Tag: secteur public

Smart Gouvernance

Sous l’effet d’un participatif transformationnel et d’internet les administrations publiques mutent. Autant percevoir dès maintenant les probables conséquences pour tracer le chemin vers une «smart gouvernance».

L’administration vit actuellement une grande révolution. Sous l’effet de l’usage massif des nouvelles technologies de l’information et de la communication, toutes les procédures sont revues de fond en comble; les barrières historiques entre les différents services administratifs tombent; les données et les informations deviennent compatibles entre elles; les usagers (citoyens, entreprises, organisations de la société civile) participent à la création de nouvelles valeurs; l’automatisation des transactions abaissent drastiquement les coûts; la personnalisation des services rend l’administration ouverte à de nouvelles formes de collaboration, les données jusqu’alors réservées à l’usage exclusif des administrations sont mises à disposition des usagers pour de nouvelles applications en co-création dans un esprit d’open source. Enfin, les usagers eux-mêmes sont devenus des agents du changement en proposant des applications nouvelles basées sur les données des administrations mais exécutées en dehors de celles-ci. On parle ici d’action transformationnelle à savoir au-delà du cadre transactionnel.

On parle de plus en plus de «smart» gouvernance pour désigner la phase en devenir du développement des administrations et des gouvernements. Le terme «smart» introduit par le Professeur Joseph Nye, fait référence à la combinaison des modes transactionnels (hard power) et transformationnels (smart power) . Après avoir connu une phase dite du e-gouvernement qui correspondait à la mise en ligne sur Internet des services administratifs suivie d’une hase (encore en développement) du «Open» Gouvernement correspondant à la mise à disposition des données par les administrations, on anticipe l’arrivée d’une nouvelle phase participative et transformationnelle dans laquelle les usagers deviendront de véritables acteurs du changement.

Les huit enjeux présentés développent bien les étapes du participatif et du transformationnel que doivent désormais aborder les administrations. Par le biais d’exemples, cette deuxième partie du présent travail tente de montrer à quel point les administrations de par le monde, sont déjà très engagées dans ce processus. Il est cependant important de préciser qu’il s’agit désormais de résoudre davantage une problématique sociétale de «participation augmentée» que de digitalisation d’anciennes procédures administratives. En quelque sorte, grâce à ces deux étapes (participatif et transformationnel) démarre une toute autre révolution: celle de l’usager actif, compétent et participatif. Le terme de transformationnel a été choisi en référence à son usage répandu aux États-Unis pour désigner cette étape ultime. Bien que son usage et donc sa compréhension ne soient pas encore généralisés en Europe, il nous paraît judicieux de l’utiliser rapidement car il donne la véritable perspective du changement. Demain, les administrations seront largement sous l’effet d’un participatif transformationnel, autant en percevoir dès maintenant les probables conséquences pour tracer le chemin vers une «smart gouvernance».

En effet, il est important de pouvoir situer dans un contexte contemporain, l’évolution des changements sociétaux et technologiques tout en fournissant aux administrations, aux politiques, mais aussi aux usagers qu’ils soient simples citoyens, entrepreneurs ou représentants des anciennes ou nouvelles formes d’organisation de la société civile, une sorte de «feuille de route» visionnaire des transformations en cours. En effet, le participatif «augmenté» et le
transformationnel ne sont pas encore des concepts bien appréhendés par les différents acteurs. Prendre le temps d’en analyser les enjeux et les contours nécessite à la fois de se plonger dans de nouveaux comportements sociétaux et de saisir les potentiels des progrès technologiques. Ce travail se veut en ce sens une découverte de notre avenir actuel.

Télécharger le document PDF (695 KB) Smart Gouvernance 2011-12-16.pdf

Création de l’association Opendata.ch

17 janvier 2012 — Giorgio Pauletto

Une information et invitation au sujet de l’Open Data par la création d’une association Opendata.ch qui favorise ce mouvement en Suisse. Par ailleurs, une étude sera aussi lancée sur le thème des données publiques ouvertes qui permettra de mieux appréhender le sujet. Plus de détails ci-dessous.

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Nais­sance de l’association Opendata.ch le 19 jan­vier 2012 à Berne


http://opendata.ch/2012/01/vereinsgrundung-opendata-ch-am-19-januar-2012-in-bern/

Andreas Amsler et Antoine Logean

L’ouverture des don­nées en Suisse fait son che­min. 2012 sera en effet une année décisive dans l’établissement en Suisse du mou­ve­ment Open Govern­ment Data (OGD). Une étape import­ante sera fran­chie en ce début d’année par la créa­tion de l’association opendata.ch.

Initié en juin 2012 par /ch/open (Swiss Open Sys­tems User Group ) et la Société Suisse d’Informatique (SI), le groupe de tra­vail opendata.ch s’est donné comme objec­tif de pro­mou­voir l’ouverture des don­nées publi­ques en Suisse. Pour ce faire, il a lancé en juin 2011 aux Archi­ves Fédé­ra­les de Berne la pre­mière con­fé­rence annu­elle sur l’Open Govern­ment Data en Suisse ainsi que 3 mois plus tard le pre­mier cam­pus (hacka­thon) make.opendata.ch. Une autre part import­ante de son tra­vail con­siste à mettre à dis­po­si­tion ses com­pé­ten­ces et offrir une aide directe au Groupe Par­le­men­taire pour une Infor­ma­ti­que Dura­ble dans les diver­ses actions poli­ti­ques (pos­tu­lats et moti­ons) lan­cées au niveau fédé­ral visant à une plus grande ouver­ture des don­nées publi­ques. Par­al­lè­le­ment à ce tra­vail, par le biais du site inter­net opendata.ch et d’une liste de dif­fu­sion, le groupe de tra­vail opendata.ch a pour objec­tif d’informer et de fédé­rer la com­mu­n­auté sur les diver­ses activi­tés liées à l’Opendata en Suisse.

Créa­tion de l’association Opendata.ch

Avec la mon­tée en puis­sance du mou­ve­ment, l’organisation infor­melle du groupe de tra­vail ne suf­fit plus. Par con­sé­quent, dans un souci de con­ti­nuité, afin d’offrir vers l’exterieur une entité claire où les rôles, les respons­a­bi­li­tés, les tâches et leur finan­ce­ment sont défi­nis de manière trans­pa­rente, le groupe de tra­vail a décidé de fon­der l’association “opendata.ch”, dont la nais­sance sera officialisée:


le jeudi, 19 jan­vier 2012 de 17h15 à 19h00
à la Haute école spé­cia­lisée ber­noise, Hal­ler­strasse 10, Berne
(voir plan de situa­tion)

L’ordre du jour sera le suivant:

  • Mes­sage de bienvenue
  • Pré­sen­ta­tion et adop­tion des statuts
  • Mon­t­ants des coti­sa­ti­ons pour 2012 et 2013
  • Élec­tion du comité. Les mem­bres sui­vant du groupe de tra­vail opendata.ch se port­ent can­di­dats: Andreas Ams­ler, Han­nes Gas­sert, André Gol­liez, Chris­tian Laux, Antoine Logean, Gior­gio Pau­letto, Barnaby Skin­ner, Mat­thias Stürmer
  • Bud­get 2012
  • Infor­ma­ti­ons sur les activi­tés et événe­ments pré­vus en 2012
  • Divers

Etude Open Govern­ment Data en Suisse

Préalable­ment à la céré­mo­nie de fon­da­tion, se dérou­lera de 17h15 à 18h15 une séance d’information sur l’Etude Open Govern­ment Data en Suisse, étude réa­lisée par la Haute école spé­cia­lisée ber­noise en col­la­bo­ra­tion avec la société ito­pia ag (Zürich) et divers autres par­ten­ai­res. Cet tra­vail de recher­che financé par la fon­da­tion Gebert Rüf a débuté au mois de Novem­bre 2011 et se ter­mi­nera en juin 2012.

Inscri­vez vous dès main­ten­ant par cour­rier élec­tro­ni­que (info@opendata.ch) à la céré­mo­nie de fon­da­tion et n’hésitez pas a nous deman­der plus d’information sur l’Etude Open Govern­ment Data en Suisse.

L’Europe présente une stratégie "Open Data"

13 décembre 2011 — Giorgio Pauletto

La Commission Européenne a annoncé le 12 décembre 2011 une stratégie « Open Data », c’est-à-dire sur le partage des données publiques ouvertes.

La commissaire européenne Neelie Kroes a annoncé une révolution Open Data pour permettre de transformer « les données gouvernementales en or ». Elle a mentionné que cette annonce « va radicalement bousculer » l’accessibilité des données quant à leur réutilisation et a aussi donné quelques étapes que la Commission Européenne s’apprête à franchir.

L’Open Data est la nouvelle norme

Toutes les données créées par des organisations publiques seront mises à disposition afin de pouvoir les réutiliser. Ouvrir ses données sera d’ailleurs la norme et non l’exception, la Commission Européenne visant à se positionner « au sommet de la classe », a ajouté la commissaire Kroes.

La Commission Européenne joue l’exemplarité
La Commission Européenne elle-même ouvrira ses données pour réutilisation durant le premier semestre 2012 avec la mise en test d’un portail de données. Les autres agences européennes seront invitées à rejoindre cette initiative, qui sera un exemple pour les États membres. « Nous défierons les États Membres » à dépasser la Commission Européenne dans l’ouverture des données, a annoncé Mme Kroes.

Révision de la directive sur le partage des données publiques
La Commission propose une mise à jour de la directive de 2003 sur la réutilisation des données publiques (PSI Directive 2003/98) sur les points suivants:

  • Etablir par règle générale que tous les documents rendus accessibles par des organismes du secteur public peuvent être réutilisés à des fins commerciales ou non commerciales, à moins qu’ils ne soient protégés par le copyright de tiers.
  • Instituer le principe que les organismes publics ne devraient pas être autorisés à facturer plus que les coûts marginaux induits par une demande individuelle pour ces données; dans la pratique, cela signifie la plupart des données seront offertes gratuitement ou quasi gratuitement, sauf cas dûment justifiés.
  • Rendre obligatoire de fournir les données couramment utilisées, dans des formats lisibles par les machines, afin de favoriser la réutilisation effective des données.
  • Introduire une supervision réglementaire pour mettre en oeuvre et appliquer ces principes.
  • Etendre massivement la portée de la directive pour y inclure les bibliothèques, les musées et les archives pour la première fois; les règles de 2003 existantes s’appliqueront aux données de ces institutions.

Vidéo (disponible 7 jours)

La version courte de Mme Kroes:

Billet traduit librement de l’article CC-BY publié par tonzijlstra le 12 Dec 2011 http://epsiplatform.eu/content/open-data-strategy-europe-here

Tous amis! Les réseaux sociaux envahissent les administrations

par Xavier Comtesse et Giorgio Pauletto

Tout le monde en parle, tout le monde s’accorde à dire que les réseaux sociaux vont changer notre quotidien, beaucoup d’entre nous s’y inscrivent, et pourtant, les plus sceptiques se demandent encore et toujours à quoi cela peut-il bien servir? Ne sommes-nous pas tout simplement en train d’étaler notre vie privée sur le Web? N’est-ce pas juste un dernier gadget à la mode? Un rapide tour d’horizon, à travers ce dernier grand phénomène de société, va nous permettre de définir de nouvelles et de concrètes applications utilisables par les administrations publiques.

Le but poursuivi étant évidemment d’anticiper les changements profonds de société avant que ceux-ci ne nous rattrapent, forçant alors les dirigeants des institutions publiques à des réactions tardives, voire désespérées. Le «printemps arabe» a démontré la puissance mobilisatrice de Facebook contre des régimes autoritaires, installés depuis des décennies. Les jeunes d’abord, puis leurs aînés ont saisi ce champ de liberté, d’ouverture et d’expression qu’offraient les réseaux sociaux. Après la parole, les actes ont suivi. La révolte a grondé et a détrôné des pouvoirs en apparence immuables. La surprise fut totale. Pour nous aussi. Désormais, il n’est plus possible d’ignorer la capacité de mobilisation et d’expression de ce phénomène digital.

Mais qu’en est-il exactement chez nous?

Si les deux moteurs des réseaux sociaux sont la liberté d’expression et l’action, une fois transférés entre les mains de simples citoyens, on peut juste s’interroger: comment cela se passe et va-t-il se passer dans nos contrées? En effet, la liberté d’expression est une liberté déjà garantie par nos constitutions; cependant, on peut noter que dès lors que cette dernière est prise en charge par le citoyen ordinaire, elle échappe aux filtres des intermédiaires que sont les médias, les leaders d’opinion ou les institutions sociales ou politiques en place comme les États ou leurs administrations.

En court-circuitant, en quelque sorte, les usages de la transmission des informations et des connaissances, le citoyen ordinaire s’empare d’objet, question ou produit autrefois asymétriques pour les rendre populaires, totalement asymétriques et gratuits. En effet, l’information et la connaissance dans le monde que l’on est en train de quitter, étaient l’affaire de quelques intermédiaires qui en avaient le monopole et en faisaient profit. En déplaçant cette asymétrie, les réseaux sociaux sont en train de bouleverser en profondeur les équilibres sociaux au profit du plus grand nombre. En d’autres termes, on assiste à l’appropriation par les gens ordinaires du pouvoir d’émettre des informations, d’acquérir ou de parfaire des connaissances et de donner sans complexe leurs jugements à l’ensemble de la population. Les canaux de médiatisation traditionnels ont perdu justement cette fonction de canalisation.

Du coup, l’abondance et parfois la pléthore d’informations, de connaissances et de jugements, parfois contradictoires, posent aujourd’hui problème. Là encore, les réseaux sociaux interviennent et, à l’avenir, vont davantage intervenir pour offrir une autorégulation «naturelle». En effet, à l’intérieur de la discussion collective émergent des intervenants, sortes de personnalités à fort «capital social», qui, en quelque sorte, recadrent la discussion et font office de leaders d’opinion. A la différence du monde précédent, les leaders sont choisis par le plus grand nombre et non pas par un système de cooptation ou par catégorisation professionnelle. Il n’est plus forcé d’avoir fait une école de journalisme avec mécanisme de sélection et diplôme à l’appui pour apparaître sur Internet comme une source fiable d’information. En revanche, il faut montrer par sa pertinence et sa compétence que l’on occupe cette position.

Le doute s’installe, car, dès lors, deux systèmes s’affrontent. D’un côté, il s’agit d’une personne peut-être peu expérimentée mais avec une forte capacité de discernement et surtout de rapporter fidèlement ce qu’elle rapporte (vécu, entendu, vu) et, de l’autre, des spécialistes (historiens, ethnologues, journalistes, critiques littéraires…) qui ont établi un certain nombre de critères de «fiabilité» des «sources» qu’ils sont obligés de prendre en considération dans leurs propres démarches «scientifique» et «professionnelle ». La qualité n’est donc plus; le seul critère, la sélection non plus, seul compte la pertinence du propos.

Ce changement n’est pas temporaire, il s’installe comme un autre paradigme de la transmission d’information, de connaissance et de jugement. Les canaux traditionnels semblent suivre le mouvement et même courir après lui, sans toutefois l’atteindre tellement la fin de leur monopole de l’asymétrie de l’information a transformé leur modèle économique. La crise profonde des médias est là pour nous le rappeler.

Qu’en est-il de l’action ?

Dans les pays du «printemps arabe», on observe une poussée radicale de l’action entreprise par des gens ordinaires qui font la révolution. Chez nous, c’est beaucoup moins clair! Pourtant, on pourrait noter que si pour les jeunes arabes l’absence d’ascension sociale a été le déclencheur de cette révolte, il n’en est peut-être de même en Europe, du moins dans le Sud. On sait désormais que de nombreux jeunes diplômés en Grèce, Espagne, Portugal ou Italie sont au chômage ou font des petits boulots mal rétribués. Cette génération «600 » va-t-elle accepter longtemps encore cette situation ou va-t-elle aussi réagir? En tous les cas, les facteurs de révolte sont réunis, car «leur avenir semble à leurs yeux pire que leur passé». Le nord de l’Europe n’est pas en reste. Les mouvements comme les «Flash Mob» ou plus revendicatifs comme celui des «Critical Mass» sont la résurgence de mouvements annonciateurs d’une volonté de changement, hors des institutions habituelles (partis, syndicats, associations, etc.) Les réseaux sociaux comme Facebook jouent ici également leur rôle de mobilisateur. Certes, les objets et le mode de révolte sont différents, mais les moyens technologiques sont identiques. Le monde semble se réveiller totalement connecté.

Qu’en est-il des administrations?

Face à ces mouvements hostiles à la centralisation et aux intermédiaires, les administrations sont également mises en cause, pas seulement sur les aspects de leurs prestations quantitatives mais plutôt sur le qualitatif (par exemple, fermeture de rues versus trafic), moins sur les conditions cadres économiques que sur la qualité de vie (par exemple, croissance versus logement), pas tellement sur leur contrôle social notamment à travers leur forme de communication (par exemple sur la question du nucléaire par l’administration japonaise). Dès lors, l’administration doit évoluer rapidement. L’enjeu est de regagner la confiance du citoyen. Celle-ci passera en premier par l’établissement d’une nouvelle forme de communication, plus proche du dialogue «bottom up» que de l’information «top down».

Ensuite, il s’agira de donner plus de liberté aux citoyens, non pas leur participation aux systèmes décisionnaires (la démocratie directe y répond déjà) mais plus dans la co-création de fonctionnalités de l’administration de demain. En d’autres termes, il faut donner aux citoyens des outils de création du «bien commun» qui est en gestation.

Enfin, il s’agit de donner plus d’autonomie et de réduire le contrôle sur une population avide d’action. Ici, il est question de transformation de la relation administration/administré. L’expérience de «GovLoop» (voir plus bas) aux États-Unis pourrait nous fournir des pistes de réflexion utiles.

En conclusion, les conséquences du «printemps arabe» et de la catastrophe nucléaire de Fukushima auront, sans doute, plus de conséquences sur notre propre système que l’afflux tant redouté de travailleurs immigrés ou d’éventuelles retombées de particules radioactives sur nos têtes! C’est pourquoi, en mesurer le plus rapidement possible les effets serait un atout pour notre société. En ouvrant de nouvelles perspectives aux administrations publiques, cette série d’articles, se propose d’anticiper concrètement les évolutions à venir pour pouvoir mieux les maîtriser.

Quatre exemples de réseaux sociaux:

  • Govloop.com Créé en 2008 par Steve Ressler, ce réseau social est devenu la plateforme de rencontre de plus de 40 000 fonctionnaires américains. Dédié à l’échange de «bonnes pratiques» et à la discussion, le site Internet est aujourd’hui à l’avant-garde de l’innovation administrative aux États-Unis. Formé d’une multitude de groupes thématiques (700), il offre une richesse de points de vue et d’expériences partagées qui a fait des émules en Angleterre, Australie, Pays-Bas, Brésil ou Israël qui utilisent des plateformes similaires.
  • Canalpublic.fr Lancé le 23 février 2011, cette plateforme française est d’abord un outil professionnel pour les fonctionnaires de l’Hexagone. Evolution de sa carrière, échange d’informations et mutualisation des pratiques sont à la base du concept. Philippe Batreau, ancien fonctionnaire, a créé, dès 1999, des sites Internet pour accompagner le service public sur Internet. Il s’agit, comme Govloop.com, aujourd’hui, d’entreprises privées.
  • Rezonance.ch Fondé par Geneviève Morand en 1999, ce site Internet n’est pas particulièrement dédié à la fonction publique, mais son histoire, son implantation lémanique sa performance ont fini par en faire un site unique et incontournable en Romandie et où un bon nombre de fonctionnaires l’ont rejoint. Ouvert à l’innovation, des groupes dits d’émergence réfléchissent collectivement à l’avenir de la région. En ce sens, il correspond parfaitement aux besoins de la population, des entreprises et des institutions publiques.
  • Avaaz.org Le site met en œuvre un outil mondial de pétitions en ligne qui donne aux citoyens les moyens de peser sur les décisions politiques mondiales. Lancé en 2007, il compte aujourd’hui plus de 7 millions de membres. Traduit en sept langues, il touche des domaines divers qui vont de la sauvegarde de l’environnement aux droits humain et aux conflits religieux. Les pétitions regroupent de 500’000 à 1’000’000 signataires digitaux dans des temps record, en utilisant les effets de réseau d’autres sites comme Facebook ou Twitter.

Cet article est paru dans «Affaires Publiques» du 24 juin 2011.

L'échantillonneur "Mon lycée demain"

27 mai 2011 – Giorgio Pauletto

Une très intéressante réalisation de la 27e Région qui propose un outil dans le cadre d’une expérience de prospective créative sur le thème « Mon lycée demain ». La question de fond se résume synthétiquement à « Comment voyons nous notre lycée dans 10 à 15 ans? ».

Comme tout problème complexe il n’y a pas nécessairement de solution carrée, mais plutôt la mise en place d’un processus de co-création du chemin qui y amène par petites touches. Les approches croisent plusieurs acteurs identifiés (élèves, enseignants, parents, architectes, pouvoirs publics à divers niveaux) et plusieurs domaines (technologies, lieux, contenus, interactions, etc.). L’outil permet de créer ainsi dynamiquement plusieurs visions de ce pourrait être mon lycée demain, de le communiquer, de l’enrichir… et de le réaliser.

C’est un exercice très inspirant sur le Design Thinking qui pourrait tout à fait être appliqué non seulement au cas genevois, mais aussi élargi par exemple sur le thème « Mon administration demain » sur la base des réflexions menées ici ou ici.

Voir le billet de Stéphane Vincent de la 27e Région sur le sujet.

Ouverture des données publiques : une opportunité pour Genève

Dans le cadre d’une étude réalisée pour le Département de l’Intérieur de la Mobilité du canton de Genève sur le thème de la participation citoyenne1, nous avons insisté sur les opportunités offertes dans ce domaine par l’ouverture des données publiques de l’administration genevoise. Afin de mettre en exergue cette problématique, il nous a paru utile de reprendre dans un document séparé le chapitre que nous avions consacré aux enjeux liés à l’ouverture des données publiques.

Les données et les informations se retrouvent au coeur des processus d’interaction entre les individus et/ou les organisations. Elles constituent en outre la matière première d’un nombre croissant de services dont bénéficient très directement les citoyens et les entreprises d’un territoire.

Il se trouve qu’une quantité importante des données gérées par les administrations pourraient bénéficier beaucoup plus largement aux usagers. Le secteur public créée en effet pour son usage interne des données de qualité liées aux activités quotidiennes de ses différents métiers. Il n’a la plupart du temps pas vocation à les valoriser au-delà de ses besoins propres. Et au vu de la diversité des usages potentiels il n’en aurait de toute manière pas les moyens.

Dans la mesure où elles sont publiques, ces données constituent une ressource extraordinaire qui pourrait bénéficier beaucoup plus largement aux citoyens qui ont financé leur production. Mais la plupart du temps elles sont au mieux proposées à la vente ou mises à disposition de certains acteurs dans des conditions peu transparentes ; et le plus souvent elles ne sont pas partagées du tout.

Pour renverser cette tendance, un nombre croissant de pays, de régions et de villes ont initié ces dernières années des démarches visant à ouvrir leur données publiques, que ce soit dans une volonté de transparence accrue, de valorisation de leur patrimoine informationnel ou de renforcer la participation citoyenne.

Nous sommes convaincus que le canton de Genève a une belle carte à jouer dans ce domaine car il dispose notamment d’un système d’information du territoire (le SITG) qui permettrait d’expérimenter relativement facilement la mise à disposition d’une partie de ses données publiques.

Administration Demain

Cette étude est une synthèse prospective de la situation présente et à venir pour Genève dans le cadre du projet d’Administration en Ligne.

Elle est basée sur une analyse internationale avec des missions de recherches factuelles en Allemagne, Estonie, Canada, États-Unis, Finlande et France mais aussi sur ce qui se fait en Suisse et à Genève. Tout en cherchant à développer un argumentaire politique et visionnaire, l’étude se fonde sur du narratif existant et fortement documenté. L’étude se veut accessible et transparente. Elle tient à rendre compte des progrès accomplis tout en offrant une feuille de route claire mais largement encore ouverte.

Cette étude a été réalisée dans le cadre de l’Observatoire Technologique (OT) du Centre des Technologies de l’Information (CTI) du Département des Constructions et des Technologies de l’Information du Canton de Genève, Suisse.

A l’intention du politique, du législatif et de l’administration, cette étude tente d’éclairer le chemin à parcourir et se conçoit ainsi et avant tout comme un outil de travail.

Auteurs: Xavier Comtesse et Giorgio Pauletto

Lien direct vers le document PDF (1.87 MB) AdministrationDemain2010-06-02.pdf

 


 

Une présentation du rapport en vidéo

http://vimeo.com/20507253

http://www.youtube.com/watch?v=7mAjzA2zOAo

 

Un support présentation sur Slideshare

e-Administration: enjeux et facteurs clés de succès

Ce travail sur clairement en exergue les enjeux pour les décideurs ainsi que des recommandations quant à la stratégie de mise en œuvre dans le cadre de la e-Administration.

L’utilisation des technologies de l’information et de la communication pour mettre en place une e-Administration présente une complexité qui ne caractérisait pas la plupart des projets informatiques mis en place jusqu’ici et qui découle de plusieurs facteurs.

Le premier aspect est que par essence la e-administration va influencer fortement les structures de l’administration. Le second est qu’elle dépasse largement le cadre purement technologique en raison notamment du rapport très fort qu’elle entretient avec le citoyen en particulier et avec la société en général. Et le troisième est que ses spécificités ne sont encore pas toutes définies.

Ce rapport se fonde sur plusieurs études dont celle de l’OCDE en apportant des éléments nouveaux en particulier dans le contexte suisse et genevois.

PDF 323 KB e-Administration_V1.0.pdf