Tag: administration demain

Présentations et résumé de la Journée de rencontre 2010

La confiance à l’ère du numérique

20ème Journée de rencontre de l’Observatoire technologique

Plus de 250 personnes ont assisté à cette manifestation et ont pu prendre la mesure des enjeux liés à la confiance à l’ère du numérique.

Si la confiance joue un rôle essentiel dans le fonctionnement de notre société, elle reste cependant un concept difficile à appréhender en raison de la complexité et de la pluralité des situations dans lesquelles elle s’exprime. Et alors même que cette notion nous échappe dès qu’on cherche à la cerner et à la caractériser dans le réel, le monde numérique semble vouloir en redéfinir les règles ou du moins en privilégier certaines au détriment des autres. Comment préserver ce véritable « repère public » dans le nouveau paradigme de la société de l’information et de la connaissance? Cette 20ème Journée de rencontre a confronté plusieurs regards croisés pour apporter des éléments de réponse à la question.


Robert Monin

La judiciarisation croissante de notre société reflète probablement un état de méfiance des citoyens à l’égard des leurs institutions. S’écarter de la sclérose qui les guette, promouvoir un vrai « vivre ensemble » nécessitera de renforcer le lien social dont la confiance constitue l’un des piliers. Cet enrichissement concret dans nos manières d’interagir avec les autres induit par les nouvelles technologies nous obligera à être d’autant plus imaginatifs sur ce terrain.

Dans ce monde (numérique) en perpétuel changement, Genève peut heureusement s’appuyer sur les hommes et des outils qui facilitent son adaptation à ce nouveau paradigme et l’aident à gagner la confiance des citoyens par rapport à ces nouveaux usages. Inspirer ou restaurer la confiance passera par une voie qui reste encore à définir, sachant que le statut d’autorité de l’administration et les dispositifs sécuritaires sophistiqués n’y suffiront pas.


Olivier Glassey

Si la sociologie inscrit la confiance dans le temps et en admet l’incomplétude, elle nous enseigne surtout qu’elle a une fonction: nous simplifier la vie et apporter des solutions qui nous permettent de gérer la complexité. A la fois jugement, appel à la coopération comme à la réciprocité, sa manifestation obéit en règle générale à une architecture où contexte et réputation font écho aux émotions.

La confiance numérique a beau devoir s’appliquer sur des objets originaux, ses mécanismes s’apparentent à ce qui se fait dans le monde réel. Les indicateurs de confiance sont stabilisés dans la vie de tous les jours alors qu’ils sont encore en voie de formation dans l’univers numérique. La logique des transactions qui fait suite à des avis favorables ou non échappe ainsi à toute linéarité. Comme notre capacité à interpréter ces indicateurs s’affine en parallèle, la confiance numérique reste très largement un apprentissage à faire.


Renaud Francou

Sur Internet comme dans la langue anglaise, la confiance a deux visages: la confiance (trust) contextuelle, risquée, pari sur le comportement et les compétences de l’autre en situation d’incertitude et qui inclut un risque irréductible; et l’assurance (confidence) destinée à élargir la confiance en réduisant l’incertitude, voire à couvrir le risque.

L’agenda actuel de la confiance étant majoritairement tourné vers la sécurité, ces deux composantes sont sous tension. Les pratiques de confiance inattendues symbolisées par l’émergence des réseaux sociaux, des forums de patients ou du peer-to-peer font contrepoids aux démarches traditionnelles saturées d’orientations sécuritaires.

Nos travaux révèlent des pistes d’innovation génératrices de confiance avec quatre défis à relever: développer les dispositifs de confiance manquants, mieux cerner les potentialités de la confiance peer-to-peer, outiller les individus pour qu’ils accordent leur confiance à bon escient et envisager la confiance relationnelle comme un facteur différenciant.


Isabelle Dubois et Anne-Catherine Salberg

Avec la mise en application de loi sur l’information du public, l’accès aux documents et la protection des données (LIPAD), l’administration vit un changement de paradigme qui prône l’avènement de la culture de la transparence. A Genève deux cents institutions sont soumises à cette loi dont nous devons veiller à l’application.

Autorité indépendante, sans pouvoir de contrainte, notre bureau formule des recommandations dans le cadre de projets qu’on nous soumet sur une base volontaire. Dans notre pratique, nous avons opté pour un outil baptisé « agrément » que nous délivrons suite à des concertations interdisciplinaires. Celles-ci ont au coeur de nos récentes expériences avec la ville de Genève ou l’aéroport. Selon nous la confiance ne peut s’installer que dans le strict respect des règles établies et des médiations entre toutes les parties prenantes d’un projet.


Jean-Henry Morin

Même si l’on parle de « trusted computing », l’instauration de la confiance ne se vérifie pas sur le terrain. Au contraire, les exemples pris dans le secteur des organisations ou du divertissement (dé)montrent que la non-confiance règne.

Le fait que 53% des salariés contournent les dispositifs de sécurité pour simplement pouvoir effectuer leur travail répond aux autres hérésies que sont la présomption de culpabilité et la criminalisation des gens ordinaires. Il faut arrêter de promouvoir ce type de sécurité paranoïaque.

« Not to trust » n’est pas la solution. Ma proposition vise à introduire des autorisations adaptées. En échange d’une information qui l’identifie, une personne obtient un droit temporaire surveillé, applicable dans la sphère privée ou au travail. Cette confiance éclairée mais pas aveugle a comme avantage de postuler notre responsabilité, et par conséquent de nous investir. Si vous ne devez retenir qu’une chose, ce sera celle-là.


Jean-Marie Leclerc

Il faut veiller à ne pas placer le centre de gravité de la confiance numérique au mauvais endroit: la confiance, qu’elle soit numérique ou non, est une affaire de responsabilité individuelle que le secteur public doit savoir prendre en compte.

Dans ce contexte la transparence joue un rôle essentiel. Notre administration doit la promouvoir en acceptant les contraintes qu’elle impose. Nous pouvons pour cela nous appuyer sur un cadre éthique tel que celui proposé au travers de la norme ISO 26’000.

Il faut aussi considérer les devoirs liés à la LIPAD comme une opportunité pour générer encore plus de confiance. Car ces cadres éthiques et juridiques cristallisent des réflexions largement partagées qui sont à la source de la confiance.

Dans cet esprit, la société de l’information et de la connaissance ne se construira pas sans concertation et sans débat public. L’expérience du eVoting à Genève est là pour l’illustrer!


La co-création dans le service public – Le 12:30 sur RSR1

30 novembre 2010 – Giorgio Pauletto

La co-création sera un thème central de la prochaine conférence Lift sur les nouvelles technologies et leurs usages, qui aura lieu en février 2011 à Genève. Trois mois avant cette nouvelle édition, la co-création fait l’objet d’une présentation-débat dans le cadre des First de Rezonance, mardi 30 novembre 2010, au siège de la Fédération des entreprises romandes. L’interview de Giorgio Pauletto, conseiller en technologie et stratégie à l’Observatoire technologique de l’État de Genève. Une interview donnée au journal Le 12:30 de la RSR1 le 29 novembre 2010 (Radio suisse romande, La première).

RSR1

Le 12h30 (avec Giorgio Pauletto)

Lien sur le site de l’émission

Lien sur le fichier

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter avec profit les deux derniers chapitres de Administration Demain.

Administration Demain

Cette étude est une synthèse prospective de la situation présente et à venir pour Genève dans le cadre du projet d’Administration en Ligne.

Elle est basée sur une analyse internationale avec des missions de recherches factuelles en Allemagne, Estonie, Canada, États-Unis, Finlande et France mais aussi sur ce qui se fait en Suisse et à Genève. Tout en cherchant à développer un argumentaire politique et visionnaire, l’étude se fonde sur du narratif existant et fortement documenté. L’étude se veut accessible et transparente. Elle tient à rendre compte des progrès accomplis tout en offrant une feuille de route claire mais largement encore ouverte.

Cette étude a été réalisée dans le cadre de l’Observatoire Technologique (OT) du Centre des Technologies de l’Information (CTI) du Département des Constructions et des Technologies de l’Information du Canton de Genève, Suisse.

A l’intention du politique, du législatif et de l’administration, cette étude tente d’éclairer le chemin à parcourir et se conçoit ainsi et avant tout comme un outil de travail.

Auteurs: Xavier Comtesse et Giorgio Pauletto

Lien direct vers le document PDF (1.87 MB) AdministrationDemain2010-06-02.pdf

 


 

Une présentation du rapport en vidéo

http://vimeo.com/20507253

http://www.youtube.com/watch?v=7mAjzA2zOAo

 

Un support présentation sur Slideshare

e-Administration: enjeux et facteurs clés de succès

Ce travail sur clairement en exergue les enjeux pour les décideurs ainsi que des recommandations quant à la stratégie de mise en œuvre dans le cadre de la e-Administration.

L’utilisation des technologies de l’information et de la communication pour mettre en place une e-Administration présente une complexité qui ne caractérisait pas la plupart des projets informatiques mis en place jusqu’ici et qui découle de plusieurs facteurs.

Le premier aspect est que par essence la e-administration va influencer fortement les structures de l’administration. Le second est qu’elle dépasse largement le cadre purement technologique en raison notamment du rapport très fort qu’elle entretient avec le citoyen en particulier et avec la société en général. Et le troisième est que ses spécificités ne sont encore pas toutes définies.

Ce rapport se fonde sur plusieurs études dont celle de l’OCDE en apportant des éléments nouveaux en particulier dans le contexte suisse et genevois.

PDF 323 KB e-Administration_V1.0.pdf