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Des gisements de données à la base de services urbains à Genève

Le 2 février 2011, dans le cadre de la conférence Lift qui se tenait à Genève, l’Observatoire technologique a organisé avec l’aide de Lift Lab un atelier de co-création autour de l’ouverture des données publiques du canton.


Des gisements de données à la base de services urbains à Genève (pdf 1.66 Mb)

Le but de l’atelier n’était pas de déboucher sur des applications concrètes que l’on pourrait directement mettre en œuvre, ni de solutionner des problèmes actuels liés à la mobilité ou à la 3D à Genève. Les objectifs de ce workshop exploratoire étaient plutôt de :

  1. mettre en contact des acteurs du territoire lémanique autour du thème de l’ouverture des données publiques;
  2. illustrer les potentialités offertes par l’ouverture des données publiques du SITG, le Système d’Information du territoire Genevois, et plus particulièrement celles liées à la 3D et à la mobilité;
  3. lancer une dynamique dans ce domaine en interne de l’administration genevoise.

L’équipe de Lift Lab a profité de la conférence Lift pour mobiliser des experts internationaux dans les domaines concernés. De notre côté nous nous sommes efforcés d’intéresser des spécialistes en interne de l’administration genevoise (spécialistes de la géomatique, de la mobilité ou de la 3D). Une dizaine de participants à la conférence Lift étaient également de la partie afin d’apporter une vision externe et plurielle sur le sujet.

L’atelier a réuni 25 participants répartis en 5 groupes de 5 personnes. La composition des groupes favorisait la diversité des expertises pour produire des réflexions transversales. En effet, lors d’un atelier, chaque acteur joue un rôle actif dans le développement d’idées et dans le partage des points de vue permettant le prototypage de services et de solutions pertinentes. Le lien créé entre les différents acteurs lors de la co-conception permet un partage d’informations et de valeurs qui pourront être potentiellement remobilisées plus tard dans des groupes projets. Comme ce processus a parfois besoin de stimulation, chaque groupe était guidé par un “sherpa” c’est-à-dire un expert du domaine qui jouait le rôle de stimulateur et de cadreur des échanges. La présence de ces “sherpas” a également permis une prise de note détaillée des échanges et des idées.

Cinq services ont ainsi été ébauchés durant les 3h30 de partage créatif:

  1. « Dis-moi comment tu bouges »
  2. « Le bonheur en commun »
  3. « Aide à la multi-modalité »
  4. « Wiki City »
  5. « Maquette de création interactive »

Ils présentent des similitudes suffisamment claires pour identifier les enjeux les plus structurants d’un territoire qui assume pleinement le potentiel des données à sa disposition.

Wiki City

Du fait du caractère éclaté des services basés sur des données de mobilités et sur des données 3D, notre démarche durant l’atelier a privilégié la création de liens entre les différentes parties prenantes du territoire (autorités et services publics, entreprises, experts, associations, habitants). Au-delà du partage d’informations et de valeurs, l’atelier a favorisé le décloisonnement à partir de l’illustration des opportunités de co-production de services urbains innovants.

Les exemples mentionnés ont attesté la place centrale de l’administration genevoise dans l’impulsion de la dynamique d’usage et d’exploitation des données. Cette place est  essentielle à la création d’un flux continu d’informations qui s’intègrent directement dans l’action (mobilité, expression citoyenne, etc.). En particulier, le travail en groupe a permis de mettre en avant l’apport des technologies numériques pour non seulement informer, mais également pour impliquer les habitants et les autres acteurs stratégiques dans l’offre de services, tout en intégrant leurs avis dans les processus décisionnels et opérationnels. Pour aller de l’avant, il est indispensable de rendre les données plus lisibles et de valoriser des projets pilotes dédiés aux habitants en impliquant les acteurs stratégiques du territoire.

L’atelier a d’ores et déjà reçu un écho très favorables de la part des participants et il en appelle d’autres que nous espérons focalisés sur des réalisations plus concrètes. Olivier Donzé, du laboratoire de Modélisation informatique du paysage (mip) de la haute école du paysage, d’ingénierie et d’architecture de Genève (hepia) a en tous cas saisi la balle au bond et envisage lancer un projet de recherche en s’appuyant sur l’un des services ébauchés.

Un grand merci à Fabien Girardin et à Boris Beaude pour l’énergie et la passion qu’ils ont su insuffler dans ce projet !

Retour sur Lift 2011

11 février 2011 – Patrick Genoud

Sous le slogan « What can the future do for you ? » la conférence Lift a réuni à Genève plus de 1’000 participants du 2 au 4 février 2011. Un record de participation qui récompense la qualité (supérieure à celle de l’année dernière) du programme proposé cette année par Laurent Haug et son équipe.

Fidèle à un format qui a fait ses preuves au cours des éditions précédentes, les organisateurs nous ont proposé durant trois jours « l’expérience Lift ». Car au-delà des habituelles présentations bien formatées que l’on retrouve dans toutes les bonnes conférences, c’est bien à travers l’expérience offerte aux participants que Lift appose sa patte: que ce soit en laissant les membres de la communauté Lift s’exprimer lors des open stages ou des ateliers de co-création ou en proposant des lieux de détente conviviaux et propices à la conversation, des expositions où l’art côtoie le bidouillage technologique, des échanges permanents online et offline, une couverture vidéo qui vous permet de ne pas en perdre une miette, le tout agrémenté de soirées mémorables et appuyé sur une organisation très professionnelle.  Ainsi comme chaque année, ce qui fait la vraie richesse de Lift, c’est la multiplication des rencontres et des échanges rendue possible durant ces trois jours.

Visualisation des plus de 5’000 tweets envoyés durant Lift11 (Adrian Kuhn)

De l’édition 2011 je retiendrai des présentations de qualité telles celle de Brian Solis qui, en rebondissant sur le slogan de Lift11, nous engage à prendre en main notre futur en nous préoccupant notamment de ce véritable trésor qui est entre nos mains: notre capital social. Brian insiste sur le fait qu’au sein des réseaux sociaux, ce qui peut nous servir peut également se retourner contre nous. Sachons rester attentifs et critiques!

J’ai également beaucoup apprécié la présentation de Nick Coates sur le présent et le futur de la co-création. Une excellente synthèse de ce qu’est la co-création aujourd’hui, des règles à suivre pour s’y engager correctement ainsi que des défis auxquels il faudra savoir prendre en compte dès demain, le premier étant celui de savoir conserver l’élan créé ces dernières années autour de ce type de démarche.

Enfin Kevin Slavin nous a parlé des algorithmes qui gouvernent nos vies. Rien de forcément nouveau sous le soleil, si ce n’est une indispensable piqûre de rappel pour que nous ayons toujours à l’esprit le fait que les algorithmes dictent sournoisement passablement de nos choix. Nous n’avons pas beaucoup de prise sur ces agents opaques et inscrutables. Sachons cependant rester vigilants pour ne pas nous laisser entraîner trop loin.

Mais comme dans toutes les conférences la règle veut qu’il yait à boire et à manger, je mentionnerai également le flop de Jean-Claude Biver dont la vacuité des propos l’a littéralement poussé à s’envoler à la fin de sa présentation. Déception également avec le discours assez creux de Robert Scoble qui s’est contenté d’aligner les nouvelles perles de la Silicon Valley sur son fil, mais sans véritable mise en perspective ni esprit critique.

Et s’il fallait mettre un bémol aux présentations de cette 6ème édition c’est peut-être dans un contenu un peu trop consensuel à mon goût qu’il faudrait le chercher. La quasi totalité des présentations en lien avec les nouvelles technologies et les réseaux sociaux confortent en effet l’image d’un monde idéal de l’Internet d’aujourd’hui et de demain qui entraîne inexorablement la population de la planète dans son sillage et dans lequel semble se complaire une majorité des participants. Une attitude un peu plus critique et une dose d’impertinence seraient à mon avis salutaires. La présentation (par ailleurs excellente) de Don Tapscott est illustrative de cet état de fait. Don s’enthousiasme sur l’influence (considérable) des réseaux sociaux dans les révolutions tunisienne et égyptienne, prémices d’un nouveau mode de gouvernance décentralisé pour ces pays. On était tombé dans la même euphorie à propos des émeutes en Iran l’année dernière et  l’étude des faits n’avait finalement pas résisté à l’analyse.

Au niveau des ateliers, j’ai vécu de l’intérieur le stimulant « iGraffiti: mobile Public Debate in the Urban Space » proposé par Jean-Henry Morin ainsi que celui organisé par Nicolas Nova et Vlad Triffa « Smart Cities: how to move from here to there?». Beaucoup d’idées générées durant ces deux ateliers, et surtout de nombreuses pistes qui ont permis de défricher des terrains encore vierges.

Enfin l’Observatoire technologique a profité de Lift11 pour organiser avec Lift Lab un atelier visant à co-créer des services innovants à destination des citoyens en se basant sur des données publiques ouvertes. Cet atelier sur lequel nous reviendrons prochainement réunissait sur invitation, autour des thèmes de la mobilité et des données 3D, plus de vingt personnes : experts, spécialistes de l’administration genevoise et membres de la communauté Lift.