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On a causé de hackerspaces…

Silicon-valley.fr
Les hackerspaces késako? Que se cache-t-il derrière ce nom que l’on croirait sorti tout droit de la bouche du Capitaine Spock? Paul Bristow, co-fondateur du hackerspace genevois Post Tenebras Lab, a animé la Causerie du Jeudi 17 octobre en nous donnant quelques clés pour comprendre ces lieux et leurs enjeux. 

Paul nous a tout d’abord rappelé que les hackerspaces ne sont pas des repaires de geeks ou d’amateurs de science-fiction. Loin de la piraterie informatique, ce sont des nouveaux lieux de rencontre pour des personnes partageant un intérêt commun autour de thèmes variés tels que le numérique, la  technologie, les sciences ou encore les arts. A l’image de la Muse, les hackerspaces font partie de la grande famille des tiers-lieux où les notions de partage et de collaboration prennent tout leur sens.

Genève possède son hackerspace, Post Tenebras Lab (PTL), qui a démarré au début de cette année grâce à la persévérance d’un petit groupe de passionnés.

Do it together
Post Tenebras Lab

PTL fonctionne en mode associatif et regroupe une communauté ouverte et diversifiée qui privilégie le «Do it together» plutôt que le «Do it yourself».

Le hackerspace genevois se veut un laboratoire communautaire ouvert dans lequel on partage ressources et savoirs. On s’y intéresse principalement aux logiciels libres, au hardware libre, ou aux médias alternatifs. Et si ils jouent un rôle central, la technologie et le numérique ne sont cependant pas incontournables, à l’image de l’un des membres de l’association qui vient y fabriquer sa bière ! Mais il est vrai que le numérique facilite le partage et la réutilisation qui sont au cœur des activités de PTL.

Pour illustrer la spécificité des hackerspaces, Paul fait la distinction entre le making et le hacking: dans les deux cas on fabrique quelque chose, mais le hacking privilégie le côtés « débrouille » et rapidité d’exécution. Les hackerspaces se distinguent ainsi des Fablabs qui fonctionnent plus dans des logiques commerciales ou académiques.

PTL propose à ses membres une panoplie d’outils qui permettent des réalisations rapides et bon marché encore inimaginables il y a quelques années: imprimante 3D, découpeuse laser, fraiseuse numérique, composants Arduino ou Raspberry Pi pour ne citer qu’eux.

Les perspectives d’avenir des hackerspaces en général et de PTL en particulier laissent entrevoir des horizons intéressants. Paul évoque notamment le travail avec des matériaux locaux ou recyclés, l’utilisation d’énergies renouvelables, une production plus locale; le tout positionnant les hackerspaces dans une logique d’économie circulaire.

Causerie Hackerspaces

Photo Laszlo Olivet (La Muse Genève)

Dans tous les cas, les hackerspaces  constituent  selon Paul l’un des outils qui aident la société à gérer certaines des ruptures actuelles et à venir. Et au-delà de leur singularité, ils constituent l’un des éléments d’un vaste écosystème des tiers-lieux qu’il va falloir faire émerger pour en capter toute la richesse.

Mais nous ne sommes qu’au début de l’aventure…


 Références:

Hackerspaces.org: le wiki des hackerspaces

Making it : manufacturing techniques for product design (Chris Lefteri)

Zero to maker (David Lang)

Movilab.org : le Wiki des recettes libres et ouvertes d’actions remarquables pour leur participation à des modes de vies durables.


 

Paul Bristow est co-fondateur du hackerspace genevois Post Tenebras Lab.

Paul Bristow

 

 

 

 

 

On a causé d’innovation sociale…

Innovation

Comment créer de la valeur « autrement » grâce à l’innovation sociale ?

Cette question constituait l’élément central de la Causerie du 25 avril dernier animée par Aurore Bui à la Muse. Mais avant d’y répondre, Aurore a pris le temps de passer à travers les différentes façons de comprendre la notion d’innovation sociale. De manière très générale, elle considère que faire de l’innovation sociale, c’est savoir utiliser les forces de l’entreprise pour faire du social, tout en ayant valeur d’exemple. On est ainsi souvent très loin de l’innovation technologique.

A l’image du groupe SOS en France qui est actif dans le domaine de la réinsertion, Aurore nous montre avec quelques exemples qu’il est possible de créer des entreprises avec des objectifs sociaux, mais fonctionnant sur un modèle commercial. L’important est de savoir partir des publics cibles et de leurs besoins en identifiant des bénéfices mesurables (et en menant idéalement la démarche de manière collective).

Et l’innovation dans tout ça ? Selon Aurore, ce n’est pas seulement au niveau des résultats obtenus qu’il faut la chercher, mais également dans les démarches suivies pour y arriver. Le fait par exemple de faire cohabiter pour le bien public des mondes qui d’habitude ne se parlent pas et de créer de nouvelles dynamiques autour de cette diversité constituent le terreau de l’innovation sociale. Plus concrètement encore, le fait de viser à rendre les associations autonomes financièrement est déjà innovant…

A travers d’autres exemples Aurore nous présente les mécanismes d’innovation sociale, applicables au monde associatif ou aux entreprises en général, pour créer autrement. Ces mécanismes sont outillés, à l’image des méthodes et des outils que propose par exemple le site entrepreneur-social.net. Aurore nous illustre certains de ces mécanismes d’innovation sociale applicables au monde associatif ou aux entreprises en général pour créer autrement.

Comme dans de nombreux autres domaines, l’inertie est le principal obstacle à surmonter pour lancer des projets d’innovation sociale. Il faut en effet réapprendre de nombreuses manières de faire qui sont ancrées dans les organisations. Pour en tenir compte Aurore privilégie une approche par petits pas qui est plus productive.

La discussion qui suit la présentation d’Aurore témoigne de la difficulté, pour l’assemblée, à définir précisément l’innovation sociale. Certains y voient des démarches innovantes, d’autres le domaine dans lesquels elles s’appliquent, d’autres enfin l’activité d’entrepreneur social. Pas de réponse définitive à cette question. Mais ce n’est manifestement pas le plus important pour les participants qui ont découvert à l’occasion de cette Causerie des alternatives intéressantes et pleines de sens aux manières de faire existantes.

Aurore Bui est créatrice et directrice de Softweb, une entreprise dont le but est de favoriser la réalisation de projets sociaux. Elle est formatrice et intervient dans des conférences sur le thème de l’innovation sociale, la responsabilité sociale des entreprises et l’autonomisation économique des femmes. Vous pouvez retrouver Aurore sur son blog.

Aurore Bui

 

Le podcast de la Causerie enregistré par Bruno Chanel


La présentation d’Aurore Bui

On a causé de Lean Startup…

C’est Antoine Burret qui nous livre ci-dessous le résumé de la Causerie du 20 décembre 2012.

Dernière Causerie de l’année, première anniversaire des Causeries du jeudi à la Muse, l’occasion de faire une courte rétrospective sur un format de rencontre qui fait désormais partie du paysage genevois.

En novembre 2011 Jean-Michel Cornu, directeur scientifique de la Fing inaugurait la première Causerie sur le thème de l’intelligence collective. Dès lors cette réunion mensuelle, intimiste mais ouverte à tous a permis d’aborder des problématiques aussi diverses que les nouvelles monnaies, l’économie du libre, l’e-inclusion, les net-ups ou la gestion du changement, pour ne citer que celles-là. Des projets ont ainsi été testés et expérimentés; des contacts ont été noués. Les discussions ont été longues, précises, vives parfois, mais toujours bienveillantes. Nous remercions chaleureusement les plus de 200 participants à ces Causeries pour la richesse de leurs idées et de leurs interventions.

Le programme de cette nouvelle année se précise. Le 21 février nous aborderons ainsi le thème de la créativité en entreprise. Et tout comme Vincenzo Pallotta qui nous a fait le plaisir d’animer la Causerie du mois de décembre 2012, n’hésitez pas à nous contacter pour proposer des sujets pour cette année 2013.

Le jeudi 20 décembre 2012, de nombreux participants se sont déplacés pour échanger sur le thème de la soirée, une méthodologie entrepreneuriale qui transforme radicalement notre conception de la création d’entreprise: le Lean Startup.

C’est Vincenzo Pallotta, conseiller stratégique en entreprises et spécialisé dans l’approche Lean Startup qui animait la soirée. Pour lui cette méthodologie s’est développée dans un contexte particulier qui incite les entreprises à  réinventer leur manière d’évoluer et d’aborder leur marché. Les conditions économiques actuelles compliquent en effet l’accès aux capitaux pour les entrepreneurs.  De plus, les marchés évoluent très rapidement ce qui rend quasi-obsolètes les prévisions des business plans sur 3 ou 5 ans.  Il devient donc nécessaire, lors du lancement d’une entreprise de connaitre parfaitement son marché en étant au plus près des besoins de ses futurs utilisateurs.

Photo Samuel Rubio (www.samuelrubio.ch)

La méthodologie Lean Startup propose un mécanisme permettant de prendre des décisions stratégiques en fonctions de données qualitatives et quantitatives obtenues de manière scientifique grâce à des retours d’expérience. Concrètement, il s’agit de lancer son projet à l’état de prototype, même s’il est petit et imparfait. Cette étape permet de rencontrer ses utilisateurs en prenant un minimum de risques, en  concentrant ses efforts sur les fonctionnalités clés de son produit/service. Un produit minimum viable est ainsi testé par des first users. Sur cette base, la définition d’indicateurs permet de vérifier les hypothèses de départ et de réorienter son produit ou son service (de pivoter) si les résultats sont insatisfaisants.

Cette méthodologie se rapproche des méthodes de co-création qui « embarquent » l’utilisateur final dans le processus de décision. Chaque développement est envisagé comme une expérimentation permettant de valider des hypothèses. Chaque échec est un enseignement. L’entrepreneur Lean se positionne en chercheur. Il teste son produit/service dès la phase de concept et mesure le comportement des potentiels utilisateurs. Chaque développement stratégique est pris en fonctions de données issues de ses expériences. La recherche de bons indicateurs quantitatifs et qualitatifs est donc essentielle pour comprendre très rapidement ce pour quoi le futur client veut bien payer et la manière dont on peut lui offrir.

Après cette présentation d’une trentaine de minutes, Vincenzo a animé la discussion qui a suivi pour terminer avec un cas concret. Le fondateur et directeur de la startup Up to Wine s’est porté volontaire pour un innovation game dont l’objectif était de tester le comportement d’acheteurs potentiels devant un « Produit Minimum Viable ». Vous pouvez retrouver le compte-rendu détaillé de cet atelier sur le blog leanstart.ch.

Quelques lectures pour se plonger dans le sujet:

Pour celles et ceux qui sont intéressés par une formation plus complète, Vincenzo Pallotta organisera prochainement un atelier sur le sujet.

Voici enfin les photos de l’évènement réalisées par Samuel Rubio:

 

On a causé des données 3D du territoire genevois…

Lors de la Causerie du jeudi 15 novembre dernier, Laurent
Niggeler (directeur du service de la mensuration officielle du canton de Genève) est venu nous présenter les données cartographiques 3D auxquelles les habitants du canton peuvent accéder via un guichet dédié. Celui-ci permet de représenter en trois dimension (3D) sur la carte du canton tous les immeubles et les ouvrages d’art du canton.

Ces données sont parfaitement intégrées au Système d’Information du Territoire Genevois (le SITG). Elles constituent pour Laurent Niggeler et pour les services de l’administration genevoise qui les utilisent, un outil de travail extraordinaire. Mais Laurent constate malgré tout que les acteurs locaux (en interne, comme en externe à l’administration) ont de la difficulté à s’approprier ces données dont les potentialités vont pourtant bien au-delà des usages métier pour lesquelles elles ont été collectées. Trois pistes selon lui peuvent l’expliquer: un manque de communication sur la disponibilité de ces données, une difficulté pour les utilisateurs potentiels à se les approprier ou enfin (et surtout?) un changement de paradigme qui remet sérieusement en question les métiers concernés.

La première partie de la causerie a porté sur les différents usages avérés et potentiels des données 3D du canton. Celles-ci constituent aujourd’hui des outils de conception, de simulation et d’analyse de premier ordre. Mais elles ont de plus cette capacité extraordinaire à représenter et à tangibiliser des mondes complexes, ce qui en fait des outils de visualisation, de concertation, d’aide à la décision et de communication incomparables. Laurent Niggeler a ainsi illustré ces différents aspects avec des exemples locaux que l’on retrouve dans sa présentation ci-dessous ou dans mon article consacré à la Journée de la 3D à Genève en 2011.

Les usages de la 3D se retrouvent ainsi dans des domaines aussi variés que les mesures et simulations de flux de polluants ou d’ensoleillement, l’aérodynamisme urbain, les implantations d’éoliennes ou d’antennes de téléphonies mobile, la géologie 3D, la gestion du patrimoine ou le tourisme. Mais ces usages ne sont pas encore aussi répandu que les promoteurs de la 3D le souhaiteraient.

Laurent Niggeler a ensuite évoqué la démarche volontariste lancée par l’Etat de Genève pour gagner la confiance des citoyens face aux dérives auxquelles peut conduire un mauvais usage de la 3D. Le canton a en effet été avec d’autres acteurs à l’instigation d’une charte 3D fondée sur 3 principes (voir sur le site du SEMO) :

  1. principe de crédibilité (ne pas influencer les gens à leur insu);
  2. principe de transparence (renseigner sur les scènes proposées, éléments retenus ou pas, modalités);
  3. et principe de développement de réseau et de formation à la 3D (diffusion des compétences autour de la 3D).

A l’annonce de cette initiative, la remarque a immédiatement fusé dans l’assemblée :

« Dans le même esprit, il faudrait également une charte de la 2D! »

La discussion a ensuite abordé les divers thèmes évoqués lors de la présentation. L’intégration de la 3D dans la gestion territoriale a soulevé la question de la co-construction d’un système d’information plus ouvert sur la société: « Pourrait-on envisager d’enrichir ces données 3D officielles des contributions d’acteurs de la société civile et aller ainsi vers la Wiki City qui avait été ébauchée lors d’un atelier que nous avions monté dans le cadre de la conférence Lift en 2011 ?. »  Laurent Niggeler voudrait bien aller dans ce sens, mais les choses prendront du temps. La volonté du comité directeur du SITG d’ouvrir la majorité de ses données publiques en 2013 constitue dans tous les cas un pas important dans ce sens. Nos autorités seront sollicitées prochainement sur le sujet.

Laurent Niggeler: never give up !

Lorsqu’on a rappelé l’appropriation encore trop faible de la 3D, Laurent Niggeler a souligné que nous sommes à la croisée des chemins : « La 3D aurait pourtant vocation à devenir le point de jonction des acteurs du territoire genevois car il amène les gens à s’intéresser de manière naturelle aux problématiques des autres ». Et la causerie a porté dans la foulée sur les potentialités encore largement méconnues de la cartographie 3D, évoquant, à travers sa capacité à mélanger le réel et le virtuel, à améliorer la gestion de la ville et du territoire.

Les participants sont ensuite revenus sur l’ouverture des données publiques qui pourrait permettre à nos start-up qui proposent des solutions en lien avec le territoire d’en profiter pleinement. Mais rappellent-ils, ces usages sont conditionnés à une accessibilité des données qui n’est pour l’instant pas optimale.

La causerie s’est terminée en évoquant une perspective fascinante liée à la 3D qui est celle de la 4D que vient enrichir la composante temporelle.


On a causé de gestion du changement…

C’est Véronique Volkart qui animait la causerie du jeudi 25 octobre consacrée à la transformation des organisations. Nous avions décidé avec elle d’aborder ce vaste sujet sous l’angle de la gestion du changement, un domaine dans lequel elle est active depuis de nombreuses années et qui constitue le point crucial de tout processus de transformation.

Car si il n’est pas toujours évident pour les organisations de comprendre les enjeux ou les opportunités de transformation liés aux bouleversements de tous ordres qu’elles vivent aujourd’hui, il est encore plus difficile pour elles de mettre en œuvre les changements induits par ces transformations. Ceci est d’autant plus vrai que la grande majorité des organisations doivent composer avec un existant (culturel, humain, technologique) qui ne leur permet pas de faire table rase du passé.

Véronique Volkart a ainsi évoqué quelques points qui lui semblent essentiels lorsqu’on envisage la gestion du changement dans une organisation. Elle a tout d’abord insisté sur la nécessité d’en avoir une vision large et globale et portée vers l’avenir des transformations envisagées. Elle a ensuite mis l’accent sur l’accès facilité aux informations comme un élément moteur d’une gestion du changement efficace. La communication, la transparence ainsi que la gestion de l’information et de la connaissance se retrouvent ainsi naturellement au cœur du sujet. Mais le corollaire auquel on est alors souvent confronté est une hiérarchie omniprésente qui s’oppose à un fonctionnement en réseau qui en fait souvent fi.

Lorsqu’une organisation se transforme, c’est pour poursuivre un objectif collectif qui dans un premier temps n’est pas forcément en adéquation avec les intérêts individuels des collaborateurs. Et la difficulté de la gestion du changement consiste à les faire coïncider. Véronique est convaincue que s’est en amenant les collaborateurs à s’interroger sur le sens à donner à leurs actions que l’on y parvient: c’est le fait que chacun soit conscient de son rôle et de son apport dans le changement qui est important. Et ceci dans une démarche de co-production qui permet d’intégrer chacun dans une implication collective.

Dans cette perspective, les services de ressources humaines ont un rôle important à jouer. Ils doivent aider à élever le niveau de maturité de l’organisation, que ce soit à titre collectif ou individuel. En partant des motivations émergentes, ils doivent amener les collaborateurs vers des comportements créatifs en favorisant la capacité individuelle et spontanée à sortir du cadre établi pour redéfinir des paradigmes en fonction du contexte. Dans le même temps, ils doivent aider les collaborateurs à construire l’avenir de l’organisation en s’appuyant sur les savoirs transversaux.

Véronique relève également la nécessité pour notre société et pour nos organisations d’inventer le « manager de demain » qui saura prendre en compte cette nécessaire gestion du changement au jour le jour. « Les managers doivent grandir ! » conclut-elle.

L’organisation prend soin de moi! Je prends soin de mon organisation!

Les questions et la discussion qui suivent cette présentation initiale reflètent bien le fait que la gestion du changement se retrouve dans le quotidien de la plupart d’entre nous. Mais tout le monde ne l’a manifestement pas compris!

Des quelques thèmes qui sont ressortis durant cette passionnante causerie, j’en retiendrai trois. Le premier concerne le rôle des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans la transformation des organisations. Véronique Volkart pense qu’il ne faut pas en faire une question centrale, même si il faut reconnaître qu’elles peuvent faciliter les choses. Je pense pour ma part que les organisations doivent savoir capitaliser sur les modes de fonctionnement interactifs amenés par les TIC dans la société et profiter de la capitalisation des savoirs qu’elles facilitent.

On a dans un deuxième temps parlé de l’importance à accorder au feedback dans la démarche de changement afin de pouvoir adapter le dispositif aux réalités du terrain. Le feedback insiste Véronique est « comme une fleur qu’il faut arroser et à qui il faut de l’espace pour grandir ». Et l’on rejoint ici les TIC et les réseaux sociaux dont l’apport potentiel est indéniable dans ce type de processus. Mais il ne faut cependant pas croire que le mouvement s’entretient tout seul. Il nécessite que l’on y consacre de l’énergie, à travers des nouveaux rôles tels que les animateurs de communautés (les community managers).

La causerie s’achève enfin en abordant, avec les trois professeurs de hautes écoles présents dans l’assemblée, les aspects liés d’une part à ces nouveaux métiers à inventer pour aider les organisations à se transformer dans la durée ainsi que sur l’enseignement des compétences transversales évoquées lors de la discussion. Pas de point de vue tranché sur ce thème, sinon qu’il y a manifestement un manque à ce niveau dans nos hautes écoles helvétique.


On a causé de netups…

Près d’une trentaine de personnes sont venues ce jeudi 27 septembre pour la première causerie de la saison. L’idée était de construire ensemble la définition d’un concept entrepreneurial développé localement : celui de la netup.

Voici le résumé de cette causerie rédigé par Antoine Burret.

Des acteurs de l’entrepreneuriat se reconnaissant derrière ce terme énigmatique sont aussi venus témoigner. Parmi eux : Lionel Lourdain (Free IT Fondation), Hélène de Meire (My-startup fiduciaire), Xavier Pierre (ISEOR, Lyon 3) et Yann Ranchère (Anthemis).

Xavier Comtesse (Avenir Suisse), qui a le premier utilisé ce terme, introduit la causerie. En Avril 2010, une première réflexion à mis en évidence la distance existant entre le mot startup et ce que beaucoup d’entrepreneurs vivaient au quotidien.

Les startups ont été définies dans les années 70 à la Silicon Valley. Elles étaient liées au transfert technologique. Des jeunes dans les universités, partaient avec une technologie, cherchaient des financements et montaient des entreprises. Le modèle des startups s’est ainsi organisé autour de structures de coaching, de parcs technologiques et de capital risque.

Mais avec le développement du Web et des technologies de l’information et de la communication, on voit apparaitre un nouveau type d’entreprise. Né dans et par les réseaux, elle se structure autour de ceux-ci aussi bien au niveau organisationnel, que celui de l’acquisition des compétences ou de la relation avec les clients. Les réseaux vont ainsi faire émerger un autre modèle d’entreprise : celui des netups.

L’hypothèse avancée est que si un entrepreneur crée un produit ou un service et que celui-ci peut être construit en temps réel avec des usagers, des clients ou des partenaires, alors on peut à priori se passer de capital. Ce modèle, visiblement éloigné de celui des startups permet potentiellement de se passer d’investisseurs externes et de capital risque: le capital social remplace le capital financier.

Yann Ranchère, lui-même investisseur en capital risque, explique que le modèle startup est souvent interprété de manière idéale. Mais il ne faut selon lui pas le généraliser. Les startups sont des entreprises qui font de la recherche fondamentale, ce qui implique une grosse prise de risque nécessitant du capital financier. Yann souligne qu’il existe aujourd’hui de nouvelles formes de financement, notamment le crowdfounding ou les préventes par PayPal. Ces formes de financement sont directement liées aux nouveaux modèles de création de type netups. La création des produits ou des services s’effectue au fur et à mesure et la vente se fait sur des produits non finis.

Xavier Pierre pose quant à lui un œil académique sur la question. L’entrepreneuriat est un objet complexe et l’entrepreneur seul n’existe plus. Aujourd’hui le créateur d’entreprise ouvre ses idées et partage son projet au tout début de son aventure : « Il entreprend en réseau ». Un premier cercle (l’entourage) se constitue autour du projet, puis un second (cercle de pairs), puis d’autres, plus larges.

Pour Lionel Lourdain, la netup implique un réseau de compétences et une standardisation permettant de valoriser l’entreprise. Des problèmes se posent notamment au sujet de la reconnaissance du fondateur. Ce problème soulevé par Lionel en appelle d’autres: Comment gérer une entreprise en réseau ? A qui appartiennent les produits et les services ainsi créés ? Qu’en est-il du droit d’auteur ? Comment partager ce type d’entreprise ? Hovagemyan Schibler, un juriste présent dans la salle, ne donne pas de réponse à ces questions mais envisage une des problématiques juridiques auxquelles les netups vont être confrontées : la co-construction et la co-distribution de produit et de services implique-t-elle juridiquement la propriété collaborative et la mutualisation du patrimoine ?

Pour Hélène de Meire les netups peuvent faire émerger un troisième marché. Selon elle, c’est ce que Facebook n’a pas compris en entrant en bourse; Mark Zuckerberg aurait plutôt dû proposer aux utilisateurs du réseau social de rentrer dans le capital de la société. En effet les entreprises de type netup ont selon Hélène une responsabilité sociétale d’un nouveau genre. L’entrepreneur devient responsable de ses clients tout comme les clients deviennent responsables de l’entreprise.

La soirée s’est terminé sur un atelier visant à proposer une définition du terme netup pour l’encyclopédie en ligne Wikipédia. Pour publier un nouveau terme, il est nécessaire que celui-ci soit déjà validé par une communauté, qu’il soit bien référencé sur les moteurs de recherche. Ce n’est malheureusement pas encore le cas des netups. A vos claviers donc !

Plus que la définition en elle-même, c’est bien la structure de l’article qui a été discutée. Le contenu reste à construire mais d’importantes bases sont déjà ressorties. Des mots clés, des mises en garde, une étymologie ainsi que les différents points qu’il est nécessaire de voir apparaitre.

Des questionnements également : comment différencier la netup de la Startup sans pour autant la définir par opposition ? Comment définir la netup sans tomber dans la définition d’une « bonne » netup ? Comment définir les différents réseaux et les parties prenantes aux netups ? Bien que proche de la méthodologie Lean Startup, comment installer la netup comme un nouveau modèle entrepreneurial ? Existe-t-il une éthique propre aux netups ? Comment protéger une idée collaborative ? Faut-il vraiment le faire ?

Au final, au-delà du terme lui-même, l’enjeu est de comprendre le nouveau modèle d’entreprise qui se cache derrière les netups. Grâce à la contribution des acteurs de cette causerie, nous avons pu en percevoir quelques pistes.

Un wiki sera bientôt disponible sur le site de l’Observatoire technologique afin que chacun puisse apporter sa contribution. En attendant, n’hésitez pas à nous faire part de vos idées et de vos conseils: chaque contribution est la bienvenue !

Antoine Burret

On a causé Ergonomie et accessibilité du Web…

Ni le match de foot Portugal-Tchéquie, ni la fête de la musique en France voisine, ni même l’une des premières belles soirées de l’année n’ont retenu la quinzaine de participants à cette septième causerie du jeudi consacrée à l’ergonomie et à l’accessibilité du Web.

Lætitia Giannettini, consultante dans le domaine de l’ergonomie et de l’accessibilité, ainsi que Julien Conti, spécialiste dans l’accessibilité du Web pour les malvoyants ont animé une causerie axée sur des exemples concrets, en majorité centrés sur les problèmes d’accessibilité liés au handicap.

Lætitia a tout d’abord rappelé les définitions de l’ergonomie et de l’accessibilité pour clarifier deux concepts qui, même si ils sont très proches, ne recouvrent pas la même réalité (voir sa présentation ci-dessous). Pour elle, les notions de pertinence et de valeur ajoutée des contenus constituent les mots-clés à prendre en compte, au-delà de celle d’utilisabilité que l’on met systématiquement en avant.

Elle nous rappelle que pour Tim Berners-Lee, le fondateur du Web, l’idée initiale était de le mettre à la disposition de tous les individus, quels que soient leur matériel ou logiciel, leur infrastructure réseau, leur langue maternelle, leur culture, leur localisation géographique, ou leurs aptitudes physiques ou mentales.

Lætitia évoque une accessibilité qui touche potentiellement tout le monde: chacun est, à un moment ou à un autre, un handicapé de la navigation sur le Web et de l’accès à la connaissance qu’il recèle. Qui ne s’est jamais retrouvé sur un site en se sentant complètement démuni, que ce soit en raison d’une interface impénétrable, d’une navigation peu intuitive ou de contenus incompréhensibles? Lorsque l’on se place dans cette perspective il est évident que l’accessibilité bénéficie in fine à tous. Et si il ne fallait retenir qu’une chose de cette causerie, Lætitia souhaiterait que ce soit celle-là! Au-delà, il faut aujourd’hui une prise de conscience accrue et une meilleure compréhension des problèmes d’utilisation et d’accès à l’information du web. Car il reste encore beaucoup à faire pour implémenter et rendre durable l’accessibilité des contenus Web à grande échelle.


Et ce n’est pas Julien Conti qui la contredira. Aveugle de naissance, Julien est en effet confronté quotidiennement au manque d’accessibilité de nombreux sites Web. Et il l’a illustré à travers quelques exemples choisis, nous faisant découvrir au passage sa dextérité à utiliser sa ligne braille et son logiciel de synthèse vocale pour naviguer à travers des pages et des contenus dont il ne peut à aucun instant avoir une vision d’ensemble.

Julien Conti teste quotidiennement les pages Web de notre administration cantonale ainsi que les formulaires mis en ligne. Il nous confirme le fait qu’une grande majorité des sites de la planète sont encore peu accessibles (60 à 70%), alors que la mise en œuvre de quelques règles simples pourraient changer la vie de très nombreuses personnes.

Il ne nous est malheureusement pas resté suffisamment de temps pour vraiment élargir la discussion et l’amener vers des territoires inexplorés. Nous avons toutefois terminé en abordant l’usage croissant des tablettes et des smartphones qui, si ils amènent leur lot de problèmes potentiels en terme d’accessibilité, sont dans le même temps porteurs de bien des opportunités pour les personnes en situation de handicap.

Quelques liens:

 

 

On a causé de monnaies numériques…

Une vingtaine de personnes étaient présentes jeudi 24 mai pour assister à cette sixième causerie organisée à la Muse et consacrée aux monnaies numériques. Pour la première fois nous n’avions pas proposé directement le thème de la causerie. C’est en effet une discussion amorcée à la suite de celle consacrée à l’économie du libre qui a amené Jean-Pierre Rupp à lancer le sujet de la soirée.

Avis aux amateurs: nous sommes toujours preneurs de sujets intéressants pour nos causeries!

La majorité des participants sont venus par simple curiosité, pour découvrir quelles idées et quelles réalités peuvent bien se cacher derrière ces monnaies numériques.

C’est donc Jean-Pierre Rupp, consultant Bitcoin, qui anime la causerie en commençant par rappeler les caractéristiques fondamentales d’une monnaie (rareté, uniformité, divisibilité, durabilité et transmissibilité) avant d’introduire Bitcoin, la monnaie numérique illustrative du thème de la soirée. Bitcoin se propose de reproduire dans le monde digital ces propriétés qui ont fait de l’or une monnaie universelle.

Après un discours souvent technique et pas toujours aisément compréhensible pour décrire les mécanismes mis en place autour de Bitcoin, on en arrive aux questions essentielles qui ont enflammé cette causerie comme jamais cela n’avait été le cas auparavant. Car lorsque l’on parle de monnaie et d’argent, on est au cœur de notre quotidien et des choix de société qui le guident…

Et des choix, les initiateurs de Bitcoin en ont fait des radicaux en se reposant sur une architecture non centralisée, non contrôlée et non contrôlable (sauf à couper l’Internet). De cette façon Bitcoin ne dépend pas de la confiance envers un tiers particulier, mais plutôt envers la robustesse des procédés cryptographiques employés. Je ne vais pas revenir ici sur les caractéristiques de Bitcoin, Wikipedia les résumant bien mieux que moi.

Jean-Pierre Rupp a surtout insisté sur les principes qui ont guidé la communauté Bitcoin: liberté, anonymat et respect de la sphère privée ! Une communauté que Jean-Pierre qualifie volontiers de cypher anarchists !

La question de l’anonymat soulève bien des controverses dans l’assemblée.  Mais Jean-Pierre Rupp nous rappelle que Bitcoin se veut une monnaie universelle et que la réalité de notre pays biaise notre regard sur cette notion d’anonymat. Si nous étions iranien ou vénézuélien pour reprendre les exemples donnés, nous verrions les choses d’un autre œil. Dans ces pays l’anonymat peut en effet constituer une qualité précieuse, voire vitale.

Et lorsqu’on évoque l’anonymat, se pose également la question de la confiance à accorder à Bitcoin. Jean-Pierre aborde le sujet de manière très concrète en signalant qu’on a déjà assisté à des vols de Bitcoins (les voleurs ont manifestement confiance dans la valeur de cette monnaie). Et la (bonne) réponse apportée par les sites d’échange qui ont subi le préjudice a renforcé la confiance dans le système.

Certains se sont ensuite étonnés de l’absence d’éthique de la démarche (alors qu’on aurait pu l’intégrer dans les gênes de Bitcoin). D’autres ont perçu cette monnaie numérique comme un système complexe et élitiste réservé aux geeks uniquement, avec une barrière d’entrée qui n’en fait pas une monnaie démocratique. D’autres enfin relèvent le bilan écologique négatif lié au mode de production des Bitcoins. Des questions et des remarques qui n’ont pas obtenu de réponses définitives lors de cette causerie mais qui ont dans tous les cas suscité des échanges passionnés.

Jean-Pierre Rupp a conclu cette causerie en prédisant avec conviction que « Bitcoin va changer le monde! ». Je ne sais pas s’il a raison, mais comme l’a relevé l’un des participants, Bitcoin a le mérite de démontrer à l’échelle de la planète qu’il est possible de lancer une monnaie (numérique) viable et qui offre une alternative aux schémas dans lesquels nous nous sommes enfermés…

Pour ceux qui veulent en savoir plus:

 

 

On a causé de protection de la sphère privée…

Anne Catherine Salberg, Patrick Genoud, Giorgio Pauletto, Jean-Henry Morin et Nicolas Ducret

Des habitués (déjà!) et de nombreux nouveaux venus pour la causerie du jeudi 19 avril consacrée à la protection de la sphère privée et à la transparence. C’est l’équipe de ThinkData.ch qui a animé la soirée. ThinkData.ch est un service en ligne de sensibilisation à la protection des données et à la transparence destiné dans un premier temps aux organisations, mais par la suite à tout un chacun: employés, citoyens ou anonymes.

Basé sur une approche reposant sur les récits (de courts scénarios), le service propose d’aborder ce domaine sous plusieurs angles: par thèmes, par métiers ou par les données elles-mêmes. A chaque histoire correspondent des liens sur des exemples réels ou des ressources externes, des recommandations et des principes juridiques de base .

Le service a été réalisé par un groupe de travail interdisciplinaire du think (do) tank ThinkServices actif sur le thème « Données, Société et Transparence ». Jean-Henry Morin et Isabelle Dubois ont tout d’abord partagé les réflexions du groupe sur le thème du jour et sur l’évolution du service ThinkData.ch. Jean-Henry Morin a ensuite sollicité l’assemblée pour imaginer des idées de scénarios au travers d’une courte mais intense séance de brainstorming. Les bases d’une vingtaine de nouveaux récits ont ainsi été produites par des participants manifestement très concernés. Un grand merci à eux pour leur enthousiasme et pour leur contribution au projet!

La discussion qui a suivi nous a emmené à travers des thématiques aussi diverses que les réseaux sociaux, le cloud computing, l’open data ou le droit à l’oubli. Les participants ont soulevé de nombreuses questions, souvent en lien avec leur réalité quotidienne, qu’elle soit privée ou professionnelle. A ce sujet le monde des PME semble devoir être une cible privilégiée de ThinkData en raison du manque de ressources et d’énergie qu’elles peuvent effectivement consacrer à une prise en compte correcte de la protection des données.

ThinkData veut développer le service dans les prochains mois. De nombreuses pistes ont été été évoquées, allant de la prise en compte de la multiplicité des juridictions, au multilinguisme, en passant par l’utilisation des serious games pour en faciliter l’appropriation. Les participants à la causerie ont apporté leur pierre à l’édifice en proposant d’autres idées d’évolution:  regards croisés sur une même thématique (p. ex. employeur vs employé), interfaces de programmation (API) pour accéder directement au contenu du site ou boutons de popularité des scénarios. Certains ont également proposé des pistes de financement pour faciliter la mise en musique de toutes ces bonnes idées !

L’équipe de ThinkData a conclu la causerie en invitant les participants à s’impliquer dans ce projet passionnant qui s’inscrit dans une réelle perspective de responsabilité sociétale.

Causerie ThinkData April 2012

Le podcast de cette causerie (merci les Musekeepers!).

On a causé Économie du libre…

La nuit des Bains qui animait jeudi dernier le quartier de la Muse n’a pas distrait la trentaine de participants à la causerie consacrée à l’économie du logiciel libre. Pour lancer la discussion, Lionel Lourdin et Alexandre Poltorak de la Free IT Foundation ont apporté leur vision riche d’une longue expérience d’entrepreneurs dans le monde du libre. En évitant un jargon technologique, ils ont suscité une discussion de près de 3 heures, animée et passionnante grâce à à une assistance diversifiée regroupant développeurs de haut vol et néophytes en matière de logiciel libre.

Après avoir mentionné quelques-uns des nombreux acteurs majeurs du monde de l’Internet qui utilisent la force d’innovation du libre (Google notamment), Lionel Lourdin a rappelé ce qui constituait les fondamentaux de l’économie du libre, à savoir la licence copyleft qui permet à la fois la reconnaissance de l’auteur du logiciel ainsi que l’accessibilité au savoir. Pour lui le processus entrepreneurial lié au au monde propriétaire est par essence très différent de celui lié au libre: on passe de l’acquisition du savoir à sa réutilisation.

Le libre c’est la capitalisation du savoir humain. On y on finance l’innovation plutôt que le marketing !

Si l’on désire se lancer dans une entreprise ‘libre’, la Free IT Foundation préconise de partir d’emblée sur un modèle dual s’appuyant à la fois sur une structure institutionnelle et sur une structure d’affaires. La première permet de créer une communauté autour de la solution, alors que la seconde génère les revenus au travers des prestations offertes. Ce type de montage est gage de pérennité et a déjà fait ses preuves dans de nombreux projets open source. Le droit Suisse y est en outre particulièrement favorable.

Lionel a terminé sa présentation en évoquant les RMLL, les Rencontres Mondiales du Logiciel Libre qui se tiendront à Genève du 7 au 12 juillet prochain et dont la Free IT Foundation est la cheville ouvrière. Le programme est ouvert et co-construit par les participants. La Muse s’associe à l’événement en accueillant tous les lundis soir dès 18h les séances de préparation de ces RMLL (entrée libre). N’hésitez pas à y venir si vous désirez contribuer à leur succès.

La discussion qui a suivi cette présentation a abordé de nombreuses thématiques en lien avec le libre, passant de celle d’écosystème du libre, à la mutualisation de la demande, en passant par la notion de biens communs. Une discussion riche et intense qui a permis à certains participants de lever le voile sur des projets enthousiasmants tels que la monnaie alternative Bitcoin ou la plateforme de concertation Parlement et Citoyens. Des sujets en or pour de futures causeries !

Alexandre Poltorak a également éclairé un sujet largement méconnu, celui du Hardware libre, émanation directe de la philosophie du logiciel libre En l’illustrant avec la plateforme Arduino ou la caméra Elphel (celle qui a permis à Google de réaliser Street View), Alexandre a évoqué les potentialités offertes par ces composants aux spécifications ouvertes et libres de droits qui permettent à un entrepreneur compétent de réaliser des produits de très haut niveaux en s’affranchissant d’un coûteux développement initial. Ces composants offrent en outre une flexibilité et une adaptabilité qu’aucun équivalent propriétaire ne pourra jamais proposer.

La causerie s’est poursuivie autour de nombreux sujets. Mais en filigrane des différents propos, un argument est souvent revenu: nous vivons un point de rupture entre deux paradigmes. Et ce passage d’un monde industriel vers un monde du numérique et des réseaux amène à prendre en compte de nouveaux modèles qui doivent encore faire leurs preuve et cohabiter avec les anciens. Ces modèles évoluent constamment et ils sont encore amenés à changer. Et comme le relevait l’un des participants :

Sachons évoluer avec eux et prendre la dimension humaine d’un monde en train de se réveiller !

Quelques liens utiles en lien avec cette causerie:

  1. Le podcast de la causerie est accessible ici (merci Alexandre!)
  2. Le livre de François Elie « Economie du logiciel libre » (dossier en pdf accessible ici)
  3. Guide juridique des logiciels libres
  4. Le site des 13e édition des Rencontres Mondiales du Logiciel Libre
  5. Et la vidéo de présentation des RMLL par François Pellegrini 

La prochaine causerie aura lieu le 19 avril. ThinkData animera une soirée autour de la protection des données et de la transparence.

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