existantes pour relayer son discours et organiser des évènements.

Avec Jean-Henry Morin, président du think tank genevois Think Services, nous nous retrouvons complètement dans le discours de Louis-David. Et même si la masse critique dont peut bénéficier Without Model en région parisienne nous fait défaut à Genève, nous repartons avec quelques suggestions qui devraient nous aider à aller de l’avant !

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Louis-David Benyayer est fondateur du do tank parisien Without Model. Il intervient dans de nombreuses conférences en France et à l’international sur l’innovation des modèles d’affaires.

Louis-David Benyayer

 

 

 

 

 


On a causé de design fiction…

By Revital Cohen http://www.revitalcohen.com/

By Revital Cohen
http://www.revitalcohen.com/

La science-fiction a depuis toujours alimenté notre imaginaire technologique en mettant en scène toutes sortes d’objets: robots, voitures volantes, interfaces numériques, etc. Mais force est de constater que bien peu des objets imaginés par les auteurs de science-fiction de ces cinquante dernières années se sont imposés dans notre vie quotidienne. Parfois même, à force de vouloir s’inspirer trop directement de ces visions technologiques, les innovateurs n’ont accouché que de flops récurrents, à l’image des frigos intelligents ou des robots humanoïdes.

Doit-on se cantonner à ces visions d’un futur distant sans cesse repoussé ? Ou n’y a-t-il pas des imaginaires alternatifs en cours de construction ?

Ces questions constituaient l’élément central de la Causerie du 30 mai dernier animée par Nicolas Nova à la Muse. Nicolas a ébauché ses réponses en partant de quelques retentissants échecs technologiques qu’il analyse dans un récent ouvrage (Les Flops technologiques – Comprendre les échecs pour innover).

A l’image des cuisinières futuristes des années 60, on côtoie parfois l’absurde avec les dispositifs envisagés. Et avec notre sensibilités d’aujourd’hui, on sent immédiatement que l’appropriation de ces technologies ne pouvait qu’être difficile, voire impossible. Nicolas avance également la difficulté totalement sous-estimée à faire fusionner des technologies aux cycles de vie très différents, comme c’est le cas pour les nombreuses déclinaisons de frigos (cycle de vie long) intelligents (cycle de vie très court). Les exemples de ce type sont nombreux, allant de la réalité augmentée aux interfaces 3D, en passant par le wearable computing.

Il constate que l’innovation est de moins en moins nourrie par le monde de la science-fiction. Ce n’est pas vraiment étonnant : de plus en plus d’auteurs s’enracinent aujourd’hui dans le monde contemporain, voir même dans celui d’hier. Et ce ne sont pas des époques favorables à l’éclosion des visions technologiques de demain…

Mais d’autres ont pris le relais. En s’intéressant à notre rapport aux objets numériques, les designers, et les designers d’interfaces notamment, sont ces acteurs du renouveau des imaginaires. Ils savent partir du quotidien des gens pour y rechercher des potentiels d’usages ainsi que l’innovation de demain. Nicolas cite par exemple les travaux très intéressants de Alexandre Deschamps Sonsino (voir son blog) qui travaille notamment sur l’Internet des objets.

D’autres exemples illustrent plus particulièrement les « design fictions », ces prototypes qui servent à expliquer et critiquer le changement sociétal ou technologique. « On se projette dans les technologies de demain à travers des artefacts qui parlent à tous ! Cela permet dans la foulée de renvoyer à des imaginaires alternatifs. » Ainsi la table tueuse de mouches de Auger Loizeau (Flykiller Parasite Robot) dont l’idée a été reprise plus tard par la DARPA, l’agence américaine de projets militaires.

Les designers sont particulièrement bien outillés pour cela. Cela leur permet par exemple grâce au prototypage de tangibiliser des représentations en les traduisant dans un langage plus compréhensible pour le commun des mortel. Ou avec la narration (le storytelling) de concrétiser les développements technologiques et favoriser le débat sur leurs enjeux.

Pour Nicolas, la technologie devient intéressante lorsqu’elle s’éloigne des stéréotypes. Elle devrait au contraire respecter la diversité des usages et présenter un potentiel d’ouverture et de détournement. Et dans tous les cas, il est important de tester les idées et les possibles qu’elles induisent en interpellant les gens et en prenant le plus tôt possible la mesure de leurs implications sociétales.

Le sujet et l’animateur de cette soirée nous ont valu une Causerie particulièrement riche et interactive. Un grand merci à Nicolas pour sa disponibilité et son enthousiasme à cette occasion !

Nicolas Nova, du Near Future Laboratory,  est chercheur, enseignant et écrivain dans les domaines de la prospective et du design d’interaction. Il est également membre du comité éditorial de la conférence Lift. Vous pouvez découvrir ses sujets de prédilection sur son blog Pasta&Vinegar.

Nicolas Nova

 

 

 

 

 

 

 

Quelles sont les nouvelles stratégies digitales des gouvernements?

Voici un bref tour d’horizon sur la publication des stratégies digitales de grands pays. Avec une vision globale novatrice, le Royaume Uni lance un message intéressant en annonçant le “digital par défaut” pour ses services. Il y a quelques mois les États-Unis ont aussi présenté leur vue sur le sujet en mettant l’accent sur le gouvernement comme une “plateforme”. La France prépare, quant à elle, un document pour le début 2013.

Voyons cela plus en détail.

 

 

Royaume Uni

La stratégie digitale britannique (dévoilée en novembre 2012) définit la façon dont le gouvernement va redessiner ses services numériques pour les rendre aussi simples et pratiques dans le but que tous ceux qui peuvent les utiliser préfèrent le faire. Cette stratégie s’engage à ce que les services numériques deviennent le premier canal de communication et de transaction avec le secteur public. Elle a été développée en collaboration avec l’ensemble du gouvernement dans le cadre du plan de réforme de la fonction publique et sera suivie par des stratégies ministérielles numériques.

La stratégie décrit également que la prestation de services numériques se traduira par des économies de £ 1,7 à £ 1,8 milliards chaque année. Le gouvernement s’engage pour un ensemble d’actions comme par exemple d’assurer qu’un leader digital est présent dans les structures de chaque département, que la consultation du public soit effectuée par les outils comme les réseaux sociaux, ou encore que les barrières légales et réglementaires non nécessaires seront levées lorsqu’elles empêchent le développement de services en ligne directs et facilement utilisables.

Début octobre, un autre élément très controversé a été avancé, le gouvernement britannique envisagerait de pouvoir utiliser les identités digitales externes de Facebook, des banques ou des téléphones portables comme identifiant pour les services publics en ligne. A travers une initiative appellée “Identity Assurance”, le gouvernement vise ainsi à rendre plus simple et accessible les accès aux systèmes et aux transactions en ligne.

Pour plus de détail consulter le UK cabinet office “Government Digital Strategy”  et l’article de ComputerWorldUK “Facebook ID will give access to gov.uk websites”.

Etats Unis

La stratégie du gouvernement digital américain (publiée fin mai 2012) porte en sous-titre son programme “Construire une plateforme du 21e siècle pour mieux servir le peuple américain”. Celle-ci est articulée autour de 3 axes principaux: (1) Permettre au peuple américain et à une main-d’œuvre toujours plus mobile d’accéder à une information et des services digitaux du gouvernement de haute qualité ceci n’importe où, n’importe quand et sur n’importe quel appareil; (2) S’assurer que le gouvernement s’adapte à ce nouveau monde digital, en saisissant l’occasion de se procurer et de gérer des périphériques, des applications et des données de façon intelligente, sûre et abordable; (3) Libérer le potentiel des données du gouvernement pour stimuler l’innovation dans le pays et d’améliorer la qualité des services pour le peuple américain.

Les informations complètes sont disponibles sur le site de la Maison Blanche “Digital Government”.

France

En France, la stratégie numérique, en cours d’élaboration, part du constat que le numérique est le moteur de changement profonds aussi bien dans la vie quotidienne des citoyens que pour la modernisation de l’État et la compétitivité et l’innovation des entreprises. Cette stratégie doit permettre à tous d’accéder aux possibilités offertes par les technologies numériques, tout en prenant en compte les enjeux de respect de la vie privée et de liberté d’expression. Plusieurs projets fédérateurs comme: la couverture intégrale du territoire en très haut débit; la cybersécurité, la souveraineté, la sécurité et l’indépendance dans ce domaine; l’attractivité internationale au travers de la mise en chantier d’un grand quartier numérique à Paris ou dans sa proche banlieue. Cette stratégie sera présentée par le Premier ministre en février 2013, à l’occasion d’un séminaire gouvernemental dédié au numérique ce qui est un symbole fort du soutien politique.

Voir la source de ces informations sur le site du Gouvernement français “Numérique : présentation de la feuille de route en février 2013”.

Par ailleurs, l’analyste Gartner Andrea DiMaio a commenté les publications aussi bien du Royaume Uni que d’autres pays sur son blog voir par exemple http://blogs.gartner.com/andrea_dimaio/2012/11/09/digital-by-default-but-not-smart-enough-hits-and-misses-of-the-uk-government-digital-strategy/.

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