Archives du Mois : mars 2011

Conférence sur l’avenir du Web

31 mars 2011 – Giorgio Pauletto

Le Web, un outil pour le développement?

L’Université de Genève et la World Wide Web Foundation organisent une grande conférence sur l’avenir du Web, le mercredi 6 avril prochain, avec Tim Berners-Lee, inventeur du Web, et Gordon Brown, ancien Premier ministre britannique.


L’avenir du Web
Un outil pour le développement?
Uni Dufour, mercredi 6 avril, 18h

Gordon Brown et Tim Berners-Lee se donnent rendez-vous à l’Université de Genève pour discuter de l’avenir du World Wide Web comme outil au service du développement. L’accès à Internet devrait-il être considéré comme un droit humain fondamental? Quelles sont les potentialités du Web en tant qu’instrument dans l’amélioration des conditions de vie de populations défavorisées? Ces questions, que l’usage du Web et des téléphones portables dans les événements récents en Tunisie, en Egypte et en Libye a placées au coeur de l’actualité, sont d’une importance cruciale pour tenter de renouveler les approches relatives aux problèmes qui touchent les pays en développement.

La discussion sera modérée par Alberto Ibargüen, directeur général de la Fondation Knight.
Elle aura lieu en anglais, avec interprétation simultanée en français.

Venez-nombreux!

http://www.unige.ch/presse/archives/2011/web.html

Voir la vidéo en ligne (eng/fre).

Journée de la 3D à Genève

Avec le SITG, le canton de Genève a la chance de disposer d’un système d’information géographique performant qui, en plus de 400 couches accessibles via un guichet 2D, est également riche des données 3D des bâtiments du canton (accessibles via un guichet 3D dédié). Les usages et les technologies permettant la valorisation des ces données 3D n’en sont qu’à leurs débuts mais témoignent déjà d’une vitalité impressionnante.

Pour prendre la mesure de cette dynamique, Claudine Métral et Alain Dubois (Université de Genève) ainsi que Laurent Niggeler (géomètre cantonal) ont organisé hier leur première Journée de la 3D dont les objectifs étaient de mettre à jour nos connaissances dans le domaine de la 3D, de découvrir les innovations actuelles dans ce domaine et d’en appréhender les tendances et les développements futurs. Dans cette optique, la centaine de participants a pu suivre une dizaine de présentations ainsi que la table ronde proposées par les organisateurs.

La journée a été introduite par Michèle Künzler, magistrate en charge du Département de l’Intérieur et de la Mobilité du canton de Genève qui a souligné la nécessité de considérer l’information que crée et gère l’administration comme une ressource stratégique. Le SITG est de ce point de vue emblématique. D’une part en raison de sa richesse et de son utilité déjà démontrée en interne de l’administration, mais aussi et surtout parce qu’il constitue selon elle un formidable outil d’aide à la décision et de démocratie participative que nous devons encore apprivoiser. Et parce qu’elle « parle » très directement à la population, la 3D a un rôle important à jouer, que l’on pense à des domaines comme  l’urbanisation ou la mobilité. En évoquant la participation citoyenne, Michèle Künzler insiste sur le fait que les services que l’on peut apporter aux citoyens, grâce notamment aux données du SITG, doivent être co-construits avec eux: « on ne peut plus arriver vers le citoyen en lui proposant un produit fini ! »

Parmi les interventions de la journée, quelques unes ont particulièrement retenu mon attention. Pascal Peyronnet et Nicolas Paparoditis ont ainsi présenté le projet de recherche Terra Numerica qui s’est notamment attelé à la modélisation 3D de la ville de Paris. L’objectif est de travailler d’une part sur les technologies qui facilitent la modélisation 3D et l’accès à ces données. Mais dans le même temps les acteurs du projet explorent la multiplicité des usages liés aux données 3D. Les premiers résultats sont impressionnants, tant du point de vue des technologies d’acquisition développées que par les données ainsi collectées (maquette 3D texturée de Paris intramuros ou modélisation haute résolution de la rue Soufflot). Terra Numerica a ouvert la voie à 4 autres projets qui vont explorer des problématiques spécifiques:

  1. Terra Magna qui met en place une plate-forme SIG 3D dont le but est de fédérer et gérer un ensemble de données géographiques et qui soit dotée d’outils et de services web permettant à la fois d’enrichir et mettre à jour ces données, mais aussi de les utiliser lors de nouvelles études;
  2. Serious Games qui vise à exploiter les données 3D de Terra Numerica pour entraîner les conducteurs de bus parisiens avec des dispositifs de réalité virtuelle;
  3. Terra Dynamica qui s’intéresse aux dynamiques urbaines (création d’une ville virtuelle réaliste « peuplée » d’habitants et de véhicules réalisant leurs activités habituelles mais aussi capables de réagir aux événements et de s’adapter aux évolutions de l’environnement de manière crédible);
  4. Terra Mobilita qui s’attaque aux problématiques d’accessibilité (physique) en milieu urbain.

Stephan Nebiker de l’Institut de géomatique et d’ingéniérie de la FHNW à Muttenz étudie pour sa part les nouveaux champs d’application de la 3D. Après une illustration des forces et faiblesses des différents modes d’acquisition de données 3D (géométrie 3D, modélisation urbaine issue d’images et modélisation urbaine issue de nuages de points), il a évoqué l’exploitation de nuages de points par des communautés plus larges que celles des professionnels de la géomatique. Cette tendance évoquée plus tard lors de la table ronde est matérialisée par le projet OpenWebGlobe lancé par la FHNW.

Modélisation 3D en nuage de points

Autre projet illustratif des potentialités de la 3D dans le domaine de l’aide à la décision, celui présenté par Yacine Benmansour du laboratoire [mip] de modélisation informatique du paysage de l’hepia à Genève. Les recherches menées par Olivier Donzé et Yacine Benmansour visent à construire des passerelles entre le monde des SIG et celui de la visualisation 3D. La présentation de deux études réalisées pour le Département de l’Intérieur et de la Mobilité (DIM) du canton de Genève a parfaitement illustré cette volonté: en utilisant les données 3D du SITG ainsi que des données de mobilité, le [mip] a simulé des foules en situation de mobilité intermodale (flux des transports publics, du trafic privé et des piétons). Dans le cadre d’un réaménagement du réseau de lignes de tram à Genève, ces simulations ont aidé les décideurs en leur simplifiant la lecture d’une masse d’information complexe et indigeste pour le commun des mortels.

Simulation de mobilité multimodale

Dans un tout autre registre, Christian Père et Jean-François Coulais ont présenté le projet Gunzo qui, grâce aux technologies de réalité augmentée, permet de visualiser et de redécouvrir la maquette numérique du site de l’abbaye de Cluny à travers des interfaces orientables. Se plonger dans l’histoire en redécouvrant grâce à la 3D l’évolution du site de Cluny à travers les âges, c’est également explorer la 4ème dimension, celle du temps. C’est donc un voyage dans la 4D qui nous a été proposé avec une illustration des nouveaux horizons que cela ouvre.

Des start-ups actives dans le domaine de la 3D ont également présenté leur savoir-faire. Je retiendrai la genevoise arxIT qui propose une gamme d’applications pour téléphones mobiles (telle que Ge-Tag)  s’adaptant au profil et aux besoins de chaque utilisateur en s’appuyant sur un moteur de confiance maison. Ainsi que la société bretonne Newscape Technology qui travaille sur l’amélioration des performances d’affichage de jeux de données 3D sur smartphones avec des résultats impressionnants.

La journée s’est conclue avec une table ronde animée par Michel Kasser de l’ENSG et consacrée à l’avenir de la 3D. On y a notamment évoqué des préoccupations autour des  notions d’ouverture, d’interopérabilité et d’archivage numérique. Au niveau des usages, on a mentionné la probable montée en puissance de la 3D comme outil d’aide à la décision, de modélisation ou de réhabilitation de sites. Michel Kasser a insisté sur la nécessité de savoir remettre les outils et les données 3D entre les mains des utilisateurs comme sait très bien le faire Google: les professionnels des SIG et de la 3D en demandent peut-être trop au détriment de l’utilisabilité et de l’appropriation de ces technologies. Dans tous les cas, le monde de la 3D aura du pain sur la planche ces prochaines années et une édition 2012 de cette journée genevoise de la 3D est d’ores et déjà attendue avec impatience. Un grand merci à Claudine, Alain et Laurent pour leur initiative!

Quels sont les usages d’internet et des médias des jeunes suisses?

01 mars 2011 – Giorgio Pauletto

Comment les jeunes suisses utilisent-ils les médias pour accéder à l’information aujourd’hui? Quels sont leurs usages principaux?

Ce sont ces questions auxquelles les chercheurs de plusieurs hautes écoles et universités ont apporté un éclairage en effectuant un sondage représentatif des jeunes suisses de 12 à 19 ans.

Le rapport 2010 issu de cette recherche intitulé « JAMES » pour « jeunes, activités, médias » donne des informations intéressantes, souvent préssenties, mais jamais encore étayées par une étude statistique fondée. Le rapport est entièrement téléchargeable sur le site de l’étude JAMES.

Les principales conclusions tirées par cette photographie des usages des jeunes suisses en 2010:

  • Le téléphone portable est le média le plus important chez les jeunes actuellement.
  • Durant leur temps libre, ils surfent volontiers et utilisent les médias digitaux, mais ces activités n’enlèvent pas leur intérêt à rencontrer des amis (en chair en en os), faire du sport ou simplement ne rien faire.
  • Pour se procurer des informations en ligne les réseaux sociaux (de type Facebook) s’ajoutent aux moteurs de recherche classiques (comme Google).
  • Presque tous les foyers interrogés possèdent un téléphone portable multifonction, un ordinateur et un accès à Internet.
  • La création de contenus est importante sous des formes diverses comme des photos, des vidéos, des podcasts, du remix, des articles, de la participation active à des forums, blogs, chats.

Indépendamment de l’étude, on retrouve beaucoup de points communs dans un témoignage effectué toujours en 2010 chez des collégiens à Genève:

Histoires d’usages 2010 from Observatoire technologique on Vimeo.

Sur l’étude citée plus haut voir aussi sur le web: