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On a causé de révolution digitale…

 

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Est-il possible de s’approprier le futur
en le vivant…démocratiquement ?

 

« How to survive the digital revolution »   

 


L’évolution galopante des technologies de l’information et de la communication entraînent inéluctablement nos sociétés à affronter des défis fondamentaux. Elle offre dans le même temps des opportunités qui dépassent souvent les cadres traditionnels de développement.

Génératrice de progrès considérables, elle affecte nos sociétés dans leurs fondements de base (cultures, langues, traditions, etc) et amène plusieurs constats :

  • une augmentation du pouvoir de compagnies planétaires qui s’affranchissent des frontières des pays ; 

  • un problème lancinant, celui de la « digital equity »

  • l’absence quasi généralisée de code éthique ou de code de conduite ; 

  • le manque d’éducation de nombreuses couches de la population aussi bien dans les pays dits développés que dans ceux en développement; 

  • une vulnérabilité croissante des sociétés face à l’impact grandissant de ces technologies sur la grande majorité des activités humaines ;

  • une prise de conscience très relative de la part des décideurs et des milieux politiques face à cette situation.

Que proposer alors? Comment dans ce contexte, responsabiliser les citoyens ? 

Ce sont ces questions que nous avons débattues avec Dirk Helbing lors de la Causerie du 24 novembre dernier, un événement organisé par la Société suisse d’informatique et les Causeries du jeudi. 

 


Dirk Helbing

Dirk Helbing est sociologue et informaticien. Il enseigne à l’ETH. Auteur de nombreux travaux et projets et recherches, il a récemment développé « Planetary Nervous System as a citizen Web».

Expert mondialement reconnu, il aborde les défis du XXIe siècle de manière créative, innovante et citoyenne.

 

 

 


Quelques références :


 

  

  

 

Quelles sont les nouvelles stratégies digitales des gouvernements?

Voici un bref tour d’horizon sur la publication des stratégies digitales de grands pays. Avec une vision globale novatrice, le Royaume Uni lance un message intéressant en annonçant le “digital par défaut” pour ses services. Il y a quelques mois les États-Unis ont aussi présenté leur vue sur le sujet en mettant l’accent sur le gouvernement comme une “plateforme”. La France prépare, quant à elle, un document pour le début 2013.

Voyons cela plus en détail.

 

 

Royaume Uni

La stratégie digitale britannique (dévoilée en novembre 2012) définit la façon dont le gouvernement va redessiner ses services numériques pour les rendre aussi simples et pratiques dans le but que tous ceux qui peuvent les utiliser préfèrent le faire. Cette stratégie s’engage à ce que les services numériques deviennent le premier canal de communication et de transaction avec le secteur public. Elle a été développée en collaboration avec l’ensemble du gouvernement dans le cadre du plan de réforme de la fonction publique et sera suivie par des stratégies ministérielles numériques.

La stratégie décrit également que la prestation de services numériques se traduira par des économies de £ 1,7 à £ 1,8 milliards chaque année. Le gouvernement s’engage pour un ensemble d’actions comme par exemple d’assurer qu’un leader digital est présent dans les structures de chaque département, que la consultation du public soit effectuée par les outils comme les réseaux sociaux, ou encore que les barrières légales et réglementaires non nécessaires seront levées lorsqu’elles empêchent le développement de services en ligne directs et facilement utilisables.

Début octobre, un autre élément très controversé a été avancé, le gouvernement britannique envisagerait de pouvoir utiliser les identités digitales externes de Facebook, des banques ou des téléphones portables comme identifiant pour les services publics en ligne. A travers une initiative appellée “Identity Assurance”, le gouvernement vise ainsi à rendre plus simple et accessible les accès aux systèmes et aux transactions en ligne.

Pour plus de détail consulter le UK cabinet office “Government Digital Strategy”  et l’article de ComputerWorldUK “Facebook ID will give access to gov.uk websites”.

Etats Unis

La stratégie du gouvernement digital américain (publiée fin mai 2012) porte en sous-titre son programme “Construire une plateforme du 21e siècle pour mieux servir le peuple américain”. Celle-ci est articulée autour de 3 axes principaux: (1) Permettre au peuple américain et à une main-d’œuvre toujours plus mobile d’accéder à une information et des services digitaux du gouvernement de haute qualité ceci n’importe où, n’importe quand et sur n’importe quel appareil; (2) S’assurer que le gouvernement s’adapte à ce nouveau monde digital, en saisissant l’occasion de se procurer et de gérer des périphériques, des applications et des données de façon intelligente, sûre et abordable; (3) Libérer le potentiel des données du gouvernement pour stimuler l’innovation dans le pays et d’améliorer la qualité des services pour le peuple américain.

Les informations complètes sont disponibles sur le site de la Maison Blanche “Digital Government”.

France

En France, la stratégie numérique, en cours d’élaboration, part du constat que le numérique est le moteur de changement profonds aussi bien dans la vie quotidienne des citoyens que pour la modernisation de l’État et la compétitivité et l’innovation des entreprises. Cette stratégie doit permettre à tous d’accéder aux possibilités offertes par les technologies numériques, tout en prenant en compte les enjeux de respect de la vie privée et de liberté d’expression. Plusieurs projets fédérateurs comme: la couverture intégrale du territoire en très haut débit; la cybersécurité, la souveraineté, la sécurité et l’indépendance dans ce domaine; l’attractivité internationale au travers de la mise en chantier d’un grand quartier numérique à Paris ou dans sa proche banlieue. Cette stratégie sera présentée par le Premier ministre en février 2013, à l’occasion d’un séminaire gouvernemental dédié au numérique ce qui est un symbole fort du soutien politique.

Voir la source de ces informations sur le site du Gouvernement français “Numérique : présentation de la feuille de route en février 2013”.

Par ailleurs, l’analyste Gartner Andrea DiMaio a commenté les publications aussi bien du Royaume Uni que d’autres pays sur son blog voir par exemple http://blogs.gartner.com/andrea_dimaio/2012/11/09/digital-by-default-but-not-smart-enough-hits-and-misses-of-the-uk-government-digital-strategy/.

On a causé de monnaies numériques…

Une vingtaine de personnes étaient présentes jeudi 24 mai pour assister à cette sixième causerie organisée à la Muse et consacrée aux monnaies numériques. Pour la première fois nous n’avions pas proposé directement le thème de la causerie. C’est en effet une discussion amorcée à la suite de celle consacrée à l’économie du libre qui a amené Jean-Pierre Rupp à lancer le sujet de la soirée.

Avis aux amateurs: nous sommes toujours preneurs de sujets intéressants pour nos causeries!

La majorité des participants sont venus par simple curiosité, pour découvrir quelles idées et quelles réalités peuvent bien se cacher derrière ces monnaies numériques.

C’est donc Jean-Pierre Rupp, consultant Bitcoin, qui anime la causerie en commençant par rappeler les caractéristiques fondamentales d’une monnaie (rareté, uniformité, divisibilité, durabilité et transmissibilité) avant d’introduire Bitcoin, la monnaie numérique illustrative du thème de la soirée. Bitcoin se propose de reproduire dans le monde digital ces propriétés qui ont fait de l’or une monnaie universelle.

Après un discours souvent technique et pas toujours aisément compréhensible pour décrire les mécanismes mis en place autour de Bitcoin, on en arrive aux questions essentielles qui ont enflammé cette causerie comme jamais cela n’avait été le cas auparavant. Car lorsque l’on parle de monnaie et d’argent, on est au cœur de notre quotidien et des choix de société qui le guident…

Et des choix, les initiateurs de Bitcoin en ont fait des radicaux en se reposant sur une architecture non centralisée, non contrôlée et non contrôlable (sauf à couper l’Internet). De cette façon Bitcoin ne dépend pas de la confiance envers un tiers particulier, mais plutôt envers la robustesse des procédés cryptographiques employés. Je ne vais pas revenir ici sur les caractéristiques de Bitcoin, Wikipedia les résumant bien mieux que moi.

Jean-Pierre Rupp a surtout insisté sur les principes qui ont guidé la communauté Bitcoin: liberté, anonymat et respect de la sphère privée ! Une communauté que Jean-Pierre qualifie volontiers de cypher anarchists !

La question de l’anonymat soulève bien des controverses dans l’assemblée.  Mais Jean-Pierre Rupp nous rappelle que Bitcoin se veut une monnaie universelle et que la réalité de notre pays biaise notre regard sur cette notion d’anonymat. Si nous étions iranien ou vénézuélien pour reprendre les exemples donnés, nous verrions les choses d’un autre œil. Dans ces pays l’anonymat peut en effet constituer une qualité précieuse, voire vitale.

Et lorsqu’on évoque l’anonymat, se pose également la question de la confiance à accorder à Bitcoin. Jean-Pierre aborde le sujet de manière très concrète en signalant qu’on a déjà assisté à des vols de Bitcoins (les voleurs ont manifestement confiance dans la valeur de cette monnaie). Et la (bonne) réponse apportée par les sites d’échange qui ont subi le préjudice a renforcé la confiance dans le système.

Certains se sont ensuite étonnés de l’absence d’éthique de la démarche (alors qu’on aurait pu l’intégrer dans les gênes de Bitcoin). D’autres ont perçu cette monnaie numérique comme un système complexe et élitiste réservé aux geeks uniquement, avec une barrière d’entrée qui n’en fait pas une monnaie démocratique. D’autres enfin relèvent le bilan écologique négatif lié au mode de production des Bitcoins. Des questions et des remarques qui n’ont pas obtenu de réponses définitives lors de cette causerie mais qui ont dans tous les cas suscité des échanges passionnés.

Jean-Pierre Rupp a conclu cette causerie en prédisant avec conviction que « Bitcoin va changer le monde! ». Je ne sais pas s’il a raison, mais comme l’a relevé l’un des participants, Bitcoin a le mérite de démontrer à l’échelle de la planète qu’il est possible de lancer une monnaie (numérique) viable et qui offre une alternative aux schémas dans lesquels nous nous sommes enfermés…

Pour ceux qui veulent en savoir plus: