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On a causé de maison intelligente…

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La maison intelligente


Depuis 30 ans, la domotique permet d’automatiser la maison. Aujourd’hui cette dernière est connectée avec l’extérieur et interconnectée avec d’autres objets. Demain elle sera intelligente et capable d’apprendre de vos usages pour les prédire.

Lors de la Causerie du 18 février dernier à la Muse Genève, Sébastien Bergin, spécialiste de ce sujet, nous a fait partager sa passion et ses points de vue. A travers les exemples proposés nous avons pu évoquer avec lui les opportunités et les risques qui y sont liés.  

Photo Bruno Chanel

Photo Bruno Chanel



 


Après des études en  électronique et marketing, Sébastien Bergin rejoint le domaine télécom en 2001 comme chef de projets chez Tiscali. A partir de 2005, il est le chef de produits voix-sur-ip de Telecom Italia B2B. Convaincu de la plus-value de l’open-source pour les entreprises, il crée Brainybiz en 2010, un intégrateur spécialisé en téléphonie sur IP et smart-home. 

On a causé de révolution digitale…

 

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Est-il possible de s’approprier le futur
en le vivant…démocratiquement ?

 

« How to survive the digital revolution »   

 


L’évolution galopante des technologies de l’information et de la communication entraînent inéluctablement nos sociétés à affronter des défis fondamentaux. Elle offre dans le même temps des opportunités qui dépassent souvent les cadres traditionnels de développement.

Génératrice de progrès considérables, elle affecte nos sociétés dans leurs fondements de base (cultures, langues, traditions, etc) et amène plusieurs constats :

  • une augmentation du pouvoir de compagnies planétaires qui s’affranchissent des frontières des pays ; 

  • un problème lancinant, celui de la « digital equity »

  • l’absence quasi généralisée de code éthique ou de code de conduite ; 

  • le manque d’éducation de nombreuses couches de la population aussi bien dans les pays dits développés que dans ceux en développement; 

  • une vulnérabilité croissante des sociétés face à l’impact grandissant de ces technologies sur la grande majorité des activités humaines ;

  • une prise de conscience très relative de la part des décideurs et des milieux politiques face à cette situation.

Que proposer alors? Comment dans ce contexte, responsabiliser les citoyens ? 

Ce sont ces questions que nous avons débattues avec Dirk Helbing lors de la Causerie du 24 novembre dernier, un événement organisé par la Société suisse d’informatique et les Causeries du jeudi. 

 


Dirk Helbing

Dirk Helbing est sociologue et informaticien. Il enseigne à l’ETH. Auteur de nombreux travaux et projets et recherches, il a récemment développé « Planetary Nervous System as a citizen Web».

Expert mondialement reconnu, il aborde les défis du XXIe siècle de manière créative, innovante et citoyenne.

 

 

 


Quelques références :


 

  

  

 

L’économie collaborative – 24ème Journée de rencontre de l’OT


L’économie collaborative

Economie collaborative


Jeudi 8 octobre 2015, 14h – 17h30
hepia, rue de la Prairie 4, Genève

Entrée libre et gratuite mais inscription souhaitée

Inscription


 

Uber, airbnb, BlaBlaCarKickstarter : les exemples médiatisés de l’économie collaborative sont légions. Grâce au numérique ces sociétés ont su replacer l’individu au cœur de l’action. Elles sont emblématiques d’une tendance forte, en rupture avec les modèles traditionnels. 

Mais cette nouvelle économie ne se réduit pas à ces succès innovants qui ont parfois dévoyé la philosophie des modèles originels. La consommation collaborative sous-jacente englobe des dynamiques et des pratiques qui ne sont pas forcément en lien avec le numérique, telles que la co-utilisation, la co-élaboration ou le troc.

Cette 24ème Journée de rencontre éclairera le sujet de manière large afin de nous aider à en comprendre les enjeux et à évaluer les opportunités pour notre région en général et pour notre administration en particulier. 

Nous espérons vous voir nombreuses et nombreux à cette occasion qui constituera également un moment d’échange et de convivialité.


Téléchargement  Téléchargez le programme de la Journée (pdf, 455 ko)


Pierre Maudet

Pierre Maudet

M. Pierre Maudet, conseiller d’Etat en charge du Département de la sécurité et de l’économie nous fera l’honneur d’introduire cet événement.


Jennifer Leblond
Jennifer Leblond

Économie collaborative : partage 2.0

L’économie collaborative, ça nous parle. Mais savons-nous vraiment ce qui se cache derrière ces mots à la mode ? Jennifer Leblond va tenter d’en définir les contours. Elle nous expliquera comment l’économie collaborative s’infiltre dans tous les pans de l’économie, et jusque dans nos institutions. Elle nous conduira de l’organisation horizontale et décentralisée du think tank OuiShare au positionnement de l’Etat français sur cette économie de l’internet en passant par la démocratie participative.

Jennifer Leblond est consultante en économie collaborative. Elle est social media manager pour OuiShare Global, Connector OuiShare Paris/France, community Manager pour Without Model et Connecteur Ulule. Elle est en outre conseillère en crowdfunding et en tiers-lieux (coworking et makerspace) auprès des collectivités territoriales et animatrice des “jeudigital” du Cabinet de la Secrétaire d’Etat au Numérique.  


Vincent Pignon

Vincent Pignon

Accès au financement des entreprises. Et si l’économie collaborative était la solution ?

A l’heure où les taux d’intérêts deviennent négatifs, les PME éprouvent de réelles difficultés de financement et les particuliers ne savent plus comment rentabiliser leur épargne. Le financement participatif s’impose donc comme un réel choix alternatif. Un peu partout, des particuliers, des entreprises et des fonds d’investissement placent leur argent sur des plateformes de crowdlending, choisissant par avance rendement et risque.

La finance participative impose au final un changement de paradigme où confiance et transparence garantissent le succès d’une recherche de financement. 

Le Dr Vincent Pignon est membre du corps professoral de la Haute Ecole de Gestion de Genève et chercheur invité de l’Université d’Oxford. Il mène des travaux de recherche sur le Crowdfunding, les Fintech et l’économie collaborative. Il travaille pour une plateforme de crowdlending qui permet de prêter directement aux PME Suisse: Wecan.fund. Il est président de la Swiss Crowdfunding Association.


Yves Zieba

Yves Zieba

À la découverte de la nouvelle économie locale

L’expérience locale de l’association Pangloss illustre d’autres formes de l’économie collaborative, notamment les modes de vie collaboratifs, la mutualisation des espaces, le partage des savoirs et la culture libre. 

Pangloss utilise également la production collaborative (pour le prototypage et la fabrication additive) en incitant à l’usage des modèles économiques ouverts issus de l’open source et en optimisant les usages rendus possibles par les dernières technologies du numérique.

Après de nombreuses années d’activité au sein d’entreprises internationales, Yves Zieba conseille aujourd’hui les entreprises sur leurs investissements stratégiques dans le domaine des technologies de l’information. Il les forme sur les techniques avancées de négociation et d’influence. Il est co-fondateur et dirigeant de l’association Pangloss.


Philippe Gargov

 

Philippe Gargov

Une sismologie de la consommation collaborative : lignes de failles et propagation des ondes

Lentement mais sûrement, la consommation collaborative s’immisce dans nos villes, reconfigurant de manière plus ou moins voyante les modèles socio-économiques qui structurent les territoires. En observant les épicentres de ces transformations, en décryptant la manière dont elles se propagent à travers l’existant, une sismologie de la consommation collaborative se dessine. Avec en creux cette question : à quoi ressemblera la ville collaborative de demain ? 

Philippe Gargov est géographe, fondateur du cabinet de prospective [pop-up] urbain qui explore les futurs possibles de nos territoires à travers leurs représentations dans les cultures populaires. Cette résonance entre le réel et l’imaginaire permet de prendre du recul sur les phénomènes et tendances émergents, et d’inspirer les scénarios prospectifs qui en découlent. 


Contact et organisation:
patrick.genoud@etat.ge.ch
christopher.larraz@etat.ge.ch

Un beau succès pour le GovJam genevois !

 

Think Services

Photo Lotfi Maimouni

Photo Lotfi Maimouni

Réunissez durant 48 heures plusieurs dizaines de personnes ouvertes, curieuses et motivées; proposez-leur un thème original; ajoutez quelques méthodes et outils de design de services et de co-création; secouez le tout dans un cadre exceptionnel et vous avez tous les ingrédients pour réussir un très beau GovJam 2015.

A Genève, avec l’appui de la Chancellerie d’Etat et du Département de la sécurité et de l’économie et sous l’impulsion de l’association Think Services, c’est dans la cour de l’Hôtel de Ville que l’instance genevoise du GovJam 2015 avait pris ses quartiers du 9 au 11 juin dernier.

Geneva GovJam 2015

Le terme GovJam (contraction de government et jam) est emprunté aux jam-sessions, ces séances musicales improvisées auxquelles s’associent différents musiciens de provenance diverses. Dans le GovJam les musiciens sont remplacés par les participants (citoyens, agents du service public, étudiants, etc.) et les notes de musique par les futurs services de l’administration.

Les GovJams sont des événements à l’audience planétaire qui ont pour vocation d’illustrer et d’expérimenter de nouvelles manières de concevoir des solutions aux problèmes d’aujourd’hui et de demain. Co-création, prototypage et concrétisation des idées sont les maîtres mots de ces “sprints de l’innovation dans le secteur public”.

De petites équipes imaginent et réalisent ainsi des prototypes de solutions innovantes répondant aux défis du secteur public et s’inscrivant dans le thème dévoilé au début de l’événement. Tous les résultats sont partagés sur le site du GovJam et constituent une source d’inspiration extraordinaire (allez y découvrir la diversité des nombreux projets imaginés cette année par la trentaine d’équipes inscrites !).

Mais au-delà des solutions concrètes (services, suggestions, manifestes, etc…) imaginées par les participants, ces GovJams constituent une opportunité de cultiver des relations hors de son cadre de travail habituel, de tester des méthodes et des outils d’innovation, d’échanger des idées nouvelles et surtout de FAIRE des choses ensemble. On sort ainsi parfois de sa zone de confort, mais toujours dans le plaisir et la bonne humeur. Ici pas de concours, pas de prix; seulement la satisfaction d’avoir réalisé ensemble l’ébauche (ou plus) d’un projet innovant et d’avoir enrichi les réflexions de la communauté internationale des participants.

Grâce à l’appui enthousiaste de Mme la Chancelière Anja Wyden Guelpa, l’édition genevoise 2015 avait le privilège de réunir les participants dans le cadre symbolique de la cour de l’Hôtel de Ville. Un endroit parcouru par de nombreux membres de l’administration genevoise, par les politiciens et politiciennes qui y siègent et surtout un lieu ouvert sur la cité, sur sa population et sur les touristes qui la visitent.

  • GVA GovJam 2015
    GVA GovJam 2015
    Photos Lotfi Maimouni

Au total ce sont près de 80 personnes qui ont participé activement à ce GovJam, la majorité d’entre elles s’étant inscrite pour la demi-journée initiale d’idéation. Beaucoup de membres de la société civile dans cette première phase et une majorité de collaborateurs de l’administration durant les autres phases consacrées à la réalisation des solutions.

Mardi à 15 heures les participants découvraient la vidéo de présentation du GovJam 2015 que ponctuait la découverte du thème de cette année. Et là surprise ! Le thème proposé par les organisateurs n’est pas un mot ou une phrase, mais une image assez ambiguë qui va servir de point de départ à la réflexion. Certains comme Anja Wyden y ont d’emblée vu une serrure; d’autres comme le Conseiller d’Etat Mauro Poggia, une personne enfermée dans son isolement. Certains enfin y ont retrouvé l’univers oppressant et monochrome d’une bureaucratie qui a grandement besoin de créativité et de couleurs…

Le thème du GovJam 2015

Voilà donc tout le monde embarqué dans une séance de brainstorming à l’issue de laquelle l’ensemble des idées prometteuses, disruptives et visionnaires ont été soumises au vote des participants qui ont décidé de concrétiser deux d’entre elles. La première a débouché sur le projet «Citoyen+» et la seconde sur le projet «Couleurs» présentés ci-dessous.


Citoyen+

Citoyen +

Dans une logique d’autonomisation des individus, l’objectif du projet Citoyen+ est de fournir une interface entre citoyens, administrations, entreprises et société civile qui permette une contribution améliorée des uns et des autres à la vie de notre région. Son ambition est de créer une boîte à idées et un forum pour que les Genevois puissent suggérer des améliorations sur les politiques publiques de l’Etat.

Le site Web du projet est un prototype appelé à évoluer et être approprié par les services de l’Etat et/ou les citoyens.

Citoyen+ propose des alternatives simples pour permettre au citoyen de contribuer à la vie de la région en se basant sur des outils existants. Les participants à ce projet ont décliné le mot «contribuer» selon 5 verbes d’action déclinés en lignes directrices et en propositions de solutions simples à mettre en œuvre :

  1. Informer, en communicant une information utile
  2. Agir, en s’investissant pour le bien commun
  3. Proposer, en suggérant des améliorations
  4. Débattre, en donnant son avis
  5. Financer, en investissant dans des projets qui nous tiennent à cœur
  6. Echanger, en partageant ses expériences

Le projet Citoyen+ a particulièrement enthousiasmé le président du Grand Conseil Antoine Barde. «Il manque parfois un lien entre le politique et le citoyen», a-t-il déclaré en guise de conclusion du GovJam. «Cette plateforme permettra peut-être de l’améliorer»


Couleurs

Couleurs

Le projet Couleurs est parti du constat que la relation entre l’usager et l’administration était souvent trop terne. Comment donc amener de la couleur dans cette relation, notamment au guichet ? Comment également partager des bonnes pratiques et recueillir les expériences des usagers aux guichets de l’administration afin d’améliorer les espaces d’accueil ?

Couleurs a pour objectif de fournir aux services de l’administration genevoise une plateforme permettant de partager des méthodes, des outils et des bonnes pratiques. Cette plateforme a vocation à être ouverte sur les autres organisations du secteur public en particulier et sur la société civile en général.

Couleurs permet de collecter les éléments pertinents pour la création d’un guichet physique et son espace d’accueil ainsi que de l’expérience usager qui y est associée. L’idée est de partager et d’enrichir ces éléments avec l’aide de la communauté en s’appuyant sur les réalisations existantes et sur les retours des usagers.

Couleurs se veut non contraignante et invite à une participation volontaire de la communauté.

Couleurs est une initiative qui permet de mieux servir les habitants de notre région.


Cliquer pour accéder au viewer

Cliquer pour accéder au viewer

Superbe image panoramique de la cour de l’Hôtel de Ville réalisée par l’équipe de Foxel

Ces deux projets n’ont pas forcément vocation à être repris par l’administration genevoise. Il faudrait pour cela trouver des services ou des offices à même de les porter et de les pérenniser, ce qui ne va pas de soi. Mais ce n’est pas le plus important. Citoyen+ et Couleurs constituent avant tout des pistes de réflexion qui peuvent arriver à maturité aujourd’hui, demain, ou peut-être jamais. Ces ébauches, et surtout la dynamique des GovJams, sont des graines que l’on sème et qui doivent servir de source d’inspiration aux participants du GovJam et à d’autres.

Car ce qui est intéressant dans ce cas c’est d’expérimenter des nouveaux modes de travail et de voir ce qu’ils apportent dans une logique de «build to think» («faire pour réfléchir»). Les participants ont d’ailleurs dans leur grande majorité été enthousiasmés par ce travail en co-création souvent nouveau pour eux. Ils ont pu tester la valeur ajoutée de démarches, de méthodes et d’outils innovants qui peuvent nous aider à imaginer les services publics de demain, créés pour et avec les citoyens. Certains ont apprécié cette occasion trop rare de décloisonner l’administration et de l’ouvrir sur la cité en proposant un lieu de rencontre vivant où collaborateurs de la fonction publique et citoyens peuvent échanger et créer ensemble.

Je n’imaginais pas qu’on pouvait produire autant de choses intéressantes en si peu de temps !

Un participant

Mais ils ont surtout eu la satisfaction de concrétiser dans un temps très court deux projets plus ou moins aboutis en lien avec le thème proposé. Un mode de travail agile et rapide, en mode prototypage, qui est loin d’être la règle dans le secteur public.

Du côté des organisateurs le bilan est également positif. Nous aurions certes souhaité une participation plus nombreuse et surtout mieux répartie sur les quatre demi journées. Mais l’élan suscité par ce premier essai et les opportunités qui se sont présentées à la suite de ce GovJam nous encouragent à aller de l’avant. De nombreuses pistes d’améliorations ont d’ores et déjà été envisagées pour l’édition 2016.

Une édition qui bénéficiera une nouvelle fois du soutien de Madame la Chancelière d’Etat et qui devrait se tenir dans la cour de l’Hôtel de Ville. Rendez-vous donc au début juin de l’année prochaine pour un GovJam inspirant !


Les médias en ont parlé !


Les vidéos prises durant le GovJam





Bonus

 

La vidéo de lancement du GVA GovJam  😎


24ème Journée de rencontre de l’OT


L’économie collaborative

Economie collaborative


Jeudi 8 octobre 2015, 14h – 17h30
hepia, rue de la Prairie 4, Genève

Entrée libre et gratuite mais inscription souhaitée

Inscription


 

Uber, rbnb, BlaBlaCarKickstarter : les exemples médiatisés de l’économie collaborative sont légions. Grâce au numérique ces sociétés ont su replacer l’individu au cœur de l’action. Elles sont emblématiques d’une tendance forte, en rupture avec les modèles traditionnels. 

Mais cette nouvelle économie ne se réduit pas à des succès innovants. La consommation collaborative sous-jacente englobe des dynamiques et des pratiques pas forcément en lien avec le numérique, telles que la co-utilisation, la co-élaboration ou le troc.

Cette 24ème Journée de rencontre éclairera le sujet de manière large afin de nous aider à en comprendre les enjeux et à évaluer les opportunités pour notre région en général et pour notre administration en particulier.

Nous vous invitons donc à réserver la date du jeudi 8 octobre 2015 après-midi. Le programme détaillé vous parviendra au début septembre.

Nous espérons vous voir nombreuses et nombreux à cette occasion qui constituera également un moment d’échange et de convivialité.

M. Pierre Maudet, conseiller d’Etat en charge du Département de la sécurité et de l’économie nous fera l’honneur d’introduire cet événement.


Contact et organisation:
patrick.genoud@etat.ge.ch
christopher.larraz@etat.ge.ch

On a causé de villes intelligentes…

Ville intelligente


Smart city – la ville intelligente

 

A en croire certains, les capteurs, les réseaux et les algorithmes constituent la réponse aux défis qui attendent la ville de demain ! Mais est-ce bien cela la ville intelligente ? Au-delà du concept marketing que manque-t-il à cette smart city pour être désirable et durable  ?    

On parle beaucoup depuis quelques années de smart city, de ville intelligente ou connectée. Les IBM, Cisco et autres géants de l’informatique proposent une vision souvent techno-centrique de la ville de demain.

Pour beaucoup cependant le concept reste flou. Qu’entend-on par smart city ? De quelles technologies et de quelle intelligence parle-ton ? Existe-t-il des exemples inspirants à travers le monde ?

Causerie du 21 mai 2015

Photo Bruno Chanel

Avec Giovanna Di Marzo nous avons évoqué ces questions et ces enjeux lors de la Causerie du jeudi 21 mai à la Muse Genève.

 




Giovanna Di Marzo Serugendo

Giovanna Di Marzo Serugendo est la directrice de l’Institut de Science des Services Informationnels (ISS) de l’Université de Genève.
Elle s’intéresse à l’ingéniérie des systèmes et des services informationnels autonomes adaptatifs. Cela concerne notamment les objets connectés et leurs diverses applications telles que les bâtiment intelligents, les événements interactifs ou les smart cities.

En juin, décoiffons le service public !

Geneva GovJam 2015

#GVAGovJam15 

Du 9 au 11 juin – Cour de l’Hôtel de Ville

Think Services, sous l’impulsion du professeur Jean-Henry Morin de l’Institut de Science de Service Informationnel et des membres de l’Observatoire technologique, participera au Global GovJam 2015. Ces ‘sprints de l’innovation dans le secteur public’ sont lancés simultanément dans de très nombreux pays sur un thème que les participants ne découvrent qu’à la dernière minute. Ils constituent tout à la fois pour eux l’occasion de cultiver des relations hors de leur cadre de travail habituel, de tester des outils de créativité et d’échanger des idées nouvelles, tout en élaborant un projet concret s’inscrivant dans le thème donné. Ici pas de concours, pas de prix; seulement la satisfaction d’avoir réalisé ensemble l’ébauche (ou plus) d’un projet innovant et d’avoir enrichi les réflexions de la communauté internationale des participants.

Cour de l'Hôtel de VilleL’essai à petite échelle de l’année dernière autour du thème de la ‘Confiance’ a été un succès et nous a convaincu de passer cette année à la vitesse supérieure. Avec l’appui de Mme la Chancelière Anja Wyden Guelpa nous pourrons investir la cour de l’Hôtel de Ville du 9 juin à 15h au 11 juin à 15h à l’occasion du Global GovJam 2015. L’événement sera ouvert à tous, que vous soyez collaborateurs de l’administration genevoise, citoyens du canton ou simplement participant motivé, le tout de manière ‘organique’ et aussi peu contraignante que possible.

Avec cette instance genevoise du Global GovJam 2015, nous souhaitons avant tout :

  • illustrer la valeur ajoutée de démarches, de méthodes et d’outils innovants qui peuvent nous aider à imaginer les services publics de demain
  • décloisonner l’administration et l’ouvrir sur la cité en proposant un lieu de rencontre ‘vivant’ où collaborateurs de la fonction publique et citoyens peuvent échanger et créer ensemble…

…tout en montrant que cela peut être fun !

Service Box

Indications pratiques:

Comme nous n’allons pas “camper” 48 h et que nous avons tous des obligations professionnelles et privées, l’organisation générale se structure autour de 3 moments :

  • 9 juin, 15h – 21h : découverte du thème / séance d’idéation et planification
  • 10 juin, 9h – 19h : réalisation du projet retenu
  • 11 juin 9h – 15h : finalisation et soumission du résultat  (à 14h M Antoine Barde, président du Grand Conseil, conclura l’événement)

Cafés, croissants, bières, pizzas sont fournis sur place…

… vous apportez votre bonne humeur et votre créativité !

Accès libre, mais inscription souhaitée.

Inscription

Contact: global.govjam@thinkservices.ch ou patrick.genoud@etat.ge.ch (022 388 13 52)

On a causé de Bitcoin et de monnaies complémentaires…

Monnaies complémentaires

 


 

Bitcoin et monnaies complémentaires

 


 

Les Causeries du jeudi ont quitté la Muse le temps d’un événement spécial organisé avec la société suisse d’informatique. L’espace de coworking Voisins nous a accueilli pour y débattre du très médiatisé Bitcoin tout en élargissant la perspective aux différentes formes de monnaies complémentaires.  

Bitcoin est l’une de ces nouvelles monnaies qui vise à fournir un système monétaire capable de fonctionner sans la dépendance d’intermédiaires tels que les banques. Et au-delà de ses caractéristiques techniques, ses principes fondateurs nous interpellent et méritent que l’on s’y arrête le temps d’une Causerie.

Mais Bitcoin ne représente qu’une des très nombreuses monnaies complémentaires qui essaiment aujourd’hui sur la planète. Pourquoi toutes ces initiatives ? A quels enjeux répondent-elles ?

C’est à ces questions que la Causerie du 23 avril 2015 a répondu avec la participation de Jean-Michel Cornu, Alexis Roussel et Jean-Christophe Schwaab.

 


 


Jean-Michel Cornu 
est consultant international, directeur scientifique de la Fondation Internet Nouvelle Génération et Chief Visionary Officer du projet Imagination for People.


Alexis Roussel est juriste et entrepreneur. Il a présidé le Parti Pirate Suisse jusqu’en mars 2015. Il est un militant actif, ardent défenseur du numérique tout en pointant ses dérives.


Jean-Christophe Schwaab est conseiller national socialiste vaudois. Il est président romand de l’Association suisse des employés de banque.

 


 
 La Muse    

On a causé de l’Internet des objets…

Internet des objets

En permettant à des milliards d’objets d’échanger des informations et d’agir à la demande ou de manière autonome à l’échelle planétaire, l’Internet des Objets sera-t-il à l’origine de la prochaine révolution industrielle? Beaucoup d’entrepreneurs y croient, à l’image de Didier Hélal, co-fondateur de la société genevoise OrbiWise.

Les domaines explorés par OrbiWise sont aussi variés que l’agriculture de précision, les compteurs intelligents, le suivi de la qualité de l’eau, de la pollution sonore, de la collecte des déchets, ou la domotique. Lors de cette Causerie du 19 mars dernier, Didier Hélal nous a présenté ces perspectives prometteuses offertes par une technologie qui n’a réellement décollé que depuis peu. Il a  également abordé les enjeux liés à un Internet des objets qui n’a pas encore les réponses à toutes les questions que la société civile ne manquera pas de poser.

Didier Hélal a tout d’abord rappelé à la quinzaine de personnes présentes l’impact (en devenir) de l’Internet des Objets (IoT pour Internet of Things) sur le monde connecté. Que ce soit au niveau des individus, des métiers et des organisations, ou de la société en général, l’IoT permet de répondre aujourd’hui à des défis de santé, de sécurité, d’efficience, de productivité ou de développement durable pour ne citer que ceux-ci. La possibilité de connecter des capteurs, de remonter en temps réel et à très bas coût les données qu’ils collectent, et de piloter des objets permet d’imaginer des services dont la plupart sont encore à découvrir. Car l’ensemble de ces données et des informations correspondantes sont directement accessibles sur le cloud de manière simple et décloisonnée. En ce sens l’IoT vient en quelque sorte nourrir le big data

Mais pour pouvoir collecter ces données et les exploiter efficacement, encore faut-il disposer d’une infrastructure adéquate. Et c’est dans ce domaine que la société OrbiWise se positionne en déployant une infrastructure basée sur la technologie LoRa qui beaucoup moins coûteuse en énergie que le GSM habituellement utilisé lorsque aucun réseau WiFi n’est disponible. Les stations LoRa sont peu chères et leur portée dans les meilleures conditions avoisine les 30 km.

Pour valoriser ce type d’infrastructure et en illustrer les potentialités, OrbiWise explore de nouveaux usages qui n’étaient jusqu’ici pas possibles en raison du manque d’accès au WiFi ou à des sources d’énergie pour alimenter les capteurs. On est clairement ici dans des usages professionnels bien éloignés de la domotique ou du quantified-self que l’on évoque souvent en parlant d’IoT. Les principaux utilisateurs qui vont bénéficier de ce type d’infrastructure sont avant tout des organisations publiques ou privées et des professionnels. Didier Hélal l’a illustré à travers plusieurs exemples mis en oeuvre par OrbiWise pour démontrer la faisabilité et la valeur ajoutée des services élaborés sur leur infrastructure: 

  • Poubelles publiques intelligentes qui signalent lorsqu’elles sont pleines, permettant ainsi d’optimiser la collecte des déchets
  • Mesures météo en temps réel dans les vignes qui renseignent le viticulteur sur une météo micro-locale, lui permettant d’optimiser la culture de ses vignes et lui évitant de très nombreux déplacements
  • Mesures fréquentes et régulières du niveau de bruit dans la ville qui, conjuguées avec les mesures des stations lourdes actuelles, fournit des renseignements précieux aux urbanistes et aux ingénieurs de mobilité
  • Mesures de qualité sur le réseau de distribution d’eau qui permet de connaître son état en tout point et en temps réel à des coûts très faibles

Et de tels exemples peuvent être multipliés bien au-delà de ce que nous pouvons imaginer aujourd’hui. Les capteurs et les services associés permettront à terme d’obtenir en temps réel une image du territoire qui s’inscrit tout à fait dans la vision de la smart city dont on parle tant actuellement. Ils amèneront notamment:

  • une visibilité fine des problèmes éventuels

  • des remontées d’alertes

  • des prévisions basées sur des mesures sectorielles présentes et passées et sur leur croisement avec celles d’autres domaines

  • etc…

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Photo Bruno Chanel

OrbiWise n’a pas vocation à développer les services évoqués par Didier Hélal. Si cette société le fait actuellement c’est parce qu’elle doit pouvoir mettre en avant la valeur ajoutée de tels services que trop peu d’acteurs développent actuellement. Mais c’est bien sur l’infrastructure qu’OrbiWise amène une plus-value et qu’elle entend se positionner sur le long-terme. Le défi sera alors de faire émerger un écosystème viable autour de cette infrastructure.

Les usages présentés enthousiasment les participants à la Causerie qui voient bien les potentialités offertes. Et au-delà des infrastructures ou des services, les discussions abordent très vite un élément essentiel lié à l’IoT: la donnée. Car les données remontées dans le cloud par les capteurs constituent la vraie mine d’or qui va permettre aux usages de voir le jour. On a ici quitté le domaine de l’IoT pour entrer dans celui du big data ! Et la discussion s’égare sur les besoins à venir de nouvelles compétences relatives à ce domaine telles que les data brokers ou les data scientists… Ces compétences nouvelles renvoient d’ailleurs à un aspect négatif de l’IoT qui est celui des postes de travail qui sont amenés à disparaître avec l’arrivée des services amenés par les objets connectés. Mais c’est là l’éternelle question de la modernité et des changements qu’elle induit dans la société.

Et on touche là aux questions beaucoup plus fondamentales, car sociétales, amenées par l’IoT. Car ce nombre toujours croissant d’objets connectés pose bien des questions aujourd’hui sans réponses définitives: « Pourquoi connecter l’ensemble de la société ? »« Se préoccupe-t-on suffisamment du respect de la sphère privée ? »« Se préoccupe-t-on suffisamment du respect de la sphère privée ? », « N’est-ce pas la voie ouverte à un monde gouverné par les algorithmes ? ». On a évoqué durant la Causerie certaines pistes dont chacune nécessiterait de nombreuses heures de discussion pour bien les cerner.

Tous les participants, et Didier Hélal en tête, admettent que tout cela mérite en tous cas une réflexion bien plus poussée que le peu qu’il y en a actuellement. On manque en effet d’esprit critique en ne se focalisant que sur les opportunités, certes extraordinaires, offertes par l’IoT.

Il faudrait pour le moins élaborer des recommandations destinées à cadrer les usages à venir et à en contrebalancer les effets pervers. Là-dessus tout le monde semblait d’accord dans l’assemblée. C’est sur le qui et le comment que les avis divergeaient. Est-ce le rôle des politiques qui pour la plupart sont dépassés par ce changement de paradigme? Est-ce celui des entreprises actives dans le domaine qui n’ont pas forcément une vision large sur la question? Faut-il mettre en place des structures indépendantes qui axent leurs réflexions sur les aspects éthiques et sociétaux ? Pas de réponse tranchée, si ce n’est pour admettre qu’il faut tendre à une meilleure maîtrise de ces systèmes complexes en mettant en place une gouvernance qui pour l’instant n’est qu’embryonnaire.


Didier Helal

Didier Hélal est développeur d’affaires chez OrbiWise.

Il a précédemment occupé diverses fonctions chez ST-Microelectronics arrivant au titre de directeur du développement opérationnel. Il est titulaire d’un doctorat en électronique appliquée à la radar-météorologie, et auteur de plusieurs brevets et communications scientifiques.

                                                                                                                                                                       .



On a causé de responsabilité numérique…

La responsabilité numérique

 

Les révélations sur le programme américain de surveillance globale marqueront probablement l’histoire comme étant un moment majeur de rupture de confiance vis-à-vis des outils et du monde numériques. Face à cette situation, certains ne voient qu’une réponse binaire possible: soit le «tout sécuritaire», soit le «laissons faire et advienne que pourra».  

Jean-Henry Morin, spécialiste international des politiques numériques et de la sécurité des systèmes d’information, est convaincu qu’entre la confiance aveugle et la paranoïa il existe une autre voie. Il pense que nous devons changer la manière dont nous envisageons la confiance dans le monde numérique aujourd’hui. A l’instar de la lame de fond de la société collaborative et des nouvelles formes de l’économique du partage, nous assistons à l’émergence d’une nouvelle forme de responsabilité participative, co-créée: une «responsabilité numérique». Il propose, dans un livre paru l’année dernière, une analyse critique des dispositifs de régulation actuels et fournit une nouvelle solution pratique pour les individus, les entreprises et les institutions. C’est pour enrichir ses réflexions qu’il a animé la Causerie du 29 janvier dernier suivie par une vingtaine de personnes.

Cela fait aujourd’hui plus de 10 ans que Jean-Henry s’intéresse à la sécurité, à la gestion des risques et à la protection des données. C’est en étudiant les technologies de gestion des droits numériques (DRM) et en constatant combien elles étaient dévoyées par les lobbies du multimédia qu’il a compris qu’il fallait réformer complètement notre approche de la sécurité. Ce sont les travaux de Edward Felten en 2005 qui ont constitué l’événement déclencheur de ses recherches sur le sujet. La sécurité a toujours été par essence constituée de certitudes et de règles postulant par défaut une défiance vis-à-vis de l’utilisateur. Jean-Henry nous propose de renverser la règle et de poser l’exception comme postulat de base.

Car son premier constat est que la sécurité ne s’attaque pas, mais qu’elle se contourne. Ceci est notamment dû au fait que le facteur humain n’est la plupart du temps pas assez pris en compte. Deuxième constat: le principe de proportionnalité est trop souvent ignoré lors de la mise en œuvre de solutions de sécurité. Or qui dit ‘sécurité’ doit obligatoirement penser ‘arbitrage’ sous peine de voir les utilisateurs chercher des stratégies de contournement. Il prône ainsi une conception de la sécurité centrée utilisateur, en utilisant notamment des démarches de design thinking. Dans ce contexte, il faut notamment prendre correctement en compte la notion de désirabilité de la solution envisagée.

Cette introduction faite, Jean-Henry nous propose de discuter avec lui de trois points qui lui paraissent essentiels dans sa réflexion et sur lesquels il aimerait avoir notre point de vue:

  1. La rupture de confiance massive initiée par l’affaire Snowden en 2013. On ne peut plus nier aujourd’hui qu’il a un réel problème au niveau de la sécurité de nos données. Avant 2013 on s’en doutait; maintenant on le sait.
  2. Le déni de progrès qu’il constate de la part des poids lourds de l’Internet. Ces derniers affirment que la technologie ne peut pas répondre à des préoccupations légitimes de protection de la sphère privée. Or c’est faux !
  3. Le concept de ‘Too fat to change’ qui relève d’un cynisme économique crasse, ces poids lourds n’ayant aucune envie de changer les règles du jeu en raison des problèmes potentiels que cela pourrait avoir sur leur modèle d’affaire.

Jean-Henry MorinJean-Henry regrette le peu de cas que les gouvernements font d’une problématique dans laquelle ce sont des entreprises privées qui dictent un jeu dont la nature est profondément publique. Il voit cependant une lueur d’espoir dans le droit européen qui est en pleine mutation dans ce domaine avec la mise en place de la réforme européenne de la protection des données qui vise une réappropriation de nos données personnelles. Si les lois envisagées en terme de protection des données sont votées prochainement, Jean-Henry prédit 10 ans d’innovation intensive devant nous dans le domaine de la sécurité.

Il sera alors le moment de rendre la confiance aux utilisateurs en renversant l’hypothèse de non-confiance posées par la sécurité conventionnelle.

Le numérique peut également constituer un instrument facilitant une transparence qui permet un empowerment des individus (via un accès facilité à l’information et aux échanges qui peuvent en résulter à travers les médias sociaux ou les plateformes dédiées). Il permet ainsi de rétablir une certaine symétrie dans les relations en renforçant le conversationnel. La co-conformité dans ce contexte naît de la transparence et de cette confiance éclairée.

Jean-Henry introduit à ce stade la notion de co-conformité (co-compliance en anglais). Il s’agit pour lui d’une responsabilité collaborative favorisée par le numérique, permettant aussi bien l’élaboration conjointe de l’objet d’une décision ou d’une action que l’évaluation et le contrôle partagé du résultat.

     L’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite serait la liberté ?

 

En paraphrasant Rousseau, il introduit la notion de Responsabilité numérique qui devrait se caractériser par la prise en compte des points suivants:
  1. Conception centrée utilisateur
  2. Prise en compte de toutes les parties prenantes
  3. Proportionnalité des moyens mis en œuvre
  4. Prise en compte du facteur humain
  5. Ouverture et transparence
  6. Partage et collaboration
  7. Parcimonie et humilité de l’usage de l’instrument légal
  8. Appui sur des cadres de politiques publiques durables

Dans une optique de conception responsable des systèmes, Jean-Henry propose de partir sur une approche de type ‘Charte’ associée à un ‘label ouvert’ qui restent encore à élaborer. Dans son esprit Internet n’as pas besoin de policiers. Ce sont les utilisateurs qui peuvent efficacement jouer ce rôle-là.

Il mentionne à ce propos l’existence du groupe de travail Cloud Social Responsibility lancé au sein du think tank Think Services et qui vise à mettre en place un label ouvert facilement appropriable et permettant de qualifier la manière avec laquelle un service cloud respecte les droits (et notamment la sphère privée) de ses utilisateurs.

Causerie Responsabilité Numérique

Photo Bruno Chanel

La discussion qui s’engage autour de ces différents points est passionnante. L’approche proposée par Jean-Henry séduit les participants. Mais certains soulèvent un aspect qui devrait mieux ressortir dans son discours: celui d’une perspective globale centrée non seulement sur la personne, mais également sur le groupe ou la communauté, et sur la société et l’Etat. Car l’individu pris dans sa globalité a certes une importance cruciale dans l’approche; et il faut savoir prendre en compte correctement ses besoins et son point de vue. Mais d’autres aspects doivent être considérés dans des perspectives plus larges sur lesquelles on adresse des thématiques différentes, qui toutes ont leur importance. A ce propos, le point 4 ci-dessus (Prise en compte du facteur humain) devrait clairement être mis en avant.

On note également que les mots n’ont pas la même portée selon les cultures, spécialement dans un domaine tel que celui de la protection des données qui est lui-même différemment perçu selon les pays. Il faudra donc être attentif à la mise en perspective des concepts proposés. Jean-Henry est bien conscient de cette difficulté mais il souligne que les initiants de la licence Creative Commons ont été confrontés au même cas de figure et qu’ils ont su parfaitement surmonter l’obstacle.

Un tel label éthique fait manifestement du sens pour les participants; mais très vite se pose la question cruciale: ‘Comment faire envie pour que les parties prenantes y adhèrent ?’ Pas de réponse définitive à cette question. Mais quelqu’un évoque le parallèle avec le monde du logiciel libre qui a trouvé le moyen de promouvoir sa charte et son label via des licences copyleft. Cet aspect viral des licences libres devrait constituer une source d’inspiration dans ce label à imaginer autour de la responsabilité numérique.

Comme souvent lors des Causeries la discussion prend ensuite des chemins de traverse et nous amène à aborder des sujets connexes au thème de la soirée. On disserte notamment sur le droit des robots et des drones qui soulèvent des questions importantes dont il vaut mieux se préoccuper aujourd’hui avant que les entreprises privées ne nous forcent la main.


 

Jean-Henry Morin

Jean-Henry Morin est professeur associé en systèmes d’information et services informationnels à l’université de Genève. Membre de l’Institut de science des services, il est également président du laboratoire d’idées Think Services. Ses travaux de recherche portent notamment sur la gestion des droits et des politiques numériques, la sécurité des systèmes d’information, notamment dans des approches socialement responsables et durables, la conformité et la gouvernance des risques informationnels.



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