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Symposium eGouvernement à Berne

Mardi dernier se tenait à Berne le 5ème symposium national consacré a l’eGovernment. Une belle affluence pour cet évènement dont le thème central était cette année l’open government. C’est la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf qui a prononcé un discours d’ouverture très apprécié par la nombreuse assemblée. Mme Widmer-Schlumpf ne s’est d’ailleurs pas contenté d’introduire le symposium; elle a assisté à toutes les présentations de la matinée, un fait suffisamment rare pour être remarqué.

Les plénières du matin étaient ouvertes vers l’étranger avec notamment Sietze Dijkstra qui a exposé la vision selon IBM de la smart society de demain et l’importance de l’ouverture des données publiques dans ce contexte. Un présentation visionnaire et très bien amenée qui détonne avec celles que l’on découvre habituellement en Suisse dans les séminaires consacrés à la cyber-administration (décidément je n’aime pas ce mot!).

L’après-midi était consacré à des sessions spécialisées dont celle sur l’innovation économique à laquelle j’étais convié suite au document « Ouverture des données publiques: une opportunité pour Genève » que j’avais publié en début d’année. J’ai présenté (voir ci-dessous) à cette occasion ma perception de l’ouverture des données publiques en mettant en avant d’une part les opportunités qu’offre notre système d’information du territoire (le SITG) dans ce domaine. Et en insistant surtout sur la nécessaire dynamique à mettre en œuvre avec tous les acteurs concernés si l’on désire atteindre les objectifs escomptés en ouvrant nos données.

J’ai pu noter le dynamisme de la ville de Zürich qui a présenté eZürich, sa nouvelle «plateforme d’idées pour visionnaires, pour les enthousiastes et pour les entrepreneurs du numérique». Andreas Németh a exposé la démarche d’ouverture des données publiques de la ville qui a déjà mis en place un prototype de portail d’accès à certaines données ainsi que les outils de visualisation de certains jeux de données statistiques. Et tout cela uniquement avec les services mis à disposition par Google, dont Google public data explorer! Et tout ceci dans une perspective (très) large de compétition avec Vienne pour déterminer quelle est la ville la plus attrayante de la planète. Car Andreas Németh est convaincu (comme moi d’ailleurs) que la compétitivité de sa ville passe également par l’open data qui constitue un facteur d’innovation incontournable.

Cet argument a été repris lors de la table ronde finale par Edith Graf-Litscher, conseillère nationale et co-présidente du groupe parlementaire pour une informatique durable. Pour répondre aux questions relatives au retour sur investissement de l’open data, Mme Graf-Litscher a insisté sur la nécessité de considérer l’ouverture des données publiques comme une démarche d’innovation: « On ne cherche pas à calculer le retour sur investissement d’une démarche d’innovation avant de la lancer ! ».

Lors de cette même table ronde, Hans-Peter Thur, préposé fédéral à la protection des données et à la transparence, a rappelé que la transparence constitue dans bien des cas une motivation forte qui pousse les collectivités publiques à ouvrir leurs données. Mais il a rappelé dans le même temps la nécessité de toujours correctement intégrer les aspects liés à la protection des données et au respect de la sphère privée.

Deux points sont particulièrement ressortis des discussions lors de cette session consacrée à l’innovation économique. Le premier est la nécessité de collaborer avec tous les acteurs concernés par l’ouverture des données publiques: fournisseurs publics et privés, citoyens, entreprises, associations, monde académique et collectivités publiques. Le second concerne le rôle central que devrait jouer la confédération dans ce domaine: que ce soit au niveau juridique ou technique, mais surtout en étant le catalyseur d’une dynamique nationale de l’open data.

Au final ce 5ème symposium a été plus intéressant que prévu et on se réjouit déjà de la première édition d’un symposium romand le 3 mai prochain à Lausanne ainsi que de la 6ème édition nationale agendée au 13 novembre 2012 à Berne. J’espère que lors de la rencontre de Lausanne nous aurons l’occasion de voir dans la salle de nombreux politiciens réellement intéressés par ces thématiques importantes pour l’avenir de notre pays et de notre région.

En marge de ce symposium, mon intervention a la RSR dans l’émission Les Temps Modernes : « Cyberadministration: la Suisse est en retard».