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Création de l’association Opendata.ch

17 janvier 2012 — Giorgio Pauletto

Une information et invitation au sujet de l’Open Data par la création d’une association Opendata.ch qui favorise ce mouvement en Suisse. Par ailleurs, une étude sera aussi lancée sur le thème des données publiques ouvertes qui permettra de mieux appréhender le sujet. Plus de détails ci-dessous.

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Nais­sance de l’association Opendata.ch le 19 jan­vier 2012 à Berne


http://opendata.ch/2012/01/vereinsgrundung-opendata-ch-am-19-januar-2012-in-bern/

Andreas Amsler et Antoine Logean

L’ouverture des don­nées en Suisse fait son che­min. 2012 sera en effet une année décisive dans l’établissement en Suisse du mou­ve­ment Open Govern­ment Data (OGD). Une étape import­ante sera fran­chie en ce début d’année par la créa­tion de l’association opendata.ch.

Initié en juin 2012 par /ch/open (Swiss Open Sys­tems User Group ) et la Société Suisse d’Informatique (SI), le groupe de tra­vail opendata.ch s’est donné comme objec­tif de pro­mou­voir l’ouverture des don­nées publi­ques en Suisse. Pour ce faire, il a lancé en juin 2011 aux Archi­ves Fédé­ra­les de Berne la pre­mière con­fé­rence annu­elle sur l’Open Govern­ment Data en Suisse ainsi que 3 mois plus tard le pre­mier cam­pus (hacka­thon) make.opendata.ch. Une autre part import­ante de son tra­vail con­siste à mettre à dis­po­si­tion ses com­pé­ten­ces et offrir une aide directe au Groupe Par­le­men­taire pour une Infor­ma­ti­que Dura­ble dans les diver­ses actions poli­ti­ques (pos­tu­lats et moti­ons) lan­cées au niveau fédé­ral visant à une plus grande ouver­ture des don­nées publi­ques. Par­al­lè­le­ment à ce tra­vail, par le biais du site inter­net opendata.ch et d’une liste de dif­fu­sion, le groupe de tra­vail opendata.ch a pour objec­tif d’informer et de fédé­rer la com­mu­n­auté sur les diver­ses activi­tés liées à l’Opendata en Suisse.

Créa­tion de l’association Opendata.ch

Avec la mon­tée en puis­sance du mou­ve­ment, l’organisation infor­melle du groupe de tra­vail ne suf­fit plus. Par con­sé­quent, dans un souci de con­ti­nuité, afin d’offrir vers l’exterieur une entité claire où les rôles, les respons­a­bi­li­tés, les tâches et leur finan­ce­ment sont défi­nis de manière trans­pa­rente, le groupe de tra­vail a décidé de fon­der l’association “opendata.ch”, dont la nais­sance sera officialisée:


le jeudi, 19 jan­vier 2012 de 17h15 à 19h00
à la Haute école spé­cia­lisée ber­noise, Hal­ler­strasse 10, Berne
(voir plan de situa­tion)

L’ordre du jour sera le suivant:

  • Mes­sage de bienvenue
  • Pré­sen­ta­tion et adop­tion des statuts
  • Mon­t­ants des coti­sa­ti­ons pour 2012 et 2013
  • Élec­tion du comité. Les mem­bres sui­vant du groupe de tra­vail opendata.ch se port­ent can­di­dats: Andreas Ams­ler, Han­nes Gas­sert, André Gol­liez, Chris­tian Laux, Antoine Logean, Gior­gio Pau­letto, Barnaby Skin­ner, Mat­thias Stürmer
  • Bud­get 2012
  • Infor­ma­ti­ons sur les activi­tés et événe­ments pré­vus en 2012
  • Divers

Etude Open Govern­ment Data en Suisse

Préalable­ment à la céré­mo­nie de fon­da­tion, se dérou­lera de 17h15 à 18h15 une séance d’information sur l’Etude Open Govern­ment Data en Suisse, étude réa­lisée par la Haute école spé­cia­lisée ber­noise en col­la­bo­ra­tion avec la société ito­pia ag (Zürich) et divers autres par­ten­ai­res. Cet tra­vail de recher­che financé par la fon­da­tion Gebert Rüf a débuté au mois de Novem­bre 2011 et se ter­mi­nera en juin 2012.

Inscri­vez vous dès main­ten­ant par cour­rier élec­tro­ni­que (info@opendata.ch) à la céré­mo­nie de fon­da­tion et n’hésitez pas a nous deman­der plus d’information sur l’Etude Open Govern­ment Data en Suisse.

Journée de la 3D à Genève

Avec le SITG, le canton de Genève a la chance de disposer d’un système d’information géographique performant qui, en plus de 400 couches accessibles via un guichet 2D, est également riche des données 3D des bâtiments du canton (accessibles via un guichet 3D dédié). Les usages et les technologies permettant la valorisation des ces données 3D n’en sont qu’à leurs débuts mais témoignent déjà d’une vitalité impressionnante.

Pour prendre la mesure de cette dynamique, Claudine Métral et Alain Dubois (Université de Genève) ainsi que Laurent Niggeler (géomètre cantonal) ont organisé hier leur première Journée de la 3D dont les objectifs étaient de mettre à jour nos connaissances dans le domaine de la 3D, de découvrir les innovations actuelles dans ce domaine et d’en appréhender les tendances et les développements futurs. Dans cette optique, la centaine de participants a pu suivre une dizaine de présentations ainsi que la table ronde proposées par les organisateurs.

La journée a été introduite par Michèle Künzler, magistrate en charge du Département de l’Intérieur et de la Mobilité du canton de Genève qui a souligné la nécessité de considérer l’information que crée et gère l’administration comme une ressource stratégique. Le SITG est de ce point de vue emblématique. D’une part en raison de sa richesse et de son utilité déjà démontrée en interne de l’administration, mais aussi et surtout parce qu’il constitue selon elle un formidable outil d’aide à la décision et de démocratie participative que nous devons encore apprivoiser. Et parce qu’elle « parle » très directement à la population, la 3D a un rôle important à jouer, que l’on pense à des domaines comme  l’urbanisation ou la mobilité. En évoquant la participation citoyenne, Michèle Künzler insiste sur le fait que les services que l’on peut apporter aux citoyens, grâce notamment aux données du SITG, doivent être co-construits avec eux: « on ne peut plus arriver vers le citoyen en lui proposant un produit fini ! »

Parmi les interventions de la journée, quelques unes ont particulièrement retenu mon attention. Pascal Peyronnet et Nicolas Paparoditis ont ainsi présenté le projet de recherche Terra Numerica qui s’est notamment attelé à la modélisation 3D de la ville de Paris. L’objectif est de travailler d’une part sur les technologies qui facilitent la modélisation 3D et l’accès à ces données. Mais dans le même temps les acteurs du projet explorent la multiplicité des usages liés aux données 3D. Les premiers résultats sont impressionnants, tant du point de vue des technologies d’acquisition développées que par les données ainsi collectées (maquette 3D texturée de Paris intramuros ou modélisation haute résolution de la rue Soufflot). Terra Numerica a ouvert la voie à 4 autres projets qui vont explorer des problématiques spécifiques:

  1. Terra Magna qui met en place une plate-forme SIG 3D dont le but est de fédérer et gérer un ensemble de données géographiques et qui soit dotée d’outils et de services web permettant à la fois d’enrichir et mettre à jour ces données, mais aussi de les utiliser lors de nouvelles études;
  2. Serious Games qui vise à exploiter les données 3D de Terra Numerica pour entraîner les conducteurs de bus parisiens avec des dispositifs de réalité virtuelle;
  3. Terra Dynamica qui s’intéresse aux dynamiques urbaines (création d’une ville virtuelle réaliste « peuplée » d’habitants et de véhicules réalisant leurs activités habituelles mais aussi capables de réagir aux événements et de s’adapter aux évolutions de l’environnement de manière crédible);
  4. Terra Mobilita qui s’attaque aux problématiques d’accessibilité (physique) en milieu urbain.

Stephan Nebiker de l’Institut de géomatique et d’ingéniérie de la FHNW à Muttenz étudie pour sa part les nouveaux champs d’application de la 3D. Après une illustration des forces et faiblesses des différents modes d’acquisition de données 3D (géométrie 3D, modélisation urbaine issue d’images et modélisation urbaine issue de nuages de points), il a évoqué l’exploitation de nuages de points par des communautés plus larges que celles des professionnels de la géomatique. Cette tendance évoquée plus tard lors de la table ronde est matérialisée par le projet OpenWebGlobe lancé par la FHNW.

Modélisation 3D en nuage de points

Autre projet illustratif des potentialités de la 3D dans le domaine de l’aide à la décision, celui présenté par Yacine Benmansour du laboratoire [mip] de modélisation informatique du paysage de l’hepia à Genève. Les recherches menées par Olivier Donzé et Yacine Benmansour visent à construire des passerelles entre le monde des SIG et celui de la visualisation 3D. La présentation de deux études réalisées pour le Département de l’Intérieur et de la Mobilité (DIM) du canton de Genève a parfaitement illustré cette volonté: en utilisant les données 3D du SITG ainsi que des données de mobilité, le [mip] a simulé des foules en situation de mobilité intermodale (flux des transports publics, du trafic privé et des piétons). Dans le cadre d’un réaménagement du réseau de lignes de tram à Genève, ces simulations ont aidé les décideurs en leur simplifiant la lecture d’une masse d’information complexe et indigeste pour le commun des mortels.

Simulation de mobilité multimodale

Dans un tout autre registre, Christian Père et Jean-François Coulais ont présenté le projet Gunzo qui, grâce aux technologies de réalité augmentée, permet de visualiser et de redécouvrir la maquette numérique du site de l’abbaye de Cluny à travers des interfaces orientables. Se plonger dans l’histoire en redécouvrant grâce à la 3D l’évolution du site de Cluny à travers les âges, c’est également explorer la 4ème dimension, celle du temps. C’est donc un voyage dans la 4D qui nous a été proposé avec une illustration des nouveaux horizons que cela ouvre.

Des start-ups actives dans le domaine de la 3D ont également présenté leur savoir-faire. Je retiendrai la genevoise arxIT qui propose une gamme d’applications pour téléphones mobiles (telle que Ge-Tag)  s’adaptant au profil et aux besoins de chaque utilisateur en s’appuyant sur un moteur de confiance maison. Ainsi que la société bretonne Newscape Technology qui travaille sur l’amélioration des performances d’affichage de jeux de données 3D sur smartphones avec des résultats impressionnants.

La journée s’est conclue avec une table ronde animée par Michel Kasser de l’ENSG et consacrée à l’avenir de la 3D. On y a notamment évoqué des préoccupations autour des  notions d’ouverture, d’interopérabilité et d’archivage numérique. Au niveau des usages, on a mentionné la probable montée en puissance de la 3D comme outil d’aide à la décision, de modélisation ou de réhabilitation de sites. Michel Kasser a insisté sur la nécessité de savoir remettre les outils et les données 3D entre les mains des utilisateurs comme sait très bien le faire Google: les professionnels des SIG et de la 3D en demandent peut-être trop au détriment de l’utilisabilité et de l’appropriation de ces technologies. Dans tous les cas, le monde de la 3D aura du pain sur la planche ces prochaines années et une édition 2012 de cette journée genevoise de la 3D est d’ores et déjà attendue avec impatience. Un grand merci à Claudine, Alain et Laurent pour leur initiative!