Archives du Mois : novembre 2011

Assises de l'intelligence économique et veille stratégique: quels enjeux pour l'administration ?

29 novembre 2011 — Giorgio Pauletto

Les 5e assises de l’intelligence économique et de la veille stratégique, qui ont eu lieu le 27 et 28 novembre 2011 à Alger, ont traité du thème crucial “L’information comme nouvelle ressource stratégique”. Organisé sous le patronage du Ministre de l’Industrie, PME et de la Promotion de l’Investissement en Algérie, le programme de ces assises permet de voir rapidement que les acteurs ont saisi que la société se transforme aussi bien dans le secteur privé que dans celui public.

Voici, en synthèse et en slides, la présentation que j’ai délivrée qui aborde trois thèmes d’importance capitale dans ce domaine:

  • L’évolution technologique et informationnelle, avec le passage du monde du Mainframe à plus récemment celui du Cloud Computing, des réseaux sociaux, et du smartphone (ces mondes, d’ailleurs, s’ajoutent par strates plus qu’ils ne se substituent l’un à l’autre); de façon parallèle la prise de conscience, toujours plus affirmée, que nous montons dans la chaîne de valeur allant de la donnée, à l’information, puis à la connaissance, au savoir et à l’intelligence collective avec le partage et l’appropriation; le contraste entre un monde de la rareté des biens physiques qui favorise la prévision et celui de l’abondance où la sérendipité et l’imprévisibilité sont essentielles.
  • L’innovation dans les modèles économiques présentée de façon synthétique et visuelle par les travaux de Business Model Generation et dont les exemples donnent une grille de lecture à la fois simple et complète des modèles de Apple ou de Google.
  • L’évolution des administrations publiques à l’ère d’Internet , mais aussi surtout des changement de société que cela engendre; le fil rouge de cette évolution est clairement identifié par le passage de l’informationnel au transactionnel, puis de la personnalisation au participatif augmenté pour finalement aboutir au niveau transformationnel de l’organisation dans son ensemble, le détail étant exposé dans Administration Demain.

On a causé d’intelligence collective…

 Jeudi dernier, l’équipe de la Muse avait transformé leur grande salle en un petit ‘bistrot’ accueillant dans lequel nous avons pu lancer la première causerie du jeudi co-organisée par la Muse et l’Observatoire technologique. Une quinzaine de personnes se sont retrouvées autour de l’animateur de la soirée: Jean-Michel Cornu, directeur scientifique de la FING et Chief Visionary Officer (j’adore ce rôle) du projet Imagination for People qui servait de catalyseur aux discussions de la soirée.

Plus de deux heures d’échanges autour du thème de l’intelligence collective ont suivi; deux heures passées à découvrir dans un premier temps les grandes lignes du projet ImaginationforPeople.org, puis à partager les points de vue des uns et des autres en laissant la discussion se développer à partir du thème initial. Lorena et Kim ont repris dans un billet quelques phrases clés glanées au fil de la discussion.

Je n’irai pas plus loin ici: une causerie cela se vit, cela ne se raconte pas vraiment. Sauf à relever la richesse des débats, surtout lorsqu’à la fin cela a tourné à la véritable séance de brainstorming. Mais si il fallait malgré tout retenir une idée force de cette soirée c’est le fait que certaines idées proposées sur Imagination for People vous démontrent qu’il faut savoir constamment sortir de notre cadre de pensée habituel !

Jean-Michel a convaincu certains d’entre nous à contribuer à ce nouveau Wikipedia des idées que constitue Imagination for People. Les prochaines causeries du jeudi devraient ainsi s’inscrire dans la dynamique du projet. Le succès manifeste de cette première causerie du jeudi nous persuade dans tous les cas de continuer l’expérience dès la rentrée 2012 avec les multiples sujets qui nous trottent déjà dans la tête.

Un grand merci à Lorena, Kim et Antoine pour leur accueil et à tous les participants pour leur contribution active au succès incontesté de cette première édition.

Revivez la causerie avec le podcast proposé sur le site de la Muse.

En marge de cette causerie et de sa participation le lendemain à la 21è Journée de rencontre de l’Observatoire technologique, Jean-Michel Cornu est intervenu sur le sujet lors de l’émission Forum de la Radio Suisse Romande. A écouter (en fin de page) sur le site de l’émission.

La coopération intergénérationnelle: un défi ou une opportunité pour les organisations ?

2011-11-25 — Giorgio Pauletto

La démographie ne serait pas le seul facteur déterminant quant à la destinée du monde. Mais le constat est là: nous sommes face à un plus grand nombre de générations aussi bien dans notre société que dans nos organisations. Ce mélange amène-t-il des difficultés ou au contraire est-il une source d’opportunités? Comment bien appréhender la gestion des âges?

Lors de la convention Afope, institut de l’organisation en entreprise, j’ai participé en tant que co-animateur aux deux jours de réflexion sur ce sujet avec les participants.

L’intervenante principale Birgit Peeters, fondatrice de Aquincum et experte dans les nouvelles formes de travail, que j’accompagnais, ainsi que Nicolas Flamant, anthropologue de formation et DRH de Spie-Batignolles, ont mis en évidence plusieurs points saillants:

  • Les générations sont relatives et multifactorielles. Birgit Peeters montre que nous amenons souvent des stéréotypes sur les générations: les jeunes ne sont pas de bons leaders, un sénior n’est plus motivé car proche de la retraite, une jeune femme sera accaparée par ses enfants et sa famille…
  • Au contraire, nous dit-elle, on retrouve des points communs à toutes les générations: bonne ambiance de travail, sens de la mission, autonomie, sont essentiels pour une motivation intrinsèque.
  • Le questionnement sur les jeunes générations est récurrent dans le temps. On entend parler d’une “génération plus fragile, ayant moins le goût de l’effort, avec qui le dialogue est plus difficile, mais qui paradoxalement fait preuve de plus de maturité. Mais ce texte date de… 1972!” souligne Nicolas Flamant.
  • Les jeunes générations entrantes dans les organisations amènent les changements de société. Nous vivons parfois dans une situation paradoxale: nous évoluons plus facilement dans les changements dans nos vies personnelles que dans nos vies professionnelles. On se débrouille pour comprendre un nouveau service en ligne sur internet (par exemple comment utiliser Skype pour appeler ses enfants ou petits-enfants) mais il nous faut de longues formations pour se servir d’un ordinateur en entreprise. Les jeunes générations mettent en quelque sorte le monde professionnel en face de certaines réalités.
  • La contradiction peut devenir intolérable si on persiste à associer nouvelles formes individualisées de travail avec les anciennes formes de management. Là aussi les situations paradoxales peuvent être source de dissonances: les organisations sont basées sur la stabilité et les standards, la hiérarchie et l’intégration de longue durée, alors que les signaux qui sont donnés sont des frontières floues entre vie privée et professionnelle, une pression sur les postes de travail et la nécessité de collaborer de façon plus transverse.

Lors de l’atelier, avec les participants, nous avons recueilli plusieurs pistes concrètes pour l’avancement de la gestion des âges dans les entreprises, pistes qui demandent bien sûr à être élaborées et accompagnées par des spécialistes en la matière:

  • Intégrer les nouveaux arrivants quel que soit leur âge,
  • Mettre en place un tutorat intergénérationnel,
  • Utiliser les générations intermédiaires comme trait d’union entre les extrêmes (sur lesquelles on se focalise parfois trop),
  • Inclure la gestion des âges dans la politique de l’entreprise, par exemple dans les valeurs concernant la diversité et la non discrimination,
  • Évaluer les efforts dans ce sens au cours des entretiens RH,
  • Communiquer sur les initiatives au sein des organisations pour les rendre lisibles et visibles.

Les généralités sur les générations ont été balayées pour laisser place à une vision plus globale qui transcende les âges, tout en tenant compte des spécificités propres aux personnes, non seulement par rapport à leur âge, mais aussi à leur compétences, leurs savoirs et leurs aspirations.

Plusieurs lectures sur ces questions sont disponibles sur le site de Aquincum pour approfondir la réflexion.

En prime, une présentation que j’ai effectuée sur ce thème quelque semaines après:

 

Il est aussi intéressant de revoir un témoignage sur les usages de la génération Y pour mieux saisir les enjeux liés à leur intégration dans nos organisations, notamment quant aux tendances montantes que sont les téléphones portables et les réseaux sociaux.


Genève bouge autour de l’open data !

En septembre dernier, le comité directeur du système d’information du territoire genevois (le SITG) a pris la décision de lancer un projet d’ouverture de certaines de ses données publiques (open data en anglais; voir le document “Ouverture des données publiques: une opportunité pour Genève” qui cadre ce sujet). C’est une décision importante pour Genève qui pourrait devenir le premier canton Suisse à lancer une initiative open data d’envergure.

Mais nous n’en sommes pas encore là!

A l’initiative de Dominique Hausser, le comité directeur du SITG a organisé ce matin une première séance de consultation auprès de la commission des fournisseurs et utilisateurs du SITG. Plus de 50 personnes ont répondu à l’invitation pour mieux comprendre ce qu’était l’open data, et quels en étaient les défis et les enjeux (voir ma présentation ci-dessous).


Pascal Oehrli et Adrien Vieira de Mello du service de l’organisation et des systèmes d’information du SITG ont ensuite présenté la démarche envisagée par le comité directeur qui a pour ambition la mise en place d’un portail open data du SITG d’ici septembre 2012. Il aura fallu d’ici là étudier les aspects juridiques liés à la question. Mais l’un des facteurs importants de succès réside surtout dans la capacité à convaincre les membres de la CFU du bien-fondé de la démarche de manière à ce qu’ils s’engagent de manière volontariste et en toute connaissance de cause.

De ce point de vue, cette première séance a été un succès. La démarche proposée a été manifestement bien perçue et les questions soulevées portaient plus sur la manière de lancer une dynamique autour de l’open data que sur les réticences à y aller.  A ce propos les aspects liés à la protection de la sphère privée ont été plusieurs fois abordés mais de manière constructive. Et c’est surtout des exemples concrets qui pourraient résulter d’une ouverture du SITG qui ont été évoqués.

Au-delà de la mise en place d’un (hypothétique) portail open.ge.ch, on se réjouit de voir comment cette dynamique naissante autour de l’open data va se développer à Genève !

Symposium eGouvernement à Berne

Mardi dernier se tenait à Berne le 5ème symposium national consacré a l’eGovernment. Une belle affluence pour cet évènement dont le thème central était cette année l’open government. C’est la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf qui a prononcé un discours d’ouverture très apprécié par la nombreuse assemblée. Mme Widmer-Schlumpf ne s’est d’ailleurs pas contenté d’introduire le symposium; elle a assisté à toutes les présentations de la matinée, un fait suffisamment rare pour être remarqué.

Les plénières du matin étaient ouvertes vers l’étranger avec notamment Sietze Dijkstra qui a exposé la vision selon IBM de la smart society de demain et l’importance de l’ouverture des données publiques dans ce contexte. Un présentation visionnaire et très bien amenée qui détonne avec celles que l’on découvre habituellement en Suisse dans les séminaires consacrés à la cyber-administration (décidément je n’aime pas ce mot!).

L’après-midi était consacré à des sessions spécialisées dont celle sur l’innovation économique à laquelle j’étais convié suite au document « Ouverture des données publiques: une opportunité pour Genève » que j’avais publié en début d’année. J’ai présenté (voir ci-dessous) à cette occasion ma perception de l’ouverture des données publiques en mettant en avant d’une part les opportunités qu’offre notre système d’information du territoire (le SITG) dans ce domaine. Et en insistant surtout sur la nécessaire dynamique à mettre en œuvre avec tous les acteurs concernés si l’on désire atteindre les objectifs escomptés en ouvrant nos données.

J’ai pu noter le dynamisme de la ville de Zürich qui a présenté eZürich, sa nouvelle «plateforme d’idées pour visionnaires, pour les enthousiastes et pour les entrepreneurs du numérique». Andreas Németh a exposé la démarche d’ouverture des données publiques de la ville qui a déjà mis en place un prototype de portail d’accès à certaines données ainsi que les outils de visualisation de certains jeux de données statistiques. Et tout cela uniquement avec les services mis à disposition par Google, dont Google public data explorer! Et tout ceci dans une perspective (très) large de compétition avec Vienne pour déterminer quelle est la ville la plus attrayante de la planète. Car Andreas Németh est convaincu (comme moi d’ailleurs) que la compétitivité de sa ville passe également par l’open data qui constitue un facteur d’innovation incontournable.

Cet argument a été repris lors de la table ronde finale par Edith Graf-Litscher, conseillère nationale et co-présidente du groupe parlementaire pour une informatique durable. Pour répondre aux questions relatives au retour sur investissement de l’open data, Mme Graf-Litscher a insisté sur la nécessité de considérer l’ouverture des données publiques comme une démarche d’innovation: « On ne cherche pas à calculer le retour sur investissement d’une démarche d’innovation avant de la lancer ! ».

Lors de cette même table ronde, Hans-Peter Thur, préposé fédéral à la protection des données et à la transparence, a rappelé que la transparence constitue dans bien des cas une motivation forte qui pousse les collectivités publiques à ouvrir leurs données. Mais il a rappelé dans le même temps la nécessité de toujours correctement intégrer les aspects liés à la protection des données et au respect de la sphère privée.

Deux points sont particulièrement ressortis des discussions lors de cette session consacrée à l’innovation économique. Le premier est la nécessité de collaborer avec tous les acteurs concernés par l’ouverture des données publiques: fournisseurs publics et privés, citoyens, entreprises, associations, monde académique et collectivités publiques. Le second concerne le rôle central que devrait jouer la confédération dans ce domaine: que ce soit au niveau juridique ou technique, mais surtout en étant le catalyseur d’une dynamique nationale de l’open data.

Au final ce 5ème symposium a été plus intéressant que prévu et on se réjouit déjà de la première édition d’un symposium romand le 3 mai prochain à Lausanne ainsi que de la 6ème édition nationale agendée au 13 novembre 2012 à Berne. J’espère que lors de la rencontre de Lausanne nous aurons l’occasion de voir dans la salle de nombreux politiciens réellement intéressés par ces thématiques importantes pour l’avenir de notre pays et de notre région.

En marge de ce symposium, mon intervention a la RSR dans l’émission Les Temps Modernes : « Cyberadministration: la Suisse est en retard».

Et si on causait ?


La Muse et l’Observatoire technologique s’associent pour vous proposer un nouveau format d’événement: les causeries du jeudi.

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Plateforme d’innovation ouverte et ascendante

Une communauté de citoyens à l’échelle internationale qui croient au pouvoir de la créativité pour trouver des solutions concrètes contribuant au mieux-vivre ensemble : l’imagination, en somme, au service du bien commun.

Inspiré par une alchimie mêlant Wikipedia, TED et l’envie d’un après-Facebook, Imagination for People a été créé comme un futur hub numérique dont les premiers pas sont un appel à une inventivité collective trans-frontières.

Comment favoriser le désir de créer pour et par les citoyens ? Comment proposer à de multiples communautés internationales un outil ergonomique et ludique qui « donnent envie » ? Envie de contribuer au mieux-être collectif ?Envie de concevoir et de tester des rapprochements inédits entre les citoyens, la sphère publique et le secteur privé ? Envie de prendre plaisir à créer du sens et de l’utile ?

Pour en discuter, Jean-Michel Cornu Chief Visionary Officer du projet présentera la plateforme Imagination for People.

Cette présentation servira de départ à la causerie qui suivra et contribuera peut-être, au développement de cette expérimentation sur le territoire genevois.

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Jean-Michel Cornu est consultant international depuis 25 ans. Il est également directeur scientifique de la Fondation Internet Nouvelle Génération (FING) et Chief Visionary Officer du projet Imagination for People. Il intervient en particulier sur les sujets traitant de l’impact des technologies émergentes sur la société et sur l’intelligence collective.

Jean-Michel Cornu interviendra le lendemain lors de la 21ème Journée de rencontre de l’Observatoire technologique.

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21è Journée de rencontre de l’OT

L’Observatoire technologique organisera sa traditionnelle conférence de fin d’année le vendredi 25 novembre sur le thème des ‘nouveaux modèles‘. Les intervenants illustreront à travers des exemples concrets l’impact que les technologies de l’information et de la communication ont eu ces dernières années sur les modèles qui régissent la vie de nos organisation: modèles économiques, modèles d’organisation ou de management pour ne citer qu’eux!

Les orateurs suivants participeront à cette conférence :

  • Catherine Monfort, expert dans le domaine de la gestion de la propriété intellectuelle ;
  • Jean-Michel Cornu, directeur scientifique de la Fondation Internet Nouvelle Génération ;
  • Jean-Marie Leclerc, directeur général des systèmes d’information du canton de Genève ;
  • Serge Soudoplatoff, entrepreneur, enseignant, chercheur et conférencier.

La conférence sera introduite par M. Robert Monin, Secrétaire Général du Département des Constructions et des Technologies de l’Information de la République et Canton de Genève.

Le programme ainsi que les détails de cette 21ème Journée de rencontre sont disponibles sur le site de l’événement.

Si vous désirez y participer, nous vous remercions de vous inscrire sur le site Amiando.

Vous pouvez également vous inscrire directement par e-mail ou par téléphone auprès de Marie-Hélène Moutinho (+41 22 388 00 28).