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Au coeur de l’innovation publique danoise et britannique

Nesta Innovation

Nesta (CC BY-NC-SA 4.0)

Les 21 et 22 avril dernier, Mme la Chancelière Anja Wyden Guelpa et moi-même avons eu le privilège de visiter 4 structures d’innovation publique parmi les plus en vue du Danemark et du Royaume-Uni.

Le Mindlab, le Nesta, le Policy Lab et le Innovation Unit tentent, chacun à leur échelle et dans des contextes différents, de répondre à un impératif d’innovation dans le secteur public en s’appuyant sur des méthodes et des outils faisant la part belle à la co-création, à la pluridisciplinarité et à l’expérimentation, tout en mettant les besoins et les attentes des utilisateurs au centre.

En cette période de restriction budgétaire où l’on demande aux offices de faire toujours plus avec moins, cet impératif d’innovation prend de plus en plus de sens pour les collaborateurs de l’administration genevoise. Les méthodes actuelles d’amélioration des prestations ou de recherches de solutions nouvelles montrent leurs limites. Il était alors intéressant de visiter des structures qui explorent d’autres manières d’innover avec pour objectif de faire “différemment, voire mieux, avec moins”.

Madame la Chancelière et moi-même y sommes allés avec ce même objectif mais dans des perspectives différentes. En ce qui la concerne c’était pour comprendre comment ces méthodes innovantes ont été mises en oeuvre avec succès. Cela devrait nourrir les réflexions menées avec le Collège des Secrétaires Généraux avec pour objectif notamment à répondre aux sollicitations du Conseil d’Etat en matière de mesures d’économie.

En ce qui me concerne, ces structures d’innovations constituent une source d’inspiration directe pour le projet de Living Lab en cours d’élaboration à la DGSI ainsi que pour la mise en place d’une politique du numérique qui doit savoir s’appuyer sur de telles dynamiques participatives et expérimentales.

A l’exception du Policy Lab qui a été créé il y a moins de 2 ans, les autres structures que nous avons visitées bénéficient d’une longue expérience en la matière et ont déjà fait leurs preuves dans le cadre de nombreux projets impactant diverses politiques publiques.

Le point commun le plus évident de ces quatre visites est la passion et les convictions qui animent chacune des personnes très compétentes que nous avons rencontrées. Nous avons ressenti une posture totalement en phase avec celle que nous imaginions trouver chez des leaders de l’innovation: attitude positive et inspirante, vision large, humilité, ouverture, empathie, pragmatisme et persévérance pour ne citer que ces qualités-là.

Ces visites ont été riches en enseignements, tant sur la genèse de ces structures, que sur leur mode de financement et de fonctionnement. Mais c’est surtout au niveau des méthodes utilisées et de la perspective dans laquelle s’inscrit leur activité que nous avons le plus appris, ou plutôt que nous avons été confortés. Nous venions en effet avec l’intuition très forte de la valeur ajoutée de démarches nouvelles sachant embarquer l’utilisateur dans une démarche de co-création et de co-conception en privilégiant la multidisciplinarité et l’expérimentation.

Que ce soit au Danemark ou au Royaume-Uni, l’action de ces structures d’innovation a la chance de pouvoir s’appuyer sur une dynamique de transformation portée au plus haut niveau. Cela ne constitue pas une garantie de succès car les résistances de tous ordres sont toujours très présentes, mais cela a facilité les choses, notamment en leur apportant une nécessaire légitimité.

On note que les trois structures qui sont actives depuis plusieurs années déjà étendent progressivement leur activité au-delà de l’accompagnement des projets d’innovation. Elles ont compris que l’innovation doit s’inscrire dans un continuum plutôt que dans une succession de projets. Car c’est la transformation du secteur public qui est le véritable enjeu dans ce contexte. Cela suppose d’accompagner le mouvement sur la durée, en amont et en aval des projets. C’est dans cette perspective qu’elles mettent en oeuvre des programmes de sensibilisation et de formation ou qu’elles favorisent la création de communautés d’innovateurs (au sens de la posture) sur lesquelles s’appuyer. Le travail sur la culture organisationnelle se retrouve ainsi au coeur des réflexions.

L’idée est dans chaque cas de savoir initier une dynamique vertueuse dans laquelle les différents acteurs de l’innovation se sont approprié les méthodes et les outils pour les appliquer de manière naturelle dans leur contexte quotidien. La notion d’écosystème d’innovation qu’il faut savoir favoriser a souvent été évoquée.

Lorsqu’on évoque l’innovation technologique, le Nesta, qui est le plus actif dans ce domaine, insiste sur l’importance de savoir la rendre compréhensible et attrayante. Cela passe par un travail de sensibilisation en amont des projets visant à la fois à illustrer les opportunités et à dédramatiser la situation. Une partie non négligeable de l’activité du Nesta est ainsi dévolue à la veille et à la prospective qui viennent nourrir le débat.

Les échanges que nous avons eus nous confortent dans la justesse de ce que nous tentons de mettre en place actuellement à l’échelle genevoise, que ce soit au niveau des méthodes et des outils envisagés, mais également par rapport à l’approche que nous envisageons et à la perspective que nous souhaitons lui donner. Ils nous aurons enfin permis de nouer de précieux contacts avec des acteurs clés de l’innovation dans le secteur public au Danemark et au Royaume-Uni.


MindLab Innovation Unit
Nesta Gov.UK