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On a causé de netups…

Près d’une trentaine de personnes sont venues ce jeudi 27 septembre pour la première causerie de la saison. L’idée était de construire ensemble la définition d’un concept entrepreneurial développé localement : celui de la netup.

Voici le résumé de cette causerie rédigé par Antoine Burret.

Des acteurs de l’entrepreneuriat se reconnaissant derrière ce terme énigmatique sont aussi venus témoigner. Parmi eux : Lionel Lourdain (Free IT Fondation), Hélène de Meire (My-startup fiduciaire), Xavier Pierre (ISEOR, Lyon 3) et Yann Ranchère (Anthemis).

Xavier Comtesse (Avenir Suisse), qui a le premier utilisé ce terme, introduit la causerie. En Avril 2010, une première réflexion à mis en évidence la distance existant entre le mot startup et ce que beaucoup d’entrepreneurs vivaient au quotidien.

Les startups ont été définies dans les années 70 à la Silicon Valley. Elles étaient liées au transfert technologique. Des jeunes dans les universités, partaient avec une technologie, cherchaient des financements et montaient des entreprises. Le modèle des startups s’est ainsi organisé autour de structures de coaching, de parcs technologiques et de capital risque.

Mais avec le développement du Web et des technologies de l’information et de la communication, on voit apparaitre un nouveau type d’entreprise. Né dans et par les réseaux, elle se structure autour de ceux-ci aussi bien au niveau organisationnel, que celui de l’acquisition des compétences ou de la relation avec les clients. Les réseaux vont ainsi faire émerger un autre modèle d’entreprise : celui des netups.

L’hypothèse avancée est que si un entrepreneur crée un produit ou un service et que celui-ci peut être construit en temps réel avec des usagers, des clients ou des partenaires, alors on peut à priori se passer de capital. Ce modèle, visiblement éloigné de celui des startups permet potentiellement de se passer d’investisseurs externes et de capital risque: le capital social remplace le capital financier.

Yann Ranchère, lui-même investisseur en capital risque, explique que le modèle startup est souvent interprété de manière idéale. Mais il ne faut selon lui pas le généraliser. Les startups sont des entreprises qui font de la recherche fondamentale, ce qui implique une grosse prise de risque nécessitant du capital financier. Yann souligne qu’il existe aujourd’hui de nouvelles formes de financement, notamment le crowdfounding ou les préventes par PayPal. Ces formes de financement sont directement liées aux nouveaux modèles de création de type netups. La création des produits ou des services s’effectue au fur et à mesure et la vente se fait sur des produits non finis.

Xavier Pierre pose quant à lui un œil académique sur la question. L’entrepreneuriat est un objet complexe et l’entrepreneur seul n’existe plus. Aujourd’hui le créateur d’entreprise ouvre ses idées et partage son projet au tout début de son aventure : « Il entreprend en réseau ». Un premier cercle (l’entourage) se constitue autour du projet, puis un second (cercle de pairs), puis d’autres, plus larges.

Pour Lionel Lourdain, la netup implique un réseau de compétences et une standardisation permettant de valoriser l’entreprise. Des problèmes se posent notamment au sujet de la reconnaissance du fondateur. Ce problème soulevé par Lionel en appelle d’autres: Comment gérer une entreprise en réseau ? A qui appartiennent les produits et les services ainsi créés ? Qu’en est-il du droit d’auteur ? Comment partager ce type d’entreprise ? Hovagemyan Schibler, un juriste présent dans la salle, ne donne pas de réponse à ces questions mais envisage une des problématiques juridiques auxquelles les netups vont être confrontées : la co-construction et la co-distribution de produit et de services implique-t-elle juridiquement la propriété collaborative et la mutualisation du patrimoine ?

Pour Hélène de Meire les netups peuvent faire émerger un troisième marché. Selon elle, c’est ce que Facebook n’a pas compris en entrant en bourse; Mark Zuckerberg aurait plutôt dû proposer aux utilisateurs du réseau social de rentrer dans le capital de la société. En effet les entreprises de type netup ont selon Hélène une responsabilité sociétale d’un nouveau genre. L’entrepreneur devient responsable de ses clients tout comme les clients deviennent responsables de l’entreprise.

La soirée s’est terminé sur un atelier visant à proposer une définition du terme netup pour l’encyclopédie en ligne Wikipédia. Pour publier un nouveau terme, il est nécessaire que celui-ci soit déjà validé par une communauté, qu’il soit bien référencé sur les moteurs de recherche. Ce n’est malheureusement pas encore le cas des netups. A vos claviers donc !

Plus que la définition en elle-même, c’est bien la structure de l’article qui a été discutée. Le contenu reste à construire mais d’importantes bases sont déjà ressorties. Des mots clés, des mises en garde, une étymologie ainsi que les différents points qu’il est nécessaire de voir apparaitre.

Des questionnements également : comment différencier la netup de la Startup sans pour autant la définir par opposition ? Comment définir la netup sans tomber dans la définition d’une « bonne » netup ? Comment définir les différents réseaux et les parties prenantes aux netups ? Bien que proche de la méthodologie Lean Startup, comment installer la netup comme un nouveau modèle entrepreneurial ? Existe-t-il une éthique propre aux netups ? Comment protéger une idée collaborative ? Faut-il vraiment le faire ?

Au final, au-delà du terme lui-même, l’enjeu est de comprendre le nouveau modèle d’entreprise qui se cache derrière les netups. Grâce à la contribution des acteurs de cette causerie, nous avons pu en percevoir quelques pistes.

Un wiki sera bientôt disponible sur le site de l’Observatoire technologique afin que chacun puisse apporter sa contribution. En attendant, n’hésitez pas à nous faire part de vos idées et de vos conseils: chaque contribution est la bienvenue !

Antoine Burret

La coopération intergénérationnelle: un défi ou une opportunité pour les organisations ?

2011-11-25 — Giorgio Pauletto

La démographie ne serait pas le seul facteur déterminant quant à la destinée du monde. Mais le constat est là: nous sommes face à un plus grand nombre de générations aussi bien dans notre société que dans nos organisations. Ce mélange amène-t-il des difficultés ou au contraire est-il une source d’opportunités? Comment bien appréhender la gestion des âges?

Lors de la convention Afope, institut de l’organisation en entreprise, j’ai participé en tant que co-animateur aux deux jours de réflexion sur ce sujet avec les participants.

L’intervenante principale Birgit Peeters, fondatrice de Aquincum et experte dans les nouvelles formes de travail, que j’accompagnais, ainsi que Nicolas Flamant, anthropologue de formation et DRH de Spie-Batignolles, ont mis en évidence plusieurs points saillants:

  • Les générations sont relatives et multifactorielles. Birgit Peeters montre que nous amenons souvent des stéréotypes sur les générations: les jeunes ne sont pas de bons leaders, un sénior n’est plus motivé car proche de la retraite, une jeune femme sera accaparée par ses enfants et sa famille…
  • Au contraire, nous dit-elle, on retrouve des points communs à toutes les générations: bonne ambiance de travail, sens de la mission, autonomie, sont essentiels pour une motivation intrinsèque.
  • Le questionnement sur les jeunes générations est récurrent dans le temps. On entend parler d’une « génération plus fragile, ayant moins le goût de l’effort, avec qui le dialogue est plus difficile, mais qui paradoxalement fait preuve de plus de maturité. Mais ce texte date de… 1972! » souligne Nicolas Flamant.
  • Les jeunes générations entrantes dans les organisations amènent les changements de société. Nous vivons parfois dans une situation paradoxale: nous évoluons plus facilement dans les changements dans nos vies personnelles que dans nos vies professionnelles. On se débrouille pour comprendre un nouveau service en ligne sur internet (par exemple comment utiliser Skype pour appeler ses enfants ou petits-enfants) mais il nous faut de longues formations pour se servir d’un ordinateur en entreprise. Les jeunes générations mettent en quelque sorte le monde professionnel en face de certaines réalités.
  • La contradiction peut devenir intolérable si on persiste à associer nouvelles formes individualisées de travail avec les anciennes formes de management. Là aussi les situations paradoxales peuvent être source de dissonances: les organisations sont basées sur la stabilité et les standards, la hiérarchie et l’intégration de longue durée, alors que les signaux qui sont donnés sont des frontières floues entre vie privée et professionnelle, une pression sur les postes de travail et la nécessité de collaborer de façon plus transverse.

Lors de l’atelier, avec les participants, nous avons recueilli plusieurs pistes concrètes pour l’avancement de la gestion des âges dans les entreprises, pistes qui demandent bien sûr à être élaborées et accompagnées par des spécialistes en la matière:

  • Intégrer les nouveaux arrivants quel que soit leur âge,
  • Mettre en place un tutorat intergénérationnel,
  • Utiliser les générations intermédiaires comme trait d’union entre les extrêmes (sur lesquelles on se focalise parfois trop),
  • Inclure la gestion des âges dans la politique de l’entreprise, par exemple dans les valeurs concernant la diversité et la non discrimination,
  • Évaluer les efforts dans ce sens au cours des entretiens RH,
  • Communiquer sur les initiatives au sein des organisations pour les rendre lisibles et visibles.

Les généralités sur les générations ont été balayées pour laisser place à une vision plus globale qui transcende les âges, tout en tenant compte des spécificités propres aux personnes, non seulement par rapport à leur âge, mais aussi à leur compétences, leurs savoirs et leurs aspirations.

Plusieurs lectures sur ces questions sont disponibles sur le site de Aquincum pour approfondir la réflexion.

En prime, une présentation que j’ai effectuée sur ce thème quelque semaines après:

 

Il est aussi intéressant de revoir un témoignage sur les usages de la génération Y pour mieux saisir les enjeux liés à leur intégration dans nos organisations, notamment quant aux tendances montantes que sont les téléphones portables et les réseaux sociaux.


Nouveaux rapports entre le citoyen et sa commune grâce aux nouvelles technologies

Les nouvelles technologies peuvent-elles permettre d’autres rapports entre le citoyen et sa commune? Certains évoquent une gestion participative et plus seulement une administration entre les seules mains des fonctionnaires et des élus, une gestion du territoire et des services à laquelle le citoyen est appelé à contribuer. Une application en ligne, accessible publiquement sur Internet, qui se nomme « Signalez-nous », permet au citoyen de la commune de transmettre directement aux services concernés des problèmes sur le territoire de la ville.

InterCités (avec Patrick Genoud et Xavier Merour)

 

 

 

Voir le rapport Vers une participation citoyenne augmentée dont le thème est au cœur de ce sujet.

Ouverture des données publiques : une opportunité pour Genève

Dans le cadre d’une étude réalisée pour le Département de l’Intérieur de la Mobilité du canton de Genève sur le thème de la participation citoyenne1, nous avons insisté sur les opportunités offertes dans ce domaine par l’ouverture des données publiques de l’administration genevoise. Afin de mettre en exergue cette problématique, il nous a paru utile de reprendre dans un document séparé le chapitre que nous avions consacré aux enjeux liés à l’ouverture des données publiques.

Les données et les informations se retrouvent au coeur des processus d’interaction entre les individus et/ou les organisations. Elles constituent en outre la matière première d’un nombre croissant de services dont bénéficient très directement les citoyens et les entreprises d’un territoire.

Il se trouve qu’une quantité importante des données gérées par les administrations pourraient bénéficier beaucoup plus largement aux usagers. Le secteur public créée en effet pour son usage interne des données de qualité liées aux activités quotidiennes de ses différents métiers. Il n’a la plupart du temps pas vocation à les valoriser au-delà de ses besoins propres. Et au vu de la diversité des usages potentiels il n’en aurait de toute manière pas les moyens.

Dans la mesure où elles sont publiques, ces données constituent une ressource extraordinaire qui pourrait bénéficier beaucoup plus largement aux citoyens qui ont financé leur production. Mais la plupart du temps elles sont au mieux proposées à la vente ou mises à disposition de certains acteurs dans des conditions peu transparentes ; et le plus souvent elles ne sont pas partagées du tout.

Pour renverser cette tendance, un nombre croissant de pays, de régions et de villes ont initié ces dernières années des démarches visant à ouvrir leur données publiques, que ce soit dans une volonté de transparence accrue, de valorisation de leur patrimoine informationnel ou de renforcer la participation citoyenne.

Nous sommes convaincus que le canton de Genève a une belle carte à jouer dans ce domaine car il dispose notamment d’un système d’information du territoire (le SITG) qui permettrait d’expérimenter relativement facilement la mise à disposition d’une partie de ses données publiques.