Archives du Mois : mai 2014

On a causé de production alimentaire…

Food


La fin de la faim, ou comment l’innovation peut-elle sauver l’humanité?

Le climat se réchauffe, le nombre d’êtres humains s’accroît tandis que les ressources pour produire notre nourriture s’amoindrissent chaque année. Entre innovation et famine, qui aura le mot de la fin ?

Que l’on soit ouvrier d’usine au Vietnam ou président des Etats-Unis, se nourrir est le besoin fondamental de chacun sur cette planète. Aujourd’hui, grâce aux innombrables innovations dans le domaine (production, traitement, distribution) nos besoins sont satisfaits par une alimentation devenue moins onéreuse, plus saine et plus goûteuse que jamais. C’est sur ces prémisses que Jonathan Moy de Vitry a lancé la Causerie du 24 avril intitulée « Innovation versus Starvation »  et consacrée à l’innovation dans le domaine alimentaire.

Jonathan débute en illustrant de manière provocatrice ce que peut être l’innovation dans le domaine alimentaire en exhibant un hamburger de chez McDonald. Car il y en a des innovations dans un tel produit: que ce soit au niveau du mode de production, du conditionnement, du marketing, du goût, ou de la logistique associée pour ne citer que celles-là. Jonathan veut montrer par-là la nécessité d’envisager l’innovation dans le domaine alimentaire de manière holistique.

Et dans ce sens la notion de réseau d’innovation prend tout son sens. Il aimerait ainsi que l’on oublie l’image de l’innovation centrée autour d’une seule personne, à l’image de celle que l’on a de Steve Jobs. Cette image ne correspond pas à la réalité. A l’inverse, l’innovation réside aujourd’hui avant tout dans les réseaux et dans le partage des connaissances et des savoirs.

Mais ces réseaux alliés à une vision holistique de l’innovation suffiront-ils à nourrir la planète dans les décennies à venir ?

Au niveau des bonnes nouvelles, Jonathan met en avant les opportunités considérables apportées par les technologies industrielles alliées (au sein de réseaux d’innovation) aux technologies numériques. Il l’illustre notamment avec les résultats impressionnants obtenus par l’industrie de l’élevage de saumons ces dernières années. Dans un registre presque opposé, les innovations amenées dans le domaine de la production alimentaire biologique font toujours plus leurs preuves. Jonathan insiste sur le fait que c’est en combinant toutes ces approches que l’on va découvrir de réelles opportunités.

Et quelle que soit la voie choisie, Jonathan est convaincu que notre monde qui devient toujours plus complexe s’approche d’un point de bascule (un tipping point en anglais) dans le domaine alimentaire. Il est important selon lui d’atteindre ce point de bascule en ayant trouvé des solutions pérennes à nos problèmes d’alimentation. Car une fois celui-ci atteint, le chaos qui en résultera risque de ruiner nos efforts pour innover efficacement.

Photo Bruno Chanel

Photo Bruno Chanel

A ce point de la présentation, Jonathan nous a beaucoup parlé des technologies comme des solutions aux problèmes de production alimentaire. Mais il n’oublie pas la composante humaine et termine son exposé en insistant sur l’innovation sociale qui doit compléter le tableau. Nous sommes en effet parties prenantes de la solution. Nous pouvons ainsi innover dans notre vie quotidienne et contribuer à des améliorations significatives de la situation. Des choix simples peuvent en effet avoir des impacts importants. Dans le domaine du gaspillage notamment, les gains peuvent être considérables: toute nourriture non gaspillée n’as pas besoin d’être produite.

                    Enjoy your food, you will eat less!

Jonathan conclut en affirmant (avec tout l’auditoire d’ailleurs) qu’innovation technologique et innovation sociale vont main dans la main pour résoudre les difficultés à venir.

La discussion qui suit aborde de nombreux thèmes. On évoque notamment la brevetabilité comme étant un frein majeur à l’innovation technologique. Est-ce normal dans un domaine qui concerne des enjeux aussi importants pour la planète? Et c’est là que les gouvernements ont un rôle à jouer. Mais tant que nous n’aurons pas une prise de conscience planétaire des enjeux, cela va être difficile. On disserte alors sur le pouvoir qu’ont les citoyens dans ce domaine, pouvoir qu’ils ne prennent pas ! Et pourtant les technologies numériques offrent des opportunités sans pareil au niveau de la communication et de l’information.

La Causerie se termine en évoquant les nombreuses initiatives lancées sur le territoire en matière d’alimentation (voir références).


Références

Food Focus Genève : https://www.facebook.com/FoodFocus

Le Printemps carougeois qui se déroulera sur le thème de l’alimentation Fédération romande d’agriculture contractuelle de proximité : http://www.acpch.ch

La Ruche qui dit Oui : http://www.laruchequiditoui.fr/

 


 

Jonathan Moy de Vitry

Probablement l’un des coursiers à vélo les plus atypiques du canton, Jonathan Moy de Vitry a obtenu son Master en innovation et management industriel à l’Université de Gothenburg en Suède l’année dernière. Sa thèse portait sur la manière dont l’innovation durable a aidé l’industrie des fermes de saumons norvégiens à échapper au célèbre “Fishmeal Trap« , un travail pour lequel il a reçu une récompense de l’Agence Nationale de l’Innovation suédoise.