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Créativité et Design Thinking: le mode idéation

« Trouvez des bonnes idées! Soyez innovant! » Voilà des injonctions qu’on entend parfois et qui ne provoquent qu’un silence et un regard perdu de la part des interlocuteurs. Dans les articles sur le Design Thinking développés ici, on propose un regard moderne sur le processus de créativité et d’innovation. « La créativité c’est mettre votre imagination au travail et cela produit les résultats les plus extraordinaires de la culture humaine » nous dit Sir Ken Robinson. Arrêtons-nous un moment sur le mode d’idéation et voyons de plus près comment cela se passe.

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Qu’est-ce que le mode idéation

Dans le mode idéation, on se concentre sur la génération d’idées. Mentalement, c’est un moment de divergence, d’ouverture en termes de concepts et de résultats, c’est d’abord un feu d’artifice plutôt qu’une concentration. L’objectif de l’idéation est d’explorer un espace de solution large, de balayer le champ des possibles – à la fois en produisant une grande quantité d’idées et aussi en générant une diversité parmi ces idées. C’est à partir de ce vaste stock d’idées que l’on pourra ensuite construire des prototypes à tester avec les utilisateurs.

Pourquoi utiliser le mode idéation

Il s’agit de rechercher des idées pour faire une transition de la définition du problème vers l’exploration de solutions pour les utilisateurs. Diverses formes d’idéation peuvent se compléter pour:

  • Passer au-delà des solutions évidentes et donc accroître le potentiel d’innovation des solutions
  • Exploiter les différentes perspectives et les points forts du groupe
  • Découvrir des domaines inattendus dans l’exploration
  • Créer de la fluidité (volume) et de la flexibilité (variété) dans les options nouvelles
  • Utiliser l’ingéniosité de l’intelligence collective du groupe

Peu importe la méthode utilisée, le principe fondamental de l’idéation est d’être conscient des moments où l’on génère des idées (sans jugement) et des moments où l’on évalue les idées (sélection). Il est important de bien séparer les deux.

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Brainstorming

Le brainstorming est un excellent moyen de trouver un grand nombre de idées que l’on ne pourrait pas générer en s’asseyant seul avec un stylo et du papier ou en faisant un simple tour de table. Bien qu’ancien et souvent mal utilisé, il s’agit d’un moyen utile et puissant s’il est bien mis en oeuvre. Voyons comment faire.

L’objectif du brainstorming est d’exploiter la réflexion collective du groupe, en s’écoutant et en s’appuyant sur les idées des autres. Le brainstorming peut être utilisé tout au long d’un processus de conception; bien sûr pour trouver des solutions de conception, mais aussi à chaque fois qu’il est utile trouver des idées.

Il s’agit de définir un intervalle de temps où le groupe sera en mode créatif et où le seul
but sera de venir avec autant d’idées que possible. Le jugement de ces idées n’interviendra que plus tard. L’énergie sera donc concentrée dans une courte période de 15 ou 30 minutes où chacun contribuera. Un autre point essentiel est la définition claire et générative de la question. On se reportera à l’article sur le mode définition et les questions “Comment pourrions-nous …?” pour cadrer le problème.

Il faut bien entendu s’assurer de capturer les idées produites, soit par une personne dédiée, soit directement par chaque participant. Chacune idée sera notée chacune sur un post-it par exemple (ce qui permet ensuite de regrouper et déplacer les idées) de façon claire, visuelle et visible pour l’ensemble du groupe. Un appareil photo et un application de reconnaissance de Post-Its sont également bienvenus pour documenter les résultats.

Dans la pratique, si le groupe ne se connaît pas, il est utile de commencer par un exercice de chauffe, afin de briser les première inhibitions et de briser la glace. Un autre conseil consiste à commencer en silence et individuellement à noter ses idées pendant 2 ou 3 minutes. Ceci permet de ne pas avoir une empreinte trop forte de la première personne qui prendra la parole et de creuser plusieurs différents points de vues.

L’animation se doit de respecter et de rappeler avec bienveillance les règles suivantes.ideobrainstorming

  1. Ne pas bloquer, ne pas juger
  2. Encourager les idées folles
  3. Construire sur les idées des autres
  4. Rester concentré sur le sujet
  5. Une conversation à la fois
  6. Être visuel
  7. Privilégier la quantité

Elles sont par exemple souvent affichées dans les salles de créativité d’entreprises comme IDEO.

L’espace est aussi important dans ce contexte et il faut prévoir une place suffisamment grande pour afficher les résultats. Une feuille A4 ne fera pas l’affaire! Il vaut mieux utiliser un mur ou une baie vitrée. De plus les participants seront alors debout et plus dynamisés.

En tant que facilitateur, il est aussi très utile de relancer le groupe lorsque l’énergie baisse, par exemple en offrant quelques proposition saugrenues ou en recadrant différemment le questionnement “Comment ferait un enfant de 10 ans?”, “Et si on n’avait pas d’électricité?”, “Et si Google devait le concevoir?”, etc.

Bien entendu ceci peut être complété par des approches comme les 6 chapeaux de Edward de Bono, la pensée latérale, ou encore d’autres techniques de créativité.

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Sélection

Il ne faut pas oublier une phase cruciale à la fin d’une séance d’idéation et de créativité. C’est le moment de convergence et de sélection. S’il était nécessaire d’ouvrir le champs des possibles, il est aussi indispensable de refermer l’exercice sur un plus petit nombre de possibilités.

Il est tentant de ne choisir que la “meilleure” idée mais cela est difficile et souvent trop réducteur. Il est plus opportun de garder un éventail d’idées différentes pour conserver l’étendue des solutions proposées tout en choisissant un plus petit ensemble.

Pour ce faire, on peut imaginer plusieurs manières.

Tout d’abord la plus simple est le vote. Il suffit de donner quelques “gommettes” que chaque participant appose sur les idées qu’il préfère (ou simplement lui demander de dessiner un point) et de trouver ainsi les idées les plus choisies.

On peut également choisir les idées selon des catégories contrastées:

  • l’idée qui a le plus de chance d’être réalisée, c’est souvent le choix le plus rationnel et efficient
  • l’idée la plus enthousiasmante, celle qui semble la plus originale et stimulante
  • l’idée préférée de tous, celle « chérie » par le groupe de façon globale qui émotionnellement « parle » au groupe.

Ou encore, pourquoi pas, on peut choisir les idées qui conduiront à des prototypes différents: un prototype physique, un autre numérique, une publicité / annonce fictive, ou une expérience utilisateur différente.

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Confiance créative

On confine souvent l’idée de créativité et d’innovation à une catégorie limitée de “personnes créatives”. Mais chacun d’entre nous est créatif, et c’est le message fort que nous rappellent Tom et David Kelley dans leur ouvrage récent “Creative Confidence” (2014). Les auteurs sont mondialement connus comme fondateurs de IDEO, une agence d’innovation par le design qui a travaillé avec les plus grands groupes, et comme professeurs à l’Université de Stanford. Je vous recommande la lecture de l’ouvrage qui est plein d’enseignements et d’histoires très révélatrices. Un autre ouvrage récent sur le sujet est celui de Tina Seelig “inGenius: A Crash Course on Creativity” (2014) dont j’ai pu aussi suivre le cours en ligne à Stanford.

Trouver de bonnes idées est souvent lié à connecter les choses entre elles, à effectuer un travail de synthèse. Et cela se travaille et ne vient que rarement d’un seul trait de génie. Il faut itérer plusieurs fois le processus pour que cela semble évident après un certain temps, que cela « fasse sens ».

En conclusion, la confiance créative fait partie de toute la démarche d’innovation par le Design Thinking. Elle n’est pas atteinte par la lecture, la réflexion ou les annonces. La meilleure façon de gagner de la confiance dans une capacité créative est de l’exercer par l’action, un pas à la fois, et de capitaliser par l’expérience toute une série de petits succès.

Comment innover grâce au Design Thinking

Le monde dans lequel évoluent aujourd’hui le secteur public et celui privé devient de plus en plus complexe et interconnecté. Les organisations vivent une réelle transformation sans précédent. Elles cherchent à innover pour mieux se réinventer et survivre et se tournent vers une méthode simple et éprouvée le Design Thinking.

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Les technologies numériques sont en train de transformer profondément les organisations. Ceci est un révélateur du besoin de repenser les solutions avec les usages aujourd’hui de façon innovante. Souvent, cela fait émerger des questions au delà de la technologie. Des approches classiques ne sont plus suffisantes.

Voyons comment faire.

Pour pouvoir se transformer et innover les administrations ou les entreprises à travers le monde utilisent des méthodes dites de Design Thinking. Depuis plusieurs années, ces méthodes sont issues des pratiques des designers, véritables créateurs et pratiquants très concrets de l’innovation. Citons, parmi de très nombreux exemples, la 27e Région en France, le MindLab au Danemark pour le secteur public, SAP, Apple ou d’autres encore pour le secteur privé et le service d’innovation de l’ITU pour les organisations internationales. Ces approches sont centrées sur les désirs profonds des usagers et proposent de les inclure très tôt dans le processus pour imaginer, et parfois aussi co-construire, des solutions utiles, réalisables et économiques.

Après avoir vécu dans mon cursus la vie trépidante de Stanford lors de mes études, j’y suis retourné plus récemment pour voir où les changements s’opèrent. Aujourd’hui, la d.school de Stanford (officiellement le Hasso Plattner Institute of Design) est un véritable centre et accélérateur pour les innovateurs. Après un longue gestation, la d.school a vu le jour récemment. Les étudiants et professeurs en ingénierie, médecine, des affaires, du droit, les sciences humaines, les sciences, l’éducation croisent leur chemin ici pour attaquer ensemble les problèmes complexes du monde.

Tim Brow, CEO de IDEO

En 2008, j’ai aussi eu le privilège de visiter IDEO, la maintenant très célèbre agence d’innovation par le design de Palo Alto. D’après Tim Brown, président et CEO de IDEO, “Le design thinking est une approche d’innovation centrée sur l’être humain, qui utilise la boîte à outil du designer pour intégrer les besoins des gens, les possibilités de la technologie et les exigences du succès du business.”

Les étapes proposées par la d.school, bénéficiant de l’expérience concrète et du monde des affaires de IDEO et de la théorie de Stanford, offrent un processus simple et efficace pour l’innovation de produits et services. Ce même procédé est également largement utilisé pour l’innovation sociale et l’approche de problèmes complexes.

Design Thinking Process

Voyons cela plus en détail.

La méthode se présente en 5 grandes phases:

  1. La phase d’empathie permet d’observer et d’approcher la question dans le contexte de celui ou celle pour qui on résout le problème. Rien ne sert de partir sans avoir une compréhension plus large et plus profonde du contexte et des contraintes.
  2. La définition du problème se propose de décadrer le problème et de permettre de l’aborder parfois très différemment, une question bien posée étant souvent la source d’une solution efficace et élégante.
  3. La phase d’idéation offre la possibilité de penser de façon divergente, car avant de faire des choix, il est nécessaire de savoir créer un champ de possibles. Sans cela on court le risque de rater une idée brillante et intéressante en l’éliminant trop tôt.
  4. La phase de prototypage reste sans doute un aspect très essentiel. Que cela soit sous forme de dessin, de maquette, de jeu ou tout autre élément tangible, il permet la concrétisation de l’idée. C’est grâce au prototype qu’on revient à la réalité et que l’on peut corriger le tir avant que les coûts ne soient trop importants.
  5. La phase de test confronte la ou les solutions aux usagers pour mieux comprendre leur réaction et leur appropriation. Les phases sont itératives et agiles, le but en innovation étant d’apprendre vite et de s’orienter vers les solutions valables.

Il s’agit bien entendu d’un processus itératif à plusieurs niveaux. Ce sont l’ensemble de ces éléments qui constituent une démarche permettant de bâtir des solutions viables, désirables et pratiques que cela s’adresse aux services publics pour les citoyens ou aux entreprises pour leur clients.

Des ateliers de co-construction avec les usagers et les employés, des observations ethnographiques et sociologiques sont par exemple rarement intégrées en amont des projets. Les hypothèses faites sont bâties sur une demande directe des besoins aux usagers (ce qui en général est un exercice difficile) et / ou sur l’interprétation de ces besoins par des acteurs proches internes à l’organisation.

De même, les solutions proposées sont souvent considérées comme finales et ne permettent que peu de latitude d’adaptation, suite à des retours des personnes concernées sur leur utilité afin de pouvoir ajuster la solution pour atteindre l’impact voulu.

La génération et la sélection d’idées n’est pas non plus à laisser au hasard. Les bonnes idées ne sont souvent pas celle que l’on a, ni celles que l’on donne, mais ce sont celles que l’on suscite. Ensuite, la discussion et la sélection sont aussi importantes car elles permettent de revenir sur le terrain concret pour ébaucher et tester les idées envisagées.

En synthèse, sans vouloir être une panacée, le Design Thinking peut apporter une méthode simple et efficace. En ayant suivi le Design Thinking Action Lab offert par Stanford, j’ai pu aussi tester ce type d’approche que ce soit dans les hackathons Opendata.ch ou les expériences de design de services ménées précédemment, ce qui me conforte dans l’idée que ce processus, bien que simple en surface, à l’avantage de permettre de générer des solutions innovantes, valables et viables pour mieux résoudre les problèmes complexes de demain.

On a causé d’innovation…

Brainstorm

Ateliers participatifs, Bar Camps, Design Thinking, autant de formats de co-création qui ont su générer des idées nombreuses, variées, ambitieuses. Mais après le brainstorming et la mise en commun, que devient la production intellectuelle? La co-création, oui, et après? 

Passer du remue méninge au feu de l’action n’est pas une mince affaire. Les idées, il faut savoir s’en emparer, les triturer, les travailler pour les traduire en solutions réalisables. Mais si les outils et méthodes d’idéation en mode co-créatif sont nombreux, ce n’est pas le cas de ceux permettant de traduire ces idées dans des réalisations innovantes et viables. En compagnie de Marc-André Eggimann, un spécialiste de l’innovation en entreprise, la Causerie du jeudi 21 novembre dernier à la Muse Genève a permis d’échanger quelques pistes dans ce domaine.   

D’entrée, Marc-André nous rappelle que le sujet de la soirée n’est pas la phase de co-création, mais bien l’exploration et la mise en action de certaines des idées générées durant cette phase initiale. Et c’est au travers d’une série d’exemples vécus qu’il nous présente quelques prérequis nécessaires pour initier une démarche d’innovation dans de bonnes conditions. On retiendra notamment :

  1. des enjeux partagés et bien compris de toute l’équipe participant au projet;
  2. des attentes de résultats concrets associés à ces enjeux;
  3. un commanditaire impliqué dans le projet;
  4. un responsable du projet clairement identifié;
  5. et une équipe pouvant évoluer et entreprendre dans l’incertitude car dans ce domaine « on découvre en marchant ».

L’un des participants (ancien directeur du CERN) note que dans le monde scientifique c’est surtout le facteur « enjeu important et bien identifié » qui sert de moteur à la démarche d’innovation. Car ici on travaille dans l’énergie permanente et dans l’abondance des idées (ouvertes). C’est alors une communication importante et constante qui constitue le facteur clé de succès.

Rien n’est plus dangereux qu’une idée quand on n’en a qu’une ! 
                                                                                                                              
Paul Claudel
Lorsqu’il s’agit de gérer les idées issues du processus de co-création, Marc-André rappelle quelques erreurs à ne pas commettre, comme par exemple: 
  1. partir sur « LA » bonne idée (surtout lorsqu’elle émane du chef) ;
  2. chercher à sélectionner une seule idée parmi plusieurs dizaines ;
  3. espérer réaliser directement « LA » solution à partir de l’une des idées retenues ;
  4. jeter au panier les idées qui paraissent irréalistes (elles pourront se révéler très pertinentes dans un autre contexte) ;
  5. vouloir atteindre trop vite l’objectif final (mais au contraire procéder par itérations en avançant rapidement et sans viser une réalisation parfaite).

Et si il fallait retenir quelques bonnes pratiques, ce serait de :

  1. explorer plusieurs pistes simultanément ;
  2. inclure au maximum les parties prenantes de la solution le plus en amont possible dans la démarche ;
  3. concrétiser les pistes envisagées sous plusieurs formes ;
  4. savoir tirer parti des apprentissages ;
  5. ne pas oublier les métriques (les critères de performance) qui vont définir le succès de la solution innovante ;
  6. et toujours savoir piloter par la valeur (c’est à dire en gardant à l’esprit les enjeux escomptés).

 

 

Selon le regard, l’idée est tout ou elle n ’est rien.

                                                                                        Guy Aznar

 

Photo Laszlo Olivet (La Muse Genève)

Photo Laszlo Olivet (La Muse Genève)

 

Dans sa pratique quotidienne Marc-André s’appuie sur la méthode C-K développée par l’Ecole des Mines à Paris et qu’il utilise à satisfaction depuis de nombreuses années. Comme décrit dans la vidéo ci-dessoous, la méthode consiste à confronter les Concepts en lien avec le problème posé aux connaissances (Knowledge) relatives au territoire investigué. Des allers-retours entre ces deux domaines permettent d’enrichir et de préciser les concepts porteurs d’idées innovantes. Et plutôt que d’aller puiser dans une quantité d’idées non structurées pour en mener certaines à terme, la méthode vise à les regrouper au sein de champs d’explorations qui constituent autant de pistes potentielles à investiguer. Tout l’art consiste à trouver le bon équilibre entre la formulation d’idées trop précises ou trop vagues, tout en gardant le bon niveau d’abstraction. 

La méthode C-K a fait ses preuves et elle permet selon Marc-André de :

  1. systématiser la couverture des concepts relatifs au problème posé;
  2. favoriser la créativité en confrontant de manière itérative la réalité des connaissances et les idées que l’on retrouve derrière les concepts;
  3. présenter les champs d’explorations de manière structurée et lisible avec sur un axe des pistes les plus conceptuelles aux plus concrètes, et sur l’autre axe de celles qui sont le plus consensuelles à celles qui sont en rupture.

Une fois les pistes décrites et structurées, il ne reste plus qu’à choisir (de manière non- exclusive) celles que l’on va tester…

Les questions de l’assistance portent notamment sur la manière d’apprécier les pistes qui sont le plus porteuses de valeur. Selon Marc-André, c’est en se projetant dans les usages correspondants que l’on trouvera les réponses à cette question. Et l’on comprend dans ce contexte l’importance du prototypage et de l’itération qui permettent de coller au plus près des besoins et des attentes.

Cette Causerie nous aura proposé quelques pistes intéressantes pour se lancer dans des démarches d’innovation efficaces, même si l’on aura pu apprécier la complexité de la démarche. Marc-André Eggimann nous a bien fait comprendre que le chemin peut être long et semé d’embûches. Mais il est dans tous les cas à chaque fois passionnant !

 


Références:

  1. Introduction à la conception innovante – éléments théoriques et pratiques de la théorie C-K, M. Agogué et al, 2013
  2. Le manager explorateur, le management de projet par enjeux, un catalyseur d’innovation, F. Touvard, 2013
  3. Lean Startup, Eric Ries, 2012
  4. Les processus d’innovation, P. Le Masson et al, 2006
  5. La fabrique de l’innovation, E. Mock et G. Garel, 2012

 

Marc-André Eggimann est fondateur de la société Inneo et spécialiste de l’innovation.

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Innovation : « C-K c’est quoi ? » Présentation d’une nouvelle méthode de conception de produits   

L’émergence du co-citoyen

Co-citoyen fait référence à la fois au mot concitoyen, le compatriote, le citoyen d’une même nation, mais aussi à celui qui évoque la co-habitation, le co-travail, le co-voiturage, ou encore, la co-création, etc. C’est dans cette double compréhension que se situent ce nouveau mot, et les défis qui lui sont liés. Il exprime alors tous les désirs citoyens, mais également quelques unes de ses frustrations.

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Explications.

Internet avec son immense déploiement territorial et applicatif a apporté à chaque citoyen des moyens d’interagir avec son environnement inégalés jusqu’à présent. Qu’il s’agisse des ordinateurs, des portables, des tablettes ou téléphones dit «smart», tout nous amène à collaborer, à co-exister, à co-créer davantage. Cette réalité de l’action collective — on parle souvent même d’intelligence collective — nous amène à nous confronter avec le système en place, celui des institutions nationales. En effet, celle-ci nous paraissent lentes, lourdes et souvent décalées, dépassées voir désuètes. Bref, il existe d’une côté une accélération d’un certain monde en ébullition qui ouvre des champs du possible à l’intervention citoyenne et de l’autre des institutions, certes démocratiques, qui ont l’air de plus en plus jouer contre le citoyen. C’est pourquoi le citoyen ne se prive plus de mettre en doute la capacité du système, notamment politique, à résoudre les grands problèmes immédiats. Ce doute s’installe au moment même où le citoyen explore la co-création. Ce double mouvement nous conduit tout droit vers une rupture qui amène les institutions politiques à freiner et les actions citoyennes à foncer. C’est un peu comme les cartes topographiques fédérales officielles de Swisstopo face à Google Maps. Google a amené une utilisation si simple et si facile que cela a fait naître de nouveaux usages pour les citoyens. Par exemple, grâce à la géolocalisation et aux nouvelles possibilités d’utiliser le service en le combinant à un autre, ce qu’on appelle le « Mash-Up », il devient immédiatement possible de repérer des hôtels, des restaurants, des monuments touristiques, dans un rayon autour de soi avec son téléphone portable. Le citoyen vit tous les jours ce grand écart entre les institutions politiques et les développements privés qui sont nettement plus réactifs.

Des solutions doivent donc rapidement voir le jour, car cette situation va sans aucun doute s’empirer. Mais comment procéder?

En premier lieu, les pouvoirs publics, les administrations doivent lancer des expérimentations de co-citoyenneté afin d’acquérir non seulement un savoir-faire, mais surtout de créer des ponts entre ces deux mondes qui ne font que se distancer. On confond souvent ces démarches avec des échanges à l’intérieur de groupes sélectionnés, souvent des spécialistes consultés sous le contrôle étroit des administrations. Il s’agit bien au contraire ici, d’expérimentations qui pourraient prendre différentes formes, mais qui doivent toujours être conçues pour rendre le citoyen actif et créatif. Il ne s’agit pas de lui présenter ou même de l’informer d’un nouveau service ou d’une nouvelle application administrative «clé en main», mais bien de l’impliquer très tôt dans la démarche pour réaliser avec lui un projet. De nombreux exemples existent de par le monde (voir encadrés ci-joints), mais ce qui compte c’est de lancer localement des essais de co-citoyenneté ce qui n’est pas encore le cas. Pour ce faire, des ateliers de co-création comme les «World Cafés» sont très performants (voir encarté ci-joint sur l’expérience Rezolab ou des hackathons), mais on pourrait aussi imaginer des formes plus légères de participation (voir celui de «Santé cent deux» des Pharmacies Principales à Genève) ou encore des formes fondées sur les processus du design comme celles initiées par «La 27e Région» véritable laboratoire de transformation publique en France.

Dans tous les cas, il s’agit avant tout d’acquérir du savoir dans ce qui semble être un champ encore méconnu et nouveau pour les institutions démocratiques, de la présence de cette co-citoyenneté sur le territoire. Ce citoyen était jusqu’à présent normé dans et par les institutions alors que le co-citoyen sort de ce champ: il pense et agit hors du cadre. Il faut donc adapter les structures pour lui et ce n’est plus lui qui doit faire l’effort de s’y contraindre. Cet exercice va conduire les administrations vers une refonte en profondeur de ces structures et de ces services. C’est là le principal enjeu actuel: «faire du citoyen un co-citoyen».

Quelques exemples de processus co-citoyen:

1. REZOLAB: comment la co-création citoyenne prend concrètement forme

rezolab
REZOLAB est un réseau de citoyens de la métropole lémanique qui participent volontairement et activement à une sorte de laboratoire sociétal à grande échelle. En récoltant des idées sur le développement souhaitable du système métropolitain de santé, le réseau a dans un premier temps conduit une discussion collective (2012) pour identifier les préoccupations premières puis proposer des solutions originales et enfin en 2013, a poursuivi trois expériences ciblées afin de créer un processus d’acquisition de savoirs et de compétences collectives. «World Café», «On-Off» et «Co-Citoyen» sont autant de termes qui ont émergé lors de ce processus. REZOLAB s’inscrit définitivement dans le cycle de « co-création citoyenne » qui est l’expression contemporaine de ces nouvelles formes de participation active. Le site www.rezolab.ch vous en apprendra davantage… si vous êtes motivé.

«Santé Cent-deux», un projet REZOLAB et Pharmacie Principale

Le but de ce projet qui se présente sous la forme d’un concours, est d’expérimenter une nouvelle forme de prise en charge des problèmes de surpoids et de leurs conséquences. Il s’adresse à tout un chacun et favorise une approche éducative et ludique sur le sujet. Ce n’est pas une énième campagne de santé basée sur un sentiment de peur ou de culpabilité mais sur le désir et le plaisir d’agir. L’idée de fond met en avant la mesure du tour de taille à la place de l’approche traditionnelle du poids, ce qui facilite le changement «je me mesure sans devoir me peser… c’est moins lourd». Ce jeu de mot met en exergue une nouvelle manière de concevoir le problème du surpoids qui met l’accent sur le plaisir en prenant le contrôle de soi et écarte tout sentiment de culpabilité. C’est là le challenge de ce projet.

2. Les «Hackathons»: comment co-créer des applications

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Un hackathon est un évènement qui regroupe différents acteurs (programmeurs, designers, citoyens, entreprises, administrations, associations, etc.) pour co-produire des prototypes d’applications informatiques dans un intervalle de temps court (un jour à une semaine). Le mot-valise est issu de la contraction de deux vocables. D’une part, celui de «hacker» qui fait référence à une culture, celle des programmeurs virtuoses et expérimentés qui excellent à très rapidement mettre en œuvre des programmes avec leurs compétences pointues (et non le sens erroné avec lequel il est souvent confondu de pirate informatique ou « cracker »). Et d’autre part, le mot «marathon» qui indique l’intensité et le sens continu des efforts pour passer la ligne d’arrivée avec un prototype le plus abouti possible. Il s’agit donc bien d’une production pour les besoins citoyens par une communauté qui permet de faire émerger les possible et les créer ensemble. Il faut insister sur l’aspect concret de la chose: ce n’est pas une collection d’idées consignées dans un rapport, non, on cherche ici des données et on construit des applications immédiatement utiles à résoudre des questions concrètes qui se posent aux citoyens. Des exemples de hackathons en Suisse sont les évènements Make.Opendata.ch. Plusieurs différentes thématiques ont été explorées comme la mobilité, la santé ou les finances publiques et les résultats sont disponibles sur http://make.opendata.ch/?page_id=247

3. Le laboratoire d’innovation publique: comment les administrations co-construisent leur transformation

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Comment mettre en place une structure pour penser la réforme de l’Etat et les politiques publiques de demain? Voilà la question que se pose le service public français à son plus haut niveau avec la ministre en charge de la Réforme de l’Etat. Pour approcher le problème de façon nouvelle et ne pas succomber aux sirènes des conseils externes, une structure éphémère a été mise en place pour dessiner les contours du futur Laboratoire. Inspiré des exemples danois comme le MindLab (http://www.mind-lab.dk/en) ou français avec La 27e Région (http://www.la27eregion.fr), ces laboratoires sont affranchis des pressions quotidiennes usuelles et se mettent au service des administrations pour permettre d’être au plus près des attentes de usagers, de catalyser et d’expérimenter les idées innovantes, ainsi que de sensibiliser et de former les fonctionnaires à des approches issues du processus itératif du «design thinking». Ces approches innovantes visent à transformer l’action publique en profondeur en incluant l’idée de co-création avec les citoyens et les fonctionnaires.

4. La Fabrique Citoyenne: comment stimuler le co-citoyen sur son territoire

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Issue de réflexions pour construire de l’innovation sociale et citoyenne dans les territoires aussi bien urbains que ruraux, la Fabrique Citoyenne sort des concepts classiques attribués au rôle de consultant qui répond aux appels d’offres. Au contraire, il s’agit ici de mettre en place une structure qui initie, incube des projets innovants, des services pratiques qui sont portés et co-produits avec les citoyens. Cette structure est active dans des thèmes tels que «habiter autrement» pour répondre de façon innovante et durable à la crise du logement et aux questions du vieillissement de la population, «travailler autrement» qui soutient le développement d’espaces de co-working et d’incubation entrepreneuriale, «consommer autrement» pour favoriser les circuits-courts et la consommation collaborative et de l’économie de partage de ressources, «se déplacer autrement» afin de repenser et s’approprier les changement de modalités dans les transports.
Citons quelques exemples de fonctions expérimentales lancées. L’Atelier Fabuleux, tout d’abord, qui expérimente l’idée anglo-saxonne de FabLab, un lieu de prototypage d’objets par des imprimantes 3D et des machines-outils pour fabriquer et modifier rapidement des objets, se réapproprier le fonctionnement par les citoyens et en détourner les usages selon leur besoins. La Cantine Numérique propose des tiers-lieux et de co-working en offrant des espaces d’activités et d’échanges aux travailleurs isolés. Le Potager Apprenant, ajoute à la dimension de culture de la terre celui des échanges sociaux. Le Café Citoyen, offre un lieu de débat et d’échange citoyen qui permet de lancer des idées, de mobiliser des acteurs et d’initier des travaux. Plus d’informations sur cet article de a-brest et le site de sapie.coop.

Giorgio Pauletto, Observatoire technologique et Xavier Comtesse, Avenir Suisse
Adapté d’un texte paru comme article dans «Affaires Publiques»

Atelier Make.Opendata.ch: Quelles applications peut-on imaginer avec les données des finances publiques?

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Dans la sphère des données publiques, celles touchant aux finances publiques sont certainement parmi les plus intéressantes et aussi les plus sujettes à controverse (après tout on dit bien que l’argent est le nerf de la guerre!). L’édition du mois de mars 2013 de l’atelier Make.Opendata.ch a invité les participant(e)s à imaginer des applications sur la base de données des finances publiques sur les lieux modernes et agréables du Technoark de Sierre.

Prenons un premier exemple concret: le groupe du projet Partis Budgets s’est proposé de créer une application pour illustrer et se questionner sur le thème: comment pourrait-on visualiser l’influence qu’ont les compositions politiques des parlements cantonaux sur la répartition des grands agrégats des budgets publics?

En partant des données mises à disposition publiquement, des librairies de visualisation, notamment D3.js, et en mettant en œuvre leur compétence et ingéniosité, les membres de l’équipe ont pu rapidement prototyper une application permettant ce type de visualisation. A partir de cette première base, il devient possible de suivre en parallèle l’évolution de la composition du parlement et des finances budgétaires réparties dans les différentes grandes politiques publiques. Un premier constat est que, comme dans tous les projets quantitatifs appliqués, la très grande majorité du temps est passé à comprendre le contexte, trouver les bonnes données, les comprendre, les mettre en forme et les nettoyer avant de passer à un résultat visible et concret.

Plusieurs autres projets ont été initiés dans le domaine du tourisme et de l’énergie.

Citons, par exemple, le projet SLOTD Swiss Linked Open Tourism Data. L’originalité particulière de ce projet consiste à utiliser le concept de linked data pour les données du tourisme. Le linked data est véritablement la vision que Tim Berners-Lee, l’un des principaux inventeurs du World Wide Web, a articulée pour la prochaine étape du Web. Les données ne sont plus isolés dans des silos, mais reliées entre elles pour créer un réseau. Ici par exemple, les noms des lieux géographiques sont reliés par leur sémantique ce qui permet par un seul clic de traverser plusieurs couches d’informations (images du lieu, attraits touristiques, données sur les nuitées d’hôtels, etc.). C’est une première application qui tente d’arriver au niveau maximum (5 étoiles) défini par Berners-Lee au sujet des données ouvertes (voir le site http://5stardata.info/).

Les participants ont aussi pu profiter d’une présentation et d’un échange très stimulant et riche sur le thème de la protection des données personnelles et de la transparence avec la préposée du canton du Valais. Des réflexions sur les aspects légaux, les notions de droit d’auteur, ainsi que la protection de la sphère privée ont éclairé les participants.

De part sa nature, ce type d’évènement est toujours très intéressant, non seulement pour les rencontres d’idées, mais aussi pour le réseautage qu’il apporte. C’est une preuve que les projets sont avant tout des aventures humaines et qu’avec les compétences des personnes, l’autonomie offerte et un sens donné à la créativité, les idées de l’Opendata peuvent se transformer très vite en réalité.

NB: Les résultats ainsi que les présentations de participants de Sierre et de Berne sont disponibles et documentés sur http://make.opendata.ch/wiki/event:2013-03.

On a causé de créativité…

Causerie Créativité

« Qu’est-ce qui rend votre journée de travail ludique et créative ? » c’est avec cette question que Valérie Bauwens, ethnographe et fondatrice de Human Centricity, est venue interpeller les participants à la Causerie du 21 février consacrée aux processus créatifs. Le thème de la soirée a attiré plus de 25 personnes dont la plupart se sont tout à fait reconnues dans le discours de Valérie. La créativité est en effet une notion qui parle à chacun, ce qui a donné lieu à une Causerie particulièrement interactive.

Valérie nous a tout d’abord présenté l’étude ethnographique qui l’a amenée, avec sa collègue Laure Kloetzer, à accompagner dans leur quotidien un certain nombre d’artistes et d’entrepreneurs en série. Au travers des rencontres et des interviews ainsi menés Valérie a tenté de dégager les ingrédients de leur créativité.

Une évidence s’est très vite imposée: ces deux populations présentent des comportements similaires dans leur créativité. Partant de ce constat, Valérie en a tiré les éléments qui nourrissent le processus créatif. Elle en a identifié 4 qu’elle est venue partager avec nous: des ingrédients aux déclinaisons diverses et variées, et mélangés dans des proportions différentes. Mais tous participent au processus créatif, se nourrissant les uns les autres dans une spirale vertueuse.

Voici ces 4 ingrédients que je vous livre dans l’intitulé en anglais privilégié par Valérie:

Encounter

C’est la nécessaire rencontre avec les autres qui permettra de faire jaillir l’étincelle. C’est l’échange, la stimulation, l’émulation, voire la confrontation, qui nourrissent le processus créatif. C’est le plus évident des ingrédients que Valérie a identifié. Mais attention: l’étincelle ne jaillira que si l’on a su préparer le terrain favorable avec les trois autres ingrédients !

Resonating body

C’est la caisse de résonance qui saura réagir aux stimuli extérieurs et emmener le créatif là où il ne serait pas forcément allé. C’est la paire de lunettes qui lui permet de voir ce qui peut être invisible à d’autres. Ce sont notamment les connaissances diverses et variées ainsi que les multiples formes de sensibilité que nous avons accumulées au cours de notre vie.

Stamina

C’est l’endurance, l’énergie qui porte le créatif  et qui lui permet de remettre jour après jour l’ouvrage sur le métier, de rester constamment à l’écoute et de laisser les idées incuber sur la durée.  La création est un processus de longue haleine qui s’impose comme une nécessité permanente !

Space

C’est l’espace, considéré ici dans son acception la plus large: espace de liberté, de confiance ou de temps. C’est notamment la place accordée aux rituels qui permettent au créatif de se recentrer ou de prendre du recul. Si l’on ne sait pas se créer sa « bulle d’oxygène » il est impossible de faire émerger sa créativité.

Créativité

Les 4 ingrédients identifiés par Valérie ont constitué le point de départ d’échanges riches et variés qui nous ont emmenés à travers les ressentis et les expériences des uns et des autres. La plupart des participants se retrouvent parfaitement dans le canevas proposé et les exemples, remarques et suggestions ont fusé!

« La créativité n’est-ce pas se donner les moyens de transgresser ? » se demande l’une des participantes. Une autre nous invite à éviter des généralisations trop hâtives: les aspects culturels notamment sont très importants lorsqu’on évoque la créativité et peuvent questionner le modèle de Valérie. Quelqu’un rappelle également que dans le quotidien des artistes et des serial entrepreneurs, la créativité doit aller de paire avec la rigueur qui permet de prendre en compte les contraintes externes.

Un participant conclut en se demandant comment transformer le magnifique travail de Valérie en prérogatives managériales qui seraient directement actionnables. Valérie saisit la balle au bond en annonçant qu’elle aimerait poursuivre la conversation et invite les personnes intéressées à la contacter. N’hésitez donc pas !

Le mot de la fin revient à Geneviève Morand qui me fait remarquer que l’aventure des Causeries du jeudi se retrouve tout naturellement au cœur des 4 ingrédients de la créativité dont elle a su parfaitement se nourrir.

Références

Valérie est la co-auteur d’un livre à paraître bientôt: « Ethnographie du quotidien, Manuel pratique pour mieux connaître vos clients et vos employés » et dont le blog propose quelques références intéressantes.

Antoine Burret a mentionné durant la discussion la thérorie de l’immédiatisme de Hakim Bey ainsi que l’ouvrage The click moment de Frans Johansson.


Causerie du jeudi 21 février 2013

Les secrets de la créativité (Valérie Bauwens)


Les résultats de l’atelier Makeopendata de septembre sont là!

Make.opendata.ch 2012

 

Un nouvel atelier make.opendata.ch a eu lieu les 28 et 29 septembre à Genève et Bâle. Cela fait suite à d’autres évènements similaires organisés par l’association Opendata.ch. Pour cette 4ème édition développeurs, journalistes, graphistes et citoyens porteurs d’idées ont  imaginé pendant 2 jours comment réutiliser les données publiques disponibles dans un domaine qui nous concerne tous: la santé.

Les ateliers make.opendata.ch sont des évènements exploratoires permettant aux participants de produire des prototypes (application web, apps ou visualisations) pour expliciter ce qu’il est possible de réaliser avec les données publiques déjà disponibles. Ces évènements se voulant délibérément ouverts et participatifs, l’organisation est volontairement flexible et légère. Les résultats délivrés et l’expérience immersive d’un tel campus sont incomparables!

Il est aussi important de rappeler que les données de base utilisées sont publiques et ouvertes, qu’elles ne touchent pas la sécurité ou la sphère privée des individus. Les définitions sont facilement accessibles dans Wikipédia Données ouvertes ou Open Data.

L’ensemble des projets est accessible sur le site et la page ci-dessous propose un échantillon des réalisations les plus marquantes de ce que les personnes réunies pendant ces deux jours ont créé à Genève et à Bâle.

http://make.opendata.ch/doku.php?id=event:2012-09

Les photos, vidéos, codes sources et démos des résultats sont disponibles. N’hésitez pas à les réutiliser et à vous en inspirer!

Hackaton make.opendata.ch sur le thème de la mobilité

Make.opendata.ch Camp 2012

Une mobilité plus intelligente grâce à l’ouverture des données publiques?

Le 30 & 31 mars 2012, le deuxième campus Open Data de Suisse fera se rencontrer développeurs et créatifs autour du thème de la «mobilité». Make.opendata.ch est un atelier expérimental où durant 2 jours informaticiens, journalistes, designers et citoyens porteurs d’idées exploreront les potentialités offertes par le développement rapide de solutions nouvelles et innovantes à partir des données publiques sur le thème de la «mobilité».

Les résultats du hackathon sont maintenant disponibles sur le site make.opendata.ch.

Comment maîtriser au mieux les fluctuations du trafic tout en respectant l’environnement (densité des flux, consommation des ressources, nuisances sonores, émissions polluantes …) et la sécurité (accidents de la circulation) ? Comment concilier les besoins croissants de mobilité (mobilité douce, piétons, vélos, transports publics, transports individuels motorisés, stationnements,…) avec le maintien d’un habitat attractif et d’un environnement sain, afin de préserver, voire d’améliorer, nos conditions de vie ? Voilà le genre de problèmes auxquels les participants pourront s’atteler.

Le campus make.opendata.ch se déroulera de manière conjointe sur Genève (à la Haute école d’art et de design – Genève (HEAD) ) et Zurich (Falcone) du vendredi 9h au samedi 17h. Chacun de ces sites offrira un espace d’échange et de discussion ainsi que l’infrastructure nécessaire à l’expérimentation et à la visualisation de données.

Venez-nombreux essayer une nouvelle forme de participation dans ce hackaton!

La manifestation est organisé par Opendata.ch, l’initiative suisse Open Data rattachée à /ch/open (Swiss Open Systems User Group) et SI (L’association professionnelle et spécialisée de l’informatique en Suisse).

Les personnes intéressées peuvent s’inscrire dès maintenant sur le site make.opendata.ch. La participation est  gratuite et la restauration durant l’événement est offerte.


Contacts de l’association Opendata.ch
Antoine Logean, Communauté & Communication Suisse Romande
antoine.logean@opendata.ch, +41 079 351 84 82

Andreas Amsler, Community & Kommunikation Deutschschweiz
andreas.amsler@opendata.ch, +41 79 518 32 37

On a causé de science des services…

Après le ballon d’essai lancé en novembre 2011, les causeries du jeudi prenaient jeudi dernier leur rythme de croisière mensuel avec une soirée consacrée à la science des services et plus généralement aux changements profonds induits par le numérique et par le passage d’une économie des biens et des produits vers une économie des services.

C’est l’équipe du think tank Think Services qui illustrait le thème de la soirée avec quatre courtes présentations destinées à susciter la discussion. Michel Léonard (professeur, Université de Genève), Michael Mesfin (consultant indépendant), Jean-Henry Morin (professeur, Université de Genève) et Giorgio Pauletto (Observatoire technologique) ont tour à tour présenté les enjeux de la science des services, les valeurs et les missions que veut défendre Think Services, les groupes de travail (Think Groups) lancés ainsi que les outils testés.

Une vingtaine de personnes ont ainsi pu échanger autour d’un thème qui a semblé de prime abord très théorique mais qui, au fil des présentations et de la discussion, a démontré tous les impacts concrets qu’il peut avoir sur le quotidien de chacun, que l’on soit développeur de logiciels, bibliothécaire ou fiscaliste. Le changement de paradigme lié au numérique et dans lequel s’inscrit la science des services nous amène sur des terrains peu balisés. Mais même si l’on n’en comprend pas toujours toute la dynamique, on en revient souvent à relever la richesse constatée des approches de cocréation, de la pluridisciplinarité, de l’expérimentation et de l’itération pour ne citer que ces éléments là. Et pour faire écho à l’un des leitmotivs de la première causerie de novembre 2011, plusieurs ont relevé la nécessité de savoir sortir de notre cadre de pensée habituel.

Mais la question centrale qui revient alors est celle de la transformation des organisations, privées ou publiques, pour pouvoir faire face à ces nouveaux défis. Comment convaincre les dirigeants ? Comment changer la culture des organisations ? Par quoi commencer? C’est à ces questions qu’il faudra savoir répondre pour entrevoir des changements rapides. Et Think Services espère modestement apporter sa pierre à l’édifice.

Le tour de table final a révélé le fait que les attentes de nombreux participants s’inscrivaient pleinement dans la thématique de la soirée. Les membres de Think Services en ont profité pour rappeler la posture d’ouverture et d’inclusion qu’ils défendent en invitant les porteurs de projets présents à s’inscrire dans la dynamique des Think Groups.

Un grand merci à Lorena, Kim et Antoine pour leur accueil et à tous les participants pour leur contribution active au succès incontesté de cette édition qui lance une année 2012 que nous espérons riche de partages.

Revivez la causerie avec les podcasts proposés sur le site de la Muse.


L'échantillonneur "Mon lycée demain"

27 mai 2011 – Giorgio Pauletto

Une très intéressante réalisation de la 27e Région qui propose un outil dans le cadre d’une expérience de prospective créative sur le thème « Mon lycée demain ». La question de fond se résume synthétiquement à « Comment voyons nous notre lycée dans 10 à 15 ans? ».

Comme tout problème complexe il n’y a pas nécessairement de solution carrée, mais plutôt la mise en place d’un processus de co-création du chemin qui y amène par petites touches. Les approches croisent plusieurs acteurs identifiés (élèves, enseignants, parents, architectes, pouvoirs publics à divers niveaux) et plusieurs domaines (technologies, lieux, contenus, interactions, etc.). L’outil permet de créer ainsi dynamiquement plusieurs visions de ce pourrait être mon lycée demain, de le communiquer, de l’enrichir… et de le réaliser.

C’est un exercice très inspirant sur le Design Thinking qui pourrait tout à fait être appliqué non seulement au cas genevois, mais aussi élargi par exemple sur le thème « Mon administration demain » sur la base des réflexions menées ici ou ici.

Voir le billet de Stéphane Vincent de la 27e Région sur le sujet.

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