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Retour sur Lift 2011

11 février 2011 – Patrick Genoud

Sous le slogan « What can the future do for you ? » la conférence Lift a réuni à Genève plus de 1’000 participants du 2 au 4 février 2011. Un record de participation qui récompense la qualité (supérieure à celle de l’année dernière) du programme proposé cette année par Laurent Haug et son équipe.

Fidèle à un format qui a fait ses preuves au cours des éditions précédentes, les organisateurs nous ont proposé durant trois jours « l’expérience Lift ». Car au-delà des habituelles présentations bien formatées que l’on retrouve dans toutes les bonnes conférences, c’est bien à travers l’expérience offerte aux participants que Lift appose sa patte: que ce soit en laissant les membres de la communauté Lift s’exprimer lors des open stages ou des ateliers de co-création ou en proposant des lieux de détente conviviaux et propices à la conversation, des expositions où l’art côtoie le bidouillage technologique, des échanges permanents online et offline, une couverture vidéo qui vous permet de ne pas en perdre une miette, le tout agrémenté de soirées mémorables et appuyé sur une organisation très professionnelle.  Ainsi comme chaque année, ce qui fait la vraie richesse de Lift, c’est la multiplication des rencontres et des échanges rendue possible durant ces trois jours.

Visualisation des plus de 5’000 tweets envoyés durant Lift11 (Adrian Kuhn)

De l’édition 2011 je retiendrai des présentations de qualité telles celle de Brian Solis qui, en rebondissant sur le slogan de Lift11, nous engage à prendre en main notre futur en nous préoccupant notamment de ce véritable trésor qui est entre nos mains: notre capital social. Brian insiste sur le fait qu’au sein des réseaux sociaux, ce qui peut nous servir peut également se retourner contre nous. Sachons rester attentifs et critiques!

J’ai également beaucoup apprécié la présentation de Nick Coates sur le présent et le futur de la co-création. Une excellente synthèse de ce qu’est la co-création aujourd’hui, des règles à suivre pour s’y engager correctement ainsi que des défis auxquels il faudra savoir prendre en compte dès demain, le premier étant celui de savoir conserver l’élan créé ces dernières années autour de ce type de démarche.

Enfin Kevin Slavin nous a parlé des algorithmes qui gouvernent nos vies. Rien de forcément nouveau sous le soleil, si ce n’est une indispensable piqûre de rappel pour que nous ayons toujours à l’esprit le fait que les algorithmes dictent sournoisement passablement de nos choix. Nous n’avons pas beaucoup de prise sur ces agents opaques et inscrutables. Sachons cependant rester vigilants pour ne pas nous laisser entraîner trop loin.

Mais comme dans toutes les conférences la règle veut qu’il yait à boire et à manger, je mentionnerai également le flop de Jean-Claude Biver dont la vacuité des propos l’a littéralement poussé à s’envoler à la fin de sa présentation. Déception également avec le discours assez creux de Robert Scoble qui s’est contenté d’aligner les nouvelles perles de la Silicon Valley sur son fil, mais sans véritable mise en perspective ni esprit critique.

Et s’il fallait mettre un bémol aux présentations de cette 6ème édition c’est peut-être dans un contenu un peu trop consensuel à mon goût qu’il faudrait le chercher. La quasi totalité des présentations en lien avec les nouvelles technologies et les réseaux sociaux confortent en effet l’image d’un monde idéal de l’Internet d’aujourd’hui et de demain qui entraîne inexorablement la population de la planète dans son sillage et dans lequel semble se complaire une majorité des participants. Une attitude un peu plus critique et une dose d’impertinence seraient à mon avis salutaires. La présentation (par ailleurs excellente) de Don Tapscott est illustrative de cet état de fait. Don s’enthousiasme sur l’influence (considérable) des réseaux sociaux dans les révolutions tunisienne et égyptienne, prémices d’un nouveau mode de gouvernance décentralisé pour ces pays. On était tombé dans la même euphorie à propos des émeutes en Iran l’année dernière et  l’étude des faits n’avait finalement pas résisté à l’analyse.

Au niveau des ateliers, j’ai vécu de l’intérieur le stimulant « iGraffiti: mobile Public Debate in the Urban Space » proposé par Jean-Henry Morin ainsi que celui organisé par Nicolas Nova et Vlad Triffa « Smart Cities: how to move from here to there?». Beaucoup d’idées générées durant ces deux ateliers, et surtout de nombreuses pistes qui ont permis de défricher des terrains encore vierges.

Enfin l’Observatoire technologique a profité de Lift11 pour organiser avec Lift Lab un atelier visant à co-créer des services innovants à destination des citoyens en se basant sur des données publiques ouvertes. Cet atelier sur lequel nous reviendrons prochainement réunissait sur invitation, autour des thèmes de la mobilité et des données 3D, plus de vingt personnes : experts, spécialistes de l’administration genevoise et membres de la communauté Lift.


Lancement du Think Group "Données, Société et Transparence"

Dans le cadre du think tank Think Services et à l’initiative du professeur Jean-Henry Morin (département de systèmes d’information de l’université de Genève), le Think Group « Données, Société et Transparence » a vu le jour en décembre 2010. Le 14 janvier dernier se tenait la première séance de ce groupe qui réunit une quinzaine de personnes de provenances diverses. Outre les membres de l’Observatoire technologique, on y trouve des juristes, des sociologues, des spécialistes de sécurité informatique, des spécialistes des technologies numériques, des préposé(e)s à la protection des données, un designer et une responsable de ressources humaines.

Cette diversité de points de vue ne sera pas de trop pour éclairer le sujet riche mais combien difficile de la protection des données et de la transparence à l’heure de l’Internet. Lors de la séance de lancement les participants s’étaient accordés pour aborder cette problématique sous un angle très concret. L’objectif initial que s’est donné le Think Group est ainsi de proposer d’ici à la fin de l’année 2011 un kit d’auto-évaluation en matière de protection des données et de transparence. Ce kit doit permettre de cristalliser les réflexions qui seront lancées autour de cette problématique sur un sujet concret et éviter ainsi une dispersion des idées que d’aucuns perçoivent comme un écueil important lorsqu’on évoque le sujet.

La première séance de travail s’est tenue dans les locaux de l’Université de Genève à Battelle sous forme d’une séance de brainstorming visant à répondre à trois questions:

  1. A qui peut s’adresser ce kit (publics cible) ?
  2. Quels sont les objectifs poursuivis et les résultats attendus avec ce kit ?
  3. Que recouvre le kit (thématiques, types de données et de services concernés, etc.)

Lors de la phase initale d’idéation, on constate d’emblée la richesse des points de vue amenés par les différents intervenants: la complémentarité des perceptions et des approches ne manquera pas de porter ses fruits par la suite, ceci d’autant que l’ouverture d’esprit des participants est palpable. Au sein des trois groupes créés pour l’occasion, on ressent clairement une tension entre les deux thématiques que nous tenons à traiter ensemble: protection des données ET transparence. Gérer cette tension constituera sans aucun doute une difficulté majeure mais en même temps un gage de succès pour le Think Group.

Les idées ne manquent pas !

La phase d’idéation a permis de récolter de nombreuses idées. Des thématiques qui n’avaient pas été explicitement envisagées jusqu’ici ont émergé: mobilité, géodonnées, tagging, données 3D, etc. Et comme dans toute démarche d’innovation, il va falloir par la suite synthétiser, trier et prioriser ces différents éléments, ce que nous n’avons pas eu le temps de faire lors de la séance. Mais l’envie d’aller de l’avant ne manque pas: envie qui s’est traduite dans une appropriation du Think Group puisque plusieurs participants se sont proposés pour travailler sur les données de cette première phase d’idéation.

La prochaine séance, agendée au 11 février prochain, visera à prioriser les réponses apportées aux trois questions du jour. Elle devrait également nous permettre de travailler sur les forme(s) et format(s) à imaginer à ce kit d’auto-évaluation en matière de protection des données et de transparence. Il faut espérer que la créativité sera au rendez-vous durant cette séance et débouchera sur des pistes originales.

Si ce billet vous interpelle et que vous avez des compétences, du temps et de l’énergie à consacrer à cette initiative, annoncez-vous! Le Think Group « Données, Société et Transparence » se veut en effet ouvert!

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Pour mémoire (et parce que le site web du think tank n’est pas encore très fourni), Think Services est un think tank créé à Genève en 2009 à l’initiative du professeur Michel Léonard de l’Université de Genève et des membres de l’Observatoire technologique. L’objectif de Think Services est d’aider les gens à s’approprier durablement la dynamique des services.

Lift11: Qu’est-ce que le futur peut faire pour vous?

28 janvier 2011 – Giorgio Pauletto

Genève accueille du 2 au 4 février la conférence internationale Lift dans sa sixième édition LIFT11. Cette conférence fait partie d’une initiative ancrée à Genève depuis sa fondation, ainsi qu’en Asie et en France. L’essence même de ces rencontres bâties autour d’une communauté forte est de regarder ensemble les prémisses du futur. Cela se construit concrètement en regroupant les personnes pionnières dans l’exploration des implications des technologies sur la société.

L’Observatoire technologique est présent à Lift depuis sa création et participe de plus en plus activement à cette communauté. Dans cette édition nous sommes particulièrement partie prenante puisqu’un atelier spécifique sera monté et animé par LiftLab pour co-concevoir des services urbains de demain sur des données telles que les traces digitales et les couches d’information géographiques en adressant des domaines comme la mobilité et la représentation 3D du canton de Genève.

Les innovations ne pourront émerger qu’en imaginant et co-designant les futurs possibles et la conférence Lift offre une communauté et un espace propices à ces réflexions prospectives. Nous vous invitons à lire le programme et bien sûr à venir participer. L’expérience d’être à Lift ne se raconte pas, elle se vit intensément en devant co-acteur de l’évènement, en transformant ensemble les idées et en s’inspirant de cette communauté très stimulante et bienveillante.

Bon anniversaire à la Muse !

26 janvier 2011- Patrick Genoud

Inaugurée officiellement il a une quinzaine de mois, La Muse fêtait lundi dernier son premier anniversaire! Pour l’occasion une cinquantaine de co-workers et de personnes gravitant autour de cet espace d’incubation d’idées et de projets se sont réunis dans le cadre du traditionnel pique-nique du lundi. Parmi les participants, outre les habituels porteurs de projets, on notait en particulier la présence du conseiller d’Etat Pierre-François Unger venu réitérer son soutien à une initiative pour laquelle il a contribué « à trouver des murs » comme il le dit; « les idées ce sont d’autres personnes qui les ont apportées ».

Un (long) tour de table a permis de constater la richesse des envies et des énergies représentées autour de la table. Et pour le coup la relative exigüité des lieux a fait très vite monter la « température des idées ». Nul doute que ce premier anniversaire sera suivi de beaucoup d’autres.

Bon anniversaire à Geneviève, Réginald, Anne, Aurore et à toute l’équipe, et longue vie à la Muse!

Réginald Maître, Geneviève Morand et Pierre-François Unger

Voir le billet de Ndidi Arihi (Musekeeper) sur le même sujet.

La co-création dans le service public – Le 12:30 sur RSR1

30 novembre 2010 – Giorgio Pauletto

La co-création sera un thème central de la prochaine conférence Lift sur les nouvelles technologies et leurs usages, qui aura lieu en février 2011 à Genève. Trois mois avant cette nouvelle édition, la co-création fait l’objet d’une présentation-débat dans le cadre des First de Rezonance, mardi 30 novembre 2010, au siège de la Fédération des entreprises romandes. L’interview de Giorgio Pauletto, conseiller en technologie et stratégie à l’Observatoire technologique de l’État de Genève. Une interview donnée au journal Le 12:30 de la RSR1 le 29 novembre 2010 (Radio suisse romande, La première).

RSR1

Le 12h30 (avec Giorgio Pauletto)

Lien sur le site de l’émission

Lien sur le fichier

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter avec profit les deux derniers chapitres de Administration Demain.

Comment les réseaux sociaux peuvent-ils favoriser la créativité et l’innovation régionales ?

Article rédigé avec Xavier Comtesse pour le numéro du 2 juin 2010 de la Revue Économique et Sociale.


Les réseaux sociaux sont en train d’inventer une nouvelle économie. Cette économie créative se définit autour du concept de net-up , à savoir des projets, des entreprises faisant appel aux réseaux sociaux comme principal ingrédient de leur activité.

Le coworking, les groupes d’émergence, les communautés de pratique, le copyleft, le capital social, les nouveaux business modèles et les centres créatifs sont autant de termes qui définissent l’environnement des net-ups.

On parle alors de conditions cadres atypiques par opposition à celles connues de l’économie traditionnelle comme le capital-risque, les business plans, le transfert technologique, le copyright et les brevets, les technopôles et les incubateurs, le coaching et les clusters.

Les résultats du sondage présentés dans cet article, réalisé auprès des membres du réseau social Rezonance, montrent un large mouvement qui évolue de la sphère des start-ups vers celle des net-ups.

Comment les réseaux sociaux peuvent-ils favoriser la créativité et l’innovation régionales (pdf, 487 ko)

Mots-clés: réseaux sociaux, créativité, innovation, start-up, net-up, business model, économie, incubateur

Administration Demain

Cette étude est une synthèse prospective de la situation présente et à venir pour Genève dans le cadre du projet d’Administration en Ligne.

Elle est basée sur une analyse internationale avec des missions de recherches factuelles en Allemagne, Estonie, Canada, États-Unis, Finlande et France mais aussi sur ce qui se fait en Suisse et à Genève. Tout en cherchant à développer un argumentaire politique et visionnaire, l’étude se fonde sur du narratif existant et fortement documenté. L’étude se veut accessible et transparente. Elle tient à rendre compte des progrès accomplis tout en offrant une feuille de route claire mais largement encore ouverte.

Cette étude a été réalisée dans le cadre de l’Observatoire Technologique (OT) du Centre des Technologies de l’Information (CTI) du Département des Constructions et des Technologies de l’Information du Canton de Genève, Suisse.

A l’intention du politique, du législatif et de l’administration, cette étude tente d’éclairer le chemin à parcourir et se conçoit ainsi et avant tout comme un outil de travail.

Auteurs: Xavier Comtesse et Giorgio Pauletto

Lien direct vers le document PDF (1.87 MB) AdministrationDemain2010-06-02.pdf

 


 

Une présentation du rapport en vidéo

http://vimeo.com/20507253

http://www.youtube.com/watch?v=7mAjzA2zOAo

 

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