«

»

Secteur public: faut-il avoir peur des réseaux sociaux?

Stéphane Gilliéron en pleine explication

Vendredi 24 avril la Muse accueillait le premier café de la République numérique,  un nouveau format de rencontre et d’échange proposé aux collaborateurs de l’administration genevoise. Plus de 25 personnes sont venues partager de manière informelle sur l’usage des réseaux sociaux dans le secteur public.

Tout le monde en parle, tout le monde s’accorde à dire qu’ils changent notre quotidien; beaucoup d’entre nous s’y inscrivent, et pourtant, les plus sceptiques se demandent encore aujourd’hui à quoi les réseaux sociaux peuvent bien servir, notamment dans un cadre professionnel. Effet de mode ou tendance durable? Opportunités réelles ou fausse bonne idée? Forum stérile et chronophage ou formidable agora au service de la res publica ? Ce premier café de la République numérique a abordé la question sous l’angle des perspectives offertes à nos administrations.

C’est Stéphane Gilliéron, chef de projet média et communication 2.0 à l’Etat du Valais, qui a lancé le débat en nous faisant partager son expérience dans le domaine. A travers des exemples illustrant les modes d’interaction offerts par ces nouveaux médias, Stéphane Gilliéron a rappelé quelques vérités sur un ton volontairement provocateur. Le fondement de son discours part de l’évidence que « Les services de nos administrations doivent apprendre à faire du conversationnel! ». Les attentes des usagers dans ce domaine sont en effet bien réelles et elles ne feront que croître.

La posture à trouver pour répondre à ces attentes doit être résolument positive « car le secteur public doit apprendre à se construire à travers les feedbacks que l’on peut recueillir sur les réseaux sociaux! » Dans cette optique, on se retrouve avec ces démarches au cœur de la transformation de nos administrations, ce qui replace les démarches dans une perspective ambitieuse.

Mais pour s’y lancer il faut d’abord comprendre les logiques et les mécanismes qui sont propres aux réseaux sociaux. Cela veut dire notamment en saisir les différentes formes de visibilité et de conversation et savoir se positionner correctement par rapport à elles. Il faut savoir ensuite s’y aventurer dans la logique d’un monde en constante évolution en laissant la place à l’expérimentation et au prototypage afin d’apprivoiser ces nouveaux usages. Mais dans le même temps, Stéphane Gilliéron nous engage à élaborer les critères qui vont permettre de mesurer les succès et la pertinence des actions menées.

A l’Etat du Valais Stéphane Gilliéron s’attache à illustrer concrètement les opportunités liées à l’usage de ces nouveaux médias en insistant particulièrement sur leur facilité de mise en œuvre au niveau technique. L’objectif consiste clairement à préparer une présence du canton sur les réseaux sociaux en élaborant une stratégie dans ce domaine. Celle-ci vise dans un premier temps à ouvrir le dialogue, à favoriser les échanges et optimiser les flux d’information. Mais il faut pour cela veiller à travailler avec les collaborateurs de la fonction publique en les aidant et en les accompagnant. Stéphane Gilliéron relève également la nécessité de cadrer les usages en mettant en place des directives adaptées faisant une large place à la responsabilisation des collaborateurs à l’image de celle mise en place par le département de la justice de l’état de Victoria en Australie (vidéo ci-dessous).

« Toutes nos administrations sont-elles prêtes à faire le pas? » C’est la question autour de laquelle a tourné la discussion qui a suivi. La réponse n’est pas définitive, mais la majorité des participants se sont accordés à relever qu’il est illusoire de croire que le secteur public va pouvoir garder la main dans ce nouveau paradigme. Sachons donc nous autoriser la liberté qui permettra d’expérimenter les usages et de mesurer les opportunités offertes. Cela nous aidera d’une part à mieux répondre aux attentes de la population dans une logique d’ouverture et de transparence. Et cela contribuera d’autre part à revaloriser le travail des fonctionnaires en donnant plus de visibilité à leur action. L’amélioration du fonctionnement de nos administrations, des prestations offertes ainsi que de l’image qu’elles renvoient passe aussi par cette voie là!

Les retours des participants à ce premier café de la République numérique sont encourageants et témoignent de l’intérêt porté à ces espaces de discussion. Le prochain café est d’ores et déjà agendé sur un thème qui reste à définir. Soyez à l’affût sur le site de l’OT pour en savoir plus!

Nous adressons pour terminer un grand merci à la Muse pour son accueil et en particulier aux Musekeepers pour leur aide dans l’organisation de cet évènement.

Important!

Un billet très intéressant avec un angle d’observation archivistique sur le même évènement est disponible sur le blog http://present-hieretdemain.tumblr.com/post/23558178982/mon-institution-darchives-sur-facebook
The following two tabs change content below.

Patrick Genoud

http://aliaz.com/patgen
Veille stratégique et prospective au service de l'innovation dans le secteur public
FacebookTwitterLinkedInBookmark/FavoritesEmailShare

Laisser un commentaire