Archives du Mois : mai 2012

On a causé de monnaies numériques…

Une vingtaine de personnes étaient présentes jeudi 24 mai pour assister à cette sixième causerie organisée à la Muse et consacrée aux monnaies numériques. Pour la première fois nous n’avions pas proposé directement le thème de la causerie. C’est en effet une discussion amorcée à la suite de celle consacrée à l’économie du libre qui a amené Jean-Pierre Rupp à lancer le sujet de la soirée.

Avis aux amateurs: nous sommes toujours preneurs de sujets intéressants pour nos causeries!

La majorité des participants sont venus par simple curiosité, pour découvrir quelles idées et quelles réalités peuvent bien se cacher derrière ces monnaies numériques.

C’est donc Jean-Pierre Rupp, consultant Bitcoin, qui anime la causerie en commençant par rappeler les caractéristiques fondamentales d’une monnaie (rareté, uniformité, divisibilité, durabilité et transmissibilité) avant d’introduire Bitcoin, la monnaie numérique illustrative du thème de la soirée. Bitcoin se propose de reproduire dans le monde digital ces propriétés qui ont fait de l’or une monnaie universelle.

Après un discours souvent technique et pas toujours aisément compréhensible pour décrire les mécanismes mis en place autour de Bitcoin, on en arrive aux questions essentielles qui ont enflammé cette causerie comme jamais cela n’avait été le cas auparavant. Car lorsque l’on parle de monnaie et d’argent, on est au cœur de notre quotidien et des choix de société qui le guident…

Et des choix, les initiateurs de Bitcoin en ont fait des radicaux en se reposant sur une architecture non centralisée, non contrôlée et non contrôlable (sauf à couper l’Internet). De cette façon Bitcoin ne dépend pas de la confiance envers un tiers particulier, mais plutôt envers la robustesse des procédés cryptographiques employés. Je ne vais pas revenir ici sur les caractéristiques de Bitcoin, Wikipedia les résumant bien mieux que moi.

Jean-Pierre Rupp a surtout insisté sur les principes qui ont guidé la communauté Bitcoin: liberté, anonymat et respect de la sphère privée ! Une communauté que Jean-Pierre qualifie volontiers de cypher anarchists !

La question de l’anonymat soulève bien des controverses dans l’assemblée.  Mais Jean-Pierre Rupp nous rappelle que Bitcoin se veut une monnaie universelle et que la réalité de notre pays biaise notre regard sur cette notion d’anonymat. Si nous étions iranien ou vénézuélien pour reprendre les exemples donnés, nous verrions les choses d’un autre œil. Dans ces pays l’anonymat peut en effet constituer une qualité précieuse, voire vitale.

Et lorsqu’on évoque l’anonymat, se pose également la question de la confiance à accorder à Bitcoin. Jean-Pierre aborde le sujet de manière très concrète en signalant qu’on a déjà assisté à des vols de Bitcoins (les voleurs ont manifestement confiance dans la valeur de cette monnaie). Et la (bonne) réponse apportée par les sites d’échange qui ont subi le préjudice a renforcé la confiance dans le système.

Certains se sont ensuite étonnés de l’absence d’éthique de la démarche (alors qu’on aurait pu l’intégrer dans les gênes de Bitcoin). D’autres ont perçu cette monnaie numérique comme un système complexe et élitiste réservé aux geeks uniquement, avec une barrière d’entrée qui n’en fait pas une monnaie démocratique. D’autres enfin relèvent le bilan écologique négatif lié au mode de production des Bitcoins. Des questions et des remarques qui n’ont pas obtenu de réponses définitives lors de cette causerie mais qui ont dans tous les cas suscité des échanges passionnés.

Jean-Pierre Rupp a conclu cette causerie en prédisant avec conviction que « Bitcoin va changer le monde! ». Je ne sais pas s’il a raison, mais comme l’a relevé l’un des participants, Bitcoin a le mérite de démontrer à l’échelle de la planète qu’il est possible de lancer une monnaie (numérique) viable et qui offre une alternative aux schémas dans lesquels nous nous sommes enfermés…

Pour ceux qui veulent en savoir plus:

 

 

Ouverture de la première Antenne citoyenne

Lundi 14 mai sera à marquer d’une pierre blanche pour l’équipe du projet Antenne citoyenne! Ce jour-là, la première antenne du canton a en effet ouvert ses portes dans la commune de Thônex. Le projet a été concrétisé en un temps record grâce à l’enthousiasme du maire Philippe Decrey ainsi que de la responsable du service social Sandrine Fague.

L’Antenne citoyenne de Thônex est ouverte actuellement les lundi et vendredi après-midi. Seuls deux ordinateurs sont mis à disposition du public. Pas question donc pour l’instant d’y faire de la formation et de la sensibilisation pour des groupes.  Sandrine Fague se concentrera avant tout sur un accueil et un accompagnement individualisés et sur la remontée des besoins et des attentes des habitants de la commune.

Ces prochains mois constitueront une phase expérimentale pour cette première antenne. Il s’agira de vérifier l’adéquation des besoins de la population thônésienne avec ce que l’équipe de projet a imaginé et d’adapter les prestations de l’antenne dans une démarche agile de co-création.  Un bilan sera tiré ensuite pour envisager la pérennisation de l’Antenne citoyenne à Thônex.

 Les Antennes citoyennes sont appelées naturellement à se multiplier sur le territoire genevois : Onex va lancer la sienne en septembre; Versoix et Meyrin sont dans les starting blocs et d’autres communes ont témoigné leur intérêt. De leur côté, de nombreux acteurs du service public ont perçu la valeur ajoutée de cette initiative et entendent s’associer à la démarche. Pour mettre en relations ces différents acteurs et lancer d’emblée une dynamique d’échange et de co-création, la commune de  Thônex accueillera prochainement la première rencontre des personnes et institutions intéressées à créer cette dynamique en réseau autour des futures Antennes citoyennes du canton. Affaire à suivre…

Article de M Philippe Decrey dans le mensuel Le Chenois (mai 2012)

Secteur public: faut-il avoir peur des réseaux sociaux?

Stéphane Gilliéron en pleine explication

Vendredi 24 avril la Muse accueillait le premier café de la République numérique,  un nouveau format de rencontre et d’échange proposé aux collaborateurs de l’administration genevoise. Plus de 25 personnes sont venues partager de manière informelle sur l’usage des réseaux sociaux dans le secteur public.

Tout le monde en parle, tout le monde s’accorde à dire qu’ils changent notre quotidien; beaucoup d’entre nous s’y inscrivent, et pourtant, les plus sceptiques se demandent encore aujourd’hui à quoi les réseaux sociaux peuvent bien servir, notamment dans un cadre professionnel. Effet de mode ou tendance durable? Opportunités réelles ou fausse bonne idée? Forum stérile et chronophage ou formidable agora au service de la res publica ? Ce premier café de la République numérique a abordé la question sous l’angle des perspectives offertes à nos administrations.

C’est Stéphane Gilliéron, chef de projet média et communication 2.0 à l’Etat du Valais, qui a lancé le débat en nous faisant partager son expérience dans le domaine. A travers des exemples illustrant les modes d’interaction offerts par ces nouveaux médias, Stéphane Gilliéron a rappelé quelques vérités sur un ton volontairement provocateur. Le fondement de son discours part de l’évidence que « Les services de nos administrations doivent apprendre à faire du conversationnel! ». Les attentes des usagers dans ce domaine sont en effet bien réelles et elles ne feront que croître.

La posture à trouver pour répondre à ces attentes doit être résolument positive « car le secteur public doit apprendre à se construire à travers les feedbacks que l’on peut recueillir sur les réseaux sociaux! » Dans cette optique, on se retrouve avec ces démarches au cœur de la transformation de nos administrations, ce qui replace les démarches dans une perspective ambitieuse.

Mais pour s’y lancer il faut d’abord comprendre les logiques et les mécanismes qui sont propres aux réseaux sociaux. Cela veut dire notamment en saisir les différentes formes de visibilité et de conversation et savoir se positionner correctement par rapport à elles. Il faut savoir ensuite s’y aventurer dans la logique d’un monde en constante évolution en laissant la place à l’expérimentation et au prototypage afin d’apprivoiser ces nouveaux usages. Mais dans le même temps, Stéphane Gilliéron nous engage à élaborer les critères qui vont permettre de mesurer les succès et la pertinence des actions menées.

A l’Etat du Valais Stéphane Gilliéron s’attache à illustrer concrètement les opportunités liées à l’usage de ces nouveaux médias en insistant particulièrement sur leur facilité de mise en œuvre au niveau technique. L’objectif consiste clairement à préparer une présence du canton sur les réseaux sociaux en élaborant une stratégie dans ce domaine. Celle-ci vise dans un premier temps à ouvrir le dialogue, à favoriser les échanges et optimiser les flux d’information. Mais il faut pour cela veiller à travailler avec les collaborateurs de la fonction publique en les aidant et en les accompagnant. Stéphane Gilliéron relève également la nécessité de cadrer les usages en mettant en place des directives adaptées faisant une large place à la responsabilisation des collaborateurs à l’image de celle mise en place par le département de la justice de l’état de Victoria en Australie (vidéo ci-dessous).

« Toutes nos administrations sont-elles prêtes à faire le pas? » C’est la question autour de laquelle a tourné la discussion qui a suivi. La réponse n’est pas définitive, mais la majorité des participants se sont accordés à relever qu’il est illusoire de croire que le secteur public va pouvoir garder la main dans ce nouveau paradigme. Sachons donc nous autoriser la liberté qui permettra d’expérimenter les usages et de mesurer les opportunités offertes. Cela nous aidera d’une part à mieux répondre aux attentes de la population dans une logique d’ouverture et de transparence. Et cela contribuera d’autre part à revaloriser le travail des fonctionnaires en donnant plus de visibilité à leur action. L’amélioration du fonctionnement de nos administrations, des prestations offertes ainsi que de l’image qu’elles renvoient passe aussi par cette voie là!

Les retours des participants à ce premier café de la République numérique sont encourageants et témoignent de l’intérêt porté à ces espaces de discussion. Le prochain café est d’ores et déjà agendé sur un thème qui reste à définir. Soyez à l’affût sur le site de l’OT pour en savoir plus!

Nous adressons pour terminer un grand merci à la Muse pour son accueil et en particulier aux Musekeepers pour leur aide dans l’organisation de cet évènement.

[important]Un billet très intéressant avec un angle d’observation archivistique sur le même évènement est disponible sur le blog http://present-hieretdemain.tumblr.com/post/23558178982/mon-institution-darchives-sur-facebook[/important]