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On a causé de gestion du changement…

C’est Véronique Volkart qui animait la causerie du jeudi 25 octobre consacrée à la transformation des organisations. Nous avions décidé avec elle d’aborder ce vaste sujet sous l’angle de la gestion du changement, un domaine dans lequel elle est active depuis de nombreuses années et qui constitue le point crucial de tout processus de transformation.

Car si il n’est pas toujours évident pour les organisations de comprendre les enjeux ou les opportunités de transformation liés aux bouleversements de tous ordres qu’elles vivent aujourd’hui, il est encore plus difficile pour elles de mettre en œuvre les changements induits par ces transformations. Ceci est d’autant plus vrai que la grande majorité des organisations doivent composer avec un existant (culturel, humain, technologique) qui ne leur permet pas de faire table rase du passé.

Véronique Volkart a ainsi évoqué quelques points qui lui semblent essentiels lorsqu’on envisage la gestion du changement dans une organisation. Elle a tout d’abord insisté sur la nécessité d’en avoir une vision large et globale et portée vers l’avenir des transformations envisagées. Elle a ensuite mis l’accent sur l’accès facilité aux informations comme un élément moteur d’une gestion du changement efficace. La communication, la transparence ainsi que la gestion de l’information et de la connaissance se retrouvent ainsi naturellement au cœur du sujet. Mais le corollaire auquel on est alors souvent confronté est une hiérarchie omniprésente qui s’oppose à un fonctionnement en réseau qui en fait souvent fi.

Lorsqu’une organisation se transforme, c’est pour poursuivre un objectif collectif qui dans un premier temps n’est pas forcément en adéquation avec les intérêts individuels des collaborateurs. Et la difficulté de la gestion du changement consiste à les faire coïncider. Véronique est convaincue que s’est en amenant les collaborateurs à s’interroger sur le sens à donner à leurs actions que l’on y parvient: c’est le fait que chacun soit conscient de son rôle et de son apport dans le changement qui est important. Et ceci dans une démarche de co-production qui permet d’intégrer chacun dans une implication collective.

Dans cette perspective, les services de ressources humaines ont un rôle important à jouer. Ils doivent aider à élever le niveau de maturité de l’organisation, que ce soit à titre collectif ou individuel. En partant des motivations émergentes, ils doivent amener les collaborateurs vers des comportements créatifs en favorisant la capacité individuelle et spontanée à sortir du cadre établi pour redéfinir des paradigmes en fonction du contexte. Dans le même temps, ils doivent aider les collaborateurs à construire l’avenir de l’organisation en s’appuyant sur les savoirs transversaux.

Véronique relève également la nécessité pour notre société et pour nos organisations d’inventer le « manager de demain » qui saura prendre en compte cette nécessaire gestion du changement au jour le jour. « Les managers doivent grandir ! » conclut-elle.

L’organisation prend soin de moi! Je prends soin de mon organisation!

Les questions et la discussion qui suivent cette présentation initiale reflètent bien le fait que la gestion du changement se retrouve dans le quotidien de la plupart d’entre nous. Mais tout le monde ne l’a manifestement pas compris!

Des quelques thèmes qui sont ressortis durant cette passionnante causerie, j’en retiendrai trois. Le premier concerne le rôle des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans la transformation des organisations. Véronique Volkart pense qu’il ne faut pas en faire une question centrale, même si il faut reconnaître qu’elles peuvent faciliter les choses. Je pense pour ma part que les organisations doivent savoir capitaliser sur les modes de fonctionnement interactifs amenés par les TIC dans la société et profiter de la capitalisation des savoirs qu’elles facilitent.

On a dans un deuxième temps parlé de l’importance à accorder au feedback dans la démarche de changement afin de pouvoir adapter le dispositif aux réalités du terrain. Le feedback insiste Véronique est « comme une fleur qu’il faut arroser et à qui il faut de l’espace pour grandir ». Et l’on rejoint ici les TIC et les réseaux sociaux dont l’apport potentiel est indéniable dans ce type de processus. Mais il ne faut cependant pas croire que le mouvement s’entretient tout seul. Il nécessite que l’on y consacre de l’énergie, à travers des nouveaux rôles tels que les animateurs de communautés (les community managers).

La causerie s’achève enfin en abordant, avec les trois professeurs de hautes écoles présents dans l’assemblée, les aspects liés d’une part à ces nouveaux métiers à inventer pour aider les organisations à se transformer dans la durée ainsi que sur l’enseignement des compétences transversales évoquées lors de la discussion. Pas de point de vue tranché sur ce thème, sinon qu’il y a manifestement un manque à ce niveau dans nos hautes écoles helvétique.


On a causé de netups…

Près d’une trentaine de personnes sont venues ce jeudi 27 septembre pour la première causerie de la saison. L’idée était de construire ensemble la définition d’un concept entrepreneurial développé localement : celui de la netup.

Voici le résumé de cette causerie rédigé par Antoine Burret.

Des acteurs de l’entrepreneuriat se reconnaissant derrière ce terme énigmatique sont aussi venus témoigner. Parmi eux : Lionel Lourdain (Free IT Fondation), Hélène de Meire (My-startup fiduciaire), Xavier Pierre (ISEOR, Lyon 3) et Yann Ranchère (Anthemis).

Xavier Comtesse (Avenir Suisse), qui a le premier utilisé ce terme, introduit la causerie. En Avril 2010, une première réflexion à mis en évidence la distance existant entre le mot startup et ce que beaucoup d’entrepreneurs vivaient au quotidien.

Les startups ont été définies dans les années 70 à la Silicon Valley. Elles étaient liées au transfert technologique. Des jeunes dans les universités, partaient avec une technologie, cherchaient des financements et montaient des entreprises. Le modèle des startups s’est ainsi organisé autour de structures de coaching, de parcs technologiques et de capital risque.

Mais avec le développement du Web et des technologies de l’information et de la communication, on voit apparaitre un nouveau type d’entreprise. Né dans et par les réseaux, elle se structure autour de ceux-ci aussi bien au niveau organisationnel, que celui de l’acquisition des compétences ou de la relation avec les clients. Les réseaux vont ainsi faire émerger un autre modèle d’entreprise : celui des netups.

L’hypothèse avancée est que si un entrepreneur crée un produit ou un service et que celui-ci peut être construit en temps réel avec des usagers, des clients ou des partenaires, alors on peut à priori se passer de capital. Ce modèle, visiblement éloigné de celui des startups permet potentiellement de se passer d’investisseurs externes et de capital risque: le capital social remplace le capital financier.

Yann Ranchère, lui-même investisseur en capital risque, explique que le modèle startup est souvent interprété de manière idéale. Mais il ne faut selon lui pas le généraliser. Les startups sont des entreprises qui font de la recherche fondamentale, ce qui implique une grosse prise de risque nécessitant du capital financier. Yann souligne qu’il existe aujourd’hui de nouvelles formes de financement, notamment le crowdfounding ou les préventes par PayPal. Ces formes de financement sont directement liées aux nouveaux modèles de création de type netups. La création des produits ou des services s’effectue au fur et à mesure et la vente se fait sur des produits non finis.

Xavier Pierre pose quant à lui un œil académique sur la question. L’entrepreneuriat est un objet complexe et l’entrepreneur seul n’existe plus. Aujourd’hui le créateur d’entreprise ouvre ses idées et partage son projet au tout début de son aventure : « Il entreprend en réseau ». Un premier cercle (l’entourage) se constitue autour du projet, puis un second (cercle de pairs), puis d’autres, plus larges.

Pour Lionel Lourdain, la netup implique un réseau de compétences et une standardisation permettant de valoriser l’entreprise. Des problèmes se posent notamment au sujet de la reconnaissance du fondateur. Ce problème soulevé par Lionel en appelle d’autres: Comment gérer une entreprise en réseau ? A qui appartiennent les produits et les services ainsi créés ? Qu’en est-il du droit d’auteur ? Comment partager ce type d’entreprise ? Hovagemyan Schibler, un juriste présent dans la salle, ne donne pas de réponse à ces questions mais envisage une des problématiques juridiques auxquelles les netups vont être confrontées : la co-construction et la co-distribution de produit et de services implique-t-elle juridiquement la propriété collaborative et la mutualisation du patrimoine ?

Pour Hélène de Meire les netups peuvent faire émerger un troisième marché. Selon elle, c’est ce que Facebook n’a pas compris en entrant en bourse; Mark Zuckerberg aurait plutôt dû proposer aux utilisateurs du réseau social de rentrer dans le capital de la société. En effet les entreprises de type netup ont selon Hélène une responsabilité sociétale d’un nouveau genre. L’entrepreneur devient responsable de ses clients tout comme les clients deviennent responsables de l’entreprise.

La soirée s’est terminé sur un atelier visant à proposer une définition du terme netup pour l’encyclopédie en ligne Wikipédia. Pour publier un nouveau terme, il est nécessaire que celui-ci soit déjà validé par une communauté, qu’il soit bien référencé sur les moteurs de recherche. Ce n’est malheureusement pas encore le cas des netups. A vos claviers donc !

Plus que la définition en elle-même, c’est bien la structure de l’article qui a été discutée. Le contenu reste à construire mais d’importantes bases sont déjà ressorties. Des mots clés, des mises en garde, une étymologie ainsi que les différents points qu’il est nécessaire de voir apparaitre.

Des questionnements également : comment différencier la netup de la Startup sans pour autant la définir par opposition ? Comment définir la netup sans tomber dans la définition d’une « bonne » netup ? Comment définir les différents réseaux et les parties prenantes aux netups ? Bien que proche de la méthodologie Lean Startup, comment installer la netup comme un nouveau modèle entrepreneurial ? Existe-t-il une éthique propre aux netups ? Comment protéger une idée collaborative ? Faut-il vraiment le faire ?

Au final, au-delà du terme lui-même, l’enjeu est de comprendre le nouveau modèle d’entreprise qui se cache derrière les netups. Grâce à la contribution des acteurs de cette causerie, nous avons pu en percevoir quelques pistes.

Un wiki sera bientôt disponible sur le site de l’Observatoire technologique afin que chacun puisse apporter sa contribution. En attendant, n’hésitez pas à nous faire part de vos idées et de vos conseils: chaque contribution est la bienvenue !

Antoine Burret

On a causé de science des services…

Après le ballon d’essai lancé en novembre 2011, les causeries du jeudi prenaient jeudi dernier leur rythme de croisière mensuel avec une soirée consacrée à la science des services et plus généralement aux changements profonds induits par le numérique et par le passage d’une économie des biens et des produits vers une économie des services.

C’est l’équipe du think tank Think Services qui illustrait le thème de la soirée avec quatre courtes présentations destinées à susciter la discussion. Michel Léonard (professeur, Université de Genève), Michael Mesfin (consultant indépendant), Jean-Henry Morin (professeur, Université de Genève) et Giorgio Pauletto (Observatoire technologique) ont tour à tour présenté les enjeux de la science des services, les valeurs et les missions que veut défendre Think Services, les groupes de travail (Think Groups) lancés ainsi que les outils testés.

Une vingtaine de personnes ont ainsi pu échanger autour d’un thème qui a semblé de prime abord très théorique mais qui, au fil des présentations et de la discussion, a démontré tous les impacts concrets qu’il peut avoir sur le quotidien de chacun, que l’on soit développeur de logiciels, bibliothécaire ou fiscaliste. Le changement de paradigme lié au numérique et dans lequel s’inscrit la science des services nous amène sur des terrains peu balisés. Mais même si l’on n’en comprend pas toujours toute la dynamique, on en revient souvent à relever la richesse constatée des approches de cocréation, de la pluridisciplinarité, de l’expérimentation et de l’itération pour ne citer que ces éléments là. Et pour faire écho à l’un des leitmotivs de la première causerie de novembre 2011, plusieurs ont relevé la nécessité de savoir sortir de notre cadre de pensée habituel.

Mais la question centrale qui revient alors est celle de la transformation des organisations, privées ou publiques, pour pouvoir faire face à ces nouveaux défis. Comment convaincre les dirigeants ? Comment changer la culture des organisations ? Par quoi commencer? C’est à ces questions qu’il faudra savoir répondre pour entrevoir des changements rapides. Et Think Services espère modestement apporter sa pierre à l’édifice.

Le tour de table final a révélé le fait que les attentes de nombreux participants s’inscrivaient pleinement dans la thématique de la soirée. Les membres de Think Services en ont profité pour rappeler la posture d’ouverture et d’inclusion qu’ils défendent en invitant les porteurs de projets présents à s’inscrire dans la dynamique des Think Groups.

Un grand merci à Lorena, Kim et Antoine pour leur accueil et à tous les participants pour leur contribution active au succès incontesté de cette édition qui lance une année 2012 que nous espérons riche de partages.

Revivez la causerie avec les podcasts proposés sur le site de la Muse.


On a causé d’intelligence collective…

 Jeudi dernier, l’équipe de la Muse avait transformé leur grande salle en un petit ‘bistrot’ accueillant dans lequel nous avons pu lancer la première causerie du jeudi co-organisée par la Muse et l’Observatoire technologique. Une quinzaine de personnes se sont retrouvées autour de l’animateur de la soirée: Jean-Michel Cornu, directeur scientifique de la FING et Chief Visionary Officer (j’adore ce rôle) du projet Imagination for People qui servait de catalyseur aux discussions de la soirée.

Plus de deux heures d’échanges autour du thème de l’intelligence collective ont suivi; deux heures passées à découvrir dans un premier temps les grandes lignes du projet ImaginationforPeople.org, puis à partager les points de vue des uns et des autres en laissant la discussion se développer à partir du thème initial. Lorena et Kim ont repris dans un billet quelques phrases clés glanées au fil de la discussion.

Je n’irai pas plus loin ici: une causerie cela se vit, cela ne se raconte pas vraiment. Sauf à relever la richesse des débats, surtout lorsqu’à la fin cela a tourné à la véritable séance de brainstorming. Mais si il fallait malgré tout retenir une idée force de cette soirée c’est le fait que certaines idées proposées sur Imagination for People vous démontrent qu’il faut savoir constamment sortir de notre cadre de pensée habituel !

Jean-Michel a convaincu certains d’entre nous à contribuer à ce nouveau Wikipedia des idées que constitue Imagination for People. Les prochaines causeries du jeudi devraient ainsi s’inscrire dans la dynamique du projet. Le succès manifeste de cette première causerie du jeudi nous persuade dans tous les cas de continuer l’expérience dès la rentrée 2012 avec les multiples sujets qui nous trottent déjà dans la tête.

Un grand merci à Lorena, Kim et Antoine pour leur accueil et à tous les participants pour leur contribution active au succès incontesté de cette première édition.

Revivez la causerie avec le podcast proposé sur le site de la Muse.

En marge de cette causerie et de sa participation le lendemain à la 21è Journée de rencontre de l’Observatoire technologique, Jean-Michel Cornu est intervenu sur le sujet lors de l’émission Forum de la Radio Suisse Romande. A écouter (en fin de page) sur le site de l’émission.

Et si on causait ?


La Muse et l’Observatoire technologique s’associent pour vous proposer un nouveau format d’événement: les causeries du jeudi.

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Plateforme d’innovation ouverte et ascendante

Une communauté de citoyens à l’échelle internationale qui croient au pouvoir de la créativité pour trouver des solutions concrètes contribuant au mieux-vivre ensemble : l’imagination, en somme, au service du bien commun.

Inspiré par une alchimie mêlant Wikipedia, TED et l’envie d’un après-Facebook, Imagination for People a été créé comme un futur hub numérique dont les premiers pas sont un appel à une inventivité collective trans-frontières.

Comment favoriser le désir de créer pour et par les citoyens ? Comment proposer à de multiples communautés internationales un outil ergonomique et ludique qui « donnent envie » ? Envie de contribuer au mieux-être collectif ?Envie de concevoir et de tester des rapprochements inédits entre les citoyens, la sphère publique et le secteur privé ? Envie de prendre plaisir à créer du sens et de l’utile ?

Pour en discuter, Jean-Michel Cornu Chief Visionary Officer du projet présentera la plateforme Imagination for People.

Cette présentation servira de départ à la causerie qui suivra et contribuera peut-être, au développement de cette expérimentation sur le territoire genevois.

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Jean-Michel Cornu est consultant international depuis 25 ans. Il est également directeur scientifique de la Fondation Internet Nouvelle Génération (FING) et Chief Visionary Officer du projet Imagination for People. Il intervient en particulier sur les sujets traitant de l’impact des technologies émergentes sur la société et sur l’intelligence collective.

Jean-Michel Cornu interviendra le lendemain lors de la 21ème Journée de rencontre de l’Observatoire technologique.

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