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L’économie collaborative – 24ème Journée de rencontre de l’OT


L’économie collaborative

Economie collaborative


Jeudi 8 octobre 2015, 14h – 17h30
hepia, rue de la Prairie 4, Genève

Entrée libre et gratuite mais inscription souhaitée

Inscription


 

Uber, airbnb, BlaBlaCarKickstarter : les exemples médiatisés de l’économie collaborative sont légions. Grâce au numérique ces sociétés ont su replacer l’individu au cœur de l’action. Elles sont emblématiques d’une tendance forte, en rupture avec les modèles traditionnels. 

Mais cette nouvelle économie ne se réduit pas à ces succès innovants qui ont parfois dévoyé la philosophie des modèles originels. La consommation collaborative sous-jacente englobe des dynamiques et des pratiques qui ne sont pas forcément en lien avec le numérique, telles que la co-utilisation, la co-élaboration ou le troc.

Cette 24ème Journée de rencontre éclairera le sujet de manière large afin de nous aider à en comprendre les enjeux et à évaluer les opportunités pour notre région en général et pour notre administration en particulier. 

Nous espérons vous voir nombreuses et nombreux à cette occasion qui constituera également un moment d’échange et de convivialité.


Téléchargement  Téléchargez le programme de la Journée (pdf, 455 ko)


Pierre Maudet

Pierre Maudet

M. Pierre Maudet, conseiller d’Etat en charge du Département de la sécurité et de l’économie nous fera l’honneur d’introduire cet événement.


Jennifer Leblond
Jennifer Leblond

Économie collaborative : partage 2.0

L’économie collaborative, ça nous parle. Mais savons-nous vraiment ce qui se cache derrière ces mots à la mode ? Jennifer Leblond va tenter d’en définir les contours. Elle nous expliquera comment l’économie collaborative s’infiltre dans tous les pans de l’économie, et jusque dans nos institutions. Elle nous conduira de l’organisation horizontale et décentralisée du think tank OuiShare au positionnement de l’Etat français sur cette économie de l’internet en passant par la démocratie participative.

Jennifer Leblond est consultante en économie collaborative. Elle est social media manager pour OuiShare Global, Connector OuiShare Paris/France, community Manager pour Without Model et Connecteur Ulule. Elle est en outre conseillère en crowdfunding et en tiers-lieux (coworking et makerspace) auprès des collectivités territoriales et animatrice des “jeudigital” du Cabinet de la Secrétaire d’Etat au Numérique.  


Vincent Pignon

Vincent Pignon

Accès au financement des entreprises. Et si l’économie collaborative était la solution ?

A l’heure où les taux d’intérêts deviennent négatifs, les PME éprouvent de réelles difficultés de financement et les particuliers ne savent plus comment rentabiliser leur épargne. Le financement participatif s’impose donc comme un réel choix alternatif. Un peu partout, des particuliers, des entreprises et des fonds d’investissement placent leur argent sur des plateformes de crowdlending, choisissant par avance rendement et risque.

La finance participative impose au final un changement de paradigme où confiance et transparence garantissent le succès d’une recherche de financement. 

Le Dr Vincent Pignon est membre du corps professoral de la Haute Ecole de Gestion de Genève et chercheur invité de l’Université d’Oxford. Il mène des travaux de recherche sur le Crowdfunding, les Fintech et l’économie collaborative. Il travaille pour une plateforme de crowdlending qui permet de prêter directement aux PME Suisse: Wecan.fund. Il est président de la Swiss Crowdfunding Association.


Yves Zieba

Yves Zieba

À la découverte de la nouvelle économie locale

L’expérience locale de l’association Pangloss illustre d’autres formes de l’économie collaborative, notamment les modes de vie collaboratifs, la mutualisation des espaces, le partage des savoirs et la culture libre. 

Pangloss utilise également la production collaborative (pour le prototypage et la fabrication additive) en incitant à l’usage des modèles économiques ouverts issus de l’open source et en optimisant les usages rendus possibles par les dernières technologies du numérique.

Après de nombreuses années d’activité au sein d’entreprises internationales, Yves Zieba conseille aujourd’hui les entreprises sur leurs investissements stratégiques dans le domaine des technologies de l’information. Il les forme sur les techniques avancées de négociation et d’influence. Il est co-fondateur et dirigeant de l’association Pangloss.


Philippe Gargov

 

Philippe Gargov

Une sismologie de la consommation collaborative : lignes de failles et propagation des ondes

Lentement mais sûrement, la consommation collaborative s’immisce dans nos villes, reconfigurant de manière plus ou moins voyante les modèles socio-économiques qui structurent les territoires. En observant les épicentres de ces transformations, en décryptant la manière dont elles se propagent à travers l’existant, une sismologie de la consommation collaborative se dessine. Avec en creux cette question : à quoi ressemblera la ville collaborative de demain ? 

Philippe Gargov est géographe, fondateur du cabinet de prospective [pop-up] urbain qui explore les futurs possibles de nos territoires à travers leurs représentations dans les cultures populaires. Cette résonance entre le réel et l’imaginaire permet de prendre du recul sur les phénomènes et tendances émergents, et d’inspirer les scénarios prospectifs qui en découlent. 


Contact et organisation:
patrick.genoud@etat.ge.ch
christopher.larraz@etat.ge.ch

On a causé de MOOCs…

Illustration-MOOCs

Le monde de l’éducation est en pleine mutation. Les systèmes de financement public sont dépassés. Le modèle privé s’avère coûteux, élitiste, inaccessible ou sans rapport probant à la qualité de l’enseignement. Et si l’alternative résidait dans ces cours en ligne ouverts et massifs que l’on appelle les MOOCs ?

Yves Zieba a apporté son éclairage sur cette question en animant la Causerie du jeudi 19 juin dernier qui leur était consacrée. Une excellente Causerie placée sous le signe de la richesse des discussions menées par la vingtaine de participants dont un bon nombre de spécialistes et/ou de professeurs qui ont apporté leur point de vue éclairé tout au long de la soirée.

Yves a tout d’abord rappelé ce qui fait la spécificité des MOOCs (Massive Open Online Courses, Cours en ligne ouverts et massifs en français) par rapport à du eLearning ou à des vidéos postées sur Youtube. Les MOOCs sont des cours en ligne, proposés en mode ouvert à un nombre quasi illimité de participants. Mais à la différence des outils numériques traditionnels, ils offrent une palette de fonctionnalités supplémentaires qui enrichissent considérablement l’enseignement. Il s’agit notamment de forums et de réseaux sociaux qui permettent de créer des communautés d’étudiants et de professeurs; de questionnaires en ligne; de modules d’évaluation entre apprenants ou d’outils de co-création de contenus pédagogiques. Ces derniers restent naturellement au cœur de l’enseignement mais les interactions avec les professeurs et surtout entre apprenants prennent une place importante.

Contrairement à une idée reçue, les MOOCs sont majoritairement suivis par des adultes entre 35 et 50 ans ayant déjà un bachelor ou un master. Ils s’inscrivent donc plutôt dans une logique de formation continue. Autre idée reçue: ce ne sont pas forcément des professeurs universitaires qui donnent de tels cours en ligne. On y retrouve en effet une population hétéroclite allant des commerciaux aux adolescents férus de jeux en ligne en passant par des amateurs éclairés.

Au travers des échanges de la soirée, trois thèmes ont particulièrement retenu mon attention. Le premier est celui de la démocratisation de l’accès aux savoirs. Les MOOCs constituent très certainement une avancée significative vers l’utopie d’un savoir universellement partagé au niveau planétaire. Certes le chemin est encore long, ne serait-ce qu’en raison des difficultés d’accès à Internet pour une partie encore importante de la population de la planète. Mais l’effet de masse induit par les MOOCs permet aujourd’hui à des centaines de milliers de personnes de suivre simultanément un cours depuis n’importe quel pays du globe. Les MOOCs apportent donc une réponse toujours plus pertinente à des problèmes de société majeurs comme l’éducation ou l’emploi. Mais comme cela a été relevé durant la Causerie, les défis et les pièges à éviter sont encore nombreux.

A commencer par ceux qui sont au cœur du deuxième thème relevé par Yves: le caractère profondément disruptif des MOOCs qu’il va falloir appréhender correctement. Que ce soit au niveau des créateurs de contenus pédagogiques ou des plateformes de distribution, on se cherche encore. Les modèles économiques notamment ne sont pas encore aboutis et chaque acteur cherche sa voie. Mais une chose est certaine: les MOOCs remettent complètement en cause les manières de faire des acteurs ‘traditionnels’. Et au milieu de ces derniers en apparaissent de nouveaux qui viennent combler des manques comme par exemple dans le domaine de la certification authentifiée des cours. Dans ce domaine en perpétuel mouvement , Yves voit énormément d’opportunités pour les entrants.

 

Causerie MOOCs

Le dernier thème concerne la vision politique qui se profile derrière les MOOCs. De l’avis de certains participants, les états se mettent de plus en plus en retrait dans le domaine de l’accès aux savoirs. Aucune réponse définitive n’émerge de la discussion, si ce n’est pour souligner le fait que le politique devrait plus investir le domaine et proposer une vision claire qui préserve équitablement les intérêts tous les acteurs de l’écosystème des MOOCs. Certains évoquent à ce propos l’hégémonie naissante des plateformes de distribution nord-américaines (Coursera et edX notamment) qui constitue selon eux une menace pour l’indépendance et la diversité des cours mis à disposition. Certains états l’ont compris, à l’image de la France qui a lancé la plateforme FUN (France Université Numérique).

Yves a souvent insisté sur le fait que les MOOCs constituent un domaine très novateur mais qui est encore relativement peu mature. De nombreux problèmes restent encore à régler, tels que celui des coûts (et corollairement celui de la rémunération des contributeurs), celui des droits d’auteurs et des licences, celui du rapport de force entre plateformes et contributeurs, celui de la protection des données personnelles des apprenants ou celui du  contrôle qualité pour ne citer que ceux-là.

Pour terminer sa présentation, Yves a évoqué le futur des MOOCs. Il voit notamment une multiplication des formats courts, mieux adaptés aux apprenants en formation continue. Selon lui, ce type de formats s’appuiera toujours plus sur un marché d’apps dédiées (les applications mobiles sur smartphones) qui permettront de nouveaux types d’interactions, et en mobilité qui plus est. On devrait parallèlement aller vers une meilleure prise en compte du contexte de l’apprenant. Si l’on y ajoute les efforts qui sont faits en terme de ludification pour réduire le taux d’abandon élevé lié au format même des MOOCs, on a une bonne idée des directions prises. Ces différents facteurs facilitent la venue sur le marché de nouveaux entrants qui vont à leur tour amener leur lot d’innovations.

La discussion qui a suivi la présentation de Yves a beaucoup tourné autour de la valeur pédagogique des MOOCs. La critique la plus importante qu’on peut leur faire dans ce domaine tient au fait que l’on doit poser des hypothèses réductrices sur les apprenants (dont la population est par nature très hétéroclites). On manque actuellement de recul pour réellement juger de l’impact que cela a sur la qualité des cours. Yves est par contre convaincu que la force des MOOCs réside dans la richesse des interactions entre apprenants, domaine où l’on peut encore imaginer des innovations porteuses de valeur.

 

             Plus on ouvre ses contenus, plus on donne et on partage,
                  plus on favorise la création de nouveaux savoirs !

 

 

On a également évoqué les nouveaux métiers qui émergent en lien avec la montée en puissance des MOOCs: des data scientists aux community managers, en passant par la spécialisation de métiers plus traditionnels qui sont nécessaires à produire un MOOC (preneurs de vue, monteurs, spécialistes en communication, etc.).

De l’avis de tous, les MOOCs ne vont pas, comme le prétendent certains, remplacer complètement les cursus universitaires traditionnels. Mais on va clairement vers plus d’imbrications entre réel et virtuel. Et l’influence qu’ils vont avoir sur la manière d’enseigner est indéniable, notamment dans le domaine de la formation continue. Reste à savoir quel impact ils auront sur le marché du travail.


Yves Zieba – Causerie MOOCs – Juin 2014 (180 Mb)


Références

 


Yves Zieba

Yves Zieba (@ziebayves) est un leader multiculturel et multifonctionnel avec une expérience particulière en stratégie d’entreprise, en stratégie commerciale et en agilité stratégique. Passionné d’innovation et entrepreneur dans l’âme, il a mis en place des incubateurs et de nombreux partenariats. Il anime un réseau d’anciens d’une grande écoles de commerce et coordonne plusieurs communautés et think tanks dont le “MOOC, SPOC, DOCC”.


On a causé de modèles économiques…

Time for change

Partage, contribution, collaboration, peer to peer ou biens communs deviennent les mots d’ordres de toute une génération d’innovateurs, de créateurs et d’entrepreneurs. Plus que des concepts, ils constituent un cadre de pensée pour l’action, à la base de nouveaux modèles économiques. Mais qui sont ces nouveaux entrepreneurs? Pourquoi et comment ces modèles fonctionnent-ils?

Pour nous aider à répondre à ces questions, Louis-David Benyayer du do tank parisien Without Model était l’invité de la Causerie du 13 juin dernier. Créé en 2012, Without Model rassemble chercheurs et professionnels pour construire et généraliser des modèles économiques ouverts, collaboratifs et responsables. Il ambitionne dans ce contexte de faire évoluer les modes de pensée et d’action des entreprises et de promouvoir l’innovation sociale.

“Disruption is eveywhere”

Ces nouveaux modèles constituent selon Louis-David une réponse nécessaire aux nombreuses innovations de rupture que le numérique a amené ces dernières années. Ne serait-ce que lorsqu’on évoque l’essor de l’économie collaborative ou le fait d’aller du monde de la propriété vers celui des services partagés. Dans tous les cas, l’unicité de modèle actuelle est en train de voler en éclats.

Parmi ces nouveaux business models qui émergent, Without Model s’intéresse plus particulièrement à ceux qui sont ouverts, collaboratifs et responsables.

  • Ouverture : au niveau du financement notamment, mais également au niveau de la nécessaire interdisciplinarité à intégrer dans les démarches d’innovation.
  • Collaboratif  : parce que sans s’appuyer sur les compétences externes, il est très difficiles aujourd’hui d’innover.
  • Responsable : en ce sens que les projets ainsi menés doivent produire une valeur sociale au sens où l’entend Michael Porter (notion de shared value ou valeur partagée).

Pour illustrer son propos, Louis-David donne l’exemple de Wikispeed, une entreprise qui a été capable de mettre au point un prototype de voiture à haute efficience énergétique en moins de trois mois (voir la présentation TEDx avec Joe Justice, le fondateur de Wikispeed).  Comment s’y est-il pris ? En transposant les méthodes “agiles”, héritées du développement des logiciels, à la production de biens matériels. Il a conçu sa voiture de manière modulaire, en travaillant sur des plans ouverts, et en se limitant à l’utilisation d’outils du commerce pour son montage. Il a su enfin rassembler des équipes de volontaires qui travaillent en mode collaboratif.

Pour ce succès, comme pour d’autres exemples mentionnés par Louis-David (comme le projet Fair Phone), se pose toutefois la question de la pérennité de ces nouveaux modèles. Nous n’avons en effet que peu de recul pour juger de l’évolution de ces manières de concevoir des services et des produits ainsi que sur des modes d’interactions souvent basés sur des valeurs autres que monétaires. Ceci est particulièrement vrai lorsqu’on fait référence à des modèles économiques collaboratifs et ouverts tels que ceux prônés par  Without Model.

Les modèles économiques présentés par Louis-Davis sont clairement innovants. Mais dans la phase que nous vivons aujourd’hui, l’innovation ne réside dans un premier temps pas forcément dans les produits ou les services créés, mais dans le simple fait de se lancer dans des démarche basées sur l’ouverture, sur la co-création et sur le collaboratif.

De manière générale, le credo de Without Model réside dans la prise en compte des 4 points suivants comme des facteurs clés de succès:

  1. Lancer les projets dans une logique d’expérimentation et de prototypage
  2. Intégrer l’échec comme un processus d’apprentissage
  3. Savoir se créer son écosystème (pour co-développer des services et les co-opérer)
  4. Favoriser les approches transversales
Antoine Burret, Yves Zieba et Louis-David Benyayer

Antoine Burret, Yves Zieba et Louis-David Benyayer

Le monde de l’industrie traditionnelle perçoit ces ruptures et certains tentent de lancer des démarches inspirées des exemples ci-dessus, à l’exemple par exemple de Renault qui expérimente les FabLabs ou de Leroy-Merlin qui a pris conscience que ces derniers seront probablement leurs concurrents de demain.

La discussion qui suit la présentation de Louis-Davis est riche et aborde des questions variées mais sans réponse définitive :

  • Voit-on un retour vers une économie plus locale ?
  • L’obsolescence programmée est elle bientôt morte ?
  • Va-t-on vers la servitisation de ces nouveaux modèles ?

Louis-David conclut la Causerie avec une présentation des activités présentes et à venir de Without Model. La promotion de ces nouveaux modèles économiques ainsi que des démarches et des outils associés passe par l’organisation d’évènements, dont de nombreux ateliers interdisciplinaires (Business model crash tests, Business model challenge, jeux de plateau sur les business models à venir, etc.).

Without Model peut compter sur des membres passionnés qui donnent beaucoup de leur temps. Le do tank parisien sait également s’appuyer sur les organisations existantes pour relayer son discours et organiser des évènements.

Avec Jean-Henry Morin, président du think tank genevois Think Services, nous nous retrouvons complètement dans le discours de Louis-David. Et même si la masse critique dont peut bénéficier Without Model en région parisienne nous fait défaut à Genève, nous repartons avec quelques suggestions qui devraient nous aider à aller de l’avant !

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Louis-David Benyayer est fondateur du do tank parisien Without Model. Il intervient dans de nombreuses conférences en France et à l’international sur l’innovation des modèles d’affaires.

Louis-David Benyayer

 

 

 

 

 


On a causé de Lean Startup…

C’est Antoine Burret qui nous livre ci-dessous le résumé de la Causerie du 20 décembre 2012.

Dernière Causerie de l’année, première anniversaire des Causeries du jeudi à la Muse, l’occasion de faire une courte rétrospective sur un format de rencontre qui fait désormais partie du paysage genevois.

En novembre 2011 Jean-Michel Cornu, directeur scientifique de la Fing inaugurait la première Causerie sur le thème de l’intelligence collective. Dès lors cette réunion mensuelle, intimiste mais ouverte à tous a permis d’aborder des problématiques aussi diverses que les nouvelles monnaies, l’économie du libre, l’e-inclusion, les net-ups ou la gestion du changement, pour ne citer que celles-là. Des projets ont ainsi été testés et expérimentés; des contacts ont été noués. Les discussions ont été longues, précises, vives parfois, mais toujours bienveillantes. Nous remercions chaleureusement les plus de 200 participants à ces Causeries pour la richesse de leurs idées et de leurs interventions.

Le programme de cette nouvelle année se précise. Le 21 février nous aborderons ainsi le thème de la créativité en entreprise. Et tout comme Vincenzo Pallotta qui nous a fait le plaisir d’animer la Causerie du mois de décembre 2012, n’hésitez pas à nous contacter pour proposer des sujets pour cette année 2013.

Le jeudi 20 décembre 2012, de nombreux participants se sont déplacés pour échanger sur le thème de la soirée, une méthodologie entrepreneuriale qui transforme radicalement notre conception de la création d’entreprise: le Lean Startup.

C’est Vincenzo Pallotta, conseiller stratégique en entreprises et spécialisé dans l’approche Lean Startup qui animait la soirée. Pour lui cette méthodologie s’est développée dans un contexte particulier qui incite les entreprises à  réinventer leur manière d’évoluer et d’aborder leur marché. Les conditions économiques actuelles compliquent en effet l’accès aux capitaux pour les entrepreneurs.  De plus, les marchés évoluent très rapidement ce qui rend quasi-obsolètes les prévisions des business plans sur 3 ou 5 ans.  Il devient donc nécessaire, lors du lancement d’une entreprise de connaitre parfaitement son marché en étant au plus près des besoins de ses futurs utilisateurs.

Photo Samuel Rubio (www.samuelrubio.ch)

La méthodologie Lean Startup propose un mécanisme permettant de prendre des décisions stratégiques en fonctions de données qualitatives et quantitatives obtenues de manière scientifique grâce à des retours d’expérience. Concrètement, il s’agit de lancer son projet à l’état de prototype, même s’il est petit et imparfait. Cette étape permet de rencontrer ses utilisateurs en prenant un minimum de risques, en  concentrant ses efforts sur les fonctionnalités clés de son produit/service. Un produit minimum viable est ainsi testé par des first users. Sur cette base, la définition d’indicateurs permet de vérifier les hypothèses de départ et de réorienter son produit ou son service (de pivoter) si les résultats sont insatisfaisants.

Cette méthodologie se rapproche des méthodes de co-création qui “embarquent” l’utilisateur final dans le processus de décision. Chaque développement est envisagé comme une expérimentation permettant de valider des hypothèses. Chaque échec est un enseignement. L’entrepreneur Lean se positionne en chercheur. Il teste son produit/service dès la phase de concept et mesure le comportement des potentiels utilisateurs. Chaque développement stratégique est pris en fonctions de données issues de ses expériences. La recherche de bons indicateurs quantitatifs et qualitatifs est donc essentielle pour comprendre très rapidement ce pour quoi le futur client veut bien payer et la manière dont on peut lui offrir.

Après cette présentation d’une trentaine de minutes, Vincenzo a animé la discussion qui a suivi pour terminer avec un cas concret. Le fondateur et directeur de la startup Up to Wine s’est porté volontaire pour un innovation game dont l’objectif était de tester le comportement d’acheteurs potentiels devant un “Produit Minimum Viable”. Vous pouvez retrouver le compte-rendu détaillé de cet atelier sur le blog leanstart.ch.

Quelques lectures pour se plonger dans le sujet:

Pour celles et ceux qui sont intéressés par une formation plus complète, Vincenzo Pallotta organisera prochainement un atelier sur le sujet.

Voici enfin les photos de l’évènement réalisées par Samuel Rubio:

 

On a causé Économie du libre…

La nuit des Bains qui animait jeudi dernier le quartier de la Muse n’a pas distrait la trentaine de participants à la causerie consacrée à l’économie du logiciel libre. Pour lancer la discussion, Lionel Lourdin et Alexandre Poltorak de la Free IT Foundation ont apporté leur vision riche d’une longue expérience d’entrepreneurs dans le monde du libre. En évitant un jargon technologique, ils ont suscité une discussion de près de 3 heures, animée et passionnante grâce à à une assistance diversifiée regroupant développeurs de haut vol et néophytes en matière de logiciel libre.

Après avoir mentionné quelques-uns des nombreux acteurs majeurs du monde de l’Internet qui utilisent la force d’innovation du libre (Google notamment), Lionel Lourdin a rappelé ce qui constituait les fondamentaux de l’économie du libre, à savoir la licence copyleft qui permet à la fois la reconnaissance de l’auteur du logiciel ainsi que l’accessibilité au savoir. Pour lui le processus entrepreneurial lié au au monde propriétaire est par essence très différent de celui lié au libre: on passe de l’acquisition du savoir à sa réutilisation.

Le libre c’est la capitalisation du savoir humain. On y on finance l’innovation plutôt que le marketing !

Si l’on désire se lancer dans une entreprise ‘libre’, la Free IT Foundation préconise de partir d’emblée sur un modèle dual s’appuyant à la fois sur une structure institutionnelle et sur une structure d’affaires. La première permet de créer une communauté autour de la solution, alors que la seconde génère les revenus au travers des prestations offertes. Ce type de montage est gage de pérennité et a déjà fait ses preuves dans de nombreux projets open source. Le droit Suisse y est en outre particulièrement favorable.

Lionel a terminé sa présentation en évoquant les RMLL, les Rencontres Mondiales du Logiciel Libre qui se tiendront à Genève du 7 au 12 juillet prochain et dont la Free IT Foundation est la cheville ouvrière. Le programme est ouvert et co-construit par les participants. La Muse s’associe à l’événement en accueillant tous les lundis soir dès 18h les séances de préparation de ces RMLL (entrée libre). N’hésitez pas à y venir si vous désirez contribuer à leur succès.

La discussion qui a suivi cette présentation a abordé de nombreuses thématiques en lien avec le libre, passant de celle d’écosystème du libre, à la mutualisation de la demande, en passant par la notion de biens communs. Une discussion riche et intense qui a permis à certains participants de lever le voile sur des projets enthousiasmants tels que la monnaie alternative Bitcoin ou la plateforme de concertation Parlement et Citoyens. Des sujets en or pour de futures causeries !

Alexandre Poltorak a également éclairé un sujet largement méconnu, celui du Hardware libre, émanation directe de la philosophie du logiciel libre En l’illustrant avec la plateforme Arduino ou la caméra Elphel (celle qui a permis à Google de réaliser Street View), Alexandre a évoqué les potentialités offertes par ces composants aux spécifications ouvertes et libres de droits qui permettent à un entrepreneur compétent de réaliser des produits de très haut niveaux en s’affranchissant d’un coûteux développement initial. Ces composants offrent en outre une flexibilité et une adaptabilité qu’aucun équivalent propriétaire ne pourra jamais proposer.

La causerie s’est poursuivie autour de nombreux sujets. Mais en filigrane des différents propos, un argument est souvent revenu: nous vivons un point de rupture entre deux paradigmes. Et ce passage d’un monde industriel vers un monde du numérique et des réseaux amène à prendre en compte de nouveaux modèles qui doivent encore faire leurs preuve et cohabiter avec les anciens. Ces modèles évoluent constamment et ils sont encore amenés à changer. Et comme le relevait l’un des participants :

Sachons évoluer avec eux et prendre la dimension humaine d’un monde en train de se réveiller !

Quelques liens utiles en lien avec cette causerie:

  1. Le podcast de la causerie est accessible ici (merci Alexandre!)
  2. Le livre de François Elie “Economie du logiciel libre” (dossier en pdf accessible ici)
  3. Guide juridique des logiciels libres
  4. Le site des 13e édition des Rencontres Mondiales du Logiciel Libre
  5. Et la vidéo de présentation des RMLL par François Pellegrini 

La prochaine causerie aura lieu le 19 avril. ThinkData animera une soirée autour de la protection des données et de la transparence.

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