Archives du Mois : octobre 2011

Vision coréenne de la « smart society » de demain

Mardi 25 octobre dernier, HEC Genève et l’Institut de Science des Services de l’Université de Genève ont invité le Dr Seang-Tae Kim à partager  sa vision de la société de la connaissance de demain.

Seang-Tae Kim est président de l’Agence coréenne de la société de l’information. Depuis une vingtaine d’années il défend la vision d’une société de la connaissance et du savoir vers laquelle le secteur public coréen doit résolument s’orienter. La présentation qu’il a donnée devant une cinquantaine de personnes (en majorité des étudiants) s’est articulée autour de 4 concepts clés qui sont pour lui au cœur de la rupture que nous sommes en train de vivre: la nécessité d’une approche orientée sur l’humain, les défis liés à une population vieillissante, les incertitudes et les risques que nous devrons savoir gérer ainsi que le développement technologique.

Autour de ces 4 concepts, Seang-Tae Kim a élaboré une vision de la « smart society » de demain que j’ai trouvée très inspirante. D’une part parce que j’y ai retrouvé de nombreuses idées qu’avec notre directeur Jean-Marie Leclerc nous défendons depuis longtemps : approche sociétale, individus au centre, ouverture, autonomisation, vision globale, société du savoir, etc. Et d’autre part parce que Seang-Tae Kim insiste sur la nécessité d’ancrer sa vision dans des valeurs clés telles que la joie, l’équité, la créativité et la durabilité.

Concrètement, Seang-Tae Kim propose de créer, dans et pour la société, diverses plateformes sur lesquelles les individus ainsi que les secteurs privé et public pourront s’appuyer pour créer de la valeur dans une démarche d’innovation ouverte. Les technologies de l’information et de la communication doivent permettre de redonner le pouvoir aux individus en les aidant à exprimer leur créativité pour résoudre les défis à venir. Seang-Tae Kim insiste sur la nécessité de mettre en place des cycles vertueux de la connaissance et de l’innovation dans des écosystèmes qui restent encore à construire. Le secteur public et le monde politique ont un rôle important à jouer dans ce domaine et c’est pour faire prendre conscience de ces enjeux que Seang-Tae Kim œuvre inlassablement depuis une vingtaine d’années. Lorsque je lui ai demandé comment mettre en action cette vision de  « smart society », il a répondu qu’il n’avait pas de réponse définitive à ma question et que c’est en expérimentant que nous trouverons notre chemin. Mais il a noté dans le même temps que c’est souvent en traversant des crises majeures que nous sommes le plus aptes à assimiler concrètement certains concepts.

Enfin, lorsqu’on lui a demandé quelles étaient les qualités que devaient cultiver les étudiants d’aujourd’hui pour être à l’aise dans la « smart society » de demain, Seang-Tae Kim a  repris celles qu’il avait développées dans sa présentation: innovation ancrée dans la pratique, ouverture et confiance, créativité et collaboration auxquelles il a ajouté l’humilité sans laquelle nous avons toutes les chances de nous fourvoyer…

Ecoutez également l’interview que Seang-Tae Kim a donnée pour le journal de 6h de RSR la 1ère (commencer à 10’35).

Retour sur l’« Open Data Camp » de Lausanne

Les locaux de l’EPFL et de l’ETHZ accueillaient le vendredi 30 septembre et le samedi 1 octobre derniers le premier « Open Data Camp » de Suisse sous l’appellation make.opendata.ch. Autour des données publiques ouvertes, les organisateurs visaient à faire se rencontrer les personnes porteuses d’idées et celles à même de les réaliser. Quelques dizaines de participants, pour une majorité des designers et des développeurs passionnés ont répondu à leur appel et se sont retrouvés pour explorer les potentialités offertes par l’utilisation innovante des données publiques.

Cet « Open Data Camp » était organisé par opendata.ch, l’initiative Open Data rattachée à /ch/open (Swiss Open Systems User Group) et SI (l’association professionnelle et spécialisée de l’informatique en Suisse). En collaboration avec le groupe parlementaire pour une informatique durable le débat politique sur le sujet avait été lancé en juin 2011 lors d’une conférence aux Archives fédérales à Berne. Cette première rencontre au niveau fédéral a connu un large succès et a débouché sur la rédaction d’un manifeste ainsi que de diverses actions parlementaires.

Avec avec Philippe Coudre-Mauroux (laboratoire XI de l’Uni de Fribourg), j’ai été sollicité par les organisateurs pour participer à une table ronde animée par Antoine Logean. Il s’agissait d’une part de placer l’open data dans une perspective large, telle que j’ai essayé de le faire dans le document Ouverture des données publiques: une opportunité pour Genève. Et d’autre part de traiter avec Philippe Coudre-Mauroux d’aspects plus techniques liés au Web sémantique et aux standards favorisant l’accessibilité aux données publiques ouvertes. La table ronde a manifestement intéressé l’auditoire et a illustré le nombre et la diversité des questions soulevées par l’open data en Suisse.

Les participants à l’« Open Data Camp » se sont penchés sur des thématiques aussi diverses que la visualisation de données de radioactivité sur le territoire Suisse, d’informations concernant nos parlementaires ou de consommation d’énergie. Les compte-rendus des projets initiés durant ces deux jours sont disponibles sur le wiki et le forum de make.open.data.ch. Pierre Crevoisier a également réalisé un sujet radiophonique sur l’évènement.

Cette première édition visait avant tout à mettre en relation les personnes qui se sentent concernées par l’open data dans notre région. De ce point de vue le succès a été au rendez-vous et appelle d’autres manifestations de ce genre, ce que nous promettent les organisateurs. Merci d’avance à eux! Gageons que le secteur public genevois ne sera pas en reste et saura présenter dans un avenir proche des éléments concrets dans ce domaine.