Tag: co-création

Hackaton make.opendata.ch sur le thème de la mobilité

Make.opendata.ch Camp 2012

Une mobilité plus intelligente grâce à l’ouverture des données publiques?

Le 30 & 31 mars 2012, le deuxième campus Open Data de Suisse fera se rencontrer développeurs et créatifs autour du thème de la «mobilité». Make.opendata.ch est un atelier expérimental où durant 2 jours informaticiens, journalistes, designers et citoyens porteurs d’idées exploreront les potentialités offertes par le développement rapide de solutions nouvelles et innovantes à partir des données publiques sur le thème de la «mobilité».

Les résultats du hackathon sont maintenant disponibles sur le site make.opendata.ch.

Comment maîtriser au mieux les fluctuations du trafic tout en respectant l’environnement (densité des flux, consommation des ressources, nuisances sonores, émissions polluantes …) et la sécurité (accidents de la circulation) ? Comment concilier les besoins croissants de mobilité (mobilité douce, piétons, vélos, transports publics, transports individuels motorisés, stationnements,…) avec le maintien d’un habitat attractif et d’un environnement sain, afin de préserver, voire d’améliorer, nos conditions de vie ? Voilà le genre de problèmes auxquels les participants pourront s’atteler.

Le campus make.opendata.ch se déroulera de manière conjointe sur Genève (à la Haute école d’art et de design – Genève (HEAD) ) et Zurich (Falcone) du vendredi 9h au samedi 17h. Chacun de ces sites offrira un espace d’échange et de discussion ainsi que l’infrastructure nécessaire à l’expérimentation et à la visualisation de données.

Venez-nombreux essayer une nouvelle forme de participation dans ce hackaton!

La manifestation est organisé par Opendata.ch, l’initiative suisse Open Data rattachée à /ch/open (Swiss Open Systems User Group) et SI (L’association professionnelle et spécialisée de l’informatique en Suisse).

Les personnes intéressées peuvent s’inscrire dès maintenant sur le site make.opendata.ch. La participation est  gratuite et la restauration durant l’événement est offerte.


Contacts de l’association Opendata.ch
Antoine Logean, Communauté & Communication Suisse Romande
antoine.logean@opendata.ch, +41 079 351 84 82

Andreas Amsler, Community & Kommunikation Deutschschweiz
andreas.amsler@opendata.ch, +41 79 518 32 37

Smart Gouvernance

Sous l’effet d’un participatif transformationnel et d’internet les administrations publiques mutent. Autant percevoir dès maintenant les probables conséquences pour tracer le chemin vers une «smart gouvernance».

L’administration vit actuellement une grande révolution. Sous l’effet de l’usage massif des nouvelles technologies de l’information et de la communication, toutes les procédures sont revues de fond en comble; les barrières historiques entre les différents services administratifs tombent; les données et les informations deviennent compatibles entre elles; les usagers (citoyens, entreprises, organisations de la société civile) participent à la création de nouvelles valeurs; l’automatisation des transactions abaissent drastiquement les coûts; la personnalisation des services rend l’administration ouverte à de nouvelles formes de collaboration, les données jusqu’alors réservées à l’usage exclusif des administrations sont mises à disposition des usagers pour de nouvelles applications en co-création dans un esprit d’open source. Enfin, les usagers eux-mêmes sont devenus des agents du changement en proposant des applications nouvelles basées sur les données des administrations mais exécutées en dehors de celles-ci. On parle ici d’action transformationnelle à savoir au-delà du cadre transactionnel.

On parle de plus en plus de «smart» gouvernance pour désigner la phase en devenir du développement des administrations et des gouvernements. Le terme «smart» introduit par le Professeur Joseph Nye, fait référence à la combinaison des modes transactionnels (hard power) et transformationnels (smart power) . Après avoir connu une phase dite du e-gouvernement qui correspondait à la mise en ligne sur Internet des services administratifs suivie d’une hase (encore en développement) du «Open» Gouvernement correspondant à la mise à disposition des données par les administrations, on anticipe l’arrivée d’une nouvelle phase participative et transformationnelle dans laquelle les usagers deviendront de véritables acteurs du changement.

Les huit enjeux présentés développent bien les étapes du participatif et du transformationnel que doivent désormais aborder les administrations. Par le biais d’exemples, cette deuxième partie du présent travail tente de montrer à quel point les administrations de par le monde, sont déjà très engagées dans ce processus. Il est cependant important de préciser qu’il s’agit désormais de résoudre davantage une problématique sociétale de «participation augmentée» que de digitalisation d’anciennes procédures administratives. En quelque sorte, grâce à ces deux étapes (participatif et transformationnel) démarre une toute autre révolution: celle de l’usager actif, compétent et participatif. Le terme de transformationnel a été choisi en référence à son usage répandu aux États-Unis pour désigner cette étape ultime. Bien que son usage et donc sa compréhension ne soient pas encore généralisés en Europe, il nous paraît judicieux de l’utiliser rapidement car il donne la véritable perspective du changement. Demain, les administrations seront largement sous l’effet d’un participatif transformationnel, autant en percevoir dès maintenant les probables conséquences pour tracer le chemin vers une «smart gouvernance».

En effet, il est important de pouvoir situer dans un contexte contemporain, l’évolution des changements sociétaux et technologiques tout en fournissant aux administrations, aux politiques, mais aussi aux usagers qu’ils soient simples citoyens, entrepreneurs ou représentants des anciennes ou nouvelles formes d’organisation de la société civile, une sorte de «feuille de route» visionnaire des transformations en cours. En effet, le participatif «augmenté» et le
transformationnel ne sont pas encore des concepts bien appréhendés par les différents acteurs. Prendre le temps d’en analyser les enjeux et les contours nécessite à la fois de se plonger dans de nouveaux comportements sociétaux et de saisir les potentiels des progrès technologiques. Ce travail se veut en ce sens une découverte de notre avenir actuel.

Télécharger le document PDF (695 KB) Smart Gouvernance 2011-12-16.pdf

On a causé de science des services…

Après le ballon d’essai lancé en novembre 2011, les causeries du jeudi prenaient jeudi dernier leur rythme de croisière mensuel avec une soirée consacrée à la science des services et plus généralement aux changements profonds induits par le numérique et par le passage d’une économie des biens et des produits vers une économie des services.

C’est l’équipe du think tank Think Services qui illustrait le thème de la soirée avec quatre courtes présentations destinées à susciter la discussion. Michel Léonard (professeur, Université de Genève), Michael Mesfin (consultant indépendant), Jean-Henry Morin (professeur, Université de Genève) et Giorgio Pauletto (Observatoire technologique) ont tour à tour présenté les enjeux de la science des services, les valeurs et les missions que veut défendre Think Services, les groupes de travail (Think Groups) lancés ainsi que les outils testés.

Une vingtaine de personnes ont ainsi pu échanger autour d’un thème qui a semblé de prime abord très théorique mais qui, au fil des présentations et de la discussion, a démontré tous les impacts concrets qu’il peut avoir sur le quotidien de chacun, que l’on soit développeur de logiciels, bibliothécaire ou fiscaliste. Le changement de paradigme lié au numérique et dans lequel s’inscrit la science des services nous amène sur des terrains peu balisés. Mais même si l’on n’en comprend pas toujours toute la dynamique, on en revient souvent à relever la richesse constatée des approches de cocréation, de la pluridisciplinarité, de l’expérimentation et de l’itération pour ne citer que ces éléments là. Et pour faire écho à l’un des leitmotivs de la première causerie de novembre 2011, plusieurs ont relevé la nécessité de savoir sortir de notre cadre de pensée habituel.

Mais la question centrale qui revient alors est celle de la transformation des organisations, privées ou publiques, pour pouvoir faire face à ces nouveaux défis. Comment convaincre les dirigeants ? Comment changer la culture des organisations ? Par quoi commencer? C’est à ces questions qu’il faudra savoir répondre pour entrevoir des changements rapides. Et Think Services espère modestement apporter sa pierre à l’édifice.

Le tour de table final a révélé le fait que les attentes de nombreux participants s’inscrivaient pleinement dans la thématique de la soirée. Les membres de Think Services en ont profité pour rappeler la posture d’ouverture et d’inclusion qu’ils défendent en invitant les porteurs de projets présents à s’inscrire dans la dynamique des Think Groups.

Un grand merci à Lorena, Kim et Antoine pour leur accueil et à tous les participants pour leur contribution active au succès incontesté de cette édition qui lance une année 2012 que nous espérons riche de partages.

Revivez la causerie avec les podcasts proposés sur le site de la Muse.


Présentations et résumé de la 21è Journée de rencontre

Les nouveaux modèles

Les technologies de l’information et de la communication se retrouvent au cœur d’un nombre croissant des activités qui régissent l’évolution de notre société, tant au niveau des individus que des organisations. La rupture à laquelle elles nous confrontent est avant tout liée aux usages induits par les réseaux sociaux et par des technologies numériques ubiquitaires qui nous renvoient à un monde en perpétuelle évolution où les approches traditionnelles ont dû céder la place à de nouveaux modèles mieux à même de prendre en compte cette réalité.

Ce sont de ces nouveaux modèles dont on a parlé le 25 novembre 2011 lors de la 21è Journée de rencontre organisée par l’Observatoire technologique : nouveaux modèles économiques ou d’innovation, nouveaux modes de gestion et d’organisation, nouvelles manières de gouverner et de réguler.

Entre concepts généraux, démarches personnelles et exemples concrets, cette Journée de rencontre a illustré quelques unes des nombreuses formes que peuvent prendre ces nouveaux modèles.

Certaines des conditions qui ont favorisé leur émergence ont également été abordées : passage à une économie de l’abondance, influence des réseaux sociaux dans les processus de collaboration et de co-création ou plus directement prise de conscience des limites rencontrées par les modèles traditionnels.

Au final, les orateurs ont adressé un message unanime  aux 300 personnes présentes: si elles désirent répondre aux défis qui les attendent, les organisations, qu’elles soient publiques ou privées, devront s’inspirer de ces modèles qui sont souvent en rupture avec le courant dominant. Elles risquent sinon de connaître des difficultés grandissantes, à l’image des industries du cinéma ou de la musique qui n’ont pas su se réinventer dans ce nouveau paradigme.

Il s’agira alors pour elles d’en prendre la mesure et de repenser certains des modèles existants, voire d’en imaginer de nouveaux. Mais au-delà, il y aura également de nouvelles postures à adopter.

Cette 21è Journée de rencontre a permis de découvrir des facettes parfois inattendues du changement de paradigme induit par Internet. Mais au-delà des nouveaux modèles évoqués par les orateurs, ce sont surtout leurs messages convergents que nous retiendrons. Tous ont  témoigné de la nécessité de  sortir de notre cadre de pensée habituel pour mieux profiter de la richesse des réseaux et de l’intelligence collective. C’est cette richesse encore largement sous-estimée qui nous permettra de répondre aux défis complexes qui attendent notre société.


Robert Monin

Robert Monin est Secrétaire général du Département des construction et des technologies de l’information de la République et canton de Genève. Il nous faisait l’honneur pour la quatrième année consécutive d’introduire notre Journée de rencontre.

Lorsqu’il évoque les nouveaux modèles, Robert Monin insiste tout d’abord sur le besoin et l’obligation de transparence des institutions publiques qui sont devenus, selon lui, une nécessité. Mais dans le même temps la confidentialité des données doit être prise en compte correctement.

Ces deux aspects s’inscrivent dans les demandes exprimées par les citoyens pour un accès en tout temps et en tout lieu aux données gérées par notre administration. C’est une réalité à laquelle nous devrons savoir mieux répondre à l’avenir : «Nous n’avons pas d’autre choix que de nous adapter à cette nouvelle donne liée au numérique».

Enfin, Robert Monin note que les modèles d’organisation hiérarchiques montrent leurs limites. Nous devons aujourd’hui savoir mieux fonctionner en réseau ou par projets. Mais il faudra pour cela changer notre culture d’entreprise, ce qui constituera un défi quotidien.


Jean-Marie Leclerc

Jean-Marie Leclerc est directeur général des systèmes d’information du canton de Genève. Depuis son arrivée à Genève en 2001, il a constamment défendu la nécessité d’appréhender les technologies dans une perspective sociétale ainsi que celle de considérer l’information comme une ressource stratégique pour les administrations publiques.

En se penchant sur un parcours professionnel de plus de 40 ans, Jean-Marie Leclerc affirme que la seule véritable rupture qu’il constate n’est pour l’heure que technologique. Selon lui, les changements importants qui auraient dû naturellement y être associés, à savoir les ruptures organisationnelles et méthodologiques, n’ont pour pas réellement suivi.

Mais les réseaux sociaux sont les facteurs déterminants qui sont en train de changer la donne. Ils s’appuient sur des valeurs beaucoup plus proches de nos émotions, amènent de nouveaux modèles d’organisation de type ADN et nous incitent à envisager des méthodes qui sachent prendre en compte l’imprévisible.

Jean-Marie Leclerc termine en encourageant chacun à sortir du cadre afin de mieux saisir les potentiels en jachère offerts par ce changement de paradigme que nous sommes en train de vivre.



Serge Soudoplatoff

Serge Soudoplatoff est entrepreneur, enseignant, chercheur et conférencier sur les ruptures induites par Internet. Il a fondé récemment les start-ups commonbox, sooyoos, et familiagames. Il enseigne également à l’Hetic, une école jeune et prometteuse qui forme les élèves au monde de demain.

Serge Soudoplatoff nous fait redécouvrir le changement de paradigme amené par Internet avec des exemples imagés, toujours percutants et souvent teintés d’humour.

Faisant une analogie avec les modèles véhiculés par l’alphabet, il nous interpelle : « Vis-à-vis d’Internet, va-t-on savoir se comporter comme les grecs qui se sont fait violence pour baser leur alphabet sur des symboles abstraits et faire ainsi progresser l’humanité ? »

Pour Serge Soudoplatoff, Internet est l’outil de l’interaction et de la réflexivité qui permet comme nul autre de transformer une somme d’intelligences individuelles en intelligence collective. Mais le fait qu’Internet soit l’outil de la communauté se révèle souvent bien disruptif pour les organisations en mode hiérarchique. Et seules celles qui passeront par de profondes mutations internes s’inscriront dans le monde de demain.


Catherine Monfort

Catherine Monfort est experte dans la gestion des portefeuilles de brevets d’invention depuis plus de 20 ans. Elle est fondatrice et directrice d’une société spécialisée dans la gestion de la propriété intellectuelle.

Riche de  son expérience dans la gestion de la propriété intellectuelle, Catherine Monfort rappelle que les pratiques dans ce domaine et le modèle d’affaires qui en découle sont les mêmes depuis des décennies. Si ce modèle a bien intégré quelques nouvelles technologies, le paradigme qui sous-tend l’activité a pour sa part peu évolué.

Cette inertie dans l’état d’esprit et la prise de conscience de l’émergence d’un nouvel ordre sociétal fait obstacle à l’introduction de nouvelles solutions créatives mieux adaptées aux besoins.

Pour Catherine Monfort, un modèle performant doit savoir intégrer un accès aux informations en tout temps et en toute transparence, proposer des services pour simplifier la gestion des dossiers et faciliter le partage dans une démarche de co-création qui sait laisser libre cours à une dynamique innovante.


Jean-Michel Cornu

Jean-Michel Cornu est consultant international depuis 25 ans. Il est également directeur scientifique de la Fondation Internet Nouvelle Génération (FING) et Chief Visionary Officer du projet Imagination for People. Il est spécialiste des sujets traitant de l’impact des technologies émergentes sur la société et sur l’intelligence collective.

Pour Jean-Michel Cornu, deux changements majeurs conditionnent l’émergence de nouveaux modèles en lien avec le monde d’Internet: le passage de la rareté à l’abondance et celui du prévisible à l’imprévisible.

Ces deux tendances fortes permettent d’aller au-delà de la ‘simple’ innovation technologique pour se diriger vers une innovation des services et in fine des usages.

Jean-Michel Cornu l’a illustré avec la plateforme Imagination for People, ce Wikipedia des idées au service de l’innovation sociale, qu’il a contribué à lancer cet été. Qu’il s’agisse de monnaies, d’architecture ou de musique, les exemples percutants proposés nous démontrent les potentialités de l’intelligence collective au service de l’innovation ouverte et nous rappellent qu’il faut savoir constamment sortir de notre cadre de pensée habituel et faire parfois confiance au hasard.


Cette 21è Journée de rencontre était la dixième, et dans le même temps la dernière, organisée par l’Observatoire technologique sous la direction de Jean-Marie Leclerc.

Dix conférences marquées de son empreinte et qui ont abordé des sujets variés, en prise directe avec les tendances émergentes du moment, ceci toujours avec le credo d’une approche sociétale des technologies de l’information et de la communication.
Jean-Marie Leclerc a su très tôt comprendre et nous faire partager l’importance des enjeux liés au changement de paradigme amené par le numérique, pour la société en général et pour les administrations publiques en particulier. L’approche holistique privilégiée nous permet d’envisager les opportunités offertes avec la certitude de ne pas passer à côté de l’essentiel.

Une page se tourne pour l’Observatoire technologique, mais il en reste encore de passionnantes à écrire en s’inspirant de celles que nous venons de rédiger avec Jean-Marie Leclerc.


Design de services publics: co-concevoir les services publics de demain

Les changements dans les administrations sont influencés par deux forces majeures le «push» et le «pull». Le secteur public est non seulement poussé à s’adapter aux modifications de règlementations et d’organisation internes, mais plus encore aujourd’hui, il est tiré par les nouveaux usages que les citoyens attendent des services publics.

Afin de ne pas subir passivement ces changements, mais au contraire de mieux les appréhender, une approche nouvelle est nécessaire: le design de services. C’est dans ce cadre qu’une expérience est proposée. Il s’agit de cerner, à petite échelle, ce que sont les besoins des usagers dans un contexte donné et de voir comment on pourrait expérimentalement y répondre. Sans nécessairement engager de grands moyens sur une large étude quantitative basée, par exemple, sur des sondages, cette expérience se propose de mieux comprendre comment on peut néanmoins cerner les besoins des usagers et concevoir avec eux et les services.

J’aimerais vous raconter une histoire sur le vécu que j’ai eu avec le design de services. Mon premier contact avec le «Design Thinking» s’est effectué lors d’une visite chez IDEO en 2008 dans laquelle j’ai découvert une approche intelligente et novatrice. En une phrase, leur démarche consiste avec les méthodes des designers à intégrer les besoins des personnes, les possibilités technologiques et les exigences du business pour fournir des solutions innovantes que celles-ci soient des produits ou des services, pour des entreprises privées ou pour le secteur public. Par exemple, IDEO a redéfini le service au patient de la fameuse Mayo Clinic, en étudiant le cheminement du patient, ses relations avec le personnel soignant, mais aussi avec les proches qui l’accompagnent pour envisager les espaces et les expériences tout au long de son périple. Cette approche m’a beaucoup frappé et j’ai gardé le germe de cette transformation pour le ramener à Genève.

Plusieurs pays, pionniers en la matière, ont récemment tenté avec succès ce type d’approche qualitative, qui est centrée sur les humains et les relations qu’ils entretiennent avec les autres, les technologies et leur environnement. Citons par exemple les actions de la 27e Région qui sont décrites dans l’ouvrage «Design des politiques publiques» ou l’unité d’innovation de l’administration danoise avec le MindLab ainsi que différentes agences britanniques comme ThinkPublic ou Snook.

J’ai pu aussi voir plusieurs exemples des processus et des résultats des designers de services en participant à la conférence du Service Design Network à Berlin en 2010 qui a lancé un ensemble de publications et de recherches dans cette branche encore jeune. Il va sans dire que le web est une plateforme particulièrement riche et intéressante de réseaux d’expériences dans ce domaine. C’est dans cette suite d’idées que les activités menées au sein de l’Observatoire technologique m’ont mené naturellement à mettre à profit ces approches dans notre contexte.

Nous proposons ainsi, chez nous, à l’administration publique genevoise, d’ouvrir un espace pour mieux cerner comment apporter des idées et des services nouveaux, utiles, viables et durables. Il ne s’agit donc pas un projet classique ou une recherche orientée a priori, mais plutôt une démarche fondée sur des expérimentations dans un site précis, en co-création avec les acteurs concernés et appuyée par une approche de prototypage rapide rendant tangible un service.

L’Observatoire technologique et l’association filrouge ont proposé de mener cette démarche et d’accompagner ces méthodes avec la participation et soutien de l’OCAN, de ses employés ainsi que des directions respectives de l’OCAN et du CTI.

Les méthodes proposées visent donc à découvrir des services ou de nouvelles lectures de ceux existants, à travers un mode d’intervention original inspiré du design et de la scénarisation, se fondant notamment sur l’observation ethnographique, la co-conception, la sociologie appliquée et la mise en scène. Les différents prototypes, les ateliers proposés, les analyses des informations recueillies fournissent un ensemble riche qui permet d’identifier des pistes qui seront utiles aux acteurs et aux décideurs. Nous espérons pouvoir publier les résultats sous la forme d’un rapport d’ici la fin de l’année.

Cette expérience est la première menée dans le cadre du secteur public, ici à Genève, mais aussi à ma connaissance au niveau suisse. J’espère que ce type de projet sera inspirant pour d’autres acteurs internes ou externes à l’Etat pour mener de nouvelles expériences de co-création pour inventer ensemble les nouveaux services publics de demain.


PDF 3.3 MB designdeservicespublicsocan-ot-filrouge2011-12.pdf

Retour sur l’« Open Data Camp » de Lausanne

Les locaux de l’EPFL et de l’ETHZ accueillaient le vendredi 30 septembre et le samedi 1 octobre derniers le premier « Open Data Camp » de Suisse sous l’appellation make.opendata.ch. Autour des données publiques ouvertes, les organisateurs visaient à faire se rencontrer les personnes porteuses d’idées et celles à même de les réaliser. Quelques dizaines de participants, pour une majorité des designers et des développeurs passionnés ont répondu à leur appel et se sont retrouvés pour explorer les potentialités offertes par l’utilisation innovante des données publiques.

Cet « Open Data Camp » était organisé par opendata.ch, l’initiative Open Data rattachée à /ch/open (Swiss Open Systems User Group) et SI (l’association professionnelle et spécialisée de l’informatique en Suisse). En collaboration avec le groupe parlementaire pour une informatique durable le débat politique sur le sujet avait été lancé en juin 2011 lors d’une conférence aux Archives fédérales à Berne. Cette première rencontre au niveau fédéral a connu un large succès et a débouché sur la rédaction d’un manifeste ainsi que de diverses actions parlementaires.

Avec avec Philippe Coudre-Mauroux (laboratoire XI de l’Uni de Fribourg), j’ai été sollicité par les organisateurs pour participer à une table ronde animée par Antoine Logean. Il s’agissait d’une part de placer l’open data dans une perspective large, telle que j’ai essayé de le faire dans le document Ouverture des données publiques: une opportunité pour Genève. Et d’autre part de traiter avec Philippe Coudre-Mauroux d’aspects plus techniques liés au Web sémantique et aux standards favorisant l’accessibilité aux données publiques ouvertes. La table ronde a manifestement intéressé l’auditoire et a illustré le nombre et la diversité des questions soulevées par l’open data en Suisse.

Les participants à l’« Open Data Camp » se sont penchés sur des thématiques aussi diverses que la visualisation de données de radioactivité sur le territoire Suisse, d’informations concernant nos parlementaires ou de consommation d’énergie. Les compte-rendus des projets initiés durant ces deux jours sont disponibles sur le wiki et le forum de make.open.data.ch. Pierre Crevoisier a également réalisé un sujet radiophonique sur l’évènement.

Cette première édition visait avant tout à mettre en relation les personnes qui se sentent concernées par l’open data dans notre région. De ce point de vue le succès a été au rendez-vous et appelle d’autres manifestations de ce genre, ce que nous promettent les organisateurs. Merci d’avance à eux! Gageons que le secteur public genevois ne sera pas en reste et saura présenter dans un avenir proche des éléments concrets dans ce domaine.

Article: "Design Thinking and Participation"

Avec les professeurs Olivier Glassey de l’IDHEAP et Jean-Henry Morin de l’Institut de science des services de l’Université de Genève, Patrick Genoud et Giorgio Pauletto ont rédigé  un article consacré au design thinking et à la participation. Cet article a été soumis avec succès à la conférence ePart 2011 qui s’est tenue à Delft (Pays-Bas) du 29 août au 1 septembre 2011.

L’article étudie de quelle manière le design thinking et les serious games peuvent être utilisés pour soutenir les processus participatifs. Des études de cas correspondant à trois contextes différents ont été analysées:

  1. une organisation para-publique;
  2. un parti politique;
  3. un comité de stratégie des systèmes d’information.

Le cadre d’analyse proposé repose sur les concepts d’utilité perçue et de facilité d’usage perçue.

Dans les trois cas, il s’avère que les approches choisies contribuent à « tangibiliser » des concepts complexes et abstraits et contribuent ainsi à en faciliter la compréhension et l’appropriation.

Vous trouverez une copie de cet article en libre accès sur l’archive ouverte pluridisciplinaire HAL.

Nouveaux rapports entre le citoyen et sa commune grâce aux nouvelles technologies

Les nouvelles technologies peuvent-elles permettre d’autres rapports entre le citoyen et sa commune? Certains évoquent une gestion participative et plus seulement une administration entre les seules mains des fonctionnaires et des élus, une gestion du territoire et des services à laquelle le citoyen est appelé à contribuer. Une application en ligne, accessible publiquement sur Internet, qui se nomme « Signalez-nous », permet au citoyen de la commune de transmettre directement aux services concernés des problèmes sur le territoire de la ville.

InterCités (avec Patrick Genoud et Xavier Merour)

 

 

 

Voir le rapport Vers une participation citoyenne augmentée dont le thème est au cœur de ce sujet.

L'échantillonneur "Mon lycée demain"

27 mai 2011 – Giorgio Pauletto

Une très intéressante réalisation de la 27e Région qui propose un outil dans le cadre d’une expérience de prospective créative sur le thème « Mon lycée demain ». La question de fond se résume synthétiquement à « Comment voyons nous notre lycée dans 10 à 15 ans? ».

Comme tout problème complexe il n’y a pas nécessairement de solution carrée, mais plutôt la mise en place d’un processus de co-création du chemin qui y amène par petites touches. Les approches croisent plusieurs acteurs identifiés (élèves, enseignants, parents, architectes, pouvoirs publics à divers niveaux) et plusieurs domaines (technologies, lieux, contenus, interactions, etc.). L’outil permet de créer ainsi dynamiquement plusieurs visions de ce pourrait être mon lycée demain, de le communiquer, de l’enrichir… et de le réaliser.

C’est un exercice très inspirant sur le Design Thinking qui pourrait tout à fait être appliqué non seulement au cas genevois, mais aussi élargi par exemple sur le thème « Mon administration demain » sur la base des réflexions menées ici ou ici.

Voir le billet de Stéphane Vincent de la 27e Région sur le sujet.

Des gisements de données à la base de services urbains à Genève

Le 2 février 2011, dans le cadre de la conférence Lift qui se tenait à Genève, l’Observatoire technologique a organisé avec l’aide de Lift Lab un atelier de co-création autour de l’ouverture des données publiques du canton.


Des gisements de données à la base de services urbains à Genève (pdf 1.66 Mb)

Le but de l’atelier n’était pas de déboucher sur des applications concrètes que l’on pourrait directement mettre en œuvre, ni de solutionner des problèmes actuels liés à la mobilité ou à la 3D à Genève. Les objectifs de ce workshop exploratoire étaient plutôt de :

  1. mettre en contact des acteurs du territoire lémanique autour du thème de l’ouverture des données publiques;
  2. illustrer les potentialités offertes par l’ouverture des données publiques du SITG, le Système d’Information du territoire Genevois, et plus particulièrement celles liées à la 3D et à la mobilité;
  3. lancer une dynamique dans ce domaine en interne de l’administration genevoise.

L’équipe de Lift Lab a profité de la conférence Lift pour mobiliser des experts internationaux dans les domaines concernés. De notre côté nous nous sommes efforcés d’intéresser des spécialistes en interne de l’administration genevoise (spécialistes de la géomatique, de la mobilité ou de la 3D). Une dizaine de participants à la conférence Lift étaient également de la partie afin d’apporter une vision externe et plurielle sur le sujet.

L’atelier a réuni 25 participants répartis en 5 groupes de 5 personnes. La composition des groupes favorisait la diversité des expertises pour produire des réflexions transversales. En effet, lors d’un atelier, chaque acteur joue un rôle actif dans le développement d’idées et dans le partage des points de vue permettant le prototypage de services et de solutions pertinentes. Le lien créé entre les différents acteurs lors de la co-conception permet un partage d’informations et de valeurs qui pourront être potentiellement remobilisées plus tard dans des groupes projets. Comme ce processus a parfois besoin de stimulation, chaque groupe était guidé par un “sherpa” c’est-à-dire un expert du domaine qui jouait le rôle de stimulateur et de cadreur des échanges. La présence de ces “sherpas” a également permis une prise de note détaillée des échanges et des idées.

Cinq services ont ainsi été ébauchés durant les 3h30 de partage créatif:

  1. « Dis-moi comment tu bouges »
  2. « Le bonheur en commun »
  3. « Aide à la multi-modalité »
  4. « Wiki City »
  5. « Maquette de création interactive »

Ils présentent des similitudes suffisamment claires pour identifier les enjeux les plus structurants d’un territoire qui assume pleinement le potentiel des données à sa disposition.

Wiki City

Du fait du caractère éclaté des services basés sur des données de mobilités et sur des données 3D, notre démarche durant l’atelier a privilégié la création de liens entre les différentes parties prenantes du territoire (autorités et services publics, entreprises, experts, associations, habitants). Au-delà du partage d’informations et de valeurs, l’atelier a favorisé le décloisonnement à partir de l’illustration des opportunités de co-production de services urbains innovants.

Les exemples mentionnés ont attesté la place centrale de l’administration genevoise dans l’impulsion de la dynamique d’usage et d’exploitation des données. Cette place est  essentielle à la création d’un flux continu d’informations qui s’intègrent directement dans l’action (mobilité, expression citoyenne, etc.). En particulier, le travail en groupe a permis de mettre en avant l’apport des technologies numériques pour non seulement informer, mais également pour impliquer les habitants et les autres acteurs stratégiques dans l’offre de services, tout en intégrant leurs avis dans les processus décisionnels et opérationnels. Pour aller de l’avant, il est indispensable de rendre les données plus lisibles et de valoriser des projets pilotes dédiés aux habitants en impliquant les acteurs stratégiques du territoire.

L’atelier a d’ores et déjà reçu un écho très favorables de la part des participants et il en appelle d’autres que nous espérons focalisés sur des réalisations plus concrètes. Olivier Donzé, du laboratoire de Modélisation informatique du paysage (mip) de la haute école du paysage, d’ingénierie et d’architecture de Genève (hepia) a en tous cas saisi la balle au bond et envisage lancer un projet de recherche en s’appuyant sur l’un des services ébauchés.

Un grand merci à Fabien Girardin et à Boris Beaude pour l’énergie et la passion qu’ils ont su insuffler dans ce projet !